jean-Paul Lespagnard & Pablo Henrard
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Jusqu’au 9 novembre, la Fondation Folon présente l’exposition « Explorations », un voyage au cœur de l’univers de l’artiste catalan Josep Riera i Aragó.
Riera i Aragó s’inscrit dans une génération de sculpteurs catalans qui, dans les années 1980, donne une nouvelle dimension à l’art. À partir de matières traditionnelles comme le bois, le bronze ou le fer, il bouscule les codes, bouleverse les prérequis et traduit ses obsessions spirituelles en œuvres d’art. « Enfant, j’avais un certain intérêt pour l’art, mais ce n’est réellement qu’à l’adolescence que cet intérêt s’est converti en passion », confie-t-il. En effet, alors qu’il n’avait que 18 ans, le jeune Barcelonais expose pour la première fois ses créations à l’École Supérieure des Beaux-arts Sant Jordi à Barcelone, sa ville natale. Il vit alors les premiers balbutiements de son art, avec succès, mais avec le besoin de maturer encore et encore avant de parvenir à trouver sa particularité.
Située au cœur du Parc Solvay, la Ferme du Château de la Hulpe abrite la Fondation Folon. Créée en 2000, à l’initiative de Jean-Michel Folon, la fondation accueille des centaines d’œuvres de l’artiste belge. Plus de 40 ans de création sont présentés au public. La scénographie particulière de cette exposition permanente, son parcours alliant musique et effets d’optique et la qualité des œuvres présentées en font un lieu d’exception.

Navigateur de l’esprit, aviateur de l’art
Ce n’est que dix ans plus tard, lorsqu’il participe au IIe Salon d’automne organisé par l’Hôtel de Ville de Barcelone, qu’il présentera ses premières sculptures d’avions, de zeppelins et de machinerie ; caractéristiques indéniables de son œuvre aujourd’hui. Riera i Aragó se fascine très vite pour les machines, les engins, la physique, l’air, l’eau, les figures anthropomorphiques... « Dans les années 1980, j’ai développé une fascination figurative autour de deux intérêts : le monde sous-marin et le cosmos, et les machines », confie l’artiste.
Riera i Aragó invente, crée, décompose et recompose des engins. Ces machines dénaturées sont des invitations au voyage, entre réel et imaginaire.

Ces deux mondes créent un environnement inconnu dans l’esprit de l’artiste ; des sphères inaccessibles et inatteignables. Cette obsession le pousse alors à rêver de voyages vers ces mondes. « Il s’agit d’effectuer un voyage intérieur lors duquel on laisse ces univers affleurer à la surface. » Et pour voguer vers ces au-delàs imaginaires, Riera i Aragó invente, crée, décompose et recompose des engins. Ces machines dénaturées sont des invitations au voyage, entre réel et imaginaire. Il transforme les objets et les poétise sous la forme de sculptures et d’installations. L’artiste peut parfois assembler des centaines d’objets dans une même composition. Son œuvre 111 avions est constituée de 111 engins volants ou encore Colors 2U, qui est composée de milliers de petits sous-marins de couleur. Chaque composition représente l’esprit de son œuvre globale. « J’ai créé des milliers d’œuvres, je ne pourrai jamais en préférer une plutôt qu’une autre, poursuit l’artiste. L’une entraîne l’autre et, ensemble, elles créent une sorte de cosmologie. En fait, chacune de mes œuvres est une note de musique qui forme une symphonie ».
Pas de faux pas. Chaque pièce est réfléchie et apprivoisée. Assemblées en nombre, elles semblent former un essaim vrombissant ; une orchestration massive qui laisse l’observateur sans voix et le plonge paradoxalement dans un vide intérieur. L’auteur confie qu’il aspire, dans chacune de ses œuvres, à produire cette aura de silence. Car c’est bien là la particularité de l’œuvre de Riera i Aragó. De ses assemblages et de ce bruit graphique naît un silence magistral...
Quand le crime et la guerre ouvrent la voie de la liberté autant que la nature. La preuve par les nouvelles expositions au Musée de la Photographie jusqu’au 7 décembre 2014.

Ils sont tous deux Liégeois d’origine, créateurs de mode et finalistes du Festival International de Mode et de Photographie d’Hyères. Jean-Paul Lespagnard a remporté le prix mode en 2008. Pablo Henrard a figuré parmi les 10 créateurs en lice pour l’édition 2014. Ce qui les unit : une ambition « mesurée », un certain sens du décalage et une approche sereine du métier. Portrait(s) !
