Waw magazine

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Présentation officielle du « Belgian Team 2016 »

quarante jours avant le départ en Suède

 

Les 25 jeunes qui participeront à EuroSkills Gothenburg 2016 ont été présentés officiellement ce midi à Bruxelles. La compétition aura lieu du 1 au 3 décembre 2016. Plus de 500 jeunes de moins de 25 ans y prendront part.

La délégation belge est composée des 25 jeunes, de 3 Team Leaders chargés de les encadrer, de 23 Experts, leurs entraineurs techniques, et de 4 personnes de l’équipe opérationnelle de WorldSkills Belgium.

Les 25 jeunes ont effectué un long parcours avant d’intégrer le Belgian Team des métiers techniques. Début 2016, ils ont passé avec succès le cap des pré-sélections organisées dans divers centres de formation. A la mi-mars, ils ont pris part au Championnat belge des Métiers, durant les Startech’s Days, et ont accédé au podium.

Depuis l’annonce de la sélection, chaque jeune reçoit une formation technique intensive avec un Expert. Il y a 23 Experts. (2 métiers se pratiquent en équipe : Fashion technology et Mécatronique). Leur rôle ? Préparer chaque candidat pour lui permettre d’atteindre un niveau d’excellence pour répondre aux exigences d’une compétition internationale.

Quant aux 3 Team Leaders, ils ont pour mission d’insuffler une cohésion au groupe, indispensable pour une compétition. Qui imaginerait nos Diables Rouges sans coaching physique et mental ? 

 

 

L’EuroSkills à Göteborg en Suède : du 1 au 3 décembre 2016

La compétition EuroSkills est une compétition européenne de compétences pour les jeunes de moins de 25 ans. Elle fait la promotion des métiers tous les deux ans dans l'un des Etats membres de WorldSkills Europe. L'édition 2016 aura lieu à Göteborg (Suède). Plusieurs dizaines de milliers de visiteurs sont attendus tant pour découvrir le travail des compétiteurs que pour participer aux découvertes de métiers ou au large programme de conférences.

Environ 500 jeunes de moins de 25 ans concourront pendant 3 jours pour tenter de gravir la plus haute marche du podium et devenir le meilleur dans leur métier au niveau européen.

Participer à une telle compétition est une expérience inoubliable et une source d'inspiration pour tous. Le Belgian Team arrivera le 29 novembre afin de se familiariser avec les lieux. Les jeunes seront entourés de « Team leaders » chargés de les encadrer (coaching physique et mental), ainsi que de leurs Experts (leurs entraineurs techniques). Retour en Belgique prévu le 5 décembre.

 

Plus d'infos sur cette compétition internationale dans le WAW n°33 (été 2016) !

 BIENVENUE À LA PLUS GRANDE FOIRE MULTISECTORIELLE DE BELGIQUE

 

Pour cette 63e édition, vous trouverez des animations de qualité, un hall entier dédié à l’auto, le traditionnel bar à bières de plus de 40 mètres de long où chaque mètre vous permettra de déguster une bière originale, la présence de l’Oberbayern et son orchestre, un village d’artisans/producteurs de produits de bouche, un espace "elle & lui" et un éventail de thèmes proposés, tels que l’ameublement, les loisirs, les services aux personnes, la mode et beauté, des produits innovants… 

16 jours d’animations non-stop pour toute la famille !

QUAND ? 

Du samedi 29 octobre au dimanche 13 novembre 2016

En semaine : de 11h à 18h
Les WE et jours fériés : de 11h à 19h

OÙ ? 

CHARLEROI EXPO CONGRÈS

Rue de l’Ancre, 3 - B-6000 Charleroi

 

Plus d'infos sur www.artsmenagers.be

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Comment concilier design, confort, circuit court, ressourcement et dépaysement ? Réponse par Pascal Marcin, le chef, et Bernadette van Empel, l’entrepreneure. Ensemble, ils font du Koru Hotel un havre d’évasion tranquille.

 

« J’ai toujours aimé voyager », signale Bernadette van Empel, spécialiste de l’Horeca et du tourisme d’origine néerlandaise. « Durant toutes ces années, j’ai glané, lors de mes différents périples, des meubles, des artifices de décoration, des objets, etc. C’est en fait tous ces trésors accumulés au fil du temps qui m’ont incité à imaginer un tel projet. Lorsque j’ai décidé d’investir ici, je tenais donc à valoriser toutes ces ambiances et ces cultures par des chambres thématiques. » En effet, les sept chambres, dont on ne peut que souligner le bon goût et le confort, renvoient à ses séjours en Asie, Australie, Nouvelle-Zélande, mais aussi dans le sud de la France. Artificiel ? Superficiel ? Certainement pas. On sent une véritable réflexion menée avec Vincent Verheggen, l’architecte gembloutois, pour que chaque chambrée offre une véritable cohérence dont naît assez spontanément le sentiment de tranquillité. Beau travail de cohésion aussi dans l’intégration de ces espaces de nuit avec le reste du bâtiment et des jardins. « Nous avons beaucoup travaillé sur le relief du parc, commente Serge Scheers, architecte paysagiste. Nous avons réaménagé les plantations et les courbes de niveau afin de créer des espaces propres, autonomes, mais qui se répondent. » Et qui font eux aussi écho aux pérégrinations de Bernadette Van Empel. « Chaque espace est un souvenir. La grande roseraie nous renvoie en Nouvelle-Zélande, car, là où nous étions, il y en avait partout. Les parties de terrasses, de plans d’eau et de rocailles nous ramènent à nos voyages au Cambodge ou en Thaïlande. Et les parties plus sèches du parc rappellent l’Australie. » Et l’on passe d’un continent à l’autrepar quelques sentiers qui serpentent au cœur de vallons que l’on croit volontiers naturels… De la chambre au parc, du parc à la chambre, preuve qu’il ne faut pas forcément voyager loin pour s’évader.

