Waw magazine

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©Bénédicte Vanderreydt - I am 14

Bénédicte Vanderreydt - I am 14

Boîte Noire                   - 23.05 > 06.12.15

 

Portraits croisés de trois adolescentes de 14 ans. Valentine vit à Bruxelles, en Belgique. Ru’a vit dans le camp de réfugiés de Dheisheh, en Palestine. Loraine vit à Lubumbashi, Katanga, en République démocratique du Congo. Aujourd’hui, à 14 ans, on se photographie. On se regarde presque compulsivement. Que montre l’adolescence au travers de ces images véhiculées par les réseaux sociaux ? La photographe, Bénédicte Vanderreydt, tente de décrypter ce jeu complexe de miroirs dans lequel on ne sait plus qui regarde et qui est regardé. Les voix de ces trois jeunes filles vivant dans des endroits distincts du globe tracent un parallèle par le point de la vérité. « Tout a commencé le jour où je me suis attardée sur le profil Facebook de Valentine, jeune belge de 14 ans. Dans ce nouveau journal intime-public qu’est Facebook, on se raconte. On vit, on s’aime, on se moque, on se le dit, on se friend, on se defriend… Les centaines de photos de son réseau social m’ont amenée à des questionnements. Que montre l’adolescence au travers de ces images véhiculées par les réseaux sociaux ? Aujourd’hui, à 14 ans, on se photographie. On se regarde. Est-ce à partir de ce miroir qu’elles se construisent ? Dans ce culte de soi et cette hyper-exposition, que se passe-t-il avant le clic ? En adoptant une écriture entre celle de la publicité et de la mode, j’ai souhaité emprunter les codes de Valentine, Ru’a et Loraine. Devant mon objectif, elles recomposent leur quotidien. Cette approche de la mise en scène les a amenées à un questionnement sur leur pratique. Entre leurs amies et mon objectif, Valentine, Ru’a et Loraine prennent leur place dans ce no man’s land de la vérité. Leur regard adresse à la caméra une fragilité. Leur regard traverse le miroir et brise leurs codes si bien huilés. La mise en abîme photographique n’aura finalement pas laissé indemnes ces adolescentes. »

 

©Laurence Gondon - Yunaika

Laurence Gondon - Yunaika

Galerie du Soir - 23.05 > 06.12.15

 

Dans le cadre de leur partenariat, Le Soir et le Musée de la Photographie ont lancé la Galerie du Soir. Parallèlement à chaque nouvelle grande exposition du Musée, la Galerie du Soir présente un jeune artiste à découvrir. Un pari sur l´avenir décliné en quatre volets : un accrochage réduit, mais significatif au Musée, un portfolio dans la revue Photographie ouverte, une présentation du photographe dans les pages du Soir et une sélection de son travail sur le site www.lesoir.be. Pour cette nouvelle édition de la Galerie du Soir, notre choix s´est porté sur Laurence Gondon. La féminité est à l’honneur dans le travail de Laurence Gondon. Comme un contrepoint à l’exposition de Garry Winogrand, « Women are beautiful », présentée ces derniers mois au Musée, c’est cette fois la vision d’une jeune femme sur son propre sexe qui nous est proposée. Dans son introduction à ce travail singulier, elle écrit : « Une femme se regarde chaque jour dans le miroir et compte les abdos manquants. Une autre rêve de glamour, mais subit les regards vilains des hommes qui la croisent ; ou celui, pire encore, de leur femme… ». Bien d’autres femmes surgissent dans cet univers : l’éternelle amoureuse, la mère abandonnée par ses enfants, celle qui attend le retour de son mari et celles qui ont tout largué pour vivre leur vie… Intitulée « Yunaika » (phonétique du mot : la femme, en grec), cette série de Laurence Gondon nous entraîne dans un monde aussi personnel qu’universel. D’autant plus personnel que chacune de ces femmes n’est autre qu’elle-même. Il s’agit en effet uniquement d’autoportraits. D’autant plus universel que les questions qu’elle aborde ont traversé le temps et se posent partout sur la planète. Qu’est-ce qu’une femme ? À quels critères doit-elle répondre pour occuper la fonction qui lui est assignée par la société ? Comment s’en défaire et poursuivre sa propre route ? Dans un monde où l’on prétend que chacun est libre de vivre à sa guise, la place de la femme reste problématique, enfermée dans des stéréotypes remontant à la nuit des temps qu’une multitude de petits faits, gestes, idées contribuent à perpétuer. Face à ce rôle assigné, Laurence Gondon se glisse dans la peau de chacune de ces femmes pour tenter peut-être de mieux les comprendre, mais aussi pour nous amener à les regarder et à nous interroger. Et pour offrir à ces femmes un miroir dans lequel elles se reconnaîtront sans doute. Née en 1989, formée au 75, la jeune femme s’interroge aussi sur elle-même en endossant ces rôles dans un univers auquel elle est particulièrement attachée. Toutes les images sont en effet réalisées dans un même espace : la maison de famille dans laquelle quatre générations de femmes se sont succédé. Une maison dont les tapisseries bariolées jouent un rôle non négligeable dans ses compositions. Sans doute retrouve-t-elle à travers ces autoportraits les attitudes des unes et des autres. On est loin en effet du travail d’une Cindy Sherman à laquelle on pourrait l’associer abusivement sans connaître ses images. Laurence Gondon ne joue aucun rôle. Son visage ne se transforme pas à coup de maquillages et de costumes divers. Souvent, elle ne livre d’elle qu’un reflet, une attitude où le visage lui-même n’apparaît pas. Elle retrouve par contre des atmosphères, des gestes, des poses, des sensations qu’elle traduit par le biais d’une photographie à la fois chatoyante et retenue, tantôt empreinte de mélancolie ou de poésie, tantôt frôlant le tragique ou le sourire.

 Par Jean-Marie Wynants

 

En 2013, deux jeunes Montois ont l’idée de concevoir des verrines à base de pomme de terre. Aujourd’hui, ces produits écologiques se dévorent comme des petits pains !

Les études mènent à tout à condition d’avoir des idées sous la dent. Hélène Hoyois est graphiste et webdesigner, Thibaut Gilquin est architecte d’intérieur. Ensemble, ces deux jeunes Montois, qui se sont rencontrés sur les bancs des Arts au Carré (Arts2), ont imaginé, dessiné et construit non pas des sites Internet ou des espaces ingénieux et confortables mais des… verrines mangeables. Exit ces petits récipients en plastique dont vous ne savez que faire après avoir ingurgité la pulpe d’avocat, le fromage frais et les lamelles de saumon recouvertes d’oeufs de truite. Leurs verrines « Do Eat », à base de pomme de terre et d’eau, se dégustent en même temps que les mets qui les garnissent, ce qui vous permet de garder votre verre de champagne en main !