Contrairement à la saison dernière, Jean-Paul Lespagnard n’est pas à Paris pour présenter à la presse sa collection automne/hiver 2014- 2015. Et s’il nous propose de nous rencontrer chez Angelina, le salon de thé vintage des Galeries, c’est que durant quelques mois, le Liégeois a été ici comme chez lui. Quelques mètres plus loin, la Galerie des Galeries, l’espace d’exposition du magasin du boulevard Hausmann, lui a offert une carte blanche. Véritable feu d’artifice créatif, cette expo loufoque et décalée a braqué les projecteurs sur un créateur belge atypique et attachant. Au vu du nombre de visiteurs (plus de 10 500), on peut dire que la sauce belge a pris.
Cette fois, l’ex-lauréat d’Hyères ne nous parlera pas de cette expo, ni de son sacre à Hyères il y a six prin- temps, mais bien de la nouvelle orientation qu’il compte donner à sa marque. Trois saisons après sa première présentation parisienne, Jean-Paul Lespagnard a décidé – c’est une habitude chez lui – de faire un pas de côté. Sa nouvelle idée ? « En revenir à une relation créateurs-acheteurs et créateur-presse plus directe. Dès la saison prochaine, je présenterai en juin les pièces qui seront livrées en boutique en juillet, nous explique-t-il. Quant aux collections, elles se borneront désormais à une capsule de 20 pièces en édition limitée », précise-t-il.
Revenir à un rythme « juste », en phase avec son tempérament impatient, mais perfectionniste, ça veut dire plus de temps pour les autres activités du Liégeois. Boulimique de culture, Jean-Paul Lespagnard est aussi à l’aise dans la conceptualisation d’une exposition que de costumes de ballet. En octobre dernier, il a également participé à la renaissance du Théâtre de Liège en dessinant les tenues du personnel de salle. Très bientôt, il s’inscrira dans un projet de film en 3D initié par le chorégraphe suisse Gilles Jobin. Et lorsqu’il collabore avec la marque de sacs East- pak, c’est d’abord parce qu’il en portait quand il était ado. « Si je ne crois pas à un projet, je n’y vais pas, résume-t-il. Pour moi, chaque rencontre est importante. Je veux laisser à une collaboration le temps de s’installer. » Cette manière de faire ne l’empêche pas d’être sur tous les fronts. En marge de son statut de finaliste au prochain Woolmark Prize, il continue – sans penser une seconde mettre sa propre marque entre parenthèses – à scruter de près les postes de directeur artistique qui lui sont offerts. « Quand je trouverai une maison dont je partage les valeurs, je signerai sans hésiter. »
Quant à son implication dans le programme de Mons 2015, il avance à grands pas. « Notamment par le biais d’ateliers que j’animerai avec des enfants », ajoute-t-il. En mars dernier, dans ce même registre, il a d’ailleurs orchestré un workshop au Palais de Tokyo : 400 enfants sur un seul après-midi. Et le créateur ne se prive pas de préciser qu’il adore « leur piquer des idées ». C’est normal après tout : « Je leur donne bien les miennes... » Éternel enthousiaste, fan de cinéma étranger, mais aussi flamand (il a vécu, chose rare pour un Liégeois, plusieurs années à Anvers), Lespagnard admire Christian Lacroix pour cette fraîcheur et ce décalage que, grâce peut-être à son incroyable soif de découverte, il est parvenu à conserver. C’est un trait de caractère que se partagent les deux créateurs. Le Belge Jean-Paul Lespagnard se définit comme un homme de Harzé, sa commune d’origine, mais aussi de Bruxelles, la ville où il a posé ses valises, de l’Europe qu’il parcourt à longueur d’année... Du monde !
Six ans après Lespagnard, Pablo Henrard est finaliste du prestigieux Festival international de Mode et Photographie d'Hyères. Diplômé de La Cambre en juin 2013, ce Liégeois de 23 ans est venu ici pour dérocher un prix, bien entendu, mais aussi pour se faire remarquer. Bien que « remarqué », il l’ait déjà été à sa sortie de l’école par l’acheteuse du label Opening Ceremony. Opening Ceremony, c’est un concept de magasins présent à Los Angeles, Londres ou encore New York. Carol Lim et Humberto Leon, les fondateurs de l’enseigne, ont créé un empire avant de se faire débaucher par la maison parisienne Kenzo. Ce printemps, le duo présidait justement le jury du Festival d’Hyères. Et si, au final, Pablo Henrard n’a pas décroché de prix, figurer parmi les finalistes est déjà une réussite en soi. « Plus Belge que Belge », ce natif des collines de Herve – qui dit avoir toujours rêvé de dessiner des robes – est resté solidement accroché à son... plat pays.
