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Musée de la Photographie

Expositions à voir jusqu’au 3 décembre 2017 

Stéphane Couturier - Alexandre Christiaens - Anne-Sophie Costenoble


Stéphane Couturier

L’architecture, qu’elle soit classique ou moderne, l’histoire, l’humain, sont autant de facettes du travail de Stéphane Couturier. Ses photographies aux formats imposants sont celles d’étapes intermédiaires figeant le temps d’une mutation architecturale, autant que les strates composant une histoire dont chaque fragment vient témoigner.

De l’argentique au numérique, ses images composées, superbement orchestrées, apparaissent comme des jeux de lignes, de formes et de couleurs qui sèment le trouble et questionnent. Le photographe qui, dès ses débuts, a fait le choix de la frontalité de la prise de vue, joue avec la confusion qui s’opère entre les différents plans, l’avant et l’arrière se confondant. Un modus operandi que l’on retrouve dans l’ensemble de ses photographies qu’elles soient celles des grands ensembles architecturaux ou des vues d’entreprises, qu’elles soient prises chez Alstom ou Toyota, à Brasilia, Marseille, La Havane, ou Alger. Une griffe, une signature qui a pour effet de témoigner de l’universalité des chantiers.

Par contre, dans sa série « Melting », il associe plusieurs prises de vue d’un même lieu au sein d’une même image, les incrustant pour en proposer la synthèse jouant ainsi sur l’ambiguïté entre deux réalités.

C’est en 2011 que Stéphane Couturier entreprend un travail composé de séries photographiques et de vidéos sur la cité « Climat de France » à Alger. Entre réalité ou fiction, le résultat est magistral. Une fois encore, le photographe s’amuse avec les images, les codes, la notion de temps et d’espace. Dérogeant aux normes, le linge, les antennes paraboliques, les câbles, les enseignes et les plantes sont autant de débordements de vie que les façades ne parviennent qu’imparfaitement à contenir si ce n’est oblitérer. Ambiguës en leur éloge du construit autant que de l’insurrection qui en procède, les photographies de Stéphane Couturier requièrent l’exigence du regard tant il semble que rien n’y soit livré, que tout s’y doive obtenir.



BIO — Stéphane Couturier est né en 1957 à Neuilly-sur-Seine. Il vit et travaille à Paris. Depuis 1995, Stéphane Couturier a été exposé à de nombreuses reprises dans toute la France et à travers le monde notamment à la Bibliothèque nationale de France à Paris (2004), au Seoul Museum of Art (2005), au Musée d’Architecture de Moscou (2006), à l’International Center of Photography à New York (2006).

Ses œuvres font partie de nombreuses collections d’institutions d’art contemporain parmi celles du Los Angeles Country Museum, Cleveland Art Museum, National Galery of Canada, Art Institute of Chicago, San Diego Museum of Photography, le Centre Pompidou en France et plusieurs fonds régionaux d’art contemporain.

Il est représenté par La Galerie Particulière à Bruxelles et à Paris, La Galerie Kornfeld à Berlin, La Galerie Christophe Guye à Zurich et Benrubi Gallery à New York.



Alexandre Christiaens
Réseau cristallin

Ce ne sont pas des photographies de voyages qu’Alexandre Christiaens livre mais les photographies d’un voyageur. Habité de l’ailleurs, de la vague et des océans qu’il photographie depuis le bateau, mais aussi des éléments, filets et roches auxquels répondent l’échine d’un chien, la tension d’un dos, l’épaule d’une femme.

Chantiers marins, grottes, temples et fronts de mer composent ce voyage photographique, ce Réseau cristallin où se mêlent l’histoire et la réalité comme des légendes à chaque fois racontées. Partir, s’éloigner, se frotter au monde et ses éléments… « y trouver du sens, poursuivre et parcourir des lieux, des espaces, des territoires, en poétiser la forme, y engager le Corps, entier » Et tout comme Ulysse, au fil de ses voyages, chercher à se retrouver.



BIO — Alexandre Christiaens est né à Bruxelles en 1962. Il vit et travaille à Dave, près de Namur, Belgique. Il a à son actif de nombreux voyages photographiques (Grèce, Inde, Brésil, Chine…) et résidences. Il a dirigé de multiples ateliers photographiques en noir et blanc et participé à des expositions individuelles et collectives en Belgique et à l’étranger. Depuis 1999, ses photographies sont reprises dans plusieurs collections publiques comme le Service général du patrimoine culturel de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Centre régional de la photographie, Nord Pas-de-Calais, le Musée de la Photographie à Charleroi, la Bibliothèque Nationale Richelieu de Paris, le Centre Culturel de Hasselt, la Space Collection, In Cité Mondi à Liège...

