Waw magazine

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© EspaceDrone

La Défense, la police, mais aussi les services de secours utilisent de plus en plus souvent des drones. Les images aériennes peuvent apporter de précieuses informations avant, pendant et après une catastrophe. 


Si la Défense a très tôt utilisé des drones pour des missions de reconnaissance ou de surveillance, si les douanes et la police fédérale font de même, par exemple pour surveiller les mouvements aux frontières, détecter les bateaux qui rejettent dans la mer des produits interdits ou qui s’adonnent illicitement à la pêche, contrôler des mouvements de foule…, les services de secours sont également en train de se doter d’unités spéciales formées au télépilotage de drones.

Le capitaine Thomas Depaepe fait partie de la dizaine de pompiers de la zone Hainaut-Centre qui ont été récemment formés au télépilotage. En tant qu’officier, il a été nommé responsable de l’USI-drone de cette zone, c’est-à-dire l’unité spéciale d’intervention qui utilise des drones pour des missions diverses, que ce soit avant, pendant ou après les interventions.

Les services de secours sont également en train de se doter d’unités spéciales formées au télépilotage de drones.


Pour trouver les foyers des incendies

« Dans le cadre de l’élaboration d’un plan d’urgence ou d’un plan préalable d’intervention autour de sites importants, le drone sert à repérer les zones à risques, les accès possibles pour les pompiers, les points d’alimentation en eau, les lieux où le personnel ou le public évacué peut être rassemblé, explique le pompier qui est caserné au poste de secours de Soignies. Jusqu’à présent, nous utilisions des images de Google Maps mais celles-ci ne sont pas forcément à jour et l’angle de vue n’est pas toujours adéquat car trop vertical ».

Ensuite, lors d’une intervention, le drone offrira des vues aériennes du site, ce qui permettra aux pompiers de se placer au mieux et d’agir plus efficacement. S’il s’agit d’une inondation, ces vues permettront de déterminer l’ampleur des dégâts et de repérer les endroits stratégiques. Dans le cas d’un incendie, les caméras thermiques aideront également à déterminer l’emplacement du ou des foyers.

« Après une intervention, nous utilisons les drones afin de faire un retex, c’est-à-dire un retour sur expérience, explique Thomas Depaepe. Les images servent alors à retracer le fil de l’intervention afin d’en tirer les conclusions. Ainsi, si l’incendie est survenu la nuit, quand le drone ne peut pas voler, on l’utilise le lendemain afin d’y voir plus clair. Les images de jour vont nous permettre de redessiner nos lignes d’attaque, de voir si aucune erreur n’a été commise, si l’incendie a été attaqué sur le bon flanc… »

Et le capitaine de citer d’autres cas : « Quand un bâtiment menace de s’effondrer, on engage un drone à l’intérieur ou à l’extérieur afin de voir où se situent les fissures. Lors d’un grand festival, comme à Dour, nous utilisons un drone afin d’avoir un visuel sur le camping et de permettre aux caméras thermiques de détecter un éventuel point chaud, comme un barbecue… »

NOUVEAU PÔLE ÉCONOMIQUE WALLON


© Aérodrome de Namur 

Nouvelle piste en dur, nouvel hall de 2300m2, nouvelles salles de restaurant et de réception... S’il est un aérodrome qui est en train de se métamorphoser complètement, c’est bien celui de Namur, à Temploux. Et cela grâce à un trio d’investisseurs qui en a pris les commandes en 2017.


L’ investisseur principal, c’est le vicomte Olivier de Spoelberch. Installé au château de Flawinne, membre de la famille d’actionnaires historiques d’AB-InBev, l’homme est passionné par les modèles réduits et l’immobilier. Il est aussi pilote. En 2017, c’est lui qui propose à Benjamin de Broqueville, ancien journaliste de RTL, de s’associer afin de donner un nouvel envol à l’aérodrome de Namur qui avait été créé par les Américains lors de la Seconde Guerre mondiale avant d’être privatisé en 1983. Le troisième partenaire a une belle réputation également : il s’agit de Vanina Ickx, pilote automobile et titulaire d’un master en marketing. Elle va s’atteler au développement immobilier des lieux.