Après différents stages, dont un à New York chez le Belge Olivier Thyskens, un autre chez Jean-Paul Gaultier (un créateur qui s’est toujours entouré de nombreux collaborateurs belges) et un troisième chez Jean-Paul Lespagnard, Pablo Henrard n’a pas arrêté une minute. Son diplôme de La Cambre en poche, il a bossé ferme sur cette collaboration avec Opening Ceremony avant de se consacrer au concours d’Hyères. Pablo a également travaillé plusieurs mois à Paris dans le studio de Cédric Charlier, ex-étudiant de La Cambre, lui aussi. Ce qu’il retient de cet enseignement à la sauce belge, « une manière très sereine d’envisager le travail et une quête constante de simplicité dans la création ». Une simplicité qui, soit dit en passant, va de pair avec l’affirmation d’un style fort et résolument désinhibé.
Si Pablo n’a aucunement l’intention de tourner le dos à ses racines wallonnes, il confesse sa furieuse envie de continuer à explorer la planète mode. Et si cette première collection vendue chez Opening Ceremony lui a ouvert les yeux sur les enjeux financiers liés à la distribution textile, cette pression ne l’a pas empêché de jouer la carte de l’éthique dans la production. À l’instar d’autres maisons et créateurs belges, dont Natan et Jean-Paul Lespagnard, Pablo Henrard a confié ses créations à un atelier binchois, habitué à ce type de commandes minutieuses réalisées en petites séries. La preuve de son approche authentique de la mode et de son envie de réussir ce grand écart entre son pays d’origine... et le reste du monde.
En 2015, le Festival International de Mode et de Photographie d’Hyères, organisé chaque printemps dans le cadre fabuleux de la Villa Noailles, célèbrera ses 30 ans. L’occasion pour les professionnels du secteur, mais aussi pour le grand public, durant le mois qui suit le festival, de prendre pleinement conscience de la force de la jeune création artistique internationale.
JEAN-PAUL LESPAGNARD BIO-EXPRESS

Né en 1979 et diplômé en Arts visuels et création de mode à l’IFAPME de Liège, Jean-Paul, aujourd’hui basé à Bruxelles, présente ses collections à Paris depuis 2011.
PABLO HENRARD BIO-EXPRESS

Né sur le joli plateau de Herve en 1991, Pablo a décroché son diplôme de stylisme à La Cambre Mode en juin 2013. Depuis un an, il vit et travaille à Paris.
Une parenthèse de trois mois a tout changé dans sa vie de femme, de peintre. Rencontre.

Sa mère était collagiste, peintre et graveur. Son père était également plasticien et, influence de leur duo artistique oblige, « entré en gravure », lui aussi. Ses oeuvres, il les imprimait en pressant son corps contre des annuaires téléphoniques. Pour Sofie, cette technique plutôt atypique ressemble étrangement à une première immersion dans cet esprit « corps à oeuvre » qui va, par la suite, devenir le fil rouge de son parcours artistique. Dès 14 ans, elle étudie la peinture, la gravure et l’image imprimée à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Membre du collectif La Poupée d’Encre, elle est aussi enseignante et assistante en gravure à l’Institut Saint-Luc. Ce statut, elle en parle comme d’une respiration au milieu d’un travail autobiographique intense et percutant. À ce point de sa carrière, Sofie envisage d’ailleurs de mettre définitivement un terme à cette oeuvre très personnelle pour se recentrer sur des thématiques moins proches de sa propre histoire. C’était sans compter cette parenthèse de 90 jours. Une pause qui a complètement redéfini les règles du jeu, le rythme de sa création, son sens des priorités.
En octobre 2012, Sofie Vangor donne naissance à deux jumeaux prématurés. Six mois plus tôt, au moment où elle découvre qu’elle est enceinte, l’artiste vient de terminer une exposition au Musée des Beaux-Arts de Liège. Un projet qui porte sur le décès de sa soeur, à l’âge de 17 ans. Cette série d’oeuvres personnelles, elle l’envisage comme un point final à ses travaux autobiographiques. Sauf que cette double grossesse prend fin plus tôt que prévu, trois mois avant terme. Ce qui va tout changer, c’est son entrée au couvent. Celui de Saint-Vincent, juste à côté de la Clinique de Rocourt, où elle vient de donner naissance à ses enfants. D’un jour à l’autre, Sofie Vangor plonge dans un univers inconnu, loin de son travail de plasticienne. Cette fois, il s’agit de mener une bataille pour la survie de ses enfants. Et si cette lutte pour la vie ne lui laisse ni le temps, ni l’énergie de créer, l’artiste va tout de même remplir des carnets, sorte de traces écrites de ces 90 jours entre parenthèses, 90 jours de « peau à peau » avec ses enfants.