Plusieurs ouvrages ont été édités : « La neige bientôt » © JPB EDITIONS #8, « Hunter Grill » © Origini edizioni livourno maggio 2017, « ESTONIA » Carl Havelange Alexandre Christiaens FR/EN © Les Impressions Nouvelles – Avril 2016, « Eaux vives, peaux mortes », ©Edition Yellow Now 2012, « En Mer, voyages photographiques », © Editions Chasse marée / Glénat en 2008, « Grotesques, concrétions et paysages », © Edition les Brasseurs / Parallèle en 2007, « Réseau cristallin » © édité et conçu par Alexandre Christiaens, texte Eugène savitzkaya

www.alexandrechristiaens.com



Anne-Sophie Costenoble
l’heure bleue

Avec l’heure bleue, Anne-Sophie Costenoble nous emmène dans un monde d’apparence onirique qu’elle fixe et donne à voir, à contempler, un monde de silence propice à l’introspection. Ses photographies contemplatives, comme en suspens, mêlent et font s’entremêler des instants ordinaires, fragiles, de l’ordre du merveilleux et du poétique.

Cette trentaine de photographies composant l’exposition l’heure bleue, nous touchent par leur sensualité, leur douceur autant que par leur pudeur et leur concision. C’est le temps de l’heure bleue, cette heure où tous songes renvoient à notre intimité, entre chien et loup, à la tombée du jour. C’est… « le bruissement d’une forêt à l’aurore, des draps froissés, la paume glissant au souvenir d’un corps aimé, les plis d’un rideau ou d’une aisselle... » mais aussi « des chevelures, des algues, des plumes, des écailles, le tain fatigué d’un miroir comme des rides éternelles » qui s’offrent à nous.



BIO — Anne-Sophie Costenoble est née en 1967 à Courtrai. Elle vit à La Bouverie, près de Mons. Après des études de kinésithérapie et d’histoire de l’art, Anne-Sophie Costenoble découvre sur le tard la pratique photographique. Depuis lors, elle explore l’écriture photographique au travers de fictions intimes et de projets collaboratifs.

Ses photographies ont été exposées en Belgique notamment dans la Galerie du Soir au Musée de la Photographie à Charleroi en 2012 et à l’Espace Contretype à Bruxelles mais également en France dans le cadre du Festival des Photographes Voyageurs à Bordeaux, lors des Transphotographiques de Lille, à Arles et projetées au Bal et à la MEP à Paris. Ses travaux ont été présentés dans divers pays d’Europe ainsi qu’au Mali (Rencontres de Bamako 2007).



RENSEIGNEMENTS

Musée de la Photographie
Avenue Paul Pastur 11
B-6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne)
+32 71 43 58 10

Ouverture : Du mardi au dimanche, de 10 à 18h (fermé les lundis, le 25 décembre et le 1er janvier)
www.museephoto.be

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Plus qu’une ligne de vêtements féminins, « Façon Jacmin », c’est l’histoire d’une belle complicité, entre deux sœurs jumelles qui ont su associer  talent et passion. 


L’ une est blonde, l’autre brune. Toutes deux irradient de grâce et d’élégance. Ségolène est fonceuse, extravertie. Alexandra est tout en retenue et en intériorité. La première aime les maths, la gestion et les journées qui déménagent. La seconde, discrète et posée, apprécie la maturation qu’apporte le temps aux projets.

Nées dans le Tournaisis, sous le signe du Taureau, en 1986, les jumelles Jacmin présentent une belle indépendance et font de leurs différences, une force. Leur éducation leur a permis de développer leurs talents respectifs dans le respect de leur singularité. Ségolène vit aujourd’hui à Bruxelles après avoir suivi des études d’ingénieure à Leuven et passé un an à Chicago. Alexandra a, de son côté, choisi Oxford puis le stylisme à la Cambre. Sa lumière, c’est Paris. Son univers, le haut de gamme. Elle a fait ses classes, d’abord à la Maison Martin Margiela, puis au studio de design Jean-Paul Gaultier. 

