Waw magazine

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Qu'elles soient d'eau, de terre ou de fer, les voies lentes vous emmènent aux quatre coins de la Wallonie à la découverte de lieux inconnus ou méconnus, mais bien présents dans notre Patrimoine.

 

Dans la quiétude du vieux canal

Antoing – Hainaut

En 1826, Guillaume 1er, souverain des Pays-Bas qui administrait alors notre pays, décida la construction d’un canal entre Pommerœul et Antoing pour acheminer le charbon borain vers l’Escaut sans acquitter les lourdes taxes exigées par la France. L’augmentation du gabarit des péniches condamna l’ancien chenal qui fut remplacé 150 ans plus tard par une nouvelle voie d’eau à même d’accueillir des embarcations jusqu’à 1 350 tonnes. Désaffecté, le vieux canal pouvait désormais s’offrir aux seuls promeneurs avides de fraîcheur et de quiétude.

La ballade démarre au Pont royal pour revenir au même point après une boucle de 5 km. Construite en 1924 pour accueillir des trains qui ne sont jamais arrivés, la vieille structure métallique qui enjambe le canal était condamnée à la destruction en raison de son état de délabrement et de corrosion. Bien décidé à préserver un édifice durablement inscrit dans le paysage maubraisien, le comité de défense local parvint à convaincre les autorités communales de reconstruire le pont à l’identique.

Se dirigeant vers Callenelle, la promenade emprunte le chemin de halage entièrement couvert d’un tapis de gazon d’où émergent par moments les tiges d’orties, de chardon, et du plantain d’eau avec ses larges feuilles en forme de cœur. Le calme est total. La présence d’une ancienne écluse en contrebas du pont empêche toute navigation de plaisance. Au-dessus de l’immobile ruban vert, les feuillus entremêlent parfois leurs plus longues branches pour former un arc de voûte. Le talus boisé qui isole le canal du chemin en surplomb est régulièrement barré de rigoles d’évacuation en escalier par où s’évacuent les eaux de ruissellement en cas de fortes pluies. Arrivé au lieu-dit Grand Camp, on fait demi-tour en empruntant l’autre berge sur un chemin en surplomb bordé d’arbres enveloppés de leur gangue de lierre. Les concepteurs du canal avaient pris soin de planter les talus de massifs de feuillus pour protéger les haleurs, hommes et chevaux dans leur pénible travail de force. Aujourd’hui, les arbres ont poussé et ils garantissent d’autant mieux aux promeneurs une très agréable balade, même en cas de forte chaleur.

Info: +32 69 44 17 29
[email protected]
www.antoing.net


Signal de Prusse

Robertville – Liège

Les promeneurs empruntant aujourd’hui le RAVeL qui relie Aachen à Troisvierges, ’la Vennbahn’ comme disent les germanophones, ne manquent pas de remarquer cette charmante bâtisse anachronique qui nous renvoie à un autre âge des chemins de fer.

Les plus observateurs noteront que la peinture verte qui couvre les colombages est inhabituelle en bordure du réseau ferroviaire belge. Et pour cause, le jour de sa mise en service en 1907, cette cabine d’aiguillage équipait le réseau de chemin de fer prussien. En 1921, suite au traité de Versailles, le bâtiment fut intégré au réseau ferroviaire belge où il resta en activité jusqu’en 1995, en dehors de la Seconde Guerre mondiale où l’équipement retourna provisoirement à l’Allemagne.

Pour mesurer toute l’originalité et l’importance de ce patrimoine, il faut pousser la porte et grimper au premier étage. La cabine nous apparaît avec tout son équipement d’origine. Au centre, trône l’ingénieux banc de leviers et de câbles grâce auxquels étaient actionnés manuellement les signaux et aiguillages des alentours. À l’arrière de la machinerie, la table d’enclenchements, ingénieuxmécanisme qui garantissait la sécurité du système dans l’éventualité d’une erreur de manipulation de l’aiguilleur. L’équipement est complété d’un “téléphone block” qui permettait de communiquer avec les autres gares, cabines d’aiguillage et loges de passage à niveau pour autoriser ou non le « mouvement » d’un train.

On y voit aussi différentes affiches et documents qui témoignent de la vie de la cabine. Dans un coin, un poêle de gare en fonte estampillé SNCB. La présence de deux couchettes sommaires peut étonner, il ne s’agit pas là de mobilier d’époque, mais de la nouvelle fonction imaginée pour le lieu par l’ASBL 881, à l’origine du sauvetage et de la restauration du bâtiment. Pour dépasser sa valeur muséale, la cabine, équipée d’une douche et d’une toilette sèche, peut faire office de gîte d’appoint pour les amoureux des promenades. À quelques mètres de la cabine apparait une structure circulaire concave de 16 m de diamètre tapissée de briques. C’est tout ce qui subsiste d’un pont tournant qui faisait pivoter les locomotives de 180°, un outillage indispensable pour les motrices à vapeur qui ne comportaient qu’une cabine de pilotage. Ce vestige remis au jour par la commune de Waimes est précieux, car de tels équipements sont devenus extrêmement rares sur le reste du réseau ferré belge.

Rue des Scieries (croisement du RAVeL)
B-4950 Robertville
+32 473 99 06 59
ou +32 496 93 36 89


Liège, ville d’eau

Liège

Enfant de la Meuse, la Cité ardente a toujours puisé dans les voies navigables un potentiel de développement. Avec le canal reliant Liège à Anvers, le souverain Albert Ier voulait entrer dans la modernité et renforcer les liens entre le nord et le sud du pays.

Entre le début des travaux en 1930 et leur achèvement en 1939, Liège a connu deux expositions internationales dont une promenade ravive les rares vestiges et souligne l’importance et l’activité du port qui fête ses 80 ans d’activité. En 1939, l’Exposition internationale de l’eau, comme elle se présentait, se répartissait autour d’une nappe d’eau de plus de 30 ha sur les deux rives de la Meuse et sur la pointe de l’île Monin. Le reste de cette langue de terre de plus de deux kilomètres, rehaussée grâce au débris de terrassement du canal fut dédié aux activités industrielles qui se sont poursuivies jusqu’aujourd’hui.

Les seuls vestiges en dur qui subsistent sont l’ancien Grand Palais permanent de la ville de Liège ainsi que le phare et la statue d’Albert à la pointe de l’île Monsin. L’imposant et massif palais conçu par Jean Moutschen, architecte de la ville de Liège, est typique de l’architecture fonctionnelle de l’époque. Son revêtement extérieur est composé de plaques de terre cuite dont la teinte, qui à l’origine variait de la base au sommet du bâtiment du violet foncé au rouge clair, présente aujourd’hui une nuance uniforme couleur brique. Au-dessus de l’entrée principale, une fresque de style Art déco d’Alphonse Hansard représente les arts, les sciences et l’industrie de la Cité ardente. Après avoir abrité une patinoire pendant plusieurs décennies, le bâtiment devrait être complètement rénové pour s’intégrer au futur Écoquartier de Coronmeuse.

Par le Pont Marexhe, on accède sur l’île Monsin où l’on peut admirer la fresque dédiée au canal Albert. La pointe, aujourd’hui parc de promenade, est particulièrement exposée au vent, ce qui en fait un terrain idéal pour les cerfs-volants. Sur le chemin de halage passe le RAVeL 1 qui permet d’aller jusqu’à Maastricht.

Quai de Wallonie 3 (parc Astrid)
B-4000 Liège
+32 497 44 33 90 ou +32 497 06 39 49
[email protected]m

Programme de visites sur algatourisme.jimdo.com

 


Château l’artiste !

