Waw magazine

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Tous les trois ans depuis 2002, le Circuit des Ardennes commémore la  première course automobile sur route en circuit fermé qui s’est déroulée en 1902. Des ancêtres d’une fringante jeunesse !


Le slogan de la manifestation ne saurait mieux décrire cette manifestation haute en couleurs: «Le plus grand panorama roulant de l’histoire de l’automobile jamais vu !». Si elle émane d’un ancien participant, cette réflexion est surtout celle d’un des anciens patrons de Volkswagen qui savait de quoi il parlait. « Nous devons mettre au crédit de la Wallonie, explique Jacques Deneef, une des chevilles-ouvrières de la Commémoration, la naissance et le développement de la notion de ‘circuit fermé’ en 1902. A l’époque, on faisait un trajet d’une ville à une autre, par exemple, Paris-Berlin, mais l’itinéraire était très difficile à sécuriser sur cette distance. Le créateur de ce Circuit fut le Baron Pierre de Crawhez qui, grand sportif, participa à la première édition mais, accidenté, ne put malheureusement terminer la course. Il prit sa revanche l’année suivante toutefois… »

En 2000, un groupe de passionnés dont Jean-Pierre Van den Bergen, Jean-Pierre Alvin, Jacques Deneef et Philippe Casse, décide de créer une asbl sous la présidence du Baron Baron de Fierlant Dormer, aujourd’hui décédé et remplacer par Bernard Dewitte pour commémorer cette première course de 1902. «Mais nous ne voulions pas organiser une course, précise Jacques Deneef, il s’agit bien d’une commémoration, mais aussi un formidable outil de promotion touristique pour la province du Luxembourg et nos Ardennes. Ce circuit fermé est désormais organisé tous les trois ans, d’une part pour ne pas lasser le public, mais d’autre part aussi parce que nous sommes tous bénévoles. Dix permanents tout au long de l’année, et près de 50 lors de l’événement. Ce sera donc la sixième édition.»

Plus de 500 voitures

Et du spectacle, il y en aura. Plus de cinq cents voitures et une cinquantaine de motos s’élanceront sur ce circuit de 100 kilomètres autour de Bastogne durant deux journées. Le samedi 8 juillet 2017 est réservé aux véhicules d’avant 1919 et partira de Bastogne. Une série exception nelle de Bugattis est annoncée! Le lendemain, la ligne de départ a été tracée à Libramont qui accueillera tous les véhicules de 1919 à 1970 (1926 à 1960 pour les motos). «Nous n’allons pas plus loin que cette date, car nous ne voulons pas non plus dépasser nos ambitions, précise Jacques Deneef, également un des administrateurs d’Autoworld à Bruxelles. Et les véhicules militaires ou commerciaux ne sont pas admis. Par contre, ceux qui viennent de l’étranger – essentiellement Pays-Bas, Angleterre, Allemagne et Suisse – peuvent rouler le jeudi en plus du weekend.»

Le public vient en masse, soucieux de ne pas rater cet événement plutôt rare en nos contrées. Et il sera gâté en 2017, car, outre une belle exposition consacrée à Audi, un kiosque au centre de Bastogne, sur la place Général Mc Auliffe, abritera neuf voitures exceptionnelles, dont une DeDion 1903 (qui courut cette année-là), la voiture FN d’Albert Ier ou encore la première Germain qui resta près de 60 ans dans un garage. Belles découvertes en perspective!

www.circuit-ardennes.be



SAMEDI 8 JUILLET

BASTOGNE (Place MacAulife) Dès 9h : exposition et départ de véhicules des origines à 1918 A 10h : départ de plateaux de voitures Bugatti, Packard et autres marques
MARCHE De 12h à 14h30 : passage et arrêt des véhicules aux parkings de l'Hotel de Ville et du Quartier Latin
BASTOGNE (Place MacAulife) Dès 16h : retour et exposition des véhicules

DIMANCHE 9 JUILLET

BASTOGNE (Place MacAulife) Dès 9h : exposition de plateaux de marques avant leur départ à 10h
LIBRAMONT Dès 8h: départ des véhicules 1919-1941 Dès 10h: départ des véhicules 1942-1970
NEUFCHATEAU Passage des véhicules de 8h30 à 11h20
HABAY Passage des véhicules de 9h50 à 12h25
FLORENVILLE Passage des véhicules de 10h50 à 14h
BASTOGNE Dès 15h : retour et exposition des véhicules


LA BALADE  DES ABBAYES 


Autre rallye, autre style avec le Stars Rallye Télévie qui fêtera ses dix ans le 15 octobre 2017. Ses organisateurs vous proposent de sillonner les plus belles routes de Wallonie à bord d’une Oldtimer ou d’une Supercar en compagnie d’une star du sport ou du show business… Le but étant évidemment de soutenir la recherche contre le cancer et la leucémie et de rapporter le plus gros chèque au Télévie… Initié par l’ancien pilote automobile Willy Braillard et Allan Sport, ce concept s’inscrit dans le pôle « auto » du Challenge Allan Sport, au même titre que le golf, le tennis et le jogging. Imaginant chaque année un thème et des parcours différents, les organisateurs du Stars Rallye Télévie ont cette fois décidé d’emmener les participants jusqu’à la très belle Ferme de l’Abbaye de la Ramée en traversant une partie du Brabant wallon et en passant devant une autre abbaye, celle de Villers-la-Ville. Le départ et l’arrivée se feront devant le musée Autoworld à Bruxelles qui, pour l’occasion, accueillera déjà quelques supercars dès le vendredi après-midi. Deux parcours sont prévus : l’un pour les voitures anciennes ou « ancêtres », et l’autre pour les « modernes » ou GT, afin d’éviter une cohabitation parfois difficile sur les petites routes de campagne, chacun évoluant dans un contexte correspondant à son type de voiture !

www.starsrallyetelevie.be

 

 

Récemment honoré du titre de « plus beau village de Wallonie », Our regorge d’atouts. Entre son patrimoine architectural,  son église classée, sa gastronomie, les randonnées, difficile de ne pas tomber sous le charme.