Du grenier à l’entreprise

Toute petite déjà, Alex aimait passer des heures, seule, à réinventer la garde-robe de ses poupées… quand ce n’était pas celle de ses sœurs. Ces dernières ne rechignaient pas à jouer les mannequins, ravies de donner corps à la créativité de leur frangine. Ségolène se souvient avec tendresse de la première « création » de sa sœur : un petit sac fait de chutes de jeans ressuscitées…

Un matin, alors qu’elle travaillait dans la consultance, Ségolène sent que sa place est ailleurs. Ecoutant son intuition, elle s’inscrit à un « Start-up week-end » – deux jours pour développer une idée. Il y eut un avant, il y eut un après… Au sortir de week-end, elle se fait la promesse d’implémenter rapidement un projet avec sa jumelle. C’était oublier un peu vite qu’Alexandra aime laisser du temps au temps. Sa proposition reçoit un accueil plus que mitigé que l’on pourrait résumer en trois lettres : bof ! Loin de se laisser abattre, Ségolène décide alors de mettre ses compétences de gestionnaire au service d’une asbl spécialisée dans le coaching de créateurs de mode. Quelques mois plus tard, elle commercialise, avec une amie, une gamme d’écharpes nommée « Coucou », tissées en laine, fabriquées au Népal et disponibles en dix coloris.

Cette réussite servira de déclencheur. A-t-elle titillé la curiosité d’Alexandra ou tout simplement dissipé ses craintes ? Toujours est-il que le soir de Noël 2015, la styliste offre à sa famille le plus beau cadeau qui soit.

Nonchalamment, elle dépose sur la table un ensemble de dessins conçus, dans le plus grand secret, durant six mois. Puis – comme si de rien n’était – elle propose à sa frangine qu’ensemble, elles donnent fibres à ces modèles de papier. - « On lance en mai 2016 ! » répond aussitôt Ségolène. Les frangines montent un dossier et obtiennent une bourse de pré-activité de la Région wallonne. Le plus difficile ? Remplir le formulaire d’inscription. Le plus formateur aussi, car ce simple geste sera pour elles une étape essentielle dans le processus de création de leur entreprise. Avant de gagner la bourse, il fallait que, sur papier, elles décrivent le projet, pensent le business plan, le pitch et choisissent leur positionnement. Ce sera « milieu de gamme, entrée haute-gamme ».

Une fois la bourse décrochée, ne restait plus qu’à trouver un fournisseur, puis un atelier de confection. Après une tentative avortée sur Bruxelles, c’est en Bulgarie qu’elles dénichent la perle rare. Un atelier dont la qualité des finitions rencontrait les exigences de Sonia Rykiel, Pierre Balmain, Hugo Boss, Chloé et donc aussi, bientôt, celles d’Alexandra… Le premier prototype sort fin janvier 2016. Quatre mois plus tard, leur collection est commercialisée. Elle comporte seize modèles en jeans et quatre en popeline de coton ou soie fluide.

Trame de vies

Réminiscence heureuse de l’enfance ou choix délibéré d’une matière qui traverse les générations avec style, les motivations qui ont fait du Denim, le tissu phare de la collection, sont multiples : noblesse de la matière, singularité des patrons, usure magnifiée. « Le jeans, commente Alexandra, s’embellit avec le temps. Sa couleur, le bleu, permet une déclinaison infinie de dégradés. Enfin, tous et toutes, toutes les classes sociales confondues, entretenons avec lui un lien fort. C’est comme une seconde peau qui évolue avec nous. » C’est vrai que dans sa trame, se glisse, chaque année, un peu de notre de vie. Le jeans est en quelque sorte, le témoin silencieux de notre histoire personnelle.

Noblesse oblige, c’est au Japon que les jumelles ont trouvé une qualité du tissu à la hauteur de leurs exigences. Là-bas, le coton est trempé dans huit bains successifs avant d’être fixé. Un luxe qui justifie le prix plus élevé de la matière, sachant que beaucoup de fournisseurs se contentent de quatre passages.

« Façon Jacmin », c’est aussi une façon différente de concevoir la mode, une envie irrésistible de faire éclater les codes, de sortir du cadre et d’innover. Robes, jupes, tops, pantalons, manteaux, (…), quelle que soit leur coupe, toutes les pièces proposent une approche à la fois sophistiquée, confortable, et élégante de la mode. Alexandra met en effet un point d’honneur à ce que la collection s’adapte avec élégance à chaque femme : de la plus naturelle à la plus sophistiquée, de la plus élancée à la plus épanouie.