 

Bien-être et saveurs

Ce qui frappe d’emblée quand on découvre les spas, c’est la parfaite adéquation entre les équipements, tant en termes de beauté que de qualité. On se sentirait presque chez soi tant les espaces sont confortables et cosy. Les thermes proposent sauna, hammam, bancs infrarouges, douche aromatique, twin bath, ice fall, espace relaxation, massages et soins. Un très bel endroit pour se reposer, que l’on soit venu en voisin ou en séminaire. Car le Koru Hotel, c’est aussi un espace dédié aux entreprises qui souhaitent venir se mettre au vert. « Nous commençons à nous faire connaître du haut management qui vient ici pour s’isoler, réfléchir. » Et se prendre du vert plein la vue. Dans cette belle partie de la Hesbaye brabançonne, cela relève du doux euphémisme.

Du côté du restaurant, Pascal Marcin, qui a fait ses classes et ses preuves dans d’autres établissements, a décidé de relever le gant en travaillant avec toute une série de fournisseurs et artisans locaux. « C’est à la fois la volonté de s’insérer dans un tissu économique local, de valoriser au mieux les produits du terroir et de saison, mais aussi à des fins écologiques évidentes. » « J’ai travaillé durant six ans au Dolce situé à La Hulpe »,confie Bernadette van Empel. C’est là que j’ai rencontré Pascal, qui lui y a travaillé neuf années. Nous étions restés en très bons termes. » Durant les cinq années qu’a nécessité l’élaboration du projet, elle a bien eu le temps de penser comment s’entourer au mieux.

Cherchant à s’établir dans le coin, Bernadette est tombée sur une bâtisse idéale. Coup de chance ! Toutefois, si la maison était habitable, le reste n’était plus suffisamment stable. « Il a donc fallu pratiquement tout détruire et reconstruire. Avec un achat en 2011 et un premier client le 10 septembre 2015, c’est un projet qui s’est étalé sur cinq ans ! » Et cela valait le coup d’attendre !

 
Koru Hotel
Rue du Piroy 67
B-1367 Autre-Église
+ 32 (0)81 36 03 00
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Dormir dans un nid d’oiseau… un mythe devenu réalité ! À deux pas de Houffalize, les Cabanes de Rensiwez accueillent les rêveurs pour un moment de calme, perdus en pleine nature. Mais détrompez-vous, ici, nature rime avec confort.

 

L’aventure commence dans une grange. Un prototype de cabane y voit le jour, imaginé par Olivier Berghmans et fabriqué avec l’aide d’un copain menuisier. « J’ai toujours aimé construire des cabanes, s’amuse le concepteur. Un camp scout bien fait, c’est parfois mieux qu’un hôtel. Je me suis donc dit que j’allais faire des camps scouts destinés aux touristes ! En y mettant un peu plus de confort, certes, mais en en gardant l’esprit. » En août 2012, la « cabane de Werner » est déplacée sur un camping de passage. « Mon coup de cœur ! C’est la première que j’ai dessinée. Elle est teintée d’une touche artisanale. »

Quatre ans plus tard, le domaine a bien changé. Il s’étend désormais sur 6 ha et se compose d’une vingtaine de logements : deux chalets restaurés, deux tentes lodge meublées, une maison en pierre au bord de l’eau, ainsi que treize cabanes sur pilotis et une perchée dans un arbre. Tous les gîtes sont pensés selon le même principe, tel un rêve que l’on réinvente à l’infini et que l’on adapte à d’autres lieux. Les emplacements sont un peu comme les cabanes elles-mêmes, jamais rectilignes, sans aucune logique géométrique ou rationnelle. Un seul mot d’ordre, où que vous soyez, vous pouvez voir sans être vus.

L’esprit de la cabane de bûcheron, brute et dans la simplicité, se confond avec l’aspect cosy et amusant des lieux. Tout y est : eau courante, électricité, poêle à bois et chauffage d’appoint, salle de bain, cuisine, terrasse, etc. « Et puis, chacune des cabanes possède ses particularités propres, qu’il s’agisse d’une rivière ou d’un sous-bois. On essaie de tirer le meilleur parti de ce que la nature nous offre. »

Un bain chaud face à la nature

À l’aide d’un associé en charge de la fabrication et d’un charpentier professionnel, Olivier Berghmans conçoit les logements de A à Z, et ce, de manière écologique. Aucune dalle de fondation, de la laine de bois comme isolant, une charpente à l’ancienne avec du bois assemblé de manière traditionnelle, sans clou ni vis. « Cela représente un surcoût, certes, mais procure un cachet et même une longévité qu’une technique moderne n’apportera pas. La cabane en elle-même est vraiment pérenne dans le temps. Et de la sorte, le bois peut vivre et bouger en fonction des saisons.On pense aussi au recyclage du bien. En une journée, on peut le démonter et laisser le site tel qu’on l’a trouvé. » Bientôt, dans l’ancien moulin en cours de rénovation, sera installée une turbine hydraulique qui produirait environ 75 % de l’électricité. De plus, chaque cabane possède un poêle à bois. « Mine de rien, on comptabilise un grand nombre de stères par an – n’oublions pas que le bois est tout de même notre pétrole ardennais. » Envisagée également, une chaudière à pellets pour chauffer l’eau. À terme, le site totalisera environ 80 % d’énergie verte.