C’est un petit village lové dans les profondeurs de l’Ardenne, au cœur de la commune de Paliseul. Il est installé au creux d’une vallée façonnée par l’Our, au fil des siècles. Le cours d’eau a donné son nom à cette entité qui vient de se voir honorée du titre de « plus beau village de Wallonie ». Our rejoint donc les sept villages en province de Luxembourg et les 22 autres répartis ailleurs en Wallonie qui jouissent déjà d’une telle reconnaissance. 

Beauté naturelle

La vraie beauté, d’ailleurs, est celle qui s’exprime au naturel. Pour être reconnu plus beau village de Wallonie, rien ne sert de déployer strass et paillettes. Le charme doit opérer seul, sans effort ni contrainte. Our ainsi que les autres villages se distinguent par leur singularité, leur caractère, la qualité d’accueil qu’ils proposent...

On pourrait franchement ignorer l’existence du village d’Our, bien caché au cœur de la vallée de la rivière éponyme, entouré de forêts et d’une nature luxuriante. On peut difficilement trouver un cadre plus bucolique que celui proposé ici. Pourtant, beaucoup le traverseront sans prendre le temps de poser leur regard sur ce qu’il a à proposer. Mais si l’on y prête ne fût-ce qu’un brin d’attention, difficile de ne pas être séduit.

C’est un village ardennais typique qui se présente sous vos yeux, avec ses nombreuses maisons en schiste. La configuration du village, avec cette rivière qui l’enserre, cette église qui trône à son sommet, pourrait lui donner des allures de poste avancé fortifié. Il n’en est rien. Pour y accéder, enjambez le cours d’eau, via l’un des deux ponts à trois arches et parapet en pierres taillées en demi-lune. 


Hors du temps

Bienvenue à Our. Le village compte une nonantaine d’âmes. On y vit au rythme de l’eau et de la forêt. Sans, semble-t-il, se soucier des tracas du monde extérieur. L’Ardenne elle-même, pourtant réputée pour sa rudesse, y apparaît presque douce. Et le temps semble n’avoir pas de prise sur ce hameau. Sa beauté, il la doit avant tout à son patrimoine architectural. Ses vieilles maisons en pierre, basses, surmontées d’un toit en ardoise, confèrent tout leur caractère à la poignée de rues qui composent le village. Le temps d’une visite, ce patrimoine préservé et bien entretenu vous transporte loin des lotissements modernes que l’on connaît et qui poussent un peu partout. Une visite à Our, c’est un voyage au cœur du passé, de notre patrimoine wallon.

Et pourtant… On sera surpris d’apprendre, en appréciant les charmes d’Our, que le champion de la construction moderne en Wallonie, Thomas & Piron, est installé à quelques centaines de mètres de là, en haut d’un des deux versants de la vallée. Une barrière végétale isole cependant le village du zoning. L’aménagement d’un contournement, en outre, est envisagé au niveau communal pour préserver la quiétude du village. Tandis que le patron de l’entreprise, Louis-Marie Piron, œuvre à sa manière à la préservation de ce patrimoine unique. Il a notamment rénové plusieurs biens, dans le respect de l’architecture locale, qui ont accueilli des établissements horeca.

Gastronomie et immersion naturelle

Mais saint Laurent, qui fut martyrisé sur un gril à Rome en 258, n’est pas seulement reconnu pour être le guérisseur des brûlures. C’est aussi le saint patron des cuisiniers. Ceci expliquerait-il la présence, au niveau de ce village d’à peine 90 habitants, de plusieurs tables savoureuses, dont celle du chef étoilé Maxime Collard (La Table de Maxime) ? Rien ne permet d’établir directement un lien de cause à effet. Les nombreux touristes de la région, cependant, le confirmeront : la gastronomie constitue certainement un atout supplémentaire du village.

Tout comme le sont aussi les randonnées pédestres et cyclables que l’on peut entamer au départ d’Our. Elles parcourent la vallée et les forêts avoisinantes. Our offre une invitation à vous plonger dans une forêt préservée. Vous y apprécierez toute la richesse de l’Ardenne en parcourant à peine quelques kilomètres à pied.