Mettet – Namur

C’était le refuge de Félicien Rops. Sa gentilhommière. Il y a peint, écrit, dessiné, donné des leçons de gravure, planté des arbres et des fleurs, et reçu des amis artistes. Caché des regards à l’abri de son parc exubérant, le château de Thozée est une bâtisse inclassable, d’un style que l’artiste qualifia de drolatique.

La façade néo-classique dialogue en toute harmonie avec des tourelles en poivrière et des éléments gothiques. Sauvé de la ruine par l’action opiniâtre du cinéaste Thierry Zéno qui respecta la promesse tenue à Elisabeth, petite-fille de Félicien, Thozée sort enfin du purgatoire. Après 17 années de restauration, le château a belle allure. Tout n’est pas d’équerre, mais c’est ce qui fait son charme. Les artistes accueillis en résidence et les enfants venus en stage sont unanimes pour louer l’ambiance un peu mal peignée mais terriblement attachante qui se dégage des lieux. Dans le parc, les arbustes sont devenus des arbres aux racines envahissantes qui descellent l’escalier. Dans le grand salon, les murs débarrassés d’un papier peint anachronique et sans intérêt ont révélé une esquisse peinte probablement par Rops à même le plafonnage.

Une exposition occupera les salons du rez-de-chaussée. Elle comprend des extraits de lettres et des copies de tableau confiées par le musée Rops. On y surprend la vie de l’artiste à Thozée et les paysages peints lors de ses fréquentes balades en bord de Meuse et dans les environs de Mettet. Une pièce, la bibliothèque, met en valeur son intérêt pour la Botanique et les jardins du château, même quand il résidait à Paris, puisqu’un courrier adressé à son fils résidant à Thozée explique avec précision où planter les roses qu’il lui envoie de la ville lumière. L’ancienne ligne de chemin de fer 150 A avec laquelle Monsieur Rops venait au château est devenue le Ravel Rops qui permet de sillonner la paisible campagne et longer le verger où subsistent de variétés de pommes qu’on croyait disparues.

En dehors des activités organisées par le Fonds Félicien Rops, le château de Thozée n’est pas accessible au public.

Rue de Thozée 12
B-5640 Mettet
+32 71 72 72 62
[email protected]
www.fondsrops.org


Où est l’oiseau ?

Le tir à l’oiseau ou tir à la verticale est une variante de tir à l’arc tel qu’on le pratiquait depuis le 17e siècle. Le principe était de viser des oiseaux factices piqués sur une herse placée en haut d’une perche. Discipline olympique en 1900, le tir à la perche est resté très populaire pendant la première moitié du 20e siècle. Il était pratiqué sur une zone qui s’étend du Pas-de-Calais à la Zélande, en passant par la Belgique, toute la Flandre et une partie de la Wallonie. Pour permettre à ses adeptes de continuer à pratiquer l’hiver venu, certains eurent l’idée de dresser une tour pour abriter les perches.

Celle de Rixensart construite entre 1927 et 1928 est la dernière qui subsiste en Wallonie. Haute de plus de 35 m, elle est entièrement bardée d’ardoises. L’hôte des lieux, la Société d’Archers de Rixensart y a créé un musée qui raconte le tir à l’art et expose d’anciens trophées et cartes postales.

Musée du tir à l’arc
c/o Club de tir à l’arc de Rixensart Ste Croix
Rue Auguste Lannoye 32
B-1332 Genval
+32 477 78 30 68 ou +32 478 27 68 16 /
[email protected]
www.si-rixensart.be


 

Du haut de la Redoute

Florenville – Luxembourg

Le long de la Semois, Louis XIV dressa une ligne de fortifications pour prévenir la France des invasions ennemies. L’ouvrage était doté de 28 postes d’observation, les redoutes. En contrebas de Florenville, près du RAVeL, se dresse toujours la Poivrière, une redoute en pierre d’architecture classique particulièrement bien conservée. Depuis le village d’Azy démarre une promenade jusqu’à la redoute de Gréa, où s’abritaient six à huit défenseurs dont il ne reste aujourd’hui que les fondations entourées d’un rempart de terre et de fossés. Très facile d’accès, la promenade enchante par sa traversée des bois et par le point de vue de Bohanan (ne pas confondre avec Bohan), surplombant la Semois.

La poivrière
Rue de la Rosière
B-6820 Florenville
Circuit Redoute Gréa à Azy
Esplanade du Panorama 1 (Haut du village)
B-6820 Azy
+32 61 31 12 29
[email protected]
www.florenville.org


Tous les chemins mènent à l’Histoire

Divers villages – Namur

Il en passait du monde au premier siècle de notre ère sur cette chaussée romaine qui traversait la Hesbaye. Artisans, commerçants et paysans locaux vaquaient à leurs occupations, parfois une garnison marchait en rangs serrés pour rejoindre Tongres.

Sur leur droite, s’élevait le tumulus d’un notable. Aujourd’hui, ce tumulus est toujours là en plein champ, coiffé d’un bosquet d’arbres et il est une des pièces majeures du patrimoine archéologique et monumental de Braives. À quelques kilomètres de là, l’ancienne cour de justice de Hosdent rassemble dans une exposition les témoignages du riche passé de l’entité. Braives a connu des fouilles presque en continu depuis le milieu du 19e jusqu’à la fin du siècle suivant. Les pièces et objets retrouvés sont pour la plupart conservés dans des musées extérieurs, comme le Grand Curtius.

Lors des Journées du Patrimoine de septembre dernier, deux circuits liés aux voies lentes ont été suggérés aux marcheurs et cyclistes qui peuvent bien sûr encore les emprunter aujourd’hui.

À Burdinne, c’est l’ancienne gare du vicinal qui sera l’objet de votre attention. Construite à partir de 1908, elle a été exploitée jusqu’en 1942 pour les voyageurs, et 1957 pour le transport des betteraves. Le gazon et un sentier pédestre recouvrent à présent les anciennes voies ferrées, mais l’ensemble du bâti est encore parfaitement conservé. Il comprend un quai d’embarquement et une rampe de chargement, un bâtiment pour les voyageurs, aujourd’hui réaffecté en bibliothèque communale, une remise aux locomotives, une salle des machines et enfin la lampisterie qui abritait les réserves de charbon et un château d’eau.

À Héron, vous vous intéresserez aux potales sur le chemin du pèlerinage dédié au Bon Dieu de Gembloux et vous croiserez les lignes du vicinal d’Envoz. À Wanze enfin, les regards se tourneront vers l’ancien château de Ramequin. De la fortification située stratégiquement en bord de Meuse, il ne subsiste qu’une des quatre ailes transformée en habitation privée.

Infos : +32 85 25 16 13
[email protected]

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Notre itinéraire gourmand vous emmène cette fois en balade au Pays de Charleroi, dont la force est sans conteste sa diversité. Une ville installée au cœur d’espaces naturels remarquables. Cet itinéraire vous emmène de part et d’autre de ce pays de culture et de patrimoine, avec une étape dans une ville en pleine mutation mais aussi dans une région de folklore célèbre pour ses Marches de l’EntreSambre-et-Meuse, reconnues Patrimoine oral et immatériel par l’UNESCO. Venez découvrir différentes saveurs grâce à cet itinéraire gourmand qui fait la part belle aux produits de qualité, entre campagne et ville.


MOULIN BANAL DE GERPINNES

Situé dans le cœur historique du village, ce beau moulin à eau a fait l’objet d’une restauration attentive. Ses mécanismes permettent à la fois la fabrication artisanale de farine complète et la production d’électricité propre. Une bière et un fromage produits tout spécialement pour le Moulin sont disponibles au comptoir de vente.

Rue du Moulin 3
B-6280 Gerpinnes
+32 71 50 30 91


FERME DE RAZ BUZÉE

Exploitation familiale laitière spécialisée dans la fabrication artisanale de fromages au lait cru de vache. La ferme produit des fromages frais de type Brie belge, la Tomme de Raz Buzée mais également le Rigodon, un fromage à pâte pressée affiné à la bière, qui tire son nom d’un air de tambour des Marches Folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse.