Marre de la plonge !

« En réalité, c’est après une soirée devant la télévision, notre plateau repas sur les genoux, qu’Hélène a lancé l’idée, sous forme de boutade, de concevoir une assiette qui soit comestible de façon à ne plus devoir faire la vaisselle », explique Thibaut, en reconnaissant que la fainéantise a souvent servi de catalyseur aux grandes inventions. « De l’assiette, nous sommes passés à la verrine après avoir mesuré, lors de vernissages – car nous sommes passionnés d’art –, l’ampleur des déchets générés par la vaisselle jetable à l’issue des cocktails. » Après quelques essais et tâtonnements, le prototype imaginé par Thibaut a pris la forme d’une verrine à base de fécule de pomme de terre, un petit récipient craquant et croquant, très pratique lors des apéritifs et autres cocktails dînatoires. « J’avais eu l’occasion de travailler la matière de la pomme de terre et je savais que la texture de sa fécule avait plusieurs avantages par rapport à l’amidon du blé, du maïs ou de la banane », explique Thibaut.

Soutenus par NEST’up

 Début 2013, le couple décide de soumettre son projet à l’appréciation de NEST’up, l’accélérateur de start-up soutenu par Creative Wallonia. En guise d’avis, ses responsables les persuadent que l’idée pourrait aboutir à la création d’une société si elle était davantage creusée. Voici donc Hélène et Thibaut enfermés pendant trois mois à l’Axisparc de Mont-Saint-Guibert, dans un espace réservé à la formation de jeunes créateurs. « Nous n’avions aucune notion de l’aspect commercial d’une entreprise, explique Hélène. L’équipe de NEST’up nous a donc appris à élaborer un business plan et un plan financier, à commercialiser notre produit (nom, logo…) et à le défendre devant des partenaires et financiers. » Un coaching intensif qui, en septembre 2013, a conduit « Do Eat » sur les fonds baptismaux. Depuis un an et demi, ses produits sont en vente en magasin sous forme de packs de 25 verrines toutes faites, leurs formes présentant, au choix, les contours d’un lotus, d’une cuil- lère, d’une pirogue et d’une tulipe. « La fécule de pomme de terre nous est fournie par une entreprise agro-alimentaire néerlandaise. » explique Thibaut. Quant à la fabrication et l’imperméabilisation des verrines, elles sont réalisées par les Ateliers de Tertre, à Saint-Ghislain, une entreprise de travail adapté oeuvrant à l’insertion professionnelle de personnes handicapées. En attendant, le couple réfléchit au développement d’une machine spécifique car les demandes ne cessent de croître, tant en Wallonie et à Bruxelles que dans les pays voisins.

Génération W

 Installée dans l’Axisparc de Mont-Saint-Guibert, la nouvelle entreprise a réussi à forcer les portes des palais gourmands non seulement des particuliers, par le biais de magasins spécialisés et autres épiceries fines, mais aussi des grands chefs tels que Jean-Philippe Watteyne (iCook, Mons), Clément Petitjean (La Grappe d’Or, Torgny) et Ludovic Vanackere (L’Atelier de Bossimé, Loyers), sans oublier l’omniprésent Sang Hoon Degeimbre (L’Air du Temps, Liernu). Soit plusieurs cuisiniers faisant la promotion du terroir wallon au sein de « Génération W ». « De clients, ceux-ci sont devenus nos partenaires, explique Thibaut, puisqu’ils ont accepté de nous confier quelques recettes de verrines que nous glissons dans nos packs. » Pour Hélène, le succès des verrines provient de leur originalité et de leur côté pratique, mais aussi de leur recette, saine et naturelle, sans matières grasses ni additifs, qui contribue à la préservation du goût des préparations qu’elles contiennent, qu’elles soient sucrées ou salées. « En outre, c’est un produit écologique », souligne la jeune entrepreneuse qui annonce l’apparition prochaine sur le marché de verrines à monter à l’aide d’un kit « Do Eat Yourself ». « D’une certaine façon, les gens “ feront” quand même leur vaisselle ! » lance, en plaisantant, Thibaut.

www.doeat.com

CHARLIE’S CAPITAINERIE

Après de nombreuses années passées à sillonner le monde dans des destinations de rêves pour surfeurs, Bertrand Loute décide de jeter son ancre en Belgique, et plus particulièrement à Namur. Mais certainement pas pour s’y reposer. Cet adepte des sports nautiques extrêmes est monté sur pile électrique. Avec son esprit vif et quelque peu disjoncté, il se lance dans le pari un peu fou de redynamiser les berges de Meuse en reprenant la capitainerie de Jambes. Entièrement remis à neuf, le géant flottant coule aujourd’hui des jours paisibles en bord de Meuse, arborant fièrement son look élégant et retro-design. Intérieurs et extérieurs ont été entièrement repensés et relookés à la sauce Bertrand Loute.

Avant tout un port de plaisance, la capitainerie de Jambes accueille chaque année une foule de plaisanciers issus de plus de 20 nationalités différentes. Certains voyageurs sont simplement en transit, tandis que d’autres profitent des installations du port pour découvrir Namur. « Le site a un réel attrait touristique. Australiens, Allemands, Hollandais, Italiens découvrent Namur par le port. Il y a un esprit participatif et convivial ici. La capitainerie est devenue un lieu de rencontre où les gens ont plein d’histoires à raconter. C’est un vrai village dans la ville », précise Bertrand Loute, gestionnaire du lieu. Avec une capacité de 60 bateaux, le site totalise entre 8000 et 9000 nuitées pour l’année écoulée, soit l’équivalent d’une activité hôtelière traditionnelle. La logique semi-privée de la gestion de la capitainerie participe à ce succès. « Plus qu’un métier, c’est une réelle passion », ajoute Bertrand Loute. Avec son équipe, il prône une logique événement iel le dynamique et innovante.