Une église classée


Au-delà du caractère ardennais du village dans son ensemble, observez cette petite église entourée de son vieux cimetière, posée sur un promontoire de schiste et qui surplombe le village. On y accède par un petit escalier de pierre. C’est le bâtiment le plus remarquable de l’entité. L’édifice religieux, haut perché, est classé comme monument depuis 1983. Il n’impressionne pas par son envergure, ni par son style. Trapue, l’église SaintLaurent n’en est pas moins attachante, notamment aux yeux de nombreux artistes qui ont pris plaisir à la peindre. L’édifice est un réel témoin des siècles passés. Une première chapelle aurait été érigée là en 1500, par le sieur de Boulin. L’église, dans sa configuration actuelle, une seule nef à trois travées, a été construite à partir de 1680. En témoigne la date gravée et encore visible aujourd’hui sur le portail intérieur. Sa construction s’est étendue jusqu’au début de XVIIIe siècle. Mais l’histoire tumultueuse n’a pas épargné le lieu de culte, incendié en 1819 pour être rebâti l’année suivante. Les amoureux du patrimoine apprécieront son clocher à quatre étages, avec base carrée, puis, un étage droit surmonté d’une flèche octogonale en double cône. Aujourd’hui, c’est toujours un lieu de pèlerinage. L’on y vient, avec ses enfants notamment, pour implorer le patron du village de ce qui est connu en Ardenne comme étant « les clochettes de saint Laurent », des éruptions cutanées ou des cloques liées à des brûlures. 

 

En phase de restauration depuis un peu plus d’un an et demi, le donjon de Crupet est au centre de toutes les attentions. Les nouveaux propriétaires veulent réussir son lifting complet. Ils s’appuient donc sur la compétence d’une équipe d’experts chevronnés.


Acquérir un bien classé, un défi ? Oui, parce qu’une quantité importante de démarches et de formalités sont indispensables. Oui, cela suppose une réglementation stricte, et non, parce qu’il ne s’agit pas de faire n’importe quoi. D’autant plus qu’aux aides financières (la Région, la Commune...) sont liées des obligations clairement définies. Peu importe ! Portée par la passion de l’aventure, la famille de Bever ne recule pas devant les contraintes. Au contraire, elle est plutôt bonne élève et collabore consciencieusement avec les spécialistes en matière de recherches historique et archéologique. Les fréquentes réunions de chantier attestent du désir réel de scruter et de comprendre les mystères de cette très ancienne construction. C’est donc volontiers que les nouveaux propriétaires se plient aux règles en vigueur. Parce qu’il s’agit bien ici du travail d’une équipe soucieuse de conserver l’authenticité du bien.

L’investissement financier consenti est colossal et l’on peut se réjouir de ce que des personnes puissent engager des sommes importantes dans ce genre de projet. Cela permet de garantir la conservation et la pérennité de notre patrimoine – en l’occurrence, et dans le cas présent, du Patrimoine Exceptionnel de Wallonie. Respecter les créations de nos lointains aïeux est le mot d’ordre tout au long de l’exécution des travaux.

Le donjon à travers les âges

Pendant de longues années, il était hasardeux de dater avec précision la construction du donjon de Crupet. Des doutes subsistaient et ne permettaient pas d’affirmer avec certitude le siècle de l’édification du château. Ce sont les structures en bois (planchers, colombage et charpente) – les meilleurs indicateurs de la période de construction – qui ont livré les réponses aux multiples questionnements. Dans le cadre de l’engagement de la restauration en cours, et grâce à une analyse dendrochronologique approfondie, il a été possible avant d’engager les travaux il y a un an, de déterminer l’âge des arbres utilisés pour la structure du donjon. Et, par déduction, la période du chantier originel, à partir de l’analyse des courbes de croissance des bois mis en œuvre. On date donc la construction de la maison forte entre 1286 (année indiquée à deux reprises pour l’abattage des arbres) et 1299. Un recoupement avec les sources historiques existantes donne quant à cette datation, une fourchette entre 1278 et 1304. Une information importante pour la suite des opérations.

Le château a, depuis sa construction, connu plusieurs aménagements entrepris au fil du temps par différents propriétaires. Tous y ont laissé leur empreinte au gré des modes de vie, de leurs goûts ou des exigences liées à la composition familiale. On peut dire que le maître de l’ouvrage originel a bien fait les choses. En effet, si au XIIIe siècle, il fallait construire grand et pour durer, le seigneur de Crupet y a mis le paquet ! Grand ? Les dimensions du bâti de forme rectangulaire s’élèvent à 13,10m sur 9,80m pour une hauteur d’environ 26m. Pour durer ? Selon les étages, l’épaisseur des murs oscille entre 1,70m au rez-de-chaussée à 1,10m aux étages. On peut bien évidemment attribuer aux murs épais un souci de sécurité indispensable à certaines périodes de l’histoire. Les fenêtres (baies) valent à elles seules un chapitre complet, tant elles ont joué les chaises musicales. On bouche, on déplace, on ajoute, on les veut petites à l’origine (sécurité), à meneaux, à deux jours, coiffées de linteaux en demi-lune, à barreaux pour certaines au rez-de-chaussée, rares et petites percées au niveau des caves. Subsiste encore aux étages habitables une quinzaine de fenêtres – certaines condamnées, mais traçables et en cours de restauration. Soyons sans crainte, chacune d’elle retrouvera la place qu’elle occupait à l’origine.