Rue des Flaches, 42
B-6280 Gerpinnes
+32 71 50 44 97 / [email protected]


AUX SAVEURS DES FRAISES DU VILLAGE

Magasin et salon de dégustation de produits cultivés sur place, en pleine campagne, dans la plus grande exploitation de fruits et légumes de Wallonie. Des gaufres, crêpes, glaces, pâtisseries diverses à base de différentes variétés de fraises mais aussi des plats salés concoctés de façon artisanale avec les légumes produits à la ferme vous seront proposés.

Rue de Godiassau 47
B-6280 Gerpinnes
+32 71 50 50 02
www.fraisesduvillage.be


LA MANUFACTURE URBAINE

La Manufacture Urbaine est un tout nouveau lieu ouvert depuis le printemps 2017 en plein cœur de Charleroi, en bord de Sambre. Son concept: proposer des produits dont le point commun est la fermentation. De la bière y est donc brassée, du pain produit et du café torréfié. Le tout peut y être dégusté en toute convivialité.

Quai Arthur Rimbaud 11
B-6000 Charleroi
+32 477 41 06 47
www.manufacture-urbaine.com


CHÂTEAU DE TRAZEGNIES

La boutique de terroir du Château de Trazegnies vous propose différentes variétés de bières à l’effigie du Château, des vins, des spiritueux, des jus de pommes et de poires, mais aussi du miel de la région. En saison, de mai à septembre, ne manquez pas de visiter les nouvelles salles restaurées et les caves romanes et gothiques du Château.

Place Albert Ier 32
B-6183 Trazegnies
+32 71 45 10 46
www.chateaudetrazegnies.be


 À GOÛTER

― La Gayette de Charleroi (praline à la forme d’un boulet de charbon)
― La Sambrée (bière et praline créées à l’occasion des 350 ans de la ville de Charleroi en 2016)
― La Tomme de Raz Buzée et le Rigodon (fromages de la Ferme de Raz Buzée à Gerpinnes)
― Le Gré d’or (apéritif à base d’écorces de citron du Domaine du Gré)
― La bière Blanche de Charleroi, la bière Blonde du Pays Noir, la Cuvée de Trazegnies, la bière Bisous M’chou...

À DÉCOUVRIR

― Musée de la Photographie à Mont-surMarchienne www.museephoto.be
― Le Bois du Cazier à Marcinelle www.leboisducazier.be
― Musée des Marches Folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse à Gerpinnes www.museedesmarches.be

INFOS
Maison du Tourisme du Pays de Charleroi
Place Charles II 20 –
B-6000 Charleroi
+32 71 86 14 14
www.paysdecharleroi.be


PLUS D'ITINÉRAIRES   

Pour valoriser la diversité, la qualité et la typicité des produits gourmands du terroir wallon, Wallonie Belgique Tourisme a édité une brochure richement illustrée proposant 27 itinéraires gourmands sur l’ensemble du territoire wallon. Profitez de vos visites en Wallonie pour aller à la rencontre d’artisans et de producteurs fiers de mettre en avant leur savoir-faire et leur identité. Pour vous mettre en appétit, nous vous emmenons autour des Lacs de l’Eau d’Heure. En 2017, soyez aussi gourmands que la Wallonie !

Retrouvez toutes les informations sur la Wallonie Gourmande, les itinéraires et routes thématiques à télécharger, l’agenda des événements mis à jour toute l’année, des idées de séjours sur le site internet.

www.lawalloniegourmande.be

C’est souvent dans le passé que l’on trouve les ressources de la créativité, celle de l’imaginaire en marche qui saute la case de l’innovation pour aller directement vers l’invention pure. L’émulation n’est possible que dans un environnement à la fois libre et stimulant, optimiste et enthousiaste. Autant d’arguments à valoriser pour faire face aux défis de l’avenir. 


Berceau de la métallurgie depuis le Moyen-âge, Liège était au XVIIIe siècle un centre de la fine mécanique horlogère. La fabrication d’armes à feu de tous calibres allant de la plus légère à la plus grosse pièce d’artillerie était un acquis de sa longue histoire métallurgique. La joaillerie cohabitait logiquement avec des ateliers de construction d’instruments de mesure de haute précision de réputation mondiale. L’horlogerie faisait partie de cette expertise liégeoise à la hauteur de Paris et Genève. C’est dans ce foisonnement d’activités que naît, le 3 novembre 1748 à Liège, Hubert Sarton. C’est à son oncle Dieudonné Sarton qu’il doit sa formation d’horloger. En 1768, Sarton se rend à Paris pour y parfaire sa formation. Il y travailla ensuite pour Pierre Le Roy, le fils aîné de Julien Le Roy, horloger fournisseur de la Cour de Louis XVI. Après avoir obtenu le titre de maître-horloger à 24 ans, il revient à Liège en 1772 et s’y installe. On lui attribue l’invention de la montre automatique à rotor attesté par un dépôt enregistré à l’Académie française des sciences en date du 23 décembre 1778.

Une plaque commémorative est apposée sur la maison habitée par Hubert Sarton à l’angle de la place de la République française et de la rue de la Wache. Mais il n’y a pas de rue Hubert Sarton à Liège pour honorer la mémoire de cet inventeur qui laissa une série de mémoires et traités sur la construction de machines pour l’extraction du charbon, mais aussi sur des moulins à vent et des machines hydrauliques pour le drainage des polders aux Pays-Bas. Rennequin Sualem (1645-1708), autre créatif, n’est pas loin. 

De la métallurgie aux métiers d’art

Liège, aux marches des mondes latin et germain, aura tiré de son histoire mouvementée une opportunité industrielle pour le moins « rentable », celle de l’armement. Ce qui explique que la cité mosane foisonne d’ateliers d’armurerie qui vont disparaître l’un après l’autre avec la pacification du vieux continent. Au début du XXe siècle, la région liégeoise comptait 200 manufactures d’armes. Fondée en 1865, Lebeau-Courally se situe dans la droite ligne de cet héritage. Cet atelier d’art est l’un des tout derniers faisant référence mondialement en matière d’armes de chasse. Il s’inscrit dans la tradition pluriséculaire des métiers de la métallurgie poussés au rang de la joaillerie-bijouterie. Mais au fait pourquoi pas ? La qualité et la finition de ces armes liégeoises de luxe garnies de gravures sur acier font pâlir les grandes maisons de la place Vendôme.

Cet art d’exception est encore enseigné à l’école d’armurerie Léon Mignon d’où sortent des générations de graveurs et de techniciens reconnus mondialement. Les grands joailliers pourraient s’inquiéter s’il venait à cette signature liégeoise l’idée de diversifier sa production vers quelques lignes d’articles de joaillerie de luxe.

Légitimité

WAW magazine publia à l’été 2013 un dossier de 16 pages sur le patrimoine de l’orfèvrerie médiévale mosane des XIIe et XIIIe siècles. La légitimité historique est bien là et, si l’on met ce patrimoine en perspective avec l’époque d’Hubert Sarton et l’excellence des artisans de l’armurerie actuelle, nous arrivons alors dans la collection des montres Lebeau-Courally. En effet, depuis 2010, la marque s’est adjointe la fabrication de montres de luxe et de bagagerie fine. Certes, les montres griffées LebeauCourally ne sont pas montées à Liège, mais au Locle, dans le Jura suisse, au cœur du cercle des plus prestigieuses maisons d’horlogerie au monde. Sur chaque montre, la touche liégeoise est bien là par certains détails distinctifs. L’élément décoratif qui abrite le numéro de série de la montre, situé à 9 h, rappelle de manière significative la clef de fusil ou le cran de sûreté. Le cadran reprend aussi le quadrillage typique que l’on retrouve sur la crosse de chaque fusil Lebeau-Courally. 