Au-delà de son activité première, la capitainerie se veut aussi être un centre de loisirs sportifs, culturels et festifs. La particularité du lieu, et qui témoigne de son caractère unique en Belgique, est sa terrasse flottante. « Nous avons 300 m2 de terrasse flottante, dont 200 m2 totalement modulables », précise le gestionnaire. Ces mètres carrés modulables peuvent tantôt servir de passage d’une berge à l’autre, de terrain de pétanque, de basquet, de ping-pong ou encore de dancefloor. L’offre événementielle du lieu est particulièrement variée ; en plus de son événement phare, le « Happy Summer Festival », la capitainerie organise également des concerts et des dj sets un jeudi sur deux en alternance, les « Happy Sunday » chaque dimanche d’été... De juillet à septembre, c’est la fête à la capitainerie. Ici, pas de musique commerciale, on n’entendra que de la soul des années 1960-1970. « Se réveiller ou simplement prendre un verre avec du Nina Simone dans les oreilles, ça fait du bien à tout le monde ! », lance Bertrand Loute. Le site propose également des événements privés sur-mesure, comme par exemple « La journée du capitaine » pour les anniversaires des petits, des sorties scolaires ou encore des teambuildings. L’espace intérieur est 100% insonorisé, de quoi faire la fête jusqu’au bout de la nuit, sans troubler les nuits paisibles des plaisanciers. « Les différents espaces, intérieurs et extérieurs, nous permettent d’organiser des événements privés tout en continuant à accueillir nos plaisanciers habituels dans des conditions optimales et dans le respect de chacun. Et avec la terrasse flottante, les possibilités sont quasi infinies. » Ne nous étonnons donc pas si un jour nous voyons une table de banquet dressée en plein milieu de la Meuse, c’est possible (si, si).

www.lacapitainerie.be

 

HAPPY SUMMER FESTIVAL (19 28 juin)

Le Happy Summer Festival est devenu un événement incontournable. Depuis quatre ans, les Namurois s’essayent aux sports nautiques en bords de Meuse, avec une vue imprenable sur la Citadelle depuis la capitainerie. Au programme ? Du Blob Jump, une activité sensationnelle consistant à s’élancer d’un ponton pour atterrir sur un énorme coussin gonflable et flottant ; du Slackline, une activité sportive proche du funambulisme permettant le passage d’une  berge à l’autre ; de la pirogue hawaïenne et enfin, le désormais célèbre stand up paddle, sport consistant à se tenir debout sur une planche et à se propulser à l’aide d’une pagaie. Inconnu au bataillon il y a quelques années à peine, ce sport nautique avait pourtant un adepte forcené à Namur, Bertrand Loute, encore lui. En 2012, il organise une compétition de stand up paddle, une première en Belgique. Cette année, sa course a été sélectionnée pour figurer parmi les six épreuves européennes composant le championnat du monde ! Si de grands champions sont attendus pour cette compétition, le public sera également invité à s’initier à la pratique de ce sport.

 

Qui a dit que Namur était une ville morte ? Probablement un oiseau de nuit mal luné… Car si en apparence la belle et élégante capitale wallonne semble plutôt jouir d’une aura diurne, certains sont bien décidés à vanter le Namur by night.

NAMUR EVENTS

« Mettons un bar sur une place et invitions des gens... » Certains ont des idées brillantes dans un garage et envahissent ensuite le monde du numérique ; ceux-ci ont eu l’idée d’organiser des apéros urbains, au détour d’une conversation entre anciens potes de fac, autour… d’un apéro ! À trois, ils se remémorent les bons souvenirs, les guindailles estudiantines… « Après la fac, nous revenions un peu tous vivre sur Namur, nous étions tous dans l’organisation d’événements ou actifs dans des groupes d’étudiants », raconte Nicolas Bonomi, président et administrateur général de Namur Events. « Quand nous étions étudiants à Louvain-la-Neuve, il y a avait beaucoup d’événements et d’activités, mais à Namur pas du tout. Namur avait un peu cette image de ville morte. Nous avons voulu donner un souffle nouveau à l’animation sur l’espace public du centre-ville. L’idée était de créer un événement facile d’accès, gratuit, et où les Namurois auraient la possibilité de se réunir pour simplement prendre l’apéro en toute convivialité. » Créer un événement namurois, pour les Namurois ; telle était l’ambition de ces trois jeunes. Ils créent l’ASBL Namur Events en 2010. Les premiers Apéros namurois rassemblent entre 500 et 600 personnes. Aujourd’hui, nous sommes loin du simple bar installé sur une place… Pour leur saison 2014, les apéros ont réuni en moyenne 3000 personnes pour chaque date ! Une institution pour beaucoup de Namurois.

Aujourd’hui gérée par neuf administrateurs, Namur Events ne cesse de prendre de la hauteur et de l’ampleur et diversifie ses activités. « Au fil des années, on a toujours eu envie de grandir et de multiplier les événements. Au moment de la création de Namur Capitale de la bière et du terroir, on a augmenté la taille de la structure, organisée désormais par projets », précise Nicolas Bonomi. Namur Capitale de la bière et du terroir, c’est trois jours pour découvrir les bières spéciales, dans l’espace public toujours. Sont présentes des brasseries très connues évidemment, mais aussi de petites brasseries. L’heure est à la découverte, non seulement avec les bières spéciales, mais également au travers d’happenings divers : concours du meilleur serveur de bière, démonstrations culinaires autour de la bière par des chefs de renom comme Benoît Van den Branden du Cuisinémoi, etc.

Et puisqu’il y a toujours plus dans deux têtes que dans une, inutile de dire que les idées fusent lorsque les neufs administrateurs se réunissent… Des idées parfois totalement insolites et décalées, qui se concrétisent et gonflent le catalogue événementiel de la petite structure. Ils lancent rapidement des dérivés de leurs concepts phares, comme par exemple Namur Capitale de la bière de saison, dont le principe est de découvrir des bières d’ouverture de saison, qu’on ne trouvera pas forcément dans les commerces toute l’année. L’hiver 2015 verra la première édition de Namur Capitale de la bière de Noël. Autre projet, le Namur Beer Tour, un jeu de piste autour de la bière à réaliser par équipes de deux personnes. De café en café, les participants parcourent les rues à la recherche de l’énigme suivante et découvrent le tourisme namurois d’une façon tout à fait insolite encore une fois. Au programme également, les soirées Old School qui offrent la possibilité au public d’assister à la projection d’un film plutôt décalé en dégustant une bière spéciale. Et enfin, en mars 2015, les organisateurs lançaient les soirées Awake, un concept importé des États-Unis consistant à faire la fête dès l’aube. Pour le coup, pas de bière, simplement du jus de fruit et des softs. Danser et rigoler dès le réveil, nul doute, ça vous met de bonne humeur pour toute votre journée !

www.namurevents.be

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La Waterlootoise, native de Rio, rêve de retourner dans sa ville natale pour y disputer les JO 2016. C’est plutôt bien parti. À 24 ans, Chloé Leurquin est la numéro un belge de golf et ne compte pas s’arrêter là. Rencontre avec une citoyenne du monde qui rêve aussi de LPGA aux États-Unis, le circuit majeur.  