« Nous avons racheté les installations en juillet 2017 et, coup de bol, un mois plus tard, nous apprenions que Sonaca Aircraft cherchait un site de construction pour son avion d’écolage et de loisirs, le Sonaca 200, explique Benjamin de Broqueville, l’administrateur-délégué et gérant de l’aérodrome. Après avoir accueilli l’école de drones et nous être dotés de la fibre optique, c’était une opportunité inespérée de grandir et de développer nos activités. Dès décembre 2017, nous étions en mesure de loger, dans des installations provisoires, ce leader belge de l’industrie aéronautique. »

Un hall de construction pour le Sonaca 200

Entre 2017 et 2018, le trio va investir 8 millions d’euros. Et les travaux vont s’enchaîner : nouvelle piste en dur de 690 mètres, nouvelles pompes à essence, nouveau parking, désamiantage des toitures des bâtiments, système de récupération de l’eau de pluie pour le « planewash », et surtout, préparation de la venue de la Sonaca pour laquelle un hall moderne de 2.300m2 sera construit en 2019 afin de permettre à la société de mener à bien les étapes de certification, d’assemblage et de livraison de 80 avions par an. Et, dans l’optique de développer des activités « green », non bruyantes, comme le vol à voile, l’équipe acquiert un treuil pour planeurs.

« Avions, hélicoptères, planeurs, parachutistes et drones : c’est un véritable petit pôle économique dédié à l’aviation générale qui est en train de se construire à Temploux, annonce, avec une satisfaction évidente, Benjamin de Broqueville. Et l’emploi suit le mouvement : depuis notre rachat, nous sommes passés de 9 à 85 personnes travaillant sur le site. Notre objectif est d’arriver à 200 personnes en 2023. »

Pour y arriver, les responsables misent beaucoup sur l’organisation d’événements d’entreprise de type « incentive » (autour de l’avion, de l’hélico, du planeur…). D’où la transformation du bâtiment principal qui, d’ici février 2021, accueillera trois nouvelles salles pour la restauration et les réceptions. Cerise sur le toit de l’aérodrome : une salle de 300 personnes nantie de la plus belle terrasse du monde !

« Avions, hélicoptères, planeurs, parachutistes et drones : c’est un véritable petit pôle économique dédié à l’aviation générale qui est en train de se construire à Temploux. » 

 


© Aérodrome de Namur 
Le nouvel hall de 2.300m2 de la Sonaca 

www.aerodromedenamur.be

Des drones dans la stratosphère ?

Olivier de Spoelberch, l’investisseur principal de l’aérodrome namurois, est un véritable passionné de motoplaneurs. C’est ainsi qu’il est actionnaire majoritaire de Stemme AG, qu’il pilote lui-même les motoplaneurs S10 et S12 de cette firme implantée en Allemagne et qu’il a créé, en mai 2018, la filiale Stemme Belgium à l’aérodrome de Namur. Son objectif d’ici 2021 ? Envoyer, depuis la Wallonie, un drone dans la stratosphère ! Un projet baptisé Sunrise et supporté par la Région wallonne. « Onze ingénieurs travaillent actuellement sur ce projet de vol stratosphérique mené en partenariat avec la Sonaca, confirme Benjamin de Broqueville, par ailleurs CEO de Stemme Belgium. Si ces vols réussissent, cela permettra de faire rayonner la Wallonie dans le monde. »

Précisons que la stratosphère est la couche de l’atmosphère située au-dessus de la troposphère – accessible aux avions et hélicoptères – et sous la mésosphère – placée sous la surveillance des satellites. Cette couche intermédiaire pourrait donc être utilisée par des drones afin d’effectuer des missions d’observation et de surveillance dans le cadre d’opérations militaires.


© Aérodrome de Namur 

du bois au gaz propre

Fin décembre 2019, Xylowatt s’est vu octroyer le label « Efficient Solutions » pour sa technologie de gazéification, le Notar®. Une juste reconnaissance pour cette start-up néolouvaniste qui produit de l’énergie verte à partir de résidus de bois. Et qui s’exporte jusqu’au Japon.



©GCO

Décerné par la Fondation Solar Impulse – du nom de l’avion solaire avec lequel Bertrand Piccard et André Borschberg ont réalisé un tour du monde en 2015-2016 –, le label « Efficient Solutions » certifie les solutions écologiques qui permettent de générer des profits et créer de l’emploi, tout en réduisant les émissions polluantes et en préservant les ressources naturelles. En développant et en mettant au point le Notar®, Xylowatt s’inscrit bien dans cet esprit puisque cette technologie innovante permet la production d’un gaz de synthèse propre à partir de la gazéification de la biomasse de bois naturel (copeaux, branchages…) et recyclé (vieilles palettes, caisses…). Associé à un moteur de cogénération, ce gaz peut ainsi produire de l’électricité, de la chaleur et du froid.