La collection

Le nom de chaque modèle de montre est celui d’une arme de chasse de la collection Lebeau-Courally – le baron, le comte, le marquis, le dauphin, l’archiduc – et trouve ses déclinaisons dans des variantes techniques très sophistiquées. L’histoire commerciale de l’horlogerie suisse de ces 50 dernières années a poussé cette industrie dans une course à la performance technique et esthétique inaccessible aux faussaires et copieurs. L’imitation devient risible. Seule la créativité technique et esthétique fait la différence. Ce principe est transposable à la plupart des secteurs de nos activités industrielles.

LièGenève

Cet alliage poétique serait l’heureuse évocation de ces deux villes aux destinées bien différentes et pourtant liées par des métiers d’art d’exception. Les émaux liégeois sortis de la rue Lulay des Febvres seraient honorés de venir s’incruster dans une collection de montres évoquant la mémoire des artistes mosans du Moyen-âge, donnant ainsi à Liège une image internationale gratifiante et flatteuse. Le lien avec les trésors qui jalonnent la Wallonie entre Visé et Tournai ferait remonter ce patrimoine au rang des références internationales de l’histoire de l’art. Ce qui est déjà presque le cas avec la Châsse reliquaire de Saint-Maur conçue pour l’abbaye de Florennes mais aujourd’hui en Tchéquie, et le triptyque de Stavelot de la Morgan Library à New York. L’Institut du Patrimoine wallon (IPW) serait alors devant une page de promotion inédite.

Depuis 2008, la maison Lebeau-Courally a été reprise par Joris Ide, grand industriel flamand. Mais c’est AnneMarie Moeremans qui, à Liège, dirige l’atelier et assure les relations extérieures. Les propriétaires de LebeauCourally ont acquis fin 2014 la prestigieuse manufacture de montres et de mouvements IMH basée au Locle. Elle produit aujourd’hui les montres de fabrication suisse parmi les plus luxueuses, faisant valoir 40 métiers traditionnels différents rassemblés sous le même toit.

La société horlogère et d’armurerie Lebeau-Courally Genève SA, est installée rue de la Corraterie à Genève et sa sœur rue Saint-Gilles, sur les hauteurs de Liège. Cette volonté de diversification garde précieusement l’héritage de la métallurgie mosane et pousse en avant cet esprit d’excellence vers d’autres produits.

L’affaire est dans le sac

Une ligne de maroquinerie Lebeau-Courally est fabriquée par l’ancienne maroquinerie Guene, à Vaux-sous-Aubigny en Haute-Marne. Cette manufacture de sacs à main haut de gamme a été reprise par Joris Ide sous le nom de Dijon Maroquinerie. Ainsi, en gardant cette signature, la synthèse est faite entre la société d’armurerie LebeauCourally à Liège, la société suisse IMH au Locle et la ligne de maroquinerie griffée et conçue dans cette esthétique inspirée de l’art de la métallurgie liégeoise.

Dominant la vallée du Samson, l’église de Gesves abrite un orgue dont la renommée dépasse nos frontières. Sensibles à ses qualités exceptionnelles, les responsables du Patrimoine wallon ont acté son classement en avril dernier. Cette distinction récompense les efforts consentis par quelques-uns pour la préservation originelle du prestigieux instrument.


Le chœur de l'égliseConstruite sur un éperon rocheux, l’église Saint-Maximin a été érigée à trois reprises sur le même lieu. La première église dédiée à Saint-Lambert fut construite au MoyenÂge et a disparu, la deuxième a été consacrée en 1707 et volontairement détruite en raison de son exiguïté, pour faire place en 1845 à l'édifice actuel. Certaines pierres tombales de l’ancienne église démolie ont été récupérées et servent aujourd’hui de tables d’autel de SaintMaximin. On peut encore y lire des dates et des noms de personnes décédées dans un passé lointain.

Générosité et talent

L’histoire de cet orgue remarquable commence en 1871 par la générosité du comte et de la comtesse Limminghe-du Mortier, propriétaires du château de Gesves. À l’époque, il était de bon ton pour les châtelains d’offrir à la communauté paroissiale, des objets liés au culte. Offrir un orgue entrait donc parfaitement dans cette logique. Soucieux d’acquérir le meilleur instrument, ils font appel à Aristide Cavaillé-Coll, facteur d’orgues installé à Paris avec son père et son frère et dont la réputation d’excellence était de notoriété publique. Entouré d’une équipe d’artisans formés par lui, Aristide CavailléColl fabrique dans ses trois ateliers parisiens, des orgues d’une qualité exceptionnelle.

Restait ensuite à les installer sur place, ce qui était une autre phase délicate à accomplir et demandait des équipes hautement qualifiées. Il se chuchote que le célèbre facteur d’orgues parisien serait venu, en personne, assurer l’installation des orgues à Gesves... Toujours est-il que l’instrument monumental prit sa place sur la tribune surplombant l’entrée principale de l’église. Du haut de son promontoire, l’orgue pouvait déployer son souffle puissant sur les fidèles en prière.

 

EN DATES

1845
Construction de l’église.

1871
Don d’un orgue à l’église par les seigneurs de Gesves. ca.

1950
Électrification de la soufflerie. 

1991
Enregistrement du CD Meditaciones religiosas (Lefébure-Wély) répertorié en 1994

2017 
Classement par la Région wallonne.

 

Toutefois, pour le noble donateur et ses contemporains, l’orgue n’était pas uniquement dédié à l’église et aux chants religieux. Il a souhaité faire cadeau à son épouse mélomane d’un orgue de salon dont subsistent au château les parties visibles. On peut donc affirmer avec fierté que deux orgues Cavaillé-Coll ont été livrées à Gesves. L’anecdote vaut la peine d’être soulignée parce que l’on peut s’émerveiller de voir un de nos villages posséder à lui seul deux exemplaires de cette prestigieuse production. Sans doute un cas rare ou unique au monde ! L’explication se trouve probablement dans le fait que la comtesse Limminghe du Mortier, adorant la musique, a pu entretenir des relations avec les milieux parisiens. On comprend dès lors mieux ce choix judicieux.

L’orgue, le roi des instruments ?

pédales de combinaisonsSi les plus grands le disent, cela doit être vrai... Connaissez-vous un instrument qui peut à lui seul, produire la richesse de tout un orchestre ? L’orgue, lui, peut le faire. En l’occurrence, il remplace près d’une dizaine d’instruments. Muni de touches, de tirants, d’un pédalier, il vous joue du joyeux les grands jours, et pleure avec l’assemblée accablée par la perte d’un proche. À la demande, il est capable de souffler comme un vent de tempête, ou alors, murmurer des musiques apaisantes et douces. Encore faut-il que se trouve aux commandes un habile organiste domptant la machine en souplesse. Parce qu’il est nécessaire d’être un peu magicien pour en extraire ses innombrables capacités. Il suffit d’observer le musicien à l’œuvre : très souvent il sourit, il semble heureux et irradie du bonheur d’offrir son jeu à l’assistance.

Souvent comparé erronément au piano, l’orgue fait partie de la famille des instruments à vent, alors que le piano fonctionne au moyen de cordes. C’est un instrument très complexe qui possède une longue histoire puisqu’il en est déjà question 250 ans avant J.-C. où le mécanicien Ctesibios découvre un engin possédant toutes les caractéristiques et les principaux usages de l’orgue actuel. On trouve même, dans de lointaines archives, des orgues portables...  L’instrument a évolué au cours des siècles pour atteindre de très hautes performances de nos jours.