Rio de Janeiro. Ses plages, son Pain de sucre, son Christ rédempteur. Mais surtout, Rio et ses Jeux Olympiques en 2016.

Dans un peu plus d’un an. Cette splendide mégalopole brésilienne est aussi la ville natale de Chloé Leurquin, l’actuelle meilleure golfeuse belge. Vivre les JO dans « sa » ville, un rêve ? Plus que cela : un objectif qui pourrait bien devenir réalité en août 2016. Dans l’établissement waterlootois où nous l’avons rencontrée autour d’une tasse de thé, la jeune femme de 24 ans a les yeux qui pétillent. Elle raconte, avec un enthousiasme qui transpire la passion, ses premiers drives à douze ans jusqu’à ses débuts sur le circuit professionnel en mars 2013. Il y a de l’énergie mais aussi de la zénitude dans ce petit bout de femme, toute finette mais capable d’envoyer la balle à plus de 220 mètres. Bref, derrière son regard doux et cette impression de fragilité, se cache une véritable athlète dont la carrière n’en est qu’à ses prémices et dont la détermination est réelle, malgré une vraie modestie. « Avec un papa et des oncles golfeurs, j’ai vite eu un club entre les mains. À douze ans, j’ai immédiatement mordu. Ma maman me déposait au golf le matin et j’y passais la journée », se souvient-elle. « J’ai toujours aimé les sports de balle. Cela m’a sans doute donné des prédispositions et j’ai très vite progressé. Lors de ma première saison, j’étais 36 de handicap. À la fin de cette première saison, j’étais déjà 24. Puis l’année d’après, je suis passée de 24 à 8 ! » Ces progrès rapides permettent à Chloé de s’aligner rapidement lors de tournois juniors en Belgique. Dans sa tranche d’âge (les filles nées en 1990), elle est confrontée à beaucoup de joueuses d’un bon niveau. « Cette émulation a été très importante. Tout le monde élève le niveau de tout le monde. À 15 ans, j’ai décroché ma première sélection en équipe nationale ».

La gamine est douée : elle dispute les championnats d’Europe à 16 à Oslo, puis les Championnats du monde à 18 ans à Adélaïde en Australie, avant de passer pro quatre ans plus tard, en mars 2013. « Ce n’était pas forcément un objectif. J’étais à l’univ et je ne pensais pas avoir le niveau pour faire carrière sur les greens. »

La golfeuse du Royal Waterloo va pourtant réussir à combiner études et sport de haut niveau. Étudiante à l’UCL en vue de l’obtention du titre d’ingénieur de gestion, elle devrait valider son diplôme cette année. Il lui reste à terminer un mémoire qu’elle consacre à la fiscalité du sport. Ensuite, sa tête sera à 100% tournée vers le golf. « En passant la moitié de l’année à l’étranger, j’ai dû m’organiser. Ce n’est pas facile, mais c’est une expérience géniale », reconnaît la protégée d’Arnaud Langenaeken, son coach technique. Chloé admet que « la solitude, quand on se retrouve à l’hôtel après une mauvaise journée, c’est parfois difficile. Quand ça se passe mal, quand je ne joue pas bien, j’aimerais être avec ma famille pour me changer les idées. »

Le sport de haut niveau n’est donc pas fait que de strass et de paillettes. Et même si les golfeurs ne sont pas les plus mal lotis, il n’est pas non plus synonyme de poule aux oeufs d’or. Sur une saison, le budget avion/hôtel est estimé à 50 000 €. « Chez les filles, il faut remporter un tournoi pour gagner autant d’argent », fait remarquer la jeune femme. « Pour le moment, grâce à divers partenaires, je parviens à m’en sortir. » Mais faute de moyens, la jeune femme est souvent contrainte de voyager seule : « Je n’ai pas le budget pour emmener un caddy ou un entraîneur. Je n’ai d’ailleurs aucun caddy attitré. Parfois ma soeur, mon coach ou mon père me “caddient… S’il n’y a personne, je fais appel à des locaux. C’est toujours le cas en Chine ou en Inde. Jusqu’à présent, j’ai eu beaucoup de chance. J’ai toujours été assistée par des caddies motivés qui avaient vraiment envie de m’aider. Certaines filles sont parfois plus mal tombées. »

Les sacrifices ne sont pas vains et Chloé Leurquin n’échangerait sa vie pour rien au monde. « Je me vois encore faire ça cinq ou six ans au moins. Après, tout va dépendre de mon évolution. Si je ne parvenais pas à assumer financièrement, il faudrait passer à autre chose. Je n’ai pas les mains vides, je suis diplômée. Mais pour le moment, je sens que je progresse, que je joue de mieux en mieux. Et surtout, j’aime ce que je fais. »

« J’ai beaucoup de chance », admet-elle en évoquant ses nombreux voyages qui en font une « citoyenne du monde » dont les amies proviennent de tous les continents. « C’est parfois frustrant de partir loin et de rester bloquée toute la journée dans un complexe hôtelier. Mais en général, les organisateurs de tournois nous proposent des visites », raconte la golfeuse. Des temples en Chine à la baie de Sydney en passant par les plages d’Agadir, Chloé Leurquin en prend plein les yeux. « J’adore l’Australie, Sydney. Le début de la saison se passe là-bas, au chaud. J’y vais trois semaines avant le premier tournoi pour disputer des « ProAm » en guise d’entraînement. Nous sommes logées dans des familles d’accueil. C’est beaucoup plus fun que les tournois officiels. » Sûr donc qu’elle apprécierait aussi de fouler le sable de Copacabana en août 2016. « Il y aura deux golfeurs par pays et 60 concurrents au total. Pour le moment, je suis 53e. Si la sélection était effectuée aujourd’hui, je serais de la partie. Je dois continuer à bien jouer, rester dans le coup. Nous serons fixés en mai 2016 », explique-t-elle. La délégation belge devrait être composée de 120 athlètes, a annoncé le Comité Olympique et Interfédéral Belge fin avril.