La décoration intérieure s’articule toujours autour d’un élément clé, qu’il s’agisse d’un lit dans un nid d’oiseau, d’un lit breton ouvert sur un poêle à bois, d’un lit roi qui trône au milieu de la cabane.« Parfois, une baignoire peut presque faire office de canapé. Pourquoi irions-nous la mettre dans une petite pièce fermée ? C’est un endroit où l’on se détend, certainement l’un des espaces les plus agréables d’une maison. Autant la placer dans le salon, devant le feu,face à la vue. Ce côté original amuse nos clients, car ce n’est pas le genre d’agencement que l’on retrouve dans une maison classique, pour la vie quotidienne. L’intérieur est donc pensé pour de courts séjours» Plusieurs cabanes possèdent un sauna ou encore un bain norvégien, l’ancêtre du jacuzzi. Cela consiste en un grand tonneau de 1,40 m de diamètre avec un poêle immergé. Un bon feu de bois chauffe l’eau à la température souhaitée. Aussi sympa en été qu’en hiver !

La durée des séjours varie entre deux et quatre nuits. Une seule nuit, c’est trop court pour profiter pleinement de ces cocons, accessibles toute l’année. Les couples en quête de calme et de relaxation composent principalement la clientèle de tous âges. Ils viennent s’y reposer, prendre du temps pour eux, lire, se balader dans le parc naturel des Deux Ourthe. Pour les plus casaniers, un chef de la région élabore un menu trois services (environ 25 € par personne). Verrines et autres préparations cuisinées le jour même sont livrées dans un panier.

À flanc de colline ou sur la rivière

À l’entrée du domaine, dans l’ancien moulin, des appartements seront conçus dans le même esprit que les cabanes, avec, pour chacun, un accès unique vers la nature. Le talus qui tombe sur le biais du moulin révélera bientôt une cabane enterrée construite en pierre et en chêne, terminée par un toit végétal et une verrière octogonale surplombant la rivière. Les pieds dans l’eau ! À l’intérieur, 11 °C toute l’année, la température du sol. Au centre, une baignoire en pierre, pièce unique et spectaculaire. Celle-ci, un immense galet naturel creusé de plus d’une tonne, provient d’Indonésie ; d’autres, de grandes auges en pierre prochainement intégrées dans le moulin, viennent tout droit des carrières du Hainaut et sont façonnées par un artisan de Lille.

Une autre extension est prévue sur une magnifique crête de Rensiwez, avec des à-pics de 80 m sur l’Ourthe. Des cabanes complètement démontables en mélèze non traité seront intégrées dans le paysage, accrochées sur les flancs de la colline, imbriquées dans les trous de rochers. L’expérience laisse présager des vues à couper le souffle !

 

Les Cabanes de Rensiwez
Moulin de Rensiwez, 1
B-6663 Houffalize
+32 (0)61 28 90 27
 
Idée de prix :
Entre 80 € et 200 € la nuit, selon les saisons et les jours de la semaine.
 

À voir, à faire

Houffalize et ses alentours proposent de nombreuses activités aux visiteurs de passage. Parcours VTT, guide nature, balades en forêt, visite de la Brasserie d’Achouffe, restaurants, sans oublier la pratique du kayak. « L’activité que j’affectionne tout particulièrement, c’est la descente en kayak en partant de Rensiwez… à faire en hiver. On ne peut pas le faire en été, car il n’y a pas assez d’eau. Ce n’est ouvert qu’entre les mois d’octobre et mars. La balade démarre de Rensiwez jusqu’au lac de Nisramont. Sur le tracé, il y a un tronçon de nature sauvage. Pas une maison, pas un poteau électrique, pas un lampadaire ! Trois heures de descente dans une nature de dingue jusqu’au lac de Nisramont qui s’étend sur près de 50 ha en plein milieu de la forêt. Et puis, si on veut, on peut porter son kayak, descendre de l’autre côté du barrage et continuer vers La Roche. »

À la surface de ses fameux terrils qui brûlent encore, Charleroi bruisse d’une vie culturelle intense, aussi bien diurne que nocturne.

Avec l’avant-gardisme et le participatif en figure de proue, voici un petit panorama – non exhaustif – des hauts lieux culturels de la cité carolo.

 

Le Rockerill

Installé au cœur des anciennes forges de la Providence, ce qui s’appelle officiellement The Rockerill Art Industry est une salle de concert alternative autant qu’un espace d’exposition. Depuis 2007, un collectif d’artistes travaille assidûment à la reconversion de ce vestige charismatique de l’ancienne activité sidérurgique de la région. Sous l’impulsion de l’équipe de l’ASBL Rockerill Production, de patrimoine abandonné, cette cathédrale de béton et d’acier érigée en 1832 est devenue un centre urbain dédié aux cultures populaires, sociales et alternatives. Le lieu accueille désormais environ 60 évènements par an et plus de 200 artistes nationaux et internationaux. La programmation musicale du Rockerill est importante et tourne essentiellement avec le rock et l’électro. Selon Jean-Christophe Gobbe, chargé de la coordination et de la programmation électro, « la musique est un vecteur de rassemblement. Et notre cheval de bataille, depuis le départ, est de donner une image positive de la ville, de faire en sorte que les habitants de Charleroi sortent de nouveau de chez eux, mais aussi d’attirer les gens de l’extérieur. Ce lieu est magique, très particulier. Le plus difficile, c’est d’attirer le public une première fois, mais dès que les gens voient la "cathédrale", ils sont heureux. Au niveau de la programmation, on est alternatif, oui, mais on essaye de ne pas être élitiste. Le Rockerill, c’est avant tout un projet de vie et il reste encore beaucoup de choses à faire. On évolue et on se développe chaque année. »

Le Rockerill compte quatre grands espaces polyvalents. Le hall d’entrée, surnommé la « cathédrale », et les Forges servent de salles d’exposition, tandis que l’espace dit « Rockerill » consiste en une salle de concert pour 250 personnes. La « Grande Salle » est, quant à elle, destinée aux évènements les plus importants. Outre de nombreux concerts et soirées organisés tout au long de l’année, l’association met en place tous les jeudis durant l’été et jusqu’en octobre les Apéros Industriels avec des concerts en bas et des DJ’s en haut (de 21h à 4h). Deux festivals servent aussi d’ancre au calendrier du Rockerill : le Rockerill Roots Festival (fin août) et l’Uzine Festival (début septembre).