La vie de l’orgue à Gesves

Rien de tel, pour nous imprégner de l’histoire de l’orgue de Gesves, que de se rendre sur place, et d’écouter Grégory Léonard, enfant du pays qui possède sa genèse sur le bout des doigts. C’est probablement à force de conviction que ce passionné de patrimoine a pris conscience de l’enjeu concernant ce trésor inouï. Il est en effet admirable qu’un instrument de musique solide et fragile à la fois, ait gardé ses qualités d’origine 140 ans après son installation. Certes, il y a eu des erreurs (notamment quand a eu lieu le déménagement de la tribune au rez-de-chaussée) des frayeurs (avec un projet de baroquisation, heureusement abandonné) et des découragements, mais, à chaque vacillement, la confiante persévérance était au rendez-vous. Pour l’instant, l’orgue se trouve un peu « en pénitence » dans le coin droit de l’église en attendant son prochain emplacement idéal et définitif. À la place d’un des deux confessionnaux situés à gauche dans la nef. La reconnaissance accordée en avril dernier par le Patrimoine wallon représente un formidable tremplin pour affiner le rayonnement de ce joli village et de ses trésors.

PETITE LEÇON DE CHOSES

Quel que soit le modèle, modeste ou imposant, le mécanisme de l’orgue se compose des éléments suivants :

La console est l’endroit où se place l’organiste face aux claviers en étages (2-3-4-5 selon l’importance de l’instrument), et le pédalier. Latéralement à sa droite et à sa gauche, le musicien peut actionner les tirants pour obtenir des sons et des effets variant en fonction des œuvres jouées et des circonstances.

La soufflerie est le système respiratoire et la source de puissance de l’orgue. Si autrefois les soufflets étaient actionnés par des bonnes âmes – des enfants de chœur souvent – aujourd’hui, heureusement, l’assistance électrique assure un débit d’air régulier et constant. Le vent produit est ensuite distribué aux sommiers, indispensables passeurs d’air aux tuyaux via différents canaux nommés porte-vents.

Les tuyaux visibles sur les orgues, vont recevoir le vent provenant des sommiers et produire un son. De longueurs variables, les tubes longs produiront un son grave contrairement aux courts dont le son sera aigu. Par ailleurs, leur diamètre agit sur le timbre. Les tuyaux se répartissent en plusieurs familles de jeux d’orgue, essentiellement : les jeux de fond (entre autres : bourdons, flûtes, principaux, etc.) et les jeux à anches (trompette, basson, voix humaine) fonctionnent via une languette vibrant au passage de l’air.

Élu « Plus beau village de Wallonie » en avril dernier, Montignies-sur-Roc est entré dans la cour des grands. Certes, en tous points, ce village charmant répond aux critères de sélection, mais nous lui avons déniché un petit supplément d’âme.


Connaissez-vous beaucoup d’endroits où, même sans vous connaître, on vous dit bonjour ? C’est le cas à Montignies-sur-Roc, village verdoyant et vallonné dans la commune de Honnelles. Est-ce parce que l’on appelle ses habitants « les montagnards » que cela confère à ses 532 âmes, une amabilité toute particulière ? Toujours est-il que ceux que nous avons croisés affichent leur fierté suite à leur toute récente reconnaissance, et il y a de quoi ! Parce que pour obtenir le sésame des « Plus beaux villages », il faut démontrer une authenticité et un patrimoine qui, par le biais de cette consécration, mettent en lumière des trésors insoupçonnés.

Hospitalité et sens de la fête

Dès l’arrivée, on est séduit par la beauté de la place Fulgence Masson, du nom d’un ministre de la justice et avocat montois, qui, par affection pour son village et par amour de la nature, a offert les magnifiques tilleuls et platanes ornant ce lieu central. Leur alignement parfait dresse un écran élégant devant les maisons dont la plupart ont été construites au XVIIIe siècle. Les jours de beau temps, le soleil diffuse ses rayons tamisés sur les bancs et le tapis d’herbe. Par endroits, il envoie l’éclat de sa puissante lumière provoquant un contraste visuel artistique. Alentour, rien ne vient troubler le calme qui y règne. Pourtant, cette commune tranquille sait aussi recevoir. Plusieurs événements ponctuels s’échelonnent sur l’année et amènent chaque fois leur lot de curieux de tout poil. À commencer par le théâtre (700 spectateurs début août 2017 pour la représentation de la pièce « Le prénom » jouée en plein air dans le parc du château). Un concours de chevaux de trait, des marchés artisanaux, des manifestations sportives ou de prestige (comme une exposition de old timers pour les nostalgiques de belles mécaniques) s’ajoutent à l’offre d’activités planifiées. Ces multiples rendez-vous donnent à la bourgade un joyeux air de fête et, surtout, mettent en avant le savoir-faire et l’hospitalité de ses habitants. Preuve aussi que ruralité et culture peuvent faire bon ménage.

Le château

Comme souvent, les histoires de châteaux racontent des vies de famille et celui de Montignies-sur-Roc n’y échappe pas. Ce que nous pouvons affirmer, c’est que l’actuelle seigneurie appartient depuis 1811 par mariage aux de la Motte Baraffe, ancienne famille originaire de l’Artois. Au cours des siècles, plusieurs transformations ont été opérées. Notons en particulier, l’aménagement du château en « folie » – nom donné à une demeure luxueuse située à la campagne, avec ses dépendances bâties en L (XVIIe siècle), celles-ci servant aujourd’hui de remises et d’écuries. L’avantageuse orientation vers le parc à la française recèle quelques belles essences d’arbres rares. Charmilles et quinconces témoignent-t-elles d’hypothétiques rendez-vous donnés en catimini ? A moins que – et c’est probable – les jardins ainsi conçus offraient aux invités, divers points de vue sur le château.

En ses murs, l’espace englobe aussi un verger, un potager et même une ancienne glacière transformée en grotte. Enfin, vu sa position basse au creux du village, la propriété possède un étang et une alimentation en eau fournie par la Petite Honnelle. Le château ne se visite plus en raison de différents actes répréhensibles commis par le passé. Cela n’empêche pas cependant, comme nous l’avons signalé plus haut, les propriétaires de mettre occasionnellement les lieux à disposition à l’usage d’une scène ou d’un lieu d’exposition.

Quelques découvertes

Les curieux seront servis. Les amateurs de balade aussi. Par ailleurs, il est recommandé aux sportifs de s’équiper de bottines pour certaines expéditions – car, ne l’oublions pas, certains endroits vers les zones humides notamment peuvent être glissants et un peu abrupts. Au départ de la place, plusieurs choix s’offrent à vous. La rue de l’église vous conduit vers le château de la Motte et l’église où se trouve une grotte dédiée à la Vierge. La maison de maître blanchie vaut aussi le coup d’œil. Ceinte de grilles posées sur des murets, elle est diablement coquette. De l’autre côté se trouve, à quelques encablures du centre, le poste frontière belgo-français signalé par une petite guérite faisant autrefois office de poste de douane, limite officielle entre les deux pays bons voisins. Plus de douaniers ni vérifications : la voie est libre et le paysage si ressemblant !

Signalons aussi une particularité du village. La voie romaine, celle qui va (en droite ligne) de Bavay (Ht) à Cologne (D) en passant par Tongres en Flandre (B), trace son chemin sur le territoire de la commune.

Peut-être serez-vous surpris de trouver une rue du nom de Jeanne de Belleville ? Il s’agit d’une personne dont l’héroïsme durant la guerre 14-18 mérite d’être souligné. Née à Bruxelles, elle a posé des actes de résistance pour venir en aide à des Anglais bloqués au village après le passage musclé des Allemands. Arrêtée au même moment que Gabrielle Petit, autre héroïne de la Première Guerre mondiale, elle a été condamnée à des travaux forcés.