LE « PEAU À PEAU », EN BREF
Maternité de Bogota, service de néonatalogie, 1978. Le Docteur Edgar Rey Sanabria décide, pour pallier le manque de moyens de son service de prénatalité, de lover les bébés prématurés contre le torse de leurs parents. L’idée est de les réchauffer afin qu’ils retrouvent les 37 degrés dans lesquels ils baignaient dans le ventre maternel. Ce peau à peau permet en outre de compenser les carences affectives de ces petits êtres fragiles. En 2014, si cette technique est encore peu médiatisée, ses bénéfices tant pour l’enfant que pour les parents sont reconnus scientifiquement.
Pour l’artiste, ce projet d’expo n’avait rien d’une évidence. Ses carnets ne lui ont finalement servi que de témoins. L’essentiel du travail, le concept, les médiums… se sont imposés à elle comme une sorte d’obligation morale. En quittant le service de néonatologie, Sofie Vangor réalise que ce qu’elle a vécu est à ce point intime et bouleversant qu’il est difficile d’en rendre compte avec des mots. Face à l’absence de médiatisation – notamment à l’occasion de la journée annuelle de la prématurité qui a lieu chaque 17 novembre – elle décide d’agir. En tant qu’artiste. En tant que mère. En tant que femme aussi. Car cette exposition que Sofie Vangor avait d’abord pensé titrer « Soeurs de Guerre », elle décide de ne pas la monter seule, mais avec ses « soeurs » de combat, d’autres femmes rencontrées pendant son aventure. Le fait que la majorité ne soit pas artiste rend le résultat encore plus intéressant.
Sofie Vangor n’a pas demandé à ces mères de peindre ou de dessiner, mais bien de s’exprimer dans un langage qui leur était propre, d’apporter leur regard personnel sur cette expérience. À l’image de son propre parcours qui l’a amenée à passer de la gravure au textile en passant par l’écriture, elle a offert à ses femmes une plateforme d’expression libre et sans barrières. Les questions posées sont, au final, plus universelles que strictement liées à leur expérience. Comment se préparer à une naissance ? Comment l’anticiper et, de manière plus large, comment se préparer à l’imprévisible ? Comment traverser des épreuves ? Comment en revenir ? Comment les transformer en une occasion de partage et de réflexion ? Toutes ces questions ont donné naissance à une exposition qui mêle les peintures, gravures, broderies et vidéos de l’artiste et les installations des autres femmes.
140 ans de création, de réorientation, d’expansion, d’évolution. Une saga familiale wallonne aux accents internationaux.
L’histoire de cette chapellerie belge commence… dans l’Orient–Express. Dans un train qui le mène à Vienne, Justin Herman, son fondateur, rencontre un marchand de chapeaux qui souhaite remettre son affaire. Selon ce marchand, l’expansion du chemin de fer va précipiter la mort de son business. Les gens qui voyagent en train n’auraient, selon lui, bientôt plus besoin de chapeaux. Justin Herman voit les choses autrement. Ce qui le rend si sûr de lui, c’est un conseil que lui avait donné son grandpère : « C’est presque toujours sur un coup de tête que l’on bâtit un destin. » Plus qu’une phrase, une prophétie. Trois ans plus tard, en avril 1874, Justin Herman revient en Belgique et fonde sa chapellerie. À l’époque, l’essentiel de l’activité porte sur les feutres et les casquettes. Ses premiers modèles sont d’ailleurs inspirés par les chapeaux repérés pendant son périple aux quatre coins du monde : les casquettes des dockers irlandais, les feutres de la pègre, les capelines élégantes des riches New-yorkaises… Deux générations plus tard, Alexandre, le petit-fils de Justin, produit encore des casquettes (preuve que la mode ne se démode jamais vraiment), mais aussi des bonnets, des chapeaux de paille, des feutres… qui portent le sigle des autres sociétés du groupe. Parce que l’histoire de cette chapellerie wallonne n’est qu’une succession de chapitres qui ont pour décor ce petit village de la province du Luxembourg, mais aussi la France, l’Angleterre, le Japon, la Chine, la Russie…
Au fil des années, la chapellerie de Justin Herman grandit. Pendant plusieurs décennies, elle fait même vivre tous les habitants de la commune ou presque. À l’époque où les feutres comptaient parmi les incontournables du dressing masculin, ceux de Herman étaient vendus chez Harrods. Une référence. Installée au coeur de Wellin, la chapellerie se déplace ensuite dans un zoning à proximité du centre. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une quinzaine de personnes à travailler à Wellin, dont Damien Ducobu, designer et responsable marketing pour Herman Headwear, le groupe dans lequel s’inscrit aujourd’hui la petite chapellerie centenaire. Originaire, lui aussi, de Wellin, il a travaillé pour des clients privés à l’étranger avant de rejoindre la société, il y a trois ans. Aujourd’hui, c’est lui le visage de la chapellerie. Celui qui dessine les casquettes et les panamas, sortes de porte-drapeau de la maison. Bien qu’Herman Headwear, en 2014, ce soit bien plus que ça !