Le Rockerill
Rue de la Providence, 136
B-6030 Marchienne-au-Pont

 

 

BPS22

« Bâtiment Provincial du Boulevard Solvay n°22 », tel est ce qui se dissimule sous l’acronyme BPS22. Celui qu’on appelle aussi Musée d’Art de la Province de Hainaut occupe en effet l’ancienne salle de gym et les anciens ateliers de l’Université du Travail de Charleroi, édifiés à l’occasion de l’Exposition internationale de Charleroi de 1911.

Avec ses 2500 m² d’exposition, il est l’un des plus grands musées d’art en Belgique francophone et, surtout, le dépositaire des 6000 œuvres de la collection de la Province de Hainaut qui couvre les XIX et XXes siècles et le début de notre XXIe siècle. De plus, le BPS22 a développé sa propre collection axée sur la création visuelle punk belge.

Depuis le début des années 2000, le BPS22 propose une programmation d’expositions temporaires (deux par an) centrées sur les formes d’art questionnant l’actualité et les phénomènes inhérents à notre époque. En accompagnement des accrochages, le lieu abrite régulièrement des évènements musicaux, des pièces de théâtre et des spectacles de danse.

Le BPS22 a connu une longue rénovation entre 2014 et 2015. Aujourd’hui, c’est un lieu hybride. La Grande Salle de 1000 m² a conservé son côté industriel pour accueillir les formes d’art contemporain expérimentales. La White Box (ou Salle Pierre Dupont) de 800 m² répond, quant à elle, aux normes muséologiques internationales afin de satisfaire à la présentation d’œuvres plus délicates.

Pour l’automne 2016, le BPS22 déploie deux expositions qui courront du 24 septembre 2016 au 22 janvier 2017. La première, « Panorama », consiste en une sélection d’œuvres contemporaines revisitant le genre du paysage à partir des collections de la Province de Hainaut. Autrement dit, une interrogation sur le rapport qu’entretient l’homme à la nature et à l’architecture. La seconde exposition, « Metamorphic Earth », immerge le spectateur dans les nouvelles théories sur l’évolution de la planète à travers des projections vidéo.

BPS22
Boulevard Solvay, 22
B-6000 Charleroi

 

©Donald Van Cardwell

 

L’Eden

« L’Eden, c’est le Centre culturel de Charleroi, il joue donc un rôle central dans la ville », explique Fabrice Laurent, directeur du lieu. Dans ce bâtiment construit en 1885 et qui fut le premier théâtre de la région, le public trouve désormais son bonheur dans une multitude d’activités, allant des concerts pour enfants à des ateliers autour de diverses pratiques artistiques, en passant par des pièces de théâtre, des soirées électro, roller disco ou slam, des concours de danse, des workshops et autres. « Ici, on considère que la culture est quelque chose de l’ordre de l’anthropologie. Nous ne sommes pas seulement des programmateurs, mais davantage des porteurs de projets, des accompagnateurs, des stimulateurs. L’Eden, c’est plus un lieu de vie qu’une salle de spectacle, commente Fabrice Laurent. Le citoyen est mis à l’honneur. Notre positionnement prône que la culture est faite par les gens. Ce qui nous singularise, c’est le côté participatif et le grand nombre de partenariats avec d’autres institutions. »

Pour les 350 ans de la ville, L’Eden a été missionné pour réaliser un nouveau géant – ou plutôt une géante – pour compléter le groupe actuel qui en compte onze – dont dix hommes. Pour déterminer le look de la nouvelle venue, L’Eden, bien dans son esprit d’ouverture vers les citoyens, a demandé l’avis de ces derniers. Ainsi, Julia a les cheveux courts, noirs et sa peau est ornée de tatouages. « Typiquement une figure du Charleroi métissé », s’exclame le directeur.

Cet automne signe aussi le retour de la « Charleroi Academy » (six séances entre le 15 octobre 2016 et le 20 mai 2017) avec, cette fois, un cycle de rencontres autour du projet de ville, des conférences sur le développement urbain, des moments de réflexion, etc. « Un Charleroi sur le divan, énonce Fabrice Laurent, comme une psychanalyse du Pays Noir. »
 
L’Eden
Centre culturel de Charleroi
Boulevard Jacques Bertrand, 1-3
B-6000 Charleroi

 

©Simon Gastout

 

Le Vecteur

C’est dans l’ancien théâtre du Vaudeville que la culture atypique, apparemment tant appréciée au Pays Noir, a posé ses cartons à travers les activités de l’ASBL Orbitale et, surtout, son projet intitulé « Le Vecteur ». Née en 1998 du cerveau et des mains de jeunes diplômés en communication, l’institution a un peu voyagé dans Charleroi avant de s’implanter en 2007 au centre-ville. L’objectif ? Offrir une visibilité à la culture atypique, c’est-à-dire aventureuse, hors normes et multidisciplinaire. Concrètement, Le Vecteur propose des projections cinématographiques et des concerts (parfois les deux en même temps), des workshops littéraires, des expositions d’arts plastiques et numériques, des ateliers pédagogiques, etc. Sans oublier l’appartement pour les résidences d’artistes, une brasserie et une bibliothèque publique axée sur les arts émergents et les cultures transversales. À Charleroi, l’endroit underground par excellence (recommandé par la chanteuse Mélanie De Biasio) !