La femme Jacmin, comme la décrit Ségolène, « est une femme active, bien dans sa tête. Elle a entre 35 et 65 ans et présente ce tout petit supplément de personnalité qui fait d’elle une femme unique … qui s’assume. »

 

Sortir des boutiques

Dans un contexte où le retail traditionnel souffre, les sœurs Jacmin ont délibérément choisi une commercialisation alternative et innovante : deux fois par mois, une boutique mobile, « façon camion vintage réaménagé », vient à la rencontre des clientes sur Anvers et Bruxelles. Parallèlement, la marque voyage aussi de ville en ville, via des boutiques éphémères. Knokke, Gand, Liège et Paris seront parmi les prochaines destinations. Les dates sont régulièrement actualisées sur le site, Facebook et Instagram. À vos smartphones !

Preuve de la reconnaissance de leur pairs, les sœurs Jacmin ont récemment été récompensées par le prix « Best Talent 2016 » de la catégorie mode par la RTBF et Paris Match. Un prix qui leur a ouvert, durant un mois, les portes de la célèbre maison Natan, au côté de trois autres jeunes designers belges dans le cadre du concept « Natan Collective ». En se mobilisant pour créer, elles-mêmes, le cadre de leur travail, les jumelles ont peut-être remporté une autre victoire : contourner le paradoxe que Giulia Mensitieri, anthropologue à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales de Paris, décrit dans sa thèse (1), paradoxe selon lequel « plus un travail est valorisant d’un point de vue symbolique, moins il sera payé. Et vice versa. » Éléments de réponse à paraître, dans le livre, annoncé aux éditions « La Découverte », pour janvier 2018.


RENSEIGNEMENTS

FAÇON JACMIN sprl
+32 474 330 255
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Yves Dejardin est un véritable créateur d’art. Cet « artisan designer » liégeois a de quoi forcer l’admiration. Employé dans une société, il quitte celle-ci pour tenter de vivre de ses créations. Autodidacte au niveau du design et en particulier des luminaires, sa passion s’est transformée aujourd’hui en métier à plein temps.


Issu d’une famille d’artistes et nourri de créativité depuis sa plus tendre enfance, Yves Dejardin a toujours ressenti le besoin d’exprimer sa sensibilité si particulière à travers différents moyens d’expression. « Mes parents se sont rencontrés à l’Académie des BeauxArts. Mon papa était professeur et il en est devenu le directeur, ma maman y a été élève. Elle était peintre. Partie trop tôt quand j’étais très jeune, son décès a laissé des traces… J’ai connu un parcours difficile à partir de 23 ans mais j’y ai finalement trouvé une certaine force. » Yves Dejardin suit des études aux Beaux-Arts qu’il interrompt à sa propre initiative. « J’avais envie de gagner ma vie au plus vite et de manière stable. Je n’avais pas peur de l’avenir. Je travaillais beaucoup, mais cela ne me satisfaisait pas complètement. » Maitrisant différentes pratiques artistiques et techniques, ce n’est qu’après avoir exercé plusieurs emplois qu’il comprend que son épanouissement réside dans le fait d’être indépendant et de vivre de ses créations. 

Art Maker marie art et conception de luminaires en bois

Dans un premier temps, Yves Dejardin exerce sa passion en activité complémentaire pour la fabrication d’objets et de mobilier design. Il crée la marque Art Maker, dans le mouvement des « makers » : un retour au local. « D’abord rémunéré via Smart, je ne voulais pas créer une start-up. Mais en lançant ma marque design Art Maker, je pouvais exprimer ma vision actuelle du monde tout en me tournant vers le futur. Aujourd’hui, je travaille à fonds propres et j’essaie d’avancer petit à petit. Avant, je travaillais dans le garage de mon papa et depuis six mois, j’ai mon propre atelier. Pour développer mon activité, j’ai également engagé une personne qui s’occupe de l’assemblage des luminaires. »

Même si Art Maker n’est pas destinée à produire uniquement des luminaires, Yves Dejardin consacre désormais tout son temps à honorer les commandes de ses superbes créations lumineuses. Designer et artisan avant tout, il ne souhaite toutefois pas développer son activité dans une société gigantesque dont il ne maîtriserait plus les rennes…. « Etre uniquement gestionnaire et pas artiste, cela ne me correspond pas. Je n’ai pas quitté le statut d’employé pour me retrouver à nouveau dans une telle situation ».