Au fil du temps, le domaine est passé aux mains de plusieurs familles, le plus souvent par héritage et mariage, par des guerres si c’était (absolument) nécessaire, ou alors, plus proche de nous, par acte notarié. Hormis l’initiateur du projet, il est un couple qui s’est distingué particulièrement au XVIe siècle. Par leur mariage en 1540, Guillaume de Carondelet et Jeanne de Brandebourg acquièrent le domaine où ils s’installent en 1568. C’est à leur initiative que d’importantes améliorations y sont apportées. Il faut se rendre compte qu’avant les transformations engagées par eux, le bâtiment était nettement plus sobre. Imaginer aussi qu’à l’intérieur les trois étages n’étaient accessibles que par des échelles de meunier obligeant habitants et invités à emprunter des trémies de petite dimension pour passer d’un niveau à l’autre. Pour remédier à cet inconfort, le jeune couple décide d’adjoindre au château existant, une tour cylindrique accueillant un large escalier menant à chaque étage dont celui qui accède à l’encorbellement à colombages également imaginé par les maîtres des lieux. L’escalier est toujours utilisable, mais réclame toutefois une restauration importante. Par ailleurs, en regardant de l’extérieur, on aperçoit très nettement « la couture » de l’accolement de l’ancien bâtiment et de la tourelle d’escalier.

En ces temps-là, on n’entrait pas aisément dans le cœur d’un donjon forcément bien gardé. Chaque invité devait certainement montrer patte blanche aux gardes qui les voyaient arriver du haut de la très belle tourporche qui donne accès à la ferme. Un premier passage obligé se faisait par ladite tour surmontée d’un très beau faîtage en épi arborant le blason des Carondelet. Toujours au sommet de la tour, on peut observer les armes portant les noms et devises des seigneurs.

Après avoir traversé la cour, on arrive sur un petit pont à trois arches sous lequel on a découvert les vestiges de deux passerelles en bois plus anciennes, des XIIIe et XVIe siècles. On arrive alors devant la porte d’entrée d’origine. Autour de l’arc de style gothique, se dessine un encadrement rectangulaire en léger renfoncement. C’est ce qu’on appelle la feuillure – espace précis permettant au pont-levis de s’encastrer parfaitement dans l’encoche réservée à cet usage. Cela rendait impossible l’accès d’un assaillant au donjon puisque sans clinches ni heurtoirs, aucune prise sur la porte n’était possible.


Pas de château sans ferme

Outre les aménagements apportés par le couple Carondelet-Brandebourg, ceux-ci décident de la reconstruction en dur d’une ferme auparavant en matériaux périssables (bois, terre, paille de seigle). En témoignent encore, outre la tour-porche, une grange, une étable et l’ancien logis du fermier en forme de petite tour qui se succèdent sur le flanc nord de la cour. Parce qu’à cette époque, la gestion des provisions n’était pas aussi facile que de nos jours, les produits de la ferme, les récoltes de céréales, l’élevage des poules, des vaches et des cochons, les fruits du verger et les légumes du potager, le brassage de la bière, tout faisait farine au moulin. Assez curieusement, le poisson faisait lui aussi partie des menus. Les carpes mangeaient les déchets de cuisine, les goulues étaient pêchées dans l’eau des douves du château, et étaient servies à la table des seigneurs des lieux. La ferme parfaitement intégrée à l’ensemble du domaine fait partie du plan de restauration.

Petit passage à vide

Les XVIIe et XVIIIe siècles sont des années blanches pour le donjon, qui est réduit au rôle de logis de ferme. Les propriétaires n’y viennent que rarement. Ce n’est qu’en 1925 qu’un architecte bruxellois de renom, Adrien Blomme (1878-1940), tenté par l’achat d’une résidence de vacances pour sa famille, se décide à acquérir la maison forte de Crupet. Il y réalise d’importants aménagements pour assurer un certain confort de vie et adapter les lieux à l’époque en cours. Les travaux entrepris n’atteignent évidemment pas l’importance de ceux réalisés par les Carondelet qui ont (pour notre plus grande joie) dû passer leur vie entière à construire encore et encore... Toujours est-il que la famille Blomme a passé à Crupet des moments très heureux pendant de longues années. C’est à la fille cadette qu’est revenue la maison en héritage. Elle y a vécu avec son mari qui a même été bourgmestre du village. Cela montre à quel point les relations entre les habitants et la famille étaient harmonieuses. À présent, le donjon est entre les mains de la famille De Bever qui accorde également une grande importance aux nouvelles technologies en matière d’isolation et d’optimisation thermique. D’ici un an, les eaux conjointes du Crupet et du Ry de Vesse retrouveront leur lit au creux des douves et au pied du donjon resplendissant. Voilà que s’annoncent encore de beaux jours dans le si joli petit village de Crupet.


DATES CLÉS

1286-1299 : Construction de la maison forte
1568 : Acquisition par le couple Guillaume de Carondelet-Jeanne de Brandebourg 
1925 : Acquisition par l’architecte Adrien Blomme
2009 : Acquisition par la famille de Bever et restauration
2018 : Fin des travaux

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La route des saveurs du Pays des Lacs vous convie à une visite de producteurs désireux de vous faire partager leur savoir-faire et la qualité de leurs produits. De belles rencontres et dégustations en perspective. Cet itinéraire vous emmène dans la région de Chimay, Sivry-Rance, Beaumont, Thuin, Walcourt, Couvin, Viroinval. Entre diversité des paysages et bâtiments chargés d’histoire, il y a fort à parier que vous vous laisserez séduire par les charmes et les saveurs de ce beau territoire.


1 ESPACE CHIMAY

Plongez au coeur de la « Chimay Expérience », une exposition interactive et permanente à la découverte des secrets de l’histoire et de la fabrication des bières et des fromages trappistes de Chimay. Plus de 150 ans de tradition et d’authenticité. Une dégustation est prévue à la fin de la visite.