Le Vecteur
Rue de Marcinelle 30
B-6000 Charleroi
 
©Mélanie Vancraesbeeck
 

À la fois micro-brasserie, boulangerie, bar, restaurant, espace d'expositions et de concerts, lieu de rencontres et de vie, la future Manufacture Urbaine (MU) pose, en plein cœur de Charleroi, les bases d’une économie verte à l’heure de la troisième révolution industrielle. En chantier, la MU ouvrira ses portes en février 2017.

 

La Manufacture Urbaine est un concept à trois volets ?

Sébastien Biset, régisseur de la MU – Si l’on veut. Effectivement, trois bâtiments sont actuellement investis. Au final, ils feront tous partie du même projet. L’Atelier de la MU est le bâtiment principal, c’est-à-dire, d’une part, un espace de production « alimentaire » – une micro-brasserie produira des bières, une boulangerie du pain et nous torréfierons du café – et, d’autre part, un espace de consommation. Consommation non seulement de produits de bouche fabriqués sur place (sous forme de petite restauration), mais aussi de produits culturels variés. L’Atelier sera un espace ouvert de concerts, de conférences, de débats, de workshops et de rencontres. Un espace culturel au sens très large.

 

Charleroi va donc être envahie des odeurs de houblon, du pain qui cuit et de café moulu ? Les senteurs nouvelles de la troisième révolution industrielle...

SB – Exactement, puisque l’Atelier de la MU prendra place dans une ancienne manufacture (imprimerie) du centre-ville, rue du Brabant, bien connue de tous les Carolos, puisqu’elle abrita les collections de la Médiathèque avant que celle-ci ne déménage au Palais des Beaux-Arts. L’histoire du bâtiment est intéressante, ainsi que son architecture. Le bâtiment est conçu sur trois niveaux qui communiquent autour d'un atrium, ce qui correspond à notre idée du projet.

©Iwert Timmermans

Et quelle est cette idée ?

SB – L’Atelier de la MU ne sera pas juste un lieu de consommation. Les initiateurs du projet souhaitent que la MU s’ouvre sur une dimension éthique à tous les niveaux. Du point de vue économique, nous voulons aller dans le sens de la micro-économie et de la production locale – en d’autres termes, le modèle du producteur au consommateur. Il s’agira aussi de ne pas distribuer nos produits au-delà du « Grand Charleroi ». Et quand distribution il y aura, elle se fera avec un véhicule électrique. La MU produira donc pour le Pays de Charleroi. C’est une manière de contrôler l’empreinte carbone des produits, puisque nous savons tous que la logistique de distribution est une donnée qui fait grimper cette empreinte. L’idée est aussi que la MU soit un prototype que l’on puisse développer dans d’autres villes.

 

Qui finance ce projet ?

SB – Les initiateurs du projet viennent du monde industriel, notamment de la production et de la vente de machines pour la fabrication et le conditionnement de boissons (on navigue ici dans la constellation Krones, Kosme, SPS, IBBH). Familiarisés avec le monde brassicole et la mise en place de salles de brassage, ces trois investisseurs (dont l'un, Jurgen Dewijn, est originaire de Charleroi, ce qui explique une implantation « coup de cœur ») ont souhaité réaliser quelque chose dans cette ville, aujourd'hui. La micro-économie, c’est dans l’air du temps. Ils estiment donc nécessaire de s'adapter à cette forme d'échange, de circulation, à cette reconfiguration du marché. Selon certains, nous serions entrés dans une nouvelle révolution industrielle et économique, avec le développement des nouvelles technologies de l'information et de la communication, et la tendance du pouvoir latéral (le passage du pouvoir hiérarchique ou vertical au pouvoir horizontal, décentralisé et démythifié). Par ailleurs, le financement venant du monde industriel, cela confère au projet une liberté totale. Et ce, même si nous travaillons en étroite collaboration avec les opérateurs de la Ville de Charleroi (dont Charleroi Bouwmeester et le monde culturel), parce que nous voulons faire les choses dans l’esprit de la ville. Nous souhaitons créer du lien, des passerelles, et renforcer les synergies.

 

Et quel sera votre rôle ?

SB – J’ai été approché par les initiateurs du projet parce que mon regard n’est pas celui d’un industriel. Je suis docteur en histoire de l’art, professeur en arts et programmateur culturel, par ailleurs sensible au domaine de la zythologie (ou science de la bière). Mon approche est historique, éthique (au sens premier de « coutume » et de « mœurs »), presque socio-anthropologique. Je suis chargé d'assurer la cohérence du projet dans sa globalité comme de son image (communication visuelle, activités, programmation culturelle, etc.). La rencontre entre le monde culturel et le monde industriel me semble intéressante. On peut faire beaucoup de choses, car, de plus en plus, la culture subsidiée devient problématique, car les finances publiques s’effondrent. Il faut de plus en plus de leviers pour faire avancer la culture et, à mon sens, celui-ci en est un. On peut donc parler d'entrepreneuriat culturel et créatif, qui entend coexister et se joindre aux dynamiques associatives qui font la culture de la ville. Comprenez qu'il n'y a ici rien d'« institutionnel ».

 

Quels sont les deux autres bâtiments qui entrent dans ce projet ?

SB – Le second bâtiment se situe à peine à 500 m du premier. Il s’agit de l’ancien bâtiment Randstad, place Buisset – à la sortie de la gare, vous traversez la Sambre et vous arrivez sur cette place qui, d'ici peu de temps, sera essentiellement dévolue à l'Horeca. Là, nous allons ouvrir un restaurant, La Table de la Manufacture Urbaine, tenue par le chef Thierry Robinski (ex-Taverne Prince Baudouin). Vous pourrez y consommer des produits de la MU, des produits locaux et du terroir. Nous restons dans une même logique en mettant en avant des produits de qualité et du coin.