Le designer autodidacte précise : « Je me plais en tant qu’artisan. J’ai mis au point un procédé de fabrication simple mais original. J’aime ce que je fais et c’est essentiel. À partir du moment où on est passionné par quelque chose, on trouve la force, l’énergie de créer et d’en faire un métier. Je tiens à trouver l’équilibre entre une gestion d’entreprise pérenne, la satisfaction du client et la garantie de conserver le maximum de temps pour continuer à concevoir ». 

Diversité et élégance

Ses luminaires en bois connaissent un succès grandissant et les commandes affluent. « Tout est fait à la main » affirme le designer. « Au départ, je travaillais sur commande et puis, assez rapidement, j’ai fabriqué des modèles avec des dimensions définies. Trop de choix perturbe les gens. Bien entendu, sur demande, je m’adapte. J’ai déjà réalisé un luminaire d’un mètre de haut ! C’est du « sur mesure », une pièce unique… »

Dans sa démarche de véritable « créateur », Yves Dejardin choisit des matériaux les plus naturels possibles. Tous les modèles sont réalisés en bois et chaque planche possède ses propres caractéristiques. « Malheureusement, jusqu’à présent, le bois n’est pas local parce qu’il ne s’y prête pas. La plupart du temps, je travaille donc du bois exotique à cause des contraintes techniques, mais j’essaie de ne pas utiliser du plastique. Les sections d’afzelia, de wengé, de teck ou encore de bambou sont découpées et travaillées manuellement pour les transformer en éléments fins et souples. Ceux-ci seront ensuite cintrés et emboîtés sur une ou deux pièces centrales pour former les luminaires. » Depuis mai 2017, Yves Dejardin utilise également du noyer, un bois noble dont la teinte est encore différente des autres matériaux utilisés. Le noyer sera huilé pour les nouveaux luminaires de cette collection plus luxueuse.

Déjà présents dans de nombreux lieux à Liège, les luminaires sont vendus dans plusieurs magasins en Wallonie, notamment à Nandrin (Namo Concept) et Liège (Audace au Pluriel) mais aussi à Bruxelles (Les Mémoires de Jacqmotte) et, depuis peu, à Paris.

Qu’elles mesurent 50 centimètres de diamètre ou 4 mètres pour les plus grandes et malgré leur fabrication artisanale, les pièces sont vendues à un prix abordable. Il existe déjà un modèle de la « Double Maxime » (l’un des produits phares d’Art Maker - Ndlr) à partir de 300 euros. Aériens, raffinés et élégants, les luminaires d’Yves Dejardin diffusent la lumière sur le plafond ou sur le mur, où ils créent une splendide image tridimensionnelle. On est totalement sous le charme ! Et comme le dit si bien le créateur. « C’est aussi bien une œuvre d’art qu’un luminaire ».

www.facebook.com/ArtMaker.be

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Musée de la Photographie - WAW 37

Jusqu'au 24 septembre 2017 

Par VoiX postale 
Ignassi Aballí x Pol Bury x Tom Butler x Frank JMA Castelyns x Peter Downsbrough x Jochen Gerner x Gilbert & George x Jean-René Hissard x Jean Le Gac x Jacques Lennep x On Kawara x Plonk & Replonk x Damien Roach x Léopoldine Roux x Fabrice Samyn x André Stas x John Stezaker x Lucia Tallova x Thierry Tillier x Camiel Van Breedam x Marcel Vandeweyer x 


La recherche d’une relation plus étroite entre la vie et l’art, depuis les premières avantgardes et leur utopie d’un art total, conduit les artistes à explorer de nouvelles pratiques artistiques. En marge des circuits commerciaux et de «l’art officiel», ils s’approprient les médias de leur quotidien. Le courrier postal est dès lors perçu comme un terrain idéal pour l’expérimentation créative, de par sa nature de moyen de communication et sa diffusion à grande échelle et moindre coût.

Du haut de son format réglementaire 10x15, la carte postale fait référence au débat soulevé par Walter Benjamin dans son texte L’œuvre d’art à l’époque de sa reproduction mécanisée daté de 1935. Walter Benjamin s’interroge sur le statut d’objet unique que peut perdre l’œuvre d’art dans sa reproduction mécanique, faisant notamment référence au procédé de la photographie.