Mondialisation oblige, la production s’est déplacée vers d’autres pays. Mais l’idée a toujours été toujours de produire dans un souci de qualité et de respect du savoir-faire local.
Jusque dans les années 2000, toute la production est réalisée à Wellin. Puis, mondialisation oblige, elle se déplace vers d’autres pays. Mais, comme le précise Damien Ducobu, l’idée a toujours été de produire dans un souci de qualité et de respect du savoir-faire local. Les panamas sont donc made in Équateur, les casquettes sont assemblées à Naples, les bonnets sont tricotés en Chine. Aujourd’hui, les produits du groupe – dont ceux griffés 1874 – sont distribués au Japon (un pays très friand de chapeaux), mais aussi dans les magasins Le Printemps et Le Bon Marché à Paris et dans les Galeria Inno de Belgique. L’objectif du groupe est très clair : se positionner comme le leader européen du secteur. D’autant que la mode du chapeau revient et que cette tendance se confirme clairement à l’échelle mondiale.
L’HIVER 2014/2015
Si la casquette, mais aussi le chapeau de feutre, continuent leur retour en force, le bonnet reste, cette saison encore, le produit phare de Herman Headwear. La communication « produits » se concentrera sur cet article en priorité avec un focus tout particulier sur les modèles à pompons (toujours très prisés), ainsi que sur les bonnets en laine naturelle rehaussée de détails en lapin, renard…
Lorsque l’unité de production de Wellin s’est arrêtée, il y a environ 15 ans, Alexandre Herman s’est mis en quête des meilleurs fournisseurs possible. Ceci afin de fidéliser une clientèle aux quatre coins du monde. Une clientèle avide de produits d’exception, mais aussi de références plus accessibles et de modèles répondants aux nouvelles demandes du marché. Le secret de la longévité de l’entreprise, c’est une parfaite adéquation entre la qualité et les prix, et cela quel que soit le type de produits proposé. En 2014, l’une des locomotives du groupe reste en effet – et contre toute attente – le bonnet tricoté main (voir encadré). Et la Belgitude dans tout ça ? Le buzz autour de la création belge – une tendance très nette, ces dernières années – a évidemment contribué à imposer la marque sur de nouveaux marchés, dont le Japon, plus audacieux en termes de style. La force des dirigeants du groupe, c’est d’avoir su mener un véritable travail de fond sur le catalogue global. En marge des labels plus sportswear (comme R Mountain ou Ignite), Herman a aussi racheté la marque de la modiste française Céline Robert basée au Mans. L’idée ? Proposer une gamme de signatures complémentaires et évolutives qui brasse tous les styles, toutes les tendances.

L’évolution, un leitmotiv. Car dans un secteur aussi mouvant que celui de la mode, coller aux tendances reste une nécessité absolue. Le meilleur exemple ? Le retour en force de la casquette qui, ces dernières années, s’est à nouveau positionnée comme un accessoire à part entière. Preuve que le produit « original », celui qui incarne le mieux les fondamentaux de la marque et son fort quotient « terroir » a plus que jamais le vent en poupe. Peut-être pas au point de supplanter le bonnet, mais suffisamment pour véhiculer l’image d’une marque fière de son histoire. Une marque dont le slogan ne trompe pas : Herman 1874, be protected by a legend. Autre preuve de cette approche ? La nouvelle stratégie du groupe qui vient de s’adresser à différentes agences de pub. Là encore, le cahier des charges est très précis. Plancher sur une campagne visant à promouvoir le caractère authentique du groupe, tant en Belgique que sur le plan international. La prochaine fois que vous croiserez un gars branché avec une casquette plate vissée sur la tête, jetez donc un oeil au logo. Il y a fort à parier que vous y détectiez un sigle à quatre chiffres planqué sur le côté.