« Depuis que je suis toute petite, je ne manque rien des Jeux. C’est un événement génial. Tous ces sportifs réunis, c’est exceptionnel. En plus, c’est à Rio, c’est exotique, je suis née là-bas. C’est sympa. Pour n’importe quel athlète, c’est un événement grandiose. » La présence de la Waterlootoise aux JO serait aussi une bonne nouvelle en termes de reconnaissance médiatique. À l’exception de Nicolas Colsaerts, peu de golfeurs attirent l’attention régulière des médias belges (ndlr : découvrez le portrait du joueur dans notre numéro 21 disponible gratuitement online). « Depuis que Nicolas a disputé la Ryder Cup (en 2014, ndlr), le golf est un peu plus présent dans la presse », se réjouit-elle. Et avec une ambassadrice de charme qui continue de progresser, cet intérêt ne devrait que croître.

 

ATHLÈTE COMPLÈTE, MENTAL HAUT !

Jadis considéré à tort comme un sport de bourgeois pensionnés, le golf a changé d’image ces dernières années. Des athlètes comme Tiger Woods ont modifié la perception du grand public, l’image du golfeur bedonnant s’estompant au profit d’une représentation beaucoup plus positive. Les golfeurs de haut niveau sont des sportifs complets, athlétiques. Et Chloé Leurquin ne fait pas exception. Conseillée par un coach technique, Arnaud Langenaken, un coach physique, Thierry Noteboom, et peut-être bientôt par un coach mental, elle met tous les atouts dans son jeu pour remplir ses objectifs à moyen terme : intégrer la prestigieuse LPGA (le circuit américain) et remporter un tournoi majeur.

TECHNIQUE : « Mon point fort, c’est le jeu long, l’approche, le driving. Je suis dans la moyenne des meilleures. Mon putting ( jeu court) a longtemps été un point faible énorme quand je suis passée pro. Mais j’ai vraiment beaucoup travaillé cet aspect de mon jeu. On ne peut plus parler de point faible mais ce n’est pas encore un atout. Ma progression dépendra beaucoup de ma capacité à progresser dans ce secteur. Il faut encore m’améliorer à ce niveau car c'est en tournoi que tout se joue, c’est là que l’on fait la différence. »

PHYSIQUE : « Depuis que je suis pro, je me suis fort renforcée. Je travaille beaucoup l’explosivité en salle (sprint, courses, medecine ball, etc.). On travaille tout le corps. Pas que les bras. Les jambes aussi doivent être solides. C’est exigeant. Regardez les golfeurs actuels : tout le monde est fit. Mes loisirs m’aident aussi à entretenir ma forme. Quand je ne joue pas au golf, je défie mes amies au tennis. J’adore courir, marcher. Je pense aussi me mettre au yoga. C’est relaxant et c’est intéressant au niveau du stretching. »

MENTAL : « Au niveau de l’approche psychologique, je n’ai pas encore trouvé la bonne personne. Je ne suis pas contre. Ce n’est peut-être pas nécessaire, mais cela pourrait sans doute m’aider sur certains points. Concernant mon putting, j’ai un problème de confiance, par exemple. Il faudra trouver quelqu’un qui me corresponde et m’apporte vraiment quelque chose. Je n’ai pas envie de faire de la préparation mentale, juste pour dire d’en faire. Je ne suis pas stressée par nature. Pour me relaxer, je fais souvent appel aux physios ou aux masseurs. Ça m’aide à me relâcher, à me sentir bien. J’ai souvent un creux au milieu de la saison. L’été passé, je me demandais ce que je faisais là. J’étais tombée à la 110e place du circuit alors qu’il faut rester dans le top-80 pour conserver sa place. Mais j’ai très bien fini la saison en réussissant plusieurs top-20. Je me suis reprise en main. J’ai sans doute ce besoin d’être mise sous pression. »

 

LES 5 BONNES ADRESSES DE CHLOÉ LEURQUIN
  1. Kobo Resto (Waterloo) « Une vraie découverte. C’est de la cuisine africaine, vraiment très diff érent de ce que l’on mange d’habitude. Et surtout, c’est un délice. J’ai découvert cet endroit il y a peu : l’ambiance est vraiment très bonne. Les patrons et le personnel sont très sympathiques. Vraiment, c’est un dépaysement. » Rue François Libert 4 – B-1410 Waterloo www.kobo-resto.be
  2. Le bar de l’Amusoir (Waterloo) « Quand je vais prendre un verre avec mes ami(e)s, c’est très souvent dans cet établissement du centre-ville. Cosy. Une institution à Waterloo. » Ch. de Bruxelles 121 –B-1410 Waterloo www.lamusoir.be
  3. La ferme du Hameau du Roy (Vieux-Genappe) « J’adore cette boulangerie de Lasne (Vieux-Genappe). Le pain est parfait. Mais surtout, il y a une tartelette aux framboises qui est à tomber. » Chaussée de Bruxelles 70 B-1472 Vieux-Genappe www.fermeduhameauduroy.be
  4. La terrasse du Royal Waterloo Golf Club « J’y passe tout mon temps quand je suis en Belgique… Et je ne m’en lasse pas. On y mange très bien. Le cadre est magnifi que et l’ambiance dans le club house est très détendue. C’est un peu ma deuxième maison. » Vieux chemin de Wavre 50 B-1380 Lasne www.royalwaterloogolfclub.be 
  5. La pâte et ose (Waterloo) « Allez-y. Goûtez le fameux trio de pâtes. Vous m’en direz des nouvelles ! » Ch. de Bruxelles 526 – B-1410 Waterloo www.lapateetose.be
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Le 16 juillet a eu lieu le vernissage de l'exposition "Till we drop" du styliste belge Jean-Paul Lespagnard. Une expo qui vous emmène au cœur de la création artistique, à voir à la Maison Folie à Mons du 17/07 au 23/08.

C'est tout le processus de création qui est exploré dans la nouvelle exposition de Mons 2015: celle de Jean-Paul Lespagnard, à l'imagination prolifique et excentrique. Inspirée par sa collection éponyme de 2014, l'exposition évoque la vie exhubérante des grands hôtels de la Riviera Maya au Mexique, et se fait l'écho d'une certaine idée du paradis artificiel. Un univers euphorique, fait de transgressions et de liberté. L'artiste, déguisé en abeille, crée un parcours ponctué de dispositifs qui dépeignent les rites, us et coutumes du touriste impulsif, libéré du quotidien.