« L’industrie de l’énergie renouvelable est au devant de l’actualité depuis de nombreuses années, explique Geoffroy Corbisier, le Business Development Manager de Xylowatt. Les panneaux photovoltaïques et l’éolien sont aujourd’hui des technologies abouties qui évoluent à leur vitesse de croisière mais qui ne peuvent produire de l’énergie que de façon temporaire, pendant la journée pour la première et quand il y a du vent pour la deuxième, ce qui pose de gros problèmes de stockage. En revanche, notre technique de gazéification s’appuie sur des processus qui fonctionnent 24 heures sur 24 parce qu’ils sont alimentés par la biomasse locale qui peut être stockée en fonction de la demande. Ce qui intéresse très fort des groupes ou des collectivités où le personnel travaille jour et nuit, comme le CHU UCL Namur pour lequel nous avons installé, en 2017, sur le site de Mont-Godinne, une unité de gazéification permettant à l’hôpital de couvrir une bonne partie de ses besoins en électricité, chauffage et réfrigération. »

Une spin off de l’UCL

Spin off de l’UCL, mise sur rails en 2001 par d’anciens chercheurs de l’université travaillant au développement d’une technologie innovante de conversion de la biomasse, Xylowatt a été reconnue internationalement en 2007 quand son réacteur Notar®, qui permet de produire un gaz de très haute qualité dépourvu de goudron, a été mis au point après deux années d’intenses recherches. « Nous ne sommes pas les seuls à produire du gaz propre, précise le responsable. Il existe, dans différents pays comme l’Allemagne et l’Italie, des entreprises qui conçoivent de petites unités d’une puissance de 50 ou 100kW électrique, et il en existe d’autres qui se sont spécialisées dans la conception de très grosses unités de traitement de gaz à l’intention des grandes industries, mais nous sommes une des seules au monde à travailler avec des unités compactes dans une gamme de puissance intermédiaire, c’est-à-dire allant de 750 à 3.000kWe ».

« Notre technique de gazéification s’appuie sur des processus qui fonctionnent 24 heures sur 24 parce qu’ils sont alimentés par la biomasse locale qui peut être stockée en fonction de la demande. »


C’est donc à partir de cette date historique pour la société que Xylowatt a pu véritablement se positionner sur le marché en tant que concepteur et installateur de centrales de cogénération alimentées par du combustible bois. En 2009, la piscine communale de Tournai fut la première à bénéficier des avantages de la technologie Notar®. Dans la foulée, afin de poursuivre ses activités de recherche, l’entreprise fit construire une usine pilote à l’Institut de mécanique de l’UCL, puis ce fut au tour d’un fabricant de bouteilles en Champagne – où le gaz n’alimente pas un moteur de cogénération mais directement un four verrier – et de l’hôpital de Mont-Godinne. D’autres unités ont également été installées en Belgique et en Angleterre mais, aujourd’hui, alors que la société doit faire face à la chute du prix du gaz, ses équipes travaillent sur la finalisation de projets de centrales dans les Balkans, ainsi qu’au Japon où, depuis l’accident de Fukushima, une politique très volontariste de développement d’énergie renouvelable a été mise en place.

Un partenariat avec le groupe John Cockerill

« Ce ne sont pas des projets que l’on fournit clé sur porte. Chaque unité doit être étudiée en fonction des besoins spécifiques de nos clients, c’est pourquoi ils nécessitent deux à trois ans de développement. C’est dans cette optique que le groupe CMI (« John Cockerill », ndlr), est devenu notre partenaire industriel et l’un de nos actionnaires en 2014. Jusque là, nos unités étaient construites en interne, dans nos ateliers, mais depuis lors nous sous-traitons avec des entreprises belges et étrangères spécialisées, tandis que CMI, dont les capacités d’ingénierie nous sont très précieuses, prend en charge la coordination de l’assemblage. Pour nos projets au Japon, le contexte est quelque peu différent puisque les pièces seront fabriquées en Europe et assemblées dans ce pays. »

L’avenir ? Si les perspectives en matière d’énergies alternatives et de développement renouvelable sont toujours très favorables à des entreprises comme Xylowatt, qui emploie actuellement plus de vingt personnes, Geoffroy Corbisier sent bien que l’actualité liée au coronavirus va inévitablement faire pencher les préoccupations vers le domaine de la santé publique. « Va-t-on voir certaines entreprises se désengager pendant quelques temps vis-à-vis de l’environnement et du climat ? J’espère en tout cas que les milliards qui sont en train d’être injectés dans l’économie vont pouvoir la rebooster vers une économie durable qui associe le bien-être et l’environnement. »

www.xylowatt.com

« S’il te plaît, dessine-moi la nature ! »

La nature est présente sous toutes ses formes au domaine de Chevetogne. A la fois sauvage et cultivée, source de détente et de défoulement, elle nous pousse à nous interroger sur les liens ancestraux qui nous unissent à elle.