RENSEIGNEMENTS 
« Les Plus Beaux Villages de Wallonie »
Rue Haute 7
B-5332 Crupet
+32 83 65 72 40 / [email protected]
www.beauxvillages.be


LA BRASSERIE DES ROCS

Autre recommandation à mettre au programme de vos pérégrinations villageoises, la Brasserie des Rocs, une institution locale prospère, qui fabrique tout au long de l’année des bières d’excellente qualité. À la carte, une brune, une blonde, une ambrée et une blanche. S’ajoute à la liste celle exclusivement réservée en fin d’année à l’exportation aux Etats-Unis, la Triple impériale. Des travaux d’amélioration sont actuellement en cours. Une preuve d’une dynamique gestion d’entreprise ?

Brasserie « L’Abbaye des Rocs »
Chaussée Brunehault 37
B-7387 Montignies-sur-Roc
+32 65 75 99 76 ou +32 476 25 23 68
www.abbaye-des-rocs.com

La route nationale 507 quitte Tournai vers le sud en direction de Saint-Amand-les-Eaux. Quelques kilomètres avant la frontière française, un peu à l’écart, après avoir passé le village de Hollain, on trouvera un bouquet de peupliers au centre duquel un monolithe de pierre dresse sa charge de mystère sur la plaine du Hainaut. 


Le site se trouve à 150 m de la fameuse chaussée romaine Bavay-Tournai, sur un plateau élevé dégageant un large panorama sur la région. Ce menhir monumental est en grès landénien venant d’une carrière du nord de la France. Ce mégalithe est daté du Néolithique récent, soit environ 3500 ans derrière nous. Poids estimé, 23 tonnes. Sans compter la partie sous la surface du sol, il mesure 4,25 m de haut pour une largeur de 3 m et une épaisseur de 55 à 60 cm. Le côté opposé est piqueté de petits trous et possède quelques grandes rainures qui pourraient faire penser qu’à une certaine époque elle a servi de polissoir. Sa face enterrée est d’environ 2 m, ce qui porte sa longueur totale à environ 5,90 m. Son nom est probablement dû à sa couleur (brune) et à sa hauteur (haut), la Pierre Brune Haut.

Classée depuis le 15 mars 1934, on sait peu de choses de la Pierre Brunehault. Au XVIIIe siècle, on observa que ce monument, comme la Tour de Pise, avait une tendance à s’incliner. Son relèvement fut entrepris en 1819 avec l’aide de plus de 1 000 personnes. 

Le mystère

Ce qui est certain, c’est qu’elle n’est pas d’origine celtique. Les Celtes étant venus dans nos contrées bien après sa « plantation ». On peut penser que le mégalithe ait servi de point de visée pour établir des moyens de communication (borne). Que, par la suite, cette pierre mystérieuse ait été un lieu de réunion ou de manifestation religieuse est dans le domaine du possible. Notre pierre Brunehault serait donc d’un âge respectable.

Contes et légendes

Autour de la pierre Brunehault, deux récits ont eu cours sur l’histoire de cette fameuse pierre, le premier de nature religieuse, le second se référant à l’histoire. Le récit le plus merveilleux avait la Vierge pour personnage central.

Apprenant que Tournai allait ouvrir le chantier d’une cathédrale qui lui serait consacrée, elle voulut y apporter la première pierre. Voyant que les fondations sortaient déjà de terre, de dépit, elle laissa tomber la pierre qu’elle portait dans son tablier. Celle-ci se planta en terre à Hollain.

Prenant son élan pour regagner le ciel, la Vierge posa le pied sur la pierre, à mi-hauteur, du côté ouest, et y laissa son empreinte, l’empreinte de la vierge... Devenant ainsi sacrée, il est déconseillé d’aiguiser votre couteau contre la pierre. Vous le perdrez ou celui-ci se tournera contre vous… La pierre porte plusieurs déchirures qui laissent penser que les profanateurs ont été punis…

Une légende barbare

L’autre histoire est moins lyrique. Au terme d’une rivalité qui l’avait opposée à la reine Frédégonde de Neustrie et à sa famille, la reine Brunehault d’Austrasie fut condamnée en 613 à une mort horrible. Elle aurait été attachée par les cheveux à la queue d’un cheval fou, elle mourut dans les premiers moments d’une course qui ne devait connaître son terme qu’à Hollain. On éleva la pierre Brunehau(l)t à l’endroit où son cheval se serait arrêté avec le corps déchiqueté de la reine.

 

Si l’on veut vraiment trouver une légitimité historique en faveur de l’art brassicole en Wallonie, il suffit d’aller fouiller dans les papiers de famille pour dénicher des traces et des preuves écrites permettant de revendiquer la continuité pluriséculaire de cet art devenu aujourd’hui un enjeu de plusieurs milliards d'euros.


L’ art de la production de la bière dans le monde trouve ses racines au MoyenOrient, mais sa continuité historique se trouve sur trois régions représentées par trois abbayes prémédiévales. À l’époque de l’empire carolingien, la chronique mentionne la production de bière en 822 à l’abbaye de Corbie en Picardie, à l’est d’Amiens, en 850 à Freising en Bavière, au nord de Munich et en 868 à Lobbes sur les rives de la Sambre en Wallonie… Depuis lors, ces régions ont gardé et développé l’art brassicole.

Durant presque mille ans, Lobbes affirme et propage ainsi la foi chrétienne. Au regard des gravures d’époque illustrant l’immense puissance cumulée au cours des siècles, Lobbes était l’une des plus illustres abbayes d’Occident, et subira le même sort que Jumièges, Cîteaux, Cluny, Molesme... C’est précisément cette puissance économique et politique qui fit leurs malheurs. Il ne reste pas grand-chose de ses stances de pierres, de ses jardins et potagers fleuris. La capitation et le commerce des indulgences, la féodalité financière… Autant de ferments révolutionnaires qui dévastèrent les institutions les plus ostentatoires de l’ancien régime. Lobbes était une cible. Seule la ferme est restée en l’état et donne, par ses dimensions, le niveau de puissance de cette abbaye totalement anéantie.

Le domaine de l’abbaye est dominé par l’ex-collégiale Saint Ursmer qui fait office d’église paroissiale. Ses fondations sont de l’époque carolorégienne. Le bâtiment de style roman est parfaitement restauré. Depuis le parvis de la collégiale, on aperçoit quelques futaies indiquant le site exact de l’abbaye qui servit de carrière de pierres durant tout le XIXe siècle. 

Un projet

La commune de Lobbes a acquis une petite partie du site d’une superficie de 2,2 ha comportant les bâtiments de l’ancienne lingerie abbatiale désaffectés depuis les années ’60. Ses bâtiments contigus à la ferme couvrent 800 m² auxquels s’ajoute un vaste hangar de 700 m². La brasserie était, selon les plans historiques, installée dans un bâtiment séparé plus au sud. Un investisseur privé souhaiterait y réinstaller une microbrasserie. Peut-on imaginer que cette renaissance puisse se faire en ignorant les recettes des bières monastiques ? Pour l’instant, les historiens locaux n’ont pas fait d’investigation pour retrouver les traces de ce trésor historique.

Le seul trésor historique de l’abbaye qui soit arrivé jusqu’à nous se trouve être la bible de Lobbes conservée au musée du Séminaire de Tournai. Ce document est classé au patrimoine de Wallonie. La production du scriptorium de Lobbes fut intense durant la période médiévale. Les catalogues des manuscrits produits par l’abbaye et conservés dans sa bibliothèque en sont la preuve et confirme bien que Lobbes était au XIe siècle un centre culturel majeur. Cette Biblia Sacra, comprenant 276 folios, serait en fait l’un des deux volumes mis en chantier et terminé par le scribe Goderan en 1084 mais ne comprenant qu’une partie de l’Ancien Testament. Il manque un second volume reprenant la suite des textes de l’Ancien Testament manquant dans le premier volume ainsi que les textes du Nouveau Testament. Les enluminures sont d’authentiques chefs-d’œuvre accessibles sur Internet sur le site du Séminaire de Tournai.