Le troisième bâtiment se situe entre les deux, Quai de Brabant n° 11, le long de la Sambre. Ce sera d'ici peu le siège administratif de la MU, mais aussi un endroit où nous recevrons des partenaires potentiels. Nous y installerons notre « laboratoire » où nous expérimenterons des recettes avec nos collaborateurs, parce que nous allons produire des bières (cuvées limitées, pour telles et telles circonstances) pour et avec les opérateurs culturels eux-mêmes, dans l'esprit de la MU (nous souhaitons éviter les logiques « bières à façon » et « à étiquette », qui, aux yeux de beaucoup, manquent d'authenticité). Les deux premières bières de la MU, mises au point par notre Maître Brasseur, Jonathan Blondiau, seront d’ailleurs proposées à l’occasion du Festival Asphalte, les 28 et 29 octobre prochains.

 

La Manufacture Urbaine
Rue de Brabant, 2
B-6000 Charleroi
 

 
Bio express de Sébastien Biset

Sébastien Biset est docteur en histoire de l’art et zythosophe. À ce titre, il mène une réflexion sur la zythologie entendue comme la science de la bière et questionne les notions d’ivresse. Il est, en tant que Maître serveur de bière certifié, à l’origine de différents bars « situationnels » de fortune et de circonstances et brasse sa propre bière. Ses travaux sur l’art, son parcours dans le champ de la philosophie, de l’histoire et des lettres, complétés par une formation dans l’Horeca et une expérience dans la programmation et la médiation culturelles le conduisent à créer l’Institut de Zythosophie, appelé le Cloître. Son implication dans le projet de la Manufacture Urbaine poursuit un cheminement culturel personnel.

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Nouveau Berlin ou ville la plus moche du monde, Charleroi stupéfait au point qu’un safari urbain décalé y est organisé à la découverte de lieux aussi insolites ou provocateurs qu’une usine désaffectée, le sommet d’un terril, un métro fantôme ou le pont du haut duquel la mère de Magritte s’est jetée à l’eau. Des clichés qui se vendent bien et qui font parler d’une ville postindustrielle aux contrastes hallucinants. Des clichés qui font surtout bien rire les Carolos, les authentiques, ceux qui aiment leur ville pour ce qu’elle est et surtout pour ce qu’elle pourrait devenir. Rencontre avec quatre WonderCarolos, remèdes contre la dépression, même économique.

 

Nicolas

La communication au second degré, il en a fait un business. Et c’est sur un support textile qu’il y va à fond dans les clichés. Responsable de la boutique online Tshirt Mania, Nicolas n’a pas son pareil pour imprimer des slogans décalés et accrocheurs sur la ville et ses habitants. Le top des ventes, le tee-shirt « Sons of Barakis », détournement du titre de la série télévisée « Sons of Anarchy ». « C’est parti d’un délire : modifier l’intitulé et le logo de la série culte. La kalachnikoff et la faucille sont devenues une bouteille de bière et la main qui soutient une mappemonde, un cornet de frites. Personne n’aurait parié sur le succès d’un tee-shirt qui t’épingle "baraki", une insulte ! C’est juste que l’association du visuel et du jeu de mots le rende portable », s’amuse et s’étonne encore Nicolas. Même succès pour le tee-shirt « Back to Charlouze », inspiré de « Back to the future », ou « Carolo et bien élevé ». Car, dès qu’un nouveau slogan agitateur paraît, les médias en parlent et les réseaux sociaux s’enflamment, démultipliant les ventes. La dernière collection ne devrait pas faire exception : axée sur Charleroi et la Wallonie, elle met aussi en vedette les barbus (Nicolas en porte une bien belle) et les princesses Disney à la sauce Tshirt Mania. Carolo et malin, Nicolas a même créé des séries limitées aux thématiques plus générales ou simplement graphiques pour susciter l’envie des collectionneurs. 

www.tshirtmania.be

©Tshirt Mania
 
Isabelle et Caroline

Nicolas n’a pas encore pignon sur rue. Ses tee-shirts ont donc trouvé refuge, hormis son site Web, dans deux concept stores urbains, dont la boutique Wonderfriends tenue par Isabelle et Caroline. Deux pures souches Carolos qui tirent des plans sur la comète depuis la maternelle. Jusqu’un jour de 2011 où, passant rue de Montigny devant le rez-de-chaussée commercial à louer d’une élégante maison de maître, les deux fidèles amies décident de passer à l’acte. C’était plié. « Nous allions faire quelque chose ensemble, à Charleroi, dans le domaine de la décoration d’intérieur et du design », se rappelle Isabelle. Elles avaient sillonné suffisamment de salons et de foires de créateurs et de designers belges et internationaux pour acquérir une connaissance certaine du sujet. Ouvrir une boutique, c’était clair. À Charleroi ? « Nos proches flippaient », ajoute Caroline. C’est vrai que cela pouvait faire peur. Charleroi semblait plomber un projet déjà périlleux dans un climat économique morose. « Ce n’était pas le côté noir des usines qui nous effrayait. Nous sommes habituées. Nous sommes fières d’être Carolos et, aujourd’hui, nous le revendiquons même », précise Isabelle.

Le souci était plutôt sur le fond, le renouveau à Charleroi, réalité ou utopie ? « Une partie de la ville a été effectivement abattue et sa reconstruction est en cours. Un énorme centre commercial est programmé. Mais cela suffira-t-il à faire renaître Charleroi ? », s’interroge Isabelle. « Nous, on fait juste une partie du taf, mais il faudrait qu’il en soit ainsi pour tout le monde », glissent Nicolas de Tshirt Mania et Jérôme de Pays Noir dans la conversation. Les filles acquiescent d’un hochement de tête. Carolos et philosophes !