Rue de Poteaupré 5
B-6464 Bourlers
+32 60 21 14 33
www.chimay.com

2 BOULANGERIE SOLBREUX

Depuis 1842, six générations perpétuent la tradition. La Maison « Solbreux » fabrique les véritables macarons de Beaumont, ces délicieux biscuits à base d’amandes broyées et de sucre. Dressés artisanalement à l’aide du pouce et d’une cuillère en argent.

Rue de Binche 6
B-6500 Beaumont
+32 71 58 80 67
www.solbreuxdecamps.be

3 DISTILLERIE DE BIERCÉE

Unique distillerie belge d’eaux- de-vie et de fruits installée dans un lieu rempli d’histoire le long de la Route Napoléon. L’Eau de Villée, le P’tit Péket, la Poire Williams N°1 et autres spiritueux sont distillés dans le plus strict respect des règles de l’art. La distillerie est visitable dans son intégralité. Espace dégustation avec vaste choix de produits belges de bouche.

Rue de la Roquette 36
B-6532 Ragnies
+32 71 50 00 50
www.distilleriedebiercee.com

4 CHOCOLATERIE VANLIEFF’S

Créée en 1988, cette adresse de tradition artisanale et de qualité, installée près de Walcourt, ne cesse de faire rêver les connaisseurs de friandises. Elle vous convie à comprendre et apprécier la fabrication des pralines et autres douceurs en groupe directement à l’atelier ou à faire votre choix dans le magasin.

Allée J. F. Kennedy 2
B-5650 Chastrès
+32 71 63 46 30
www.chocolaterie-vanlieffs.com

5 ESCAVÈCHE LA MADELEINE - ESCAVIR

Philippe et ses deux fils préparent différents mets à base de poissons comme des filets et rillettes de truite ou de saumon, mais aussi la fameuse « escavèche de Chimay » très populaire dans la région et récemment labellisée IGP (Indication Géographique Protégée). Ici on perpétue de vieilles recettes familiales selon une préparation traditionnelle, à base de sauce blanche ou brune.

Rue Jean Chot 35
B-5670 Olloy-sur-Viroin
+32 60 39 00 35
www.escavir.be



À GOÛTER

  • L’Escavèche de Chimay (préparation froide à base de poisson cuit, associé à une sauce vinaigrée)
  • La boulette de Romedenne, Surice ou Beaumont (fromage frais au lait de vache)
  • Les délices chocolatés de La Dacquoise à Gozée (Thuin)
  • Les magrets et foies gras de la Ferme de la Sauvenière à Hemptinne (Florennes)
  • Les bières de la Brasserie de Silenrieux


À DÉCOUVRIR

Brasserie des Fagnes à Mariembourg
www.fagnes.be

Les Lacs de l’Eau d’Heure
www.lacsdeleaudheure.be

Treignes, Village des Musées
www.treignes.info



INFOS

Maison du Tourisme du Pays des Lacs
Route de la Plate Taille 99
B-6440 Boussu-lez-Walcourt
+32 71 59 69 19
www.visitpaysdeslacs.be



PLUS D'ITINÉRAIRES  
 

Pour valoriser la diversité, la qualité et la typicité des produits gourmands du terroir wallon, Wallonie Belgique Tourisme a édité une brochure richement illustrée proposant 27 itinéraires gourmands sur l’ensemble du territoire wallon. Profitez de vos visites en Wallonie pour aller à la rencontre d’artisans et de producteurs fiers de mettre en avant leur savoir-faire et leur identité. Pour vous mettre en appétit, nous vous emmenons autour des Lacs de l’Eau d’Heure. En 2017, soyez aussi gourmands que la Wallonie !

Retrouvez toutes les informations sur la Wallonie Gourmande, les itinéraires et routes thématiques à télécharger, l’agenda des événements mis à jour toute l’année, des idées de séjours sur le site internet.

www.lawalloniegourmande.be

 

 

 

 

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Tantôt mystérieuse, tantôt apaisante, parfois sauvage, mais souvent généreuse, la forêt compose la moitié de la superficie de la province de Luxembourg. Mais pourquoi ce territoire compte-t-il plus d’arbres par habitant que les autres régions de Belgique ? Un plongeon dans l’histoire du terroir local s’impose pour mieux comprendre de quel bois se chauffent les Ardennais.


Parmi les organisations qui œuvrent aujourd’hui à la valorisation des forêts et du terroir, l’asbl Ressources Naturelles Développement. Bastien Wauthoz y est manager « pierre ». Géologue de formation, il partage sa passion avec un sens aiguisé de la pédagogie. « En 550 millions d’années, la province a fait un extraordinaire voyage à travers le globe. Initialement, la Belgique est principalement immergée sous un climat polaire. Elle se situe à 65° de latitude Sud, à peu près à l’emplacement des îles de la Terre de Feu, à la pointe sud de l’Argentine. Le paysage ressemble à ce que l’on peut observer aujourd’hui au Japon : un mélange de volcans entourés d’une mer où se déposent schistes, grès et calcaires. ».

Ensuite, sous l’effet de la tectonique des plaques, le pays remonte progressivement depuis l’hémisphère sud. Entre 400 millions d’années et 100 millions d’années avant JC, la Belgique se situe en zone tropicale. Elle est régulièrement plongée dans une mer chaude, parfois entourée de mangrove comme au Carbonifère. Les tropiques de Belgique, seuls les dinosaures et autres fossiles les auront connus !