 

Cette année, les Journées du Patrimoine ont permis au grand public de découvrir une thématique aussi essentielle qu’intemporelle, le déplacement. Sur les voies d’eau, de terre et de fer. L’événement est certes terminé, mais le Patrimoine, lui, est toujours présent et se découvre toute l’année. Voici une sélection de quelques adresses accessibles en toutes saisons.

 

EAU D’ARDENNE
Barrage du Ry de Rome (Petigny) — Namur

C’est un ruban de bitume qui fait le tour du lac retenu par le barrage du Ry de Rome, près de Couvin. Il s’offre à une balade à vélo ou à pied autour de ce qui est le plus important réservoir d’eau portable de la région.

Sa superficie de 25 ha prend la forme d’un gant allongé à trois doigts qu’on ne remarque pas d’emblée, car 25 ans après la création du barrage, les massifs de bouleau plantés sur les berges ont bien poussé. Dès qu’une trouée le permet, on peut distinguer le prolongement des trois ruisseaux qui se déversent dans le lac, le Ry de Rome, le Ry de l’Ermitage et le Ry des Serpents. Le lac, qui a la particularité de remplir une vallée au milieu de la forêt ardennaise, tient sa teinte sombre de son fond rocheux. Ce qui lui donne un petit air nordique renforcé par les bois de résineux qui l’entourent.

À l’exception d’une brève et légère montée, le parcours est toujours plat et en léger surplomb par rapport à la berge protégée d’une bande boisée où poussent aulnes et bouleaux. Parmi la faune particulièrement riche à qui sait tendre l’oreille et observer en silence, on remarquera le grèbe huppé, les martins-pêcheurs et, en septembre, si la chance le veut, le balbuzard pêcheur, un impressionnant rapace qui étend ses ailes pour planer au-dessus du miroir sombre, attendant d’y plonger pour happer un poisson. Les flancs forestiers qui cernent le lac peuvent accueillir le pic noir, le plus grands des pics, et la cigogne noire, échassier typique des régions forestières, qui amorce son retour en Wallonie depuis qu’une exploitation raisonnée de la forêt l’a rendue à nouveau attractive. De juillet à octobre, le sol sec et acide des talus se tapisse du rose de la callune ou bruyère d’été. En cours de promenade, on distinguera également l’un ou l’autre sentier de descente par lesquels chevreuils et sangliers quittent la forêt au petit jour pour venir s’abreuver dans le lac. De retour devant le barrage, le tour est bouclé et la tête est aérée.

Infos pratiques
Barrage du Ry de Rome
B-5660 Petigny
+32 60 34 59 56 ou +32 60 34 01 40 / [email protected]
http://tourisme.couvin.com


PASSAGES À TABACS
Bohan — Namur

Tout porte à croire qu’un géographe facétieux se soit plu à dessiner certains tronçons de la frontière entre la France et la Belgique. Au détour d’un méandre de la Semois et du Ruisseau de Saint-Jean, une langue de terre peut faire passer le promeneur de l’un à l’autre pays sans prévenir. Une situation qui fit le bonheur des contrebandiers de tabac qui faisaient commerce entre les deux pays du milieu du XIXe au début du siècle suivant. Les consommateurs français de l’époque qui achetaient sur un bout de Belgique du tabac cultivé en bord de Semois pouvaient ainsi se passer des droits de douane et des accises. Balancés dans la rivière, les ballots de tabac descendaient quelques kilomètres avant d’être récupérés sur des barques qui étaient tractées vers une de ces « baraques » où l’on pouvait s’approvisionner en tabac, chocolat, café et allumettes. Les gens de Bohan et des environs qui connaissaient les bois par cœur y jouaient au chat et à la souris avec les douaniers. Le sentier qui relie les quatre différentes baraques (ou ce qu’il en reste) fait l’objet d’une promenade guidée.

La Baraque Laurent, départ de la promenade, est la seule à avoir été largement préservée. Après maints changements de propriétaire depuis la fin du commerce, la maison de deux étages en moellons du pays accueille depuis 25 ans des classes vertes pour des groupes d’enfants défavorisés. Là où le Ruisseau de Bois Saint-Jean se jette dans la Semois, on trouve ce qui reste de la Baraque Gérard. Quelques pans de murs envahis par la végétation en bordure de bois. L’huilerie où l’on préparait de l’huile d’éclairage a complètement disparu avec l’apparition du pétrole vers 1870. En plus d’un siècle, la topographie a beaucoup changé. La Baraque Gérard était alors visible depuis les berges de la rivière. Avec les années, les vestiges disparaissent peu à peu, la forêt reprend ses droits sur la pierre et les derniers pans de murs délabrés. Pour rejoindre les deux autres baraques, il faut s’enfoncer dans les bois. Si des hauts fûts de résineux se dressent aujourd’hui en bordure de chemin, à l’époque des contrebandiers, c’étaient des prairies qui prolongeaient le lit de la rivière.

De la Baraque Cagneaux, il ne reste plus grand chose, une basse construction en pierres qui abritait sans doute un lavoir. La baraque originale incendiée en 1938 a fait place à un chalet en brique, également tombé en ruine. Le sentier emprunté surplombe légèrement celui qui a été adopté à l’origine par la rivière du Bois Saint-Jean, plusieurs fois sortie de son lit au gré des époques. 

De la Baraque Léger, il ne reste rien, si ce n’est deux dalles de carrelage. Le débit des rivières a aussi considérablement baissé avec l’introduction des résineux qui ont asséché toute la vallée. Dans ce très beau site aux confluents des ruisseaux Flexa et du Bois Saint-Jean, il faut un effort d’imagination pour faire revivre l’activité haute en couleurs qui s’y est déroulée jadis. Mais peutêtre suffit-il d’écouter le paysage, il a encore des choses à nous dire.

Infos pratiques
Rue du Bois Jean 142 –
B-5550 Bohan
+32 61 29 28 27 / [email protected]


LES COUCHES DU TEMPS
Sclayn — Namur

La grotte de Sclayn, près d’Andenne, est un site exceptionnel. Découvert en 1971, ce site paléolithique fait l’objet depuis 1978 d’une fouille permanente où l’on a pu mettre en œuvre les méthodes les plus rigoureuses de l’archéologie contemporaine.

Gîte de passage, refuge d’appoint, la grotte a accueilli une succession de populations préhistoriques sur une période de plus de 100 000 ans. Des objets et des restes humains et animaux sont répartis au sein des différentes couches géologiques qui se sont succédé avec les siècles. Le site a déjà suscité bien des trouvailles dont la plus fameuse et incroyable est l’Enfant de Sclayn, un enfant néandertalien dont on a retrouvé la mâchoire inférieure et quelques dents dans un chenal de limon. Grâce aux techniques les plus pointues, on a même pu déterminer son âge au jour près, à savoir 8 ans et 17 jours.

L’ouverture du site à l’occasion des Journées du Patrimoine a été l’occasion de mettre en évidence l’importance des voies d’eau pour les populations préhistoriques. Obstacles naturels, elles pouvaient aussi faciliter les déplacements de ces chasseurs nomades qui ramenaient de leurs expéditions de précieuses matières minérales, végétales ou animales. L’origine géographique de ces diverses matières permet a posteriori de retracer les itinéraires de ces infatigables voyageurs. La richesse du site est telle que plusieurs décennies, voire générations, seront nécessaires pour y scruter et explorer toutes les couches et recoins. Les fouilles se pratiquent de manière séquencée, en avançant zone par zone. Et il faut bien sûr se garder de toute déduction hâtive, car des vestiges retrouvés à la même hauteur peuvent très bien appartenir à des époques distantes de plusieurs dizaines de milliers d’années.