Jean-Paul Lespagnard vous guidera au travers son exposition les 18 et 19 juillet, ainsi que les 15 et 16 août. Ouverte du mercredi au dimanche, de 12h00 à 18h00, l'exposition est gratuite. Des ateliers gratuits en tous genres, pour enfants comme pour adultes, sont programmés en parallèle de l'exposition: workshop, coloriage, atelier créatif et stage.

Notons aussi le concert de Yelle, habillée par le styliste, le 22 août à l'Alhambra.

 

Renseignements:

Maison Folie

Rue des Arbalestriers, 8

B-7000 Mons

 

Le 4 juillet, les Lacs de l'Eau d'Heure ont inauguré le nouvel Aquacentre. WAW vous emmène en visite !

Il aura fallu 6 mois de fermeture et d'importants travaux pour que l'Aquacentre nouvelle version puisse voir le jour. Cette attraction attire plus de 120 000 visiteurs par an et ce, depuis 15 ans. Conscient de l'attrait touristique de cette infrastructure, un important budget a permis de compléter et diversifier cet outil récréatif par la construction d'un centre de bien-être et l'aménagement d'espaces extérieurs.

Les premiers visiteurs ont déjà découverts le toboggan "infinity jump", un bassin extérieur en lien avec la piscine intérieure, un bassin à fond mobile (pour la pratique de différents sports), une zone de loisirs avec billard, kicker et autre jeu de pallets, un "spray park" de 400m3 (jeux d'eau dernière génération), un espace détente, un solarium et une terrasse. Sur cette zone de loisirs, sont aussi installés une sonorisation et de l'équipement pour réaliser des effets lumineux.

À l'Heure du Bien-être

Un nouveau bâtiment qui combine toutes les installations et services attendus par les amateurs de balnéothérapie : jacuzzis, sauna infrarouge, sauna finlandais, hammam, bain d'eau froide, luminothérapie, douches expériences et soins. Et encore une piscine extérieure à jets massants, un sauna à pierre de sel ou une fontaine de glace pilée. Un bar lounge est également à disposition. Vraiment classe !

Un grand effort a été réalisé pour diminuer les coûts, notamment ceux relatifs à l'approvisionnement énergétique. Cette préoccupation s'inscrit dans la volonté de développer sur l'ensemble du site des projets touristiques durables. "Destination Européenne d'Excellence" depuis 2010, les Lacs de l'Eau d'Heure ont obtenu ce label grâce à leurs efforts en matière de gestion environnementale. Bien-être et environnement sont bien compatibles.

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Un instinct découvert dès l’enfance. «J’aimais sentir et toucher les morceaux de satin que ma mère cousait sur mes oursons en peluche, confie-t-il. Vers l’âge de neuf ans, je me passionnais pour les châteaux, les femmes élégantes et je fouillais le grenier pour retrouver des vêtements et des photos de mon arrière-grand-mère, Léonie, si élégante ».

Cette rêverie l’accompagne sur les bancs de l’école « Bernard est dans la lune » lit-on régulièrement dans ses bulletins. Une formation de sept années en coupe-couture-habillement à l’Institut de la Providence à Wavre, lui permettra heureusement de soigner le virus attrapé au seuil de l’adolescence et de concrétiser sa passion. Sur ses carnets, il créé déjà alors des collections de haute couture. En dernière année, il organise un défilé, se découvrant un style entre mysticisme et austérité et une muse, l’Impératrice Elisabeth d’Autriche, « Sissi ».

Ensuite ? Ne souhaitant pas se couler dans un moule d’académie, Bernard Depoorter s’embarque pour Paris, ses carnets de croquis sous le bras, bien décidé à aller frapper à toutes les portes. Et la chance lui sourit… à moins que le ce soit le culot qui lui ouvre la voie. Après un séjour comme aide assistant dans le studio de haute couture de Dominique Sirop, le voilà chez Stéphane Rolland, de la Maison Jean-Louis Scherrer, puis il suit des stages de broderie et de prêt-à-porter chez Stella Cadent.

Chemin faisant, le Wavrien croise la route de la Princesse Anne de Bourbon-Siciles qui lui propose de parrainer son premier défilé à Paris. Bernard Depoorter tisse un réseau important - et utile - de relations dans le monde des personnalités people et de l’aristocratie. Et engrange de l’expérience et un esprit critique. « Ce monde de la haute-couture a des côtés magiques avec ses énormes podiums, ses décors fabuleux,…Pouvoir entrer dans les ateliers Lesage, entendre les planchers qui craquent, voir les millions de stocks de perles et de paillettes qui dorment, c’est très émouvant, confie-t-il. Mais c’est aussi un monde très fermé, d’individualisme, où les places au soleil coûtent cher. Une grande maison de couture reçoit entre trois cents et mille CV par jour !

Mes racines, c’est à Wavre

Riche de cette expérience-là, Bernard Depoorter rentre au bercail après avoir côtoyé durant quatre années le gratin de la mode parisienne. Ses racines, c’est à Wavre, dans cette grande demeure habitée par sa famille depuis plusieurs générations. Elle fut successivement béguinage, ferme de ville appartenant aux religieuses du Couvent des Carmes, hôtel particulier avant d’abriter la société Charlier-Niset, sorte de caverne d’Ali Baba qui à côté de cartes postales, proposait de la vaisselle, du linge de maison, des jouets en bois. 

Les locaux désaffectés peuvent accueillir les lourds rouleaux de tissu, les machines à coudre traditionnelles -d’une précision inégalable-, les anciens moule à chapeaux que le jeune styliste déniche chez les antiquaires. Et toute la famille s’implique dans la petite société avec papa aux finances, maman aux relations publiques, la grande sœur à l’organisation des défilés, la plus jeune derrière l’objectif et même de vieilles cousines qui viennent coudre les paillettes sur les robes… « J’aime Paris qui m’a donné le rêve, l’assurance, la volonté ; j’y ai découvert le monde très privé de la haute couture, l’univers extravagant des clientes du luxe, résume Bernard Depoorter. A Wavre, je me suis créé mon univers, mes barricades afin de m’évader dans mes créations. Ma maison à la Rue du Béguinage, c’est mon laboratoire. »

Mélange de cultures, d’époques, de civilisations

Dans ce « laboratoire », jamais à court d’idées, le jeune couturier crée un style classique aux coupes sobrement chic avec un zeste de sophistication, remettant mille fois l’ouvrage sur l’établi. Ses modèles ? Des femmes au port royal, fragiles, austères, un peu mystique, à la taille étranglée, avec des jambes interminables.