Bastien Wauthoz raconte. « Ce passage en zone tropicale a véritablement modelé notre histoire. Dans ce climat, d’impressionnantes quantités de roches calcaires se sont déposées. Comme par exemple dans la calestienne, cette zone de collines qui trace la frontière de l’Ardenne avec la Famenne, qui était jadis une impressionnante barrière de corail, similaire à l’actuelle Grande Barrière de corail, il y a 370 millions d’années. La particularité de cette roche calcaire est qu’elle peut être dissoute par l’eau. Cette propriété explique la présence de grottes remarquables telles que celles de Hotton, Han ou Remouchamps. Ce genre de grottes ne se retrouve pas en Ardenne dont les sols sont composés de roches insolubles. ».

@ P Willems

 

Mais ce n’est pas tout, la période tropicale a permis à la Belgique de s’illustrer sur plusieurs pans d’un point de vue économique. Le géologue explique « Le corail devient calcaire. La mangrove donne le charbon. Les volcans apportent le fer. Quand on possède du charbon, du calcaire et du fer, on peut se positionner sur le secteur de la métallurgie. A partir du Moyen-Âge, les Belges deviennent donc une référence internationale dans l’exploitation de gisements de fer. La métallurgie wallonne permet l’essor de la géologie et des moulins liés aux forges. En matière géologique, la Belgique a été pionnière de la cartographie de son territoire. ».

Au Moyen-Âge et à la Renaissance, la métallurgie sert à fabriquer armes et canons, comme dans les ateliers mosans de Curtius, le célèbre marchand d’armes liégeois. C’est donc naturellement que le savoir-faire wallon va s’industrialiser, porté par la Meuse, le bassin mosan et ses dépôts de calcaires purs et de charbon, et favoriser la mise en route du chemin de fer, quelques siècles plus tard. Après l’Angleterre, la Wallonie devient alors une référence en matière de transport ferroviaire.

L’histoire de la Terre, celle qui remonte même bien avant le temps des dinosaures, explique la diversité des roches et la structure actuelle de notre territoire. Elle est à l’origine de nos réalités économiques mais également de la variété des paysages. « La Wallonie est un paradis géologique. Sur un minuscule territoire, 550 millions d’années d’histoire de la Terre sont résumées. Condroz, Famenne, Ardenne, Haute Ardenne, Nord de la Wallonie, à chaque région son terroir. En Ardenne, la roche est dure, l’eau ne peut pas y créer de nappes phréatiques, et elle donne un sol lourd. C’est la raison pour laquelle les arbres y trouvent une terre accueillante tandis que les cultures céréalières se portent mieux sur le plateau hesbignon. »


GROS PLAN SUR LES ROCHES REMARQUABLES

01 LE SCHISTE ARDOISIER
Il y a 250 millions d’années, la terre ardennaise était enfouie sous une chaîne de montagnes comparable aux Alpes. À cette époque, l’Europe entrait en collision, au sens propre, avec les Etats-Unis d’Amérique sous l’effet du mouvement des plaques. Ce processus fait émerger les roches déposées dans la mer sous forme de montagnes. Ceci explique pourquoi il est fréquent de trouver des coquillages sur des sommets tels que le Mont-Blanc ou l’Himalaya.

Lors des mouvements titanesques de la Terre, le schiste est comprimé et chauffé sous la masse des montagnes, produisant ainsi le schiste ardoisier. Ces montagnes subissent ensuite les effets de l’érosion qui arrache les sédiments que l’on retrouve aujourd’hui en Gaume et en Lorraine sous forme d’une pierre jaune, de sable et d’argile. Cette érosion permet au schiste ardoisier d’être mis au jour. L’industrie de l’ardoise va fleurir dans nos régions à partir du XVIIIe siècle et perdurera jusqu’après-guerre.

@P Willems

02 LE COTICULE
En latin, « coticula » signifie pierre à aiguiser. Cette roche métamorphique est également transformée au cœur de la montagne grâce à la pression et à la chaleur géothermique. Pour comprendre son origine, il convient de retourner 470 millions d’années en arrière, au moment où tout se déroule dans les profondeurs obscures de mers antédiluviennes. L’action se déroule précisément au moment où notre pays se soude aux pays scandinaves, créant d’abord un territoire volcanique puis la chaîne de montagne des Calédonides que l’on retrouve aujourd’hui en Ecosse et en Scandinavie. Trois phénomènes se cumulent pour donner naissance au coticule, cette roche unique au monde et qui permet d’aiguiser les plus fins couteaux, outils et rasoirs. D’abord un bassin profond où se déposent des quartz et argiles fines. Ensuite, la présence proche de dépôts calcaires. Et enfin la disponibilité d’oxyde de fer et de manganèse issus des éruptions volcaniques. Le coticule se dépose sous la forme de gigantesques avalanches sous-marines provoquées par des tremblements de terre et leur cortège de tsunamis, mélangeant subtilement ses ingrédients. Le métamorphisme transformera ces derniers dans la roche que l’on connaît aujourd’hui. Cette pierre à aiguiser de renommée internationale connut une industrie florissante au XVIIIe et XIXe siècles. Elle fut principalement utilisée pour aiguiser les ciseaux à bois des ébénistes ainsi que les rasoirs et les scalpels des chirurgiens et des scientifiques. Unique au monde, il s’agit de la pierre naturelle qui permet l’aiguisage le plus fin qui soit. Souvent imitée par des produits artificiels mais jamais égalée. Aujourd’hui, elle est encore utilisée en ébénisterie, pour le rasage traditionnel au coupe-chou et… dans les bars à sushis !