Les archéologues qui gèrent le site accompagnent la visite. Ils expliqueront leurs méthodes de travail et l’évolution des connaissances sur la préhistoire. Ils aideront aussi le profane à décoder les parois de fouille où affleurent une multitude de fragments de roche et d’ossements pratiquement indifférentiables pour un profane. D’un œil expert, les archéologues vous identifient ici une canine d’hyène, là un silex, une incisive d’ours des cavernes, une dent de rhinocéros laineux ou un morceau de bois de cerf. Et comme par magie, les images viennent à l’esprit.


SOUS LE SIGNE DE LA COQUILLE
Nivelles — Brabant Wallon

Jusqu’à la fin du XVe siècle, ils étaient sans doute des centaines de milliers dans toute l’Europe, voire davantage, à marcher pour rejoindre la ville espagnole de Saint-Jacques de Compostelle. Leurs motivations étaient diverses, mais nombreux parmi eux entendaient de cette manière exprimer leur dévotion à l’apôtre, martyr du christianisme.

Plusieurs de ces chemins de pèlerinage traversaient notre pays et l’un d’entre eux passait par Nivelles, ville importante au Moyen-âge. Alors qu’en ce siècle nouveau, le pèlerinage à Saint-Jacques connait un net regain, pourquoi ne pas s’intéresser aux traces qu’il a laissées dans la ville de Sainte-Gertrude ? Aujourd’hui, comme jadis, le chemin qui traverse la ville est balisé et il démarre dans le faubourg Sainte-Anne. Un pâtissier nommé Jacquet rappelle le surnom donné aux pèlerins de Compostelle. Si The Pilgrim, arbore aujourd’hui une façade rouge de pub irlandais, des sources locales confirment que l’établissement accueillait des pèlerins de Compostelle et d’ailleurs depuis le XVIIe siècle. La statue de Saint-Jacques, conservée au musée communal, donne une idée des accessoires les plus communs de pèlerin, la pèlerine ornée des « conchas » (coquilles) qui s’échouaient sur les plages de Galice, un bâton et une calebasse. Au XIIe, le codex calixtinus était le premier topoguide des chemins de Compostelle, on vous en montrera quelques reproductions. À la Collégiale, consacrée à Sainte-Gertrude, un intéressant haut relief du XVe représente Saint-Jacques et SainteGertrude au pied d’un calvaire, histoire de rappeler qu’en ces temps difficiles, le pèlerinage était loin d’être une partie de plaisir. Le circuit s’achève dans le quartier du Petit Saint-Jacques, le plus vieux de la ville, avec ses maisons de briques rouges, qui ont gardé de nombreuses traces du passage des pèlerins. Signe que la dévotion pour Saint-Jacques y est toujours vivante, les habitants de ce quartier l’ont intégré au tour Sainte-Gertrude.

Infos pratiques
Avenue Albert et Elisabeth
B-1400 Nivelles
+32 472 94 17 90 / [email protected]
www.chirel-bw.be


DES LOCOS DANS LE RÉTRO
Saint-Ghislain — Hainaut

L’ancien atelier des wagons de la gare de Saint-Ghislain est depuis quelques années le havre des passionnés du PFT (Patrimoine ferroviaire et tourisme). Patiemment restauré grâce au savoir-faire d’amoureux de trains de toute l’Europe, du matériel roulant d’hier et d’avant-hier prend la pose sur les rails pour les photographes et les amateurs. Même quand elles sont à l’arrêt, les imposantes machines ne perdent rien de leur pouvoir de fascination. Les contourner et parfois monter dans le poste de pilotage procure des sensations qui font souvent écho aux souvenirs d’enfance. Depuis sa création en 1989, le PFT a rassemblé une collection de matériel sans cesse plus grande et plus variée, qui est devenue la plus riche du pays, après celle de la SNCB et du Trainworld.

À l’étage, c’est le royaume des modèles réduits, mais les réseaux n’en sont pas moins impressionnants. Ils sont au nombre de quatre. On y trouve des réseaux continus à 2 rails, alternatifs à 3 rails, d’inspiration allemande ou belge. Les plus perspicaces reconnaîtront dans les modules paysagers des reproductions fidèles des gares de Thulin, Blaton ou Peruwelz. Un travail de passion et de patience, souvent l’œuvre d’une vie.

Le samedi sera un rendez-vous à ne pas manquer pour tous les modélistes qui se respectent. Une bourse d’échange rassemblant plus d’une centaine d’exposants se tiendra au milieu du matériel ferroviaire restauré.

Infos pratiques
Rue de la Fontaine
B-7330 Saint-Ghislain+32 495 20 27 78 / [email protected]
www.retrotrain.be

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Tumulus de Glimes
INCOURT

15 mètres de haut pour un diamètre de 52 mètres, le tumulus de Glimes est l’un des plus grands et plus imposants tumuli qui subsistent en Belgique. Au cours des siècles, de nombreuses légendes et traditions populaires ont réécrit son histoire qui a commencé avec une sépulture de l’époque gallo-romaine. Aujourd’hui, il ne reste rien du caveau, maintes fois pillé, mais la majesté et la beauté irréductible de ce monticule de terre qui se dresse sur la plaine brabançonne est intacte.

www.hesbayebrabanconne.be


Brasserie Jandrain-Jeandrenouille
JAUCHE

La ferme de la Féculerie est un imposant quadrilatère bâti entre le XIVe et le XVIIIe siècle. Elle abrite depuis 2006 une brasserie artisanale qui a démarré son activité avec la fameuse « IV Saison », une bière naturelle blonde, 100 % malt d’orge et fabriquée avec seulement les quatre éléments de base. On y trouve également les deux nectars qui font la fierté de la Confrérie de Jean de Nivelles, la « Djan d’Nivèle », une blonde légère fermentée en bouteille, et l’« Archiduc », une bière pasteurisée et refermentée en bouteille, et conçue par ses épices pour se marier idéalement avec la tarte al Djote.

www.brasseriedejandrainjandrenouille.com


Musée de La Boverie
LIÈGE

Le nouveau musée dans le parc de la Boverie combine avec bonheur patrimoine et innovation architecturale. L’ancien palais des Beaux-Arts, témoin de l’Expo universelle de 1905, a été projeté dans le XXIe siècle par l’ajout d’une nouvelle aile vitrée, ouverte sur la Meuse. Dans ce centre d’art où la création contemporaine côtoie les collections historiques, une nouvelle exposition est consacrée aux 200 ans de John Cockerill. Une expérience à vivre, riche en objets techniques, images et témoignages, elle est une passerelle entre passé et avenir.

www.laboverie.com


Eglise de Herve et son clocher tors
HERVE

Dédié à la Vierge Marie et à Saint-Jean-Baptiste, l’édifice combine une tour massive datant du XIIIe siècle et le corps du bâtiment, bâti au XVIIe siècle. Un des aspects les plus intrigants de cette église de village est son clocher tors (ou flammé) résultant au départ d’un vice de construction, mais devenu au fil des siècles une immanquable attraction.

www.paysdeherve.be


Château de Crawhez et la ferme-château de l’Aguesse
CLERMONT SUR BERWINNE

Entre le style Louis XIII liégeois, Louis XIV et Louis XV, les maisons qui bordent la place de la Halle offrent un charmant précis d’architecture qui font de Clermont un des plus beaux villages de Wallonie. Posé au cœur des bocages du pays de Herve, cet agencement harmonieux de constructions où la brique, la pierre blanche et l’ardoise racontent une histoire paisible invitant à la promenade qui mènera les plus curieux jusqu’au château de Crawhez et à la ferme-château de l’Aguesse.

www.beauxvillages.be


 

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