Nous sommes samedi et Wonderfriends ne désemplit pas. Le pari est gagné, la boutique attire. On vient y chercher le cadeau qui fera plaisir parmi de nombreuses marques tendances. Et pourquoi pas le body pour bébé, imprimé « Made in Charleroi with love » par Tshirt Mania et étiqueté Wonderfriends ? Trop tard ! L’article a cartonné et il est épuisé (jusqu’à sa réédition). Une collaboration fructueuse.

Wonderfriends
Rue de Montigny, 13
B-6000 Charleroi
+32 (0)491 07 62 16

 

©Carole Depasse

Jérôme

Tout le monde se connaît et s’embrasse chaleureusement à Charleroi. Le « Bisou M’chou » appliqué, les collaborations sont spontanées, en particulier parmi une génération de trentenaires entreprenants. Jérôme alias Pays Noir en fait partie. Pays Noir, c’est un label créatif sous lequel se regroupent des clips vidéo, des événements culturels, des concerts, des photos, des textes sensibles et même un tee-shirt produit par Tshirt Mania (encore lui) dans le cadre d’un partenariat entre Pays Noir et Kid Noize. « Pays Noir, c’est un branding qui peut englober plein de choses. Jusqu’à la réalisation de la pochette du vinyle d’un artiste (NDLR. Vladimir Platine). Au début, Pays Noir, c’était pour rigoler. C’est parti d’une simple envie de vouloir porter la couleur de Charleroi. C’est tout bête », commente Jérôme. Pourquoi encore du noir ? « Pays Noir, c’est une expression qui existe. Nous ne l’avons pas inventée, elle fait partie de notre vocabulaire. Le charbon, les terrils (pourtant plutôt verts aujourd’hui), c’est l’identité de Charleroi. La couleur noire n’a pas de connotation péjorative. Nous avons tous quelqu’un dans nos familles qui est descendu dans la mine ou a travaillé dans les industries. Mon grand-père était ouvrier dans les câbleries », explique Jérôme.

www.facebook.com/paysnoir

 ©Pays Noir

Jérôme, Nicolas, Isabelle et Caroline forment un noyau représentatif d’une nouvelle jeunesse. Ils se sont connus au travers leurs activités professionnelles, tissent des liens de plus en plus serrés en se croisant régulièrement dans les fêtes nombreuses à Charleroi, élargissent leur relation aux membres actifs de leurs réseaux sociaux, collaborent efficacement et font que, chaque jour qui passe, le renouveau s’installe à Charleroi. Carolos et pas branleurs !


 

Baraqui et taudis

« Baraqui » ou « baraki » est une expression wallonne péjorative qui désigne aujourd’hui une personne sans culture, plutôt vulgaire, issue d’un milieu social défavorisé. Ce triste mot recouvre une histoire difficile, puisqu’il servait à désigner les travailleurs immigrés italiens, recrutés à partir de 1946 par le gouvernement belge pour descendre dans les mines. Confrontée dans l’après-guerre à une crise du logement, la Belgique loge les premiers milliers de mineurs italiens arrivés sur son sol dans des baraquements (d’où l’appellation « baraqui ») insalubres, anciens camps construits par les Allemands pour les prisonniers russes travaillant dans les mines.

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Bruxellois d’origine mais Carolo d’adoption, le DJ au masque de singe s’est expatrié dans cette ville en plein renouveau. À la fois surréaliste, énigmatique et dynamique, elle lui correspond. Mêlant son et image, Kid Noize travaille avec des artistes et créateurs locaux par le biais de son label Black Gizah Records. Son premier album, Dream Culture, sort fin septembre.

 

Pouvez-vous présenter votre parcours en quelques mots ?

Kid Noize – En fait, j’ai une formation de graphiste. En secondaire, j’ai fait quatre ans en arts graphiques à Saint-Luc, à Bruxelles, suivis par quatre autres années dans la même matière à l’ERG (École de Recherche Graphique) où j’ai obtenu une licence. Ensuite, j’ai travaillé quelques années dans diverses boîtes de graphisme. En parallèle, évidemment, je faisais de la musique. J’ai débuté à 13 ans, avec du hardcore. Mon groupe de l’époque, Megate, a d’ailleurs sorti son premier CD en 1996. J’avais 16 ans. Ensuite, il y a eu, comme vous le savez, mon implication dans le groupe Joshua, plus connu. On a sorti trois albums au total. Aujourd’hui, j’ai cessé mes activités professionnelles de graphiste que j’avais toujours menées en parallèle de la musique pour des raisons notamment alimentaires. Je me suis lancé corps et âme dans le projet Kid Noize, un grand saut, une fameuse prise de risque… Mais la musique, c’est ma passion. Cependant, l’aspect visuel et la vision artistique restent très importants. D’ailleurs, si je devais un jour choisir entre être sourd ou aveugle, je préférerais être sourd !

Qu’est-ce que vous inspire aujourd’hui la période Joshua ?

Kdnz – J’y ai fait mes armes ! Mais je n’ai jamais su… Comment dire ? C’était un groupe, et nous devions nous mettre d’accord sur tout. Nous devions nous mettre personnellement en avant, mettre en valeur notre image personnelle. C’était comme ça, c’était le jeu, je l’acceptais, mais ce n’est pas vraiment ma façon de faire, cela ne me paraissait pas naturel.

D’où aujourd’hui cet « avatar » de Kid Noize…

Kdnz – Oui. C’est mon alter ego ! Grâce à ce stratagème, je n’ai pas l’impression d’être hyper narcissique. Ce n’est pas moi qu’on voit, c’est lui ! Il apparaît dans chaque clip, il constitue à la fois un projet son et image. Il est autant l’un que l’autre. Kid Noize, c’est un vecteur multiple de contenu.