TOURISME AUTOUR DE LA PIERRE

Le sous-sol d’une région détermine ses paysages. Cultures ou forêts ne trouvent pas asile dans les mêmes sols. La pierre est par ailleurs un élément essentiel de notre patrimoine. Considérée comme un matériau noble, elle donne un cachet aux habitations et les imprime dans un terroir souvent très typique. La pierre est également source de légendes avec ses Pas-Bayard, rochers aux sorcières ou autres cailloux du diable. 

@ P. Willems

 

Ressources Naturelles Développement porte actuellement un projet de valorisation du patrimoine naturel, humain et industriel du massif schisteux ardenno-rhénan en vue d’en faire une destination SMART. Cette reconnaissance aurait un impact touristique, entre autres, pour les anciennes ardoisières, depuis Rimogne en France jusqu’au Rhin en Allemagne, sans oublier de passer par la Wallonie et le nord du Grand-Duché de Luxembourg. Dans cette aventure, nouvelles technologies et gamification tiendraient une place de choix pour dynamiser chambres d’hôtes, restaurants, sites naturels, touristiques et culturels, au cœur de ces « Terres de schiste ».


QUELQUES SITES REMARQUABLES

 

Les Grottes de Hotton
(calcaire)


Mégalithes de Wéris
Menhirs d’Oppagne
(poudingue, une roche dure constituée de débris de galets)

Durbuy Adventure,
sis dans une ancienne carrière
de marbre (calcaire)

Château de La Roche-en-Ardenne
(schiste)


Château de Jemeppe
(Hargimont, calcaire)


Ny et Wéris
(deux des plus beaux villages de Wallonie,
calcaire)

Parc enchanté du kaolin à Libin
(le kaolin est issu
de l’altération de schistes)


 

Château de Bouillon
(schiste)


Au cœur de l’ardoise
- ancienne ardoisière
de la Morépire
(schiste ardoisier)
Mortehan et Bovigny
(maisons et croix de schiste à gogo,
visitez le vieux cimetière de Mortehan)

Musée du coticule
(Salm-Château)


Chassepierre et Torgny
(encore deux des plus beaux villages de Wallonie,
pierres de Gaume –
grès d’Orval et calcaire de Jaumont)
Abbaye d’Orval,
ruines
(pierres de Gaume)



PROFESSION TAILLEUR DE PIERRE


Depuis toujours, Anthony Cognaux est fasciné par la pierre. La petite trentaine, l’orfèvre de la taille de pierre s’apprête à reprendre le flambeau de l’entreprise familiale basée à Libramont, Design Stone. Il faut dire que la pierre, il la travaille depuis plus de 15 ans pour façonner cheminées, plans de travail, douches, éviers ou éléments de décoration. Ce qui impressionne dans ses créations, ce sont la finesse et l’élégance qui transparaissent par le design mais également par le choix subtil des matériaux. Parmi ceux-ci, la pierre de Wallonie. 

Qu’est-ce qui vous fascine le plus avec le travail de la pierre ? 

A. C. — Tant de choses peuvent être réalisées avec de la pierre. Je suis fasciné par la multitude de possibilités qu’offre ce matériau noble. Quand j’évoque la pierre, je pense au marbre mais également à la pierre calcaire, au granit dur, au composite de quartz ou encore à la céramique. Je suis toujours subjugué de voir un bloc de marbre dans une carrière, et peu de temps après, le voir débité en pièces et installé dans une salle de bain... Ce que j’aime le plus est de partir d’une pièce totalement brute et d’en sortir une pièce finie.

Par quoi êtes-vous étonné dans ce métier ? 

A. C. — Je suis toujours surpris par la variété de matières incroyables créées par la nature au fil du temps. La pierre ne cesse de m’étonner par la créativité qu’elle permet et par la pléthore des matières proposées.

Quelles sont vos motivations à perpétuer l’entreprise familiale ?

A. C. — Je souhaite développer le savoir-faire et repousser les limites dans la capacité à faire les choses. J’aime voir sortir de belles pièces de mon atelier, être en contact tous les jours avec mon personnel, les suivre dans leur développement.

De quoi êtes-vous le plus fier par rapport à ce métier ? 

A. C. — Le côté intemporel et durable.

Quelles pierres wallonnes travaillez-vous ?

A. C. — Les principales pierres wallonnes que je taille sont la pierre bleue des Carrières du Hainaut, le Marbre Noir de Mazy, le Marbre Rouge Royal et la pierre de Vinalmont. Ce que j’apprécie dans la pierre bleue des Carrières du Hainaut, c’est sa particularité de pouvoir être utilisée dans toutes les phases de construction d’une habitation, que ce soit pour le parement extérieur dans des finitions brutes, lisses ou taillées (moellons, encadrements, sous-bassement), pour le revêtement de sol ou encore pour l’escalier. Cette même pierre dans d’autres finitions peut également habiller une douche, être utilisée pour une sculpture ou encore une cheminée. Son autre particularité est qu’en fonction de la finition qui lui sera apportée, sa couleur pourra varier du gris très clair au noir en passant par un bleu clair ou foncé. J’aime son domaine d’application très large. Quant au Marbre Noir de Mazy, il s’agit du marbre noir le plus noir au monde. C’est le dernier marbre à être extrait dans une carrière souterraine en Belgique. Il est de renommée internationale et est présent dans les bâtiments les plus prestigieux. Il fut par exemple utilisé (parmi tant d’autres endroits) dans l’Empire State Building, Saint-Pierre à Rome ou encore Versailles. J’aime son côté exclusif.