Les artistes ont contourné ce problème en partant d’une image créée mécaniquement pour produire une œuvre à caractère unique par le biais d’une intervention manuelle directe sur celle-ci. Les artistes présents dans cette exposition s’inscrivent dans le courant du Mail Art, petit frère de l’Art Postal, désignant l’usage de l’envoi postal par les artistes dès 1962. Ce mouvement constitué par un réseau international d’artistes entend à échanger des messages et des objets très divers en cherchant à surprendre un destinataire connu ou inconnu. On y retrouve le précurseur On Kawara et sa série I got up avec l’envoi chaque semaine d’une carte postale spécifiant l’heure de son réveil à un ami collectionneur. Cette démarche illustre l’envie de l’artiste de se donner un rythme de travail et une récurrence dans sa pratique.

Des artistes plus contemporains ont continué sur cette voie tels Marcel Vandeweyer ou encore Thierry Tillier, marchant dans les pas des surréalistes. D’autres voient dans la carte postale (et de manière plus large dans leur oeuvre) la possibilité de laisser un témoignage de leur présence. S’inscrivent dans cette approche Léopoldine Roux ainsi que l’architecte Peter Downsbrough, Lucia Tallova, ou encore le duo Plonk et Replonk qui sont même devenus éditeurs. Ces artistes constituent le noyau dur de cette tendance qui manipule la carte postale.

Certains souhaitent prendre le temps de la rencontre avec l’image. Chaque détail de la carte dévoile à l’oeil exercé une image pouvant elle-même nourrir le souvenir d’une autre image tels les travaux de John Stezaker, Camiel Van Breedam, Fabrice Samyn, Damien Roach ou Franck JMA Castelyns.

Enfin les dessinateurs comme Jochen Gerner ou Tom Butler abordent leurs cartes avec une typologie propre au graphisme et considèrent la carte postale comme un objet d’écriture.

Le détournement de la carte postale qui n’a de cesse depuis sa création de faire des émules parmi les artistes, n’a certainement pas encore dit son dernier mot.



Musée de la Photographie

Av. Paul Pastur, 11
B-6032 Charleroi (Mont-sur-Marchienne)
+32 (0)71 43 58 10

Ouverture :
Du mardi au dimanche, de 10h00 à 18h00
(fermé les lundis, le 25 décembre et le 1er janvier)

www.museephoto.be

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Difficile de ne pas citer la célèbre émission culinaire dans laquelle Julien Wauthier  a brillé. Si la vie ne l’a pas épargné,  ce chef de bientôt 34 ans a un parcours atypique. Les pieds sur terre, il nous a reçus dans le restaurant « La Plage d’Amée » à Jambes où il donne libre cours à sa créativité depuis plus d’un an.


Les plus belles rencontres sont parfois inattendues… Après l’avoir croisé à l’époque où il était chef pâtissier à « La Plage d’Amée » où nous avions remarqué son talent avec une déclinaison « caramel beurre salé » à tomber par terre servie en guise de dessert, nous avons suivi son parcours à la télévision. Mais nous avons également voulu savoir qui était réellement Julien Wauthier, demi-finaliste du concours Top Chef mais avant tout Chef à « La Plage d’Amée », une adresse gastronomique namuroise incontournable. Nous avons rencontré un homme sensé et sensible, au franc-parler indéniable.

Un parcours atypique

Originaire de Walhain-Saint-Paul en Brabant wallon, rien ne prédestinait Julien Wauthier à devenir Chef. « Mes parents y avaient racheté une vieille ferme où j’ai vécu enfant. Nous étions entourés d’animaux et il fallait bricoler, jardiner… Mais mes parents cuisinaient tous les deux et je ne m’intéressais pas particulièrement à cette activité. Peut-être que je rêvais d’être astronaute (rire) » Julien décide « un peu par hasard » (sic) de suivre des études à l’Ecole Hôtelière de la Province de Namur. « Finalement, j’appréciais le côté très militaire de ce métier. Ce n’est plus vraiment le cas à l’heure actuelle et je trouve ça dommage. Mais à l’époque, on était bien encadré et il y avait le respect du Chef. »