Il choisit soigneusement sa palette de couleurs, anciennes, brumeuses, subtiles et riches : prune, vert de gris, vert olive, argent oxydé, miel, bronze, cognac, marron glacé,… Et le noir, sa couleur favorite. Les tissus naturels - satin, velours de soie, mousseline, brocart, laine, dentelle de Bruges… - se parent de cristal, de galuchat, de cuir de Cordoue, de perles, de passementerie.

Le jeune créateur mélange les cultures, les religions, les époques et les civilisations. Les uniformes l’inspirent - ceux des militaires, ceux des petites soubrettes -, mais aussi les civilisations antiques, les robes charleston, l’Art Nouveau, l’Art déco, le glamour des stars hollywoodiennes des années 30, les coupes sobres des actrices hitchcockiennes des années 50… Il cultive le mystère, parsemant ses créations de symboles : croix, roses, tulipes, amulettes …

« Mon inspiration, elle est partout, confie-t-il. Elle vient à toute heure, le jour comme la nuit, suscitée par le passage d’une femme dans la rue, la ferronnerie d’un balcon, un carrelage, une moulure, la sensualité d’un tissu, le reflet dans un verre d’eau, un film (« La leçon de piano », « La banquière »), la musique, les voyages, les papillons, les photos anciennes… Je compose mon cabinet de curiosités, je collectionne les livres d’art, je vois la beauté dans la laideur comme les couleurs subtiles d’une pomme pourrie. Tout cela peut faire démarrer une collection."

Mariage de haute couture, patrimoine et artisanat

Ses collections, il les décline dans des défilés organisés souvent dans des lieux prestigieux: au château de Chimay, avec le soutien de la Princesse Elisabeth de Riquet, sa « marraine belge », au Château de La Hulpe… histoire de marier haute couture et patrimoine. Et, régulièrement, avec le souci de se faire accompagner d’artistes ou d’artisans. "La haute couture, c’est aussi du mécénat. Il faut revaloriser les métiers d’art et les artisans qui sont en train de disparaître. Impossible de trouver encore en Belgique des plumassiers et des artisans du cuir, par exemple."

A l’étranger, Londres, Deauville, Monaco, Genève, Rome,… : quelques villes où Bernard Depoorter a posé ses valises pour présenter ses collections. A l’horizon, d’autres projet se pointent, un défilé sous la coupole du Domaine Hélécine dans le cadre du deuxième salon « Créations en Brabant wallon », le 25 octobre, où le jeune couturier wavrien présentera en avant-première huit robes de sa nouvelle collection haute couture. Puis, en 2009, un défilé haute couture et prêt à porter à Bruxelles - avec le soutien d’un membre de la famille royale -, un autre à Paris, avec celui de la Princesse Anne de Bourbon-Siciles, puis à Milan. Et des défilés privés dans le cadre de grands événements « Je pars en tournée, un peu comme les chanteurs », résume-t-il.

Carte de visite

Parallèlement, le jeune créateur a lancé une collection de semi-couture « de Bruxelles à Paris » et une collection de prêt à porter fabriquée en Europe « Depoorter Prestige » qui sera distribuée en Europe à Paris, à Milan, à Wavre préalablement, peut-être, Anvers, Luxembourg, Monaco et Genève. « La haute couture sert de carte de visite, permetau créateur et à d'autres artisans (un antiquaire prêtant un élément du décor, par exemple) de se faire un nom, mais elle ne rapporte pas. Il faut dix ans avant d’arriver à couvrir les frais et à se faire une clientèle. Haute couture et prêt-à-porter sont donc complémentaires. Dans cette dernière collection, on retrouvera tous mes codes, mais à des prix accessibles et dans des variantes plus classiques. Mon objectif est de permettre à toute femme disposant de moyens financiers limités de s’habiller élégamment. Je suis un marchand de rêve », explique-t-il.

A 27 ans, Bernard Depoorter caresse un autre rêve. Rendre son lustre d’autrefois à l’ancienne demeure familiale où il a installé son atelier, son habitation et ses salons. Sous les dalles de béton de la cour sommeillent des pavés du 18ème siècle et la maison abrite la dernière cuisine carrelée de Wavre, datant de la fin du 19ème siècle. Le couturier aimerait y installer un « petit centre du luxe » avec un show-room de prêt-à-porter, une ligne de décoration et un atelier de haute couture. « Je rêve d’y faire venir des artisans qui recréeront les anciens plafonds en stuc. J’y organiserais régulièrement des portes ouvertes, des circuits associant des commerçants et d’autres artistes et artisans. Comme une sculptrice et la maison Cremers, la plus ancienne manufacture de cierges et de bougies en Belgique. L’occasion de réunir quelques talents pour organiser des événements visant à les faire connaître et leur donner l’occasion de se rencontrer. ».

 

Renseignements:

Depoorter Haute Couture

Rue de Béguinage, 39

B-1300 WAVRE

010/22 36 21

www.atelierdepoorter.com

 

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Nouvelles expositions au Musée
23/05 – 06/12/2015

 

Stephan Vanfleteren, Charleroi

 

Dernière exposition d’un cycle de cinq commandes photographiques entamé en 2010, c’est au photographe belge Stephan Vanfleteren après Bernard Plossu, Dave Anderson, Jens Olof Lasthein et Claire Chevrier, que le Musée de la Photographie a demandé de proposer sa vision de Charleroi.

Pour Vanfleteren, l’exercice ne fut pas entièrement neuf, pratiquant la ville depuis de nombreuses années : Charleroi est en effet présente au détour des pages de son désormais célèbre «Belgicum», par la photographie ou par les textes, reliant la ville à d’autres lieux, Bruxelles, Anvers, Liège ou Ostende qui composent l’itinéraire en noir et blanc de cet étrange pays, tour à tour sombre et joyeux, trivial et pudique, irritant et touchant.

Charleroi n’échappe pas à cette impression, entre inquiétude et empathie. Ce pourrait être ailleurs et c’est pourtant ici, en cette ville qui n’en finit pas de renaître, que Vanfleteren tente d’embrasser du haut d’un terril autant que sous les néons d’un café où les solitudes s’escortent au bout de la nuit : Vanfleteren s’y immerge complice autant que témoin, n’emportant rien qui ne lui soit consenti. Toutes ces photographies sont nées de longues errances, de patientes conversations, de regards échangés.