Mais d’où vous est venue cette idée de tête de singe ?

Kdnz – C’est mon rêve d’enfant, c’est comme cela que je me voyais enfant. C’est un mélange de « Planète des Singes », de Michael Jackson, « Star Wars »… En résumé, de nombreux éléments emblématiques de la culture des années 1980 et 1990. Pareillement pour la voiture de Kid Noize, une Ford Mustang de l’époque. Je suis très attaché à cette période de l’enfance et de l’adolescence, j’y trouve mon inspiration. Par exemple, enfant, j’étais complètement obsédé par les pochettes d’album d’Iron Maiden. Pas par la musique, juste par les pochettes. D’ailleurs, encore aujourd’hui, j’achète leurs albums quand j’en trouve dans les brocantes, juste pour l’esthétique. J’avoue que j’ai toujours acheté la musique par rapport à la pochette, c’est ce qui m’attire en premier lieu. Sinon, en général, j’ai aussi trouvé mes références chez Gorillaz, Daft Punk, Die Antwoord… Au niveau cinéma, je vais vers David Lynch, Jim Jarmusch, Wim Wenders, mais aussi Steven Spielberg, surtout sa période « E.T. ». « Dream Culture » est justement le titre de mon premier album qui sort bientôt. J’ai mis six ans à rendre le projet Kid Noize cohérent. C’est tout un concept.

 

©G. Kayacan

 

Outre Kid Noize, vous avez aussi créé un label il y a trois ans…

Kdnz – Oui, « Black Gizah Records ». Ce label se veut à la fois une rampe de lancement pour Kid Noize et pour les autres artistes wallons. Je ne fais pas cela pour gagner de l’argent – je sais que je n’en gagnerai pas –, mais pour avoir la possibilité d’être libre des plannings, de la vision artistique, de la communication… en fonction de mon point de vue et de celui des autres artistes. On fait du développement d’artistes, ce que les majors ne font pas. J’ai développé « Black Gizah Records » par nécessité, je reste le chef, je suis propriétaire et directeur artistique et, autour de moi, une vingtaine de personnes travaillent sur le label.

Pour le moment, les « labellisés » ont-il du succès ? Qui sont-ils ?

Kdnz – On peut se vanter d’avoir actuellement quatre singles qui tournent sur les radios en Wallonie, dont trois en haute rotation : Mustii, Goldaze, Evernest et Kid Noize. C’est beaucoup pour un petit label. Et aujourd’hui, on commence à se faire approcher par les majors ! Je suis sans cesse à l’affût, nous recevons un grand nombre de démos. Au début du label, c’était dix par an. Maintenant, c’est plus de dix par mois. Malheureusement, on ne peut pas tout sortir, il faut faire des choix. Le label s’oriente vers un mix de commercial et d’Indé. C’est cette combinaison qui fait que cela fonctionne.

Le label investit donc essentiellement dans les artistes wallons…

Kdnz – Oui, je préfère m’investir en Wallonie à 100 %. Je me concentre là-dessus, car ce qui m’importe, c’est de me développer d’abord chez moi. Il y a une place à prendre ici. J’ai quelque chose à défendre. Ce qui ne signifie pas qu’on refuse l’exportation, mais ce n’est pas l’objectif primordial. Kid Noize s’est retrouvé en concert à Paris, au Japon, à faire les premières parties de Stromae, de Prodigy, de Die Antwoord… Mais il s’agit plus d’expériences internationales que d’un véritable développement à l’étranger. Disons que l’exportation, oui, mais pas à n’importe quel prix. Le jeu doit en valoir la chandelle, car cela signifie aussi beaucoup de temps loin de chez soi et de ses proches. C’est un métier fatigant et difficile, la vie toujours entre deux avions. Je connais des DJ’s belges qui sont super connus à l’étranger et pas du tout chez eux. Figurez-vous qu’ils en souffrent beaucoup. Moi, j’attends d’avoir une équipe bien rodée et que tous les projets soient bien lancés. Ensuite, on verra pour l’international qui sera géré en fonction de chaque artiste.

Vous êtes bruxellois d’origine, mais vous vivez et travaillez maintenant à proximité de Charleroi… Pourquoi avoir déménagé ? On pourrait penser que Bruxelles est plus propice au développement artistique, non ?

Kdnz – C’est vrai, je suis né et j’ai vécu 30 ans à Bruxelles. Mais depuis cinq ans, je vis près de Charleroi. J’avais besoin d’espace, de verdure, et il y avait aussi des raisons familiales à ce déménagement. Au niveau culturel, il y a ici une place à prendre que je ne trouvais pas ou plus à Bruxelles. Il y avait beaucoup de gens, beaucoup de voisins, mais pas beaucoup d’espace. Musicalement, il faut savoir aussi que j’ai mes racines à Charleroi. Ado, je m’y rendais chaque week-end pour répéter avec mon groupe. Et, au début… je n’aimais pas aller à Charleroi, j’admets. Puis j’ai rencontré les gens, appris à les connaître. Maintenant, j’ai choisi de vivre là-bas. C’est significatif !

Qu’y avez-vous trouvé artistiquement, culturellement ?

Kdnz – Depuis une dizaine d’années se développent une série d’institutions culturelles intéressantes. Je songe au Théâtre de l’Ancre, à L’Eden, au BPS22, au Rockerill, à Charleroi-Danses… Il y a aujourd’hui une nouvelle génération, toute une jeunesse qui en a marre d’entendre dire que « Charleroi, ça craint ! » et qui œuvre à prouver le contraire. Charleroi connaît un renouveau certain, très décalé, tourné vers la culture Indé et atypique.

 

  

Album « Dream Culture », Kid Noize, sortie le 30 septembre.

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