C’est dans une belle adresse que Julien obtient sa première formation. « J’ai d’abord fait un stage de deux mois qui s’est transformé en trois chez Eric Martin (« Le Lemonnier » à Lavaux-Ste-Anne - Ndlr) et j’y suis resté finalement cinq ans après avoir quitté l’école. » Après un détour derrière le comptoir d’un bar à cocktails à Rochefort, Julien retourne dans le restaurant étoilé de Pierre Résimont (« L’eau vive » à Arbre - Ndlr). « J’y occupais le poste de pâtissier. Je gérais aussi bien la préparation du pain, des mises en bouche, des premières assiettes, mais aussi des desserts et des mignardises. »

Mais allier un métier dans le secteur et une vie familiale n’est pas toujours simple, et Julien dut faire un choix. « Ma femme ne supportait plus mes horaires et souhaitait une vie plus “normale”. En espérant sauver mon couple, j’ai quitté la place que j’occupais. ». Ne sachant pas rester inactif, il trouve alors rapidement un emploi en tant que commercial dans une société qui vend des panneaux solaires. Tout se passe plutôt bien jusqu’au jour où la société fait faillite… Le revers professionnel est suivi d’une grande déception personnelle : sa femme le quitte pour son meilleur ami. « Pour moi, c’était une véritable descente aux enfers ». En février 2013, il recommence à travailler en cuisine à « La Plage d’Amée » où il est à nouveau pâtissier pendant 2 ans. En mars 2016, il devient chef de cuisine et participe à l’émission télévisée « Top Chef ».

Un Top Chef fougueux

C’est aux côtés d’un autre Belge (Maximilien Dienst, restaurant « Les pieds dans le Plat ») que Julien accède à la célèbre émission Top Chef pour une huitième saison. « Ce n’était pas un souhait d’y participer mais plutôt un pari que j’avais fait avec un ami ».

Rapidement remarqué pour la qualité de ses préparations, le jeune Chef intègre la brigade du Chef Michel Sarran: « Au départ, j’avais envie d’aller chez Philippe Etchebest. C’est quelqu’un qui  pousse en avant. Mais finalement,  je suis content de ne pas être tombé dans son équipe et d’avoir été choisi par Sarran ».  

Julien se fait remarquer pour son humour, son tempérament fougueux, parfois entêté mais aussi et avant tout pour son talent de cuisinier. Après avoir remporté certaines « épreuves » et raté d’autres, l’un de ses plats est élu « coup de cœur » du Chef triplement étoilé Yannick Alléno pour paraître dans son magazine YAM: « Une assiette a particulièrement retenu mon attention. Une assiette intelligente, une assiette de cuisinier, une assiette extrêmement plaisante à déguster et à regarder. Cette assiette, c’est celle de Julien ». Le Chef enchaîne les compliments, mais aussi les revers de médaille.  Julien Wauthier se fait éliminer en demi-finale et n’accède donc pas à la finale : l’aventure télévisuelle se termine pour lui. 

CHEF MICHEL
SARRAN

Né en 1961 dans le Gers, Michel Sarran est le chef du restaurant deux étoiles qui porte son nom à Toulouse. Il fait partie du jury de Top Chef depuis 2015.

 

Être heureux !

« Aujourd’hui, j’ai un patron en or. Ici, à La Plage d’Amée, on m’a beaucoup aidé. Top Chef, cette visibilité, c’est ma manière de leur rendre un peu ce qu’ils m’ont donné. Moi, je suis très bien loin des caméras : j’aime être dans ma cuisine. » Père de deux enfants, Luna (9 ans) et Soan (5 ans), chaque jour reste un défi pour ce jeune Chef très prometteur. « Dans notre métier, la vie de famille n’est pas simple… Je ne vois pas beaucoup mes enfants par manque de temps mais, heureusement, quand je les vois, c’est très intense et j’en profite à 200% ! Même si ce n’est pas facile pour l’entourage, je suis convaincu qu’il faut faire ce qu’on aime dans la vie. » Son souhait le plus cher ? « Etre heureux, tout simplement ! ».

