L’ancienne abbaye d’Hélécine avec son fameux dôme est le cœur historique d’un domaine de 40 hectares qui vient de se doter d’un programme ambitieux pour aborder les décennies à venir.
Les gens du coin l’appellent « le château ». C’est vrai qu’avec ses lignes symétriques et son décor classique, l’édifice qui ferme la cour d’honneur du domaine d’Hélécine fait bien plus penser à une résidence aristocratique qu’à l’abbaye qu’elle a pourtant été à l’origine. Pendant la seconde moitié de XVIIIe siècle, l’abbaye d’Heylissem, comme on l’appelait alors, était considérée comme « le plus bel ornement de la contrée » et les chanoines norbertins implantés sur le site depuis le XIIe siècle étaient une des communautés les plus puissantes et les plus riches de Hesbaye. Le bâtiment néoclassique construit à partir de 1768 est signé Laurent-Benoît Dewez, alors Premier Architecte du Gouverneur des Pays-Bas autrichiens, à qui l’on doit de nombreuses églises et abbayes, ainsi que le château de Seneffe. Tous les regards portent sur l’ancienne église abbatiale qui en occupe le centre, avec son large fronton en pierre de Gobertange et son dôme majestueux. Elle est flanquée de part et d’autre des deux ailes de la prélature avec leur toiture d’ardoise. Si un cloître prolongeait le bâtiment à l’arrière, il a aujourd’hui disparu, mais on peut encore voir la trace de ses arcades sur les murs extérieurs. Les conséquences de la Révolution française, de la persécution religieuse et du Concordat n’ont pas permis à ces chanoines de l’Ordre de Prémontré de profiter bien longtemps du pouvoir qu’ils entendaient magnifier.
Après la cassure révolutionnaire, l’abbaye est désacralisée et devient un château qui passe de mains en mains. Fin XIXe, son propriétaire Gustave van den Bossche, le futur baron d’Heylissem, fait appel à Alphonse Balat pour apporter quelques transformations à son fastueux chez lui. Le célèbre architecte qui était le favori de la jet-set de l’époque rehaussa le dôme en forme d’ogive d’obus et lui adjoignit une terrasse cernée d’une balustrade. Il retravailla également dans un style néoclassique la façade latérale donnant sur l’étang. En 1962, le château, ses dépendances et le parc furent vendus à la Province de Brabant.
Réaménagées dans les années 1970-1990 et au début des années 2000, les deux ailes du château ont perdu beaucoup de leurs décorations et aménagements intérieurs à l’exception de l’escalier monumental en chêne du XVIIIe, ainsi que les décors conçus par Balat pour les pièces du rez-de-chaussée. Le dôme qui formait le chœur de l’ancienne église abbatiale impressionne toujours avec ses 40 m de hauteur qui donneraient presque le vertige. L’ancien pavement a été remplacé par un dallage de marbre beige avec, en son centre, une étoile en marbre blanc de Carrare. Dans une des dépendances qui se font face de part et d’autre de la cour, s’est installé le musée d’interprétation archéologique. Adressé aux enfants, il s’intéresse à la vie quotidienne des chasseurs de rennes et aux outils des chasseurs-cueilleurs de l’époque préhistorique que les élèves de maternelle et primaire apprennent à fabriquer et manipuler.
Une nouvelle salle
De l’hôtel à la micro-brasserie, en passant par le musée de la boîte à biscuits, bien des projets ont été lancés pour participer à l’avenir du domaine d’Hélécine et, aujourd’hui, un cadre plus concret a fini par se mettre en place. Le Règlement Urbanistique et Environnemental (RUE) qui a été déposé en juin dernier à la commune définit l’orientation que les différentes autorités en charge souhaitent donner à l’exploitation du domaine qui attire déjà environ 180 000 personnes par an. « Le domaine d’Hélécine est un site patrimonial classé de style néoclassique avec un parc romantique. Nous voulons qu’il reste un lieu de détente et de loisirs familial et multifonctionnel », précise Mathieu Michel, député provincial. La superficie du domaine de 38 ha a été complétée par l’acquisition d’une parcelle de 12 ha supplémentaires. Le changement le plus notable sera la construction d’une nouvelle salle en liaison directe avec le château. « Aujourd’hui, le dôme est un but en soi, nous voudrions en faire un point d’accès pour une salle polyvalente pouvant accueillir 500 personnes. On en profitera pour retravailler le caractère paysager du parc et recréer des perspectives visuelles entre les différentes zones. » Les ailes du château abriteront à l’étage des salles de séminaire, ainsi qu’un espace d’hébergement. À proximité du château subsistent encore les restes de l’ancienne ferme et ses belles écuries dont la réhabilitation pose question, faute d’une affectation cohérente. Le domaine renforcera ses équipements sportifs tournés vers le tennis et les sports équestres, sans oublier l’hébergement scolaire à La Bascule. Le grand réaménagement paysager permettra l’apparition d’une cafétéria adossée à la plaine de jeux et les pieds dans le troisième étang. D’importants ouvrages de terrassement redessineront les axes de communication entre les différentes zones du domaine. Si tout se déroule comme prévu, les travaux devraient démarrer fin 2016 - début 2017. L’objectif n’étant bien entendu pas d’occuper la moindre parcelle de terrain, les concepteurs du projet désirent se donner de la marge et recadrer les zones et les types d’activités en fonction des besoins et de l’évolution des territoires environnants.
Renseignements :
Domaine provincial d’Hélécine
Rue Armand Dewolf, 2
B-1357 Helecine
+32 (0)19 65 54 91
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