Les Français l’ont fait avec le vin. Nous le faisons avec la bière. Des circuits à la carte, des formules de 2, 3 ou 4 jours, et des thématiques dédiées à la zythologie, la science brassicole. Pour des groupes et pour du haut de gamme, avec des hôtels et des restaurants étoilés. Mais quand on sait que c’est quand même ici qu’on fait les meilleures bières, le cœur de la Route de la Bière en Europe, c’est d’abord chez nous.


Si l’on trace une ligne entre Calais et Prague, on se trouve sur la « latitude bière ». Un axe autour duquel le nombre d’implantations de brasseries historiques et de micro-brasseries créatives atteint une densité remarquable. Cet axe couvre l’intégralité des régions du Nord-Pas-de-Calais, la totalité de la Belgique, la Rhénanie-Westphalie, la Ruhr, la Bavière et la Tchéquie. Il y a, bien évidemment, d’autres régions d’Europe qui ont une tradition brassicole, mais aucune au monde ne possède une offre aussi variée. Au nord et au sud de cet axe, la bière existe, certes, mais c’est autour de cet axe est-ouest que sont nées les nuances qui vont du doré à l’ambré en passant par les rouges et les bruns. 

Un fleuve de bière

La mode des bières « spéciales » s’est maintenant bien répandue et la technologie de la production est diffusée dans le monde entier. Mais la tradition ne s’achète pas. En 1900, on dénombre 3 223 brasseries en Belgique. La production est alors à 14 617 000 hectolitres. Pour écluser ce fleuve, la Belgique dispose de 185 036 débits de boissons, soit 1 pour 32 habitants. Ce nombre augmentera jusqu’à 214 405 en 1912. La Première Guerre mondiale réduit le nombre de brasseries à 2 109, la Seconde Guerre à 789. Ces diminutions s’expliquent par la mobilisation des hommes, le vol des cuves en cuivre pour l’industrie de l’armement et par le manque de matières premières. Un siècle plus tard, la Belgique compte 115 brasseries, produisant 15 650 224 hectolitres. Mais le plus remarquable est l’évolution des exportations : de 5 000 hectolitres en 1900, elles atteignent les 6 738 198 hectolitres en 2003. En 2012, la Belgique produit 18 751 008 hectolitres dont 62,32 % sont exportés. La consommation intérieure est alors de 8 227 841 hectolitres, soit environ 74 litres par habitant. En 2014, la Belgique compte un peu moins de 200 brasseries de production et plus de 2 500 variétés de bières. Si l’on compte également les bières uniques à production limitée comme les bières à étiquette, le nombre de bières dépasse les 8 700. En plus des quantités, il y a la qualité par cette richesse de l’offre. En route…

Scénario

Visite de brasseries, dégustations comparatives, cuisine créative et traditionnelle à la bière, musées et ambiance des brasseries emblématiques dans certaines villes ayant une riche et longue tradition brassicole. Lille, Mons, Bruxelles, Liège, Namur, Cologne, Düsseldorf, Nürnberg, Bamberg, Pilzen, Prague, Zatec… Réservé à des groupes de six personnes minimum, chaque voyage est accompagné d’un spécialiste « zythologue ». Suivant le programme choisi, vous additionnez les modules proposés et suivrez un parcours « sur mesure » en fonction du budget que vous souhaitez y consacrer et du temps dont vous disposez. Tout au long du parcours des « apérobières » vous permettront de faire des dégustations comparatives avec un spécialiste. Vous allez entrer dans des brasseries et microbrasseries et surtout découvrir des créations de la cuisine à la bière. Sous ce chapitre, nous avons, au titre de partenaires fondateurs, l’hôtel Crown Plaza de Liège, le restaurant As Ouhès sur la Place du marché de Liège. À Namur, nous avons rencontré le soutien dynamique du Château de Namur et de son école hôtelière de réputation internationale. À Bruxelles, nous avons choisi le Restobières dans le quartier des Marolles. À Mons, c’est auprès du restaurant de Jean-Philippe Watteyne que nous avons trouvé un partenaire enthousiaste. À Lille, l’hôtel cinq étoiles Casino Barrière est notre point de départ pour la découverte de l’art brassicole en région du Nord-Pas-de-Calais.


Alain Voisot
[email protected]
+32 (0) 475 49 66 63

LES VOYAGES À THÈMES
Le tourisme thématique se construit sur un patrimoine concret, crédible, authentique. Il est structuré autour d’un concept évident et légitime qui met en cohérence un puzzle d’offres ayant un lien commun. Par-delà, ce n’est qu’un fil rouge, un prétexte permettant la découverte des mille et un plaisirs du voyage. Le voyage thématique est un film qui fait traverser le temps et l’espace. Encore faut-il une bonne mise en scène et surtout une promotion efficace pour le faire connaitre. Mais rien ne tombe du ciel et c’est par une gestion réaliste de l’héritage et du patrimoine que l’on crée de nouveaux concepts. WAW porte en avant une Wallonie d’avenir, créative et dynamique. 

 

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