Ni portrait-charge, ni plaidoyer, le Charleroi de Vanfleteren dit les blessures, la résistance et la solidarité d’une ville qui sait qu’elle a bientôt rendez-vous avec elle.

Stephan Vanfleteren (1969, Courtrai) a étudié la photographie à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles (1988-1992). De 1993 à 2009, il a travaillé en tant que photographe free-lance pour le compte du journal De Morgen, tout en continuant à s’investir pleinement dans ses propres projets. Spécialiste des portraits en noir et blanc, il est également connu pour les reportages au long cours qu’il effectue en Belgique et à l’étranger. Actuellement, il travaille essentiellement pour des journaux et des magazines étrangers. Cofondateur des Éditions Kannibaal/Hannibal, Stephan Vanfleteren y occupe le poste de directeur artistique. Depuis 2010, il est également professeur invité de l’Académie des beaux-arts de la ville de Gand (KASK).

 

Michel Couturier, Il y a plus de feux que d’étoiles

 

Centres commerciaux en périphérie des grandes villes, parkings et zones industrielles, places bétonnées entre des immeubles de banlieues, sont les lieux qui nourrissent la réflexion de Michel Couturier.

Espaces aseptisés, balisés et banalisés entre les verticales que dessinent les éclairages et les horizontales des aires aplanies à la végétation taillée, rien ne semble moins naturel que ces espaces utilitaires souvent transitoires liés à une activité consumériste. Dans leur vacuité nocturne ou dominicale, ils apparaissent mieux encore comme les symboles d’un lien social perdu pour l’homme du 21e siècle : agoras où le débat n’aura plus lieu, siège d’une nature détruite ou domestiquée, ces aires sécurisées témoignent paradoxalement à la nuit d’un danger rémanent comme l’était autrefois la forêt pour nos ancêtres.

« Peut-être ai-je voulu interroger le malaise que j’y éprouve lorsque je m’y trouve. Ou plutôt le sentiment que dans ce genre d’endroits, certaines questions se posent avec davantage d’acuité qu’ailleurs. Des questions qui ont trait au rapport individuel, à l’espace ou encore au sentiment de liberté, comme si la société, mais surtout notre condition, notre existence s’y révélaient d’une manière plus claire et plus violente », écrit à leur propos Michel Couturier.

C’est pourquoi il isole des phrases dans un récit mythologique, les retravaille et, comme les sous-titres d’un film, il les pose sur les images, comme un contrepoint. Ce sont aussi des outils, des armes pour conjurer le malaise et aborder ces lieux.

Il y a plus de feux que d’étoiles, viendrait s’exclamer le navigateur sans boussole devant les lueurs de nos villes le privant des constellations, pour le jeter sur les récifs.

Michel Couturier (1957) a vécu à Liège et à Lille. Il est actuellement basé à Bruxelles. Son travail utilise la photographie, la vidéo et le dessin en relation avec la sculpture, l'architecture et l'espace public. Depuis 2001, il traite des questions concernant la ville et ses périphéries, souvent en relation à la mythologie et à ses survivances dans le paysage contemporain.

Il a exposé à Bruxelles, Gand, Anvers, Lille, Roubaix, Tourcoing, Marseille, Paris, Genève, Montréal, Rotterdam, Berlin et Valencia. Il a des œuvres dans plusieurs collections publiques dont celles de la BNF, du Stedelijk Museum, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de la Province de Hainaut.

 

In/Out, Rencontre entre architecture et photographie

Maud Faivre, Pierre Liébaert, Zoé Van der Haegen, et Rino Noviello

 

Témoignant d’une ville en mutation, l’architecture est au cœur de Mons 2015, elle en sera l’une des traces les plus pérennes. Depuis 2012, Maud Faivre, Pierre Liébaert, Zoé Van der Haegen, photographes, et Rino Noviello, vidéaste, coordonnés par l’architecte Marc Mawet, parcourent les chantiers pour rendre compte des mutations urbanistiques, paysagères et architecturales de la cité montoise.

In/Out offre un regard sur la dimension artistique de leur travail à travers une sélection d’images qui, libérées de leurs références aux chantiers suivis, s’associent et s’interpellent pour revendiquer une narration forte, autonome et commune.

À ce sujet, Marc Mawet, commissaire de l'exposition, précise: « Plutôt que de sélectionner les images par chantier ou d'accrocher celles-ci par artiste, l'option scénographique fait le choix de la composition de séries où les sujets et les auteurs se mélangent. La "mise en retrait" ne signifie pas l'effacement mais manifeste au contraire l'engagement. »

Maud Faivre (Saint-Claude, France, 1986) vit et travaille à Bruxelles. Elle est diplômée de l'école La Martinière-Diderot de Lyon en arts appliqués, spécialisation design textile, ainsi que de l'Ecole Supérieure des Arts Le 75 de Bruxelles où elle a étudié la photographie. Elle est membre du collectif de photographes La Grotte. Pierre Liébaert est né en 1990 à Mons. Il sort diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Le 75 de Bruxelles en photographie, en 2011. Il vit et travaille à Bruxelles. Née en 1977 à Cambridge (G.B.), Zoé van der Haegen vit et travaille à Bruxelles.

Elle obtient une licence en Sciences Politiques à l’Université Libre de Bruxelles et travaille ensuite dans le secteur social bruxellois. En 2011, elle obtient un master en photographie à La Cambre (Ecole Nationale Supérieure des Arts Visuels) à Bruxelles. Depuis, ces trois photographes poursuivent un travail artistique personnel et participent à diverses missions photographiques. Leur travail est régulièrement exposé dans différentes villes de Belgique et à l'étranger.

Photographe professionnel depuis 2001 et fondateur de l’agence Picturimage, Rino Noviello se partage entre projets artistiques et réalisation de commandes (portraits, architecture, reportages et studio). Placer la poésie, le mystère et l'engagement au cœur de son travail, militer pour un art vivant et libre, explorer la diversité du regard et des sujets sont au cœur de ses préoccupations. Il anime régulièrement des formations permettant à l’art de rencontrer la technologie et la culture et réalise des documentaires en exploitant au maximum les fonctionnalités vidéo des appareils photographiques.

www.noviello.be

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