Projet d’O

Après s’être investi dans l’engagement de personnes en réinsertion sociale, Benoît Gersdorff, propriétaire entre autres de « La Plage d’Amée », a présenté un nouveau projet ambitieux et innovant au MIPIM, « Projet D’O »

Comment Julien voit-il ces changements ? « La réinsertion, je trouve que c’est très beau, mais ce n’est pas facile du tout au niveau de la formation à gérer au quotidien. J’ai donné des cours à un moment donné le lundi, mais je suis très mauvais dans cet exercice. Je préfère créer, cuisiner, et Benoît le sait. Nous nous entendons très bien et on se comprend parfois sans se parler, y compris quand il vient donner un coup de main en cuisine. Le projet de Benoît est impressionnant et comme je compte décrocher une étoile, ça s’y prêterait très bien (sourire)». Plus qu’un simple projet immobilier, « Projet D’O » traite des problèmes environnementaux inévitables de ce siècle et s’installe sur les rives de la Meuse à Namur, la capitale wallonne. Le cadre est idyllique, et la réalisation future de Benoît Gersdorff – chef étoilé qui a voyagé partout dans le monde tout en restant amoureux de sa ville natale – le respecte. Ce projet suit une logique durable. Tout d’abord, le bâtiment est conçu pour être autonome. Ensuite, les produits locaux seront dans les différents restaurants et de nombreux emplois seront créés. « Projet D’O » comprend un hôtel flottant, un restaurant gastronomique, un bar sur le toit et un « café urbain ». L’hôtel flottant est sans aucun doute la partie la plus innovante du projet. Le principe « Houseboat » (véritables hébergements flottants - Ndlr) est déjà apprécié aux États-Unis ou en Europe du Nord, mais encore relativement inconnu en Europe occidentale. Les suites, indépendantes l’une de l’autre, sont souvent construites sur base d’une coque de catamaran avec des matériaux composites ou de l’aluminium qui réduisent l’impact écologique. Chacun de ces appartements-catamarans innovants utilise des énergies renouvelables et peut également naviguer, donnant aux invités la liberté de choisir l’endroit idéal pour le déjeuner, le diner ou tout simplement pour se détendre.

 



RENSEIGNEMENTS

La Plage d'Amée
Rue des Peupliers 2
B-5100 Namur
+32 81 30 93 39
www.laplagedamee.be



BIO EXPRESS

1983
Naissance

1997
Ecole Hôtelière de la Province de Namur

2006
Pâtissier au restaurant étoilé L’eau vive à Arbre

2014
Pâtissier à La Plage d’Amée

2016
Participation à l’émission Top Chef et Chef de cuisine à La Plage d’Amée

Martin Dellicour, photographe 100% nature

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Quand il s’agit d’histoire de forêt, de nature et d’hommes, il est tentant de commencer son récit par « Il était une fois… ». Car c’est exactement dans cet univers, empreint de magie et de légendes, que nous emmène le photographe Martin Dellicour.

Graphiste de formation, il crée son studio à Liège en 2001, à la sortie de ses études. Il y a un an, il décide de changer de vie, de quitter la ville pour se consacrer à ses projets graphiques, mais également, et surtout, à la valorisation en images des richesses insoupçonnées de l’Ardenne dont il est originaire. Un choix qui lui a d’ailleurs valu plusieurs récompenses, dont le Grand Prix du 20e Festival International Nature Namur, grâce à son court-métrage « Gnomes ».

 

L’appel de la forêt

L’Ardenne. Vous la connaissez ? Garanti, une fois que vous l’aurez découverte à travers les yeux de Martin et de son univers poétique, que vous réaliserez à quel point elle peut vous émouvoir… à l’infini !

Le photographe est aujourd’hui porteur d’un projet de documentaire en ligne, « Ardenne sauvage », qui évoque cette région dont il est passionné depuis toujours. Au menu de ce récit ? L’homme, le paysage et la vie sauvage. Une myriade de rencontres hors des sentiers battus, un voyage interactif qui révèle les splendeurs cachées de nos forêts, à travers des histoires et des images d’une intense beauté.

Un livre devrait aussi voir le jour en 2017.

 

Citations sur le plaisir de faire de la photo nature

« Le secret d’une photo réussie ? La patience et la persévérance… »

« Une image réussie raconte toujours une histoire. Après, chacun la lit comme il l’entend. »

 « Photographier la vie sauvage comporte toujours une part d’incertitude. Il est possible de bien connaître son terrain et la technique photo. Mais nous n’avons aucune maîtrise sur le fait d’être au bon endroit au bon moment, avec la bonne lumière et le bon sujet. C’est cela qui est enivrant dans mon métier. »

 

www.martindellicour.be

+32 (0)496 54 65 23

[email protected]

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