 


© FTPN Aérialmedia

Des jardins extraordinaires, des plaines de jeux thématiques, des étangs, des bois, des sentiers de promenade aménagés, des terrains de sport, une ferme pédagogique, des musées… Le domaine de Chevetogne est un lieu « nature » par excellence. Elle s’y décline sous ses multiples aspects. Elle est une invitation à la balade, la détente, le dépaysement, le défoulement, la rencontre, la connaissance… Pourtant, ce jardin d’Eden ne s’est pas fait en un jour. Surtout, il ne s’est pas fait n’importe comment. Quand Bruno Delvaux est désigné à la direction du Domaine Provincial de Chevetogne, en 1995, il reçoit pour mission de « penser un nouveau projet » pour ce vaste ensemble paysager de près de 600 hectares. Un projet qui serait davantage en adéquation avec ce que le public et l’émergence d’une nouvelle conscience environnementale appellent de leurs vœux : un nécessaire retour à la nature.

Le défi est de taille car depuis le début de l’aménagement du site dans les années 70, alors qu’il vient de passer du domaine privé au domaine public, les noces du béton et du marketing, célébrées sans la bénédiction d’un plan directeur, ont été consommées plutôt deux fois qu’une, et de cette union sont nés une ribambelle de voiries, des plaines de jeux, une piscine titanesque, une piste de karting, une immense aire de caravaning, une esplanade poussiéreuse… le tout arrosé chaque jour de coca-cola, de frites et d’hamburgers. A une autre époque, ce directeur aurait sauvé tout ce qui pouvait l’être, se serait embarqué dans une arche et aurait vogué vers des cieux plus cléments !

Quand Bruno Delvaux est désigné à la direction du Domaine Provincial de Chevetogne, en 1995, il reçoit pour mission de « penser un nouveau projet » pour ce vaste ensemble paysager de près de 600 hectares.

 


© Sophie Vuidar

Une maison de la culture en plein air

Mais Bruno Belvaux a toujours aimé relever les défis. Si les responsables provinciaux l’ont choisi lui, l’auteur, le metteur en scène, l’homme de théâtre – il est le frère aîné des cinéastes Rémy et Lucas Belvaux –, c’est qu’ils espèrent le voir débarquer avec un projet plus « culturel ». A cette époque, en effet, le domaine ne compte ni jardin, ni parc d’attraction, ni parc animalier. Faire des jardins des Maisons de la Culture du XXIe siècle ? L’idée du journaliste Jean-François Kahn l’emballe.

Pour le guider à travers ces eaux inconnues, le Namurois se plonge dans la lecture et s’inspire des nombreux parcs étrangers qu’il entreprend de visiter. Surtout, il s’entoure de gens d’expérience et de bons conseils : Marie-Françoise Degembe, une historienne nourrie des cours de l’Ecole du Paysage de Versailles, et Benoît Fondu, un jeune architecte paysagiste qui s’est faire remarquer par la restauration des jardins de Seneffe. Le trio tombe d’accord : il faut restaurer la primauté des milieux naturels et aménager des espaces réservés à une nature jardinée, afin de permettre l’accueil d’un large public qui ne dispose pas chez lui d’un accès à la nature.


© DPC

Sur les pas de Martine

« Jadis, l’homme a entrepris d’assainir les zones humides et de bétonner à tors et à travers ; aujourd’hui, c’est le contraire, il s’efforce de reconstruire les milieux naturels, de faire renaître des sanctuaires de la biodiversité », explique le directeur qui, dès son arrivée à Chevetogne, a entrepris de débétonner une bonne partie du parc afin de faire revenir la nature au galop, au pied des visiteurs. Ensuite, il a laissé l’initiative à Benoît Fondu qui, s’inspirant des planches de Martine au Parc, de Marcel Marlier, créa et architectura la quasi totalité de la quinzaine de jardins qui font aujourd’hui le charme du domaine : le jardin à l’anglaise, la broderie, le woodland garden, la charmille, le potager du désir, le jardin Hervé Bazin, la folie des ronces… Le tout jalonné de plaines de jeux, de petits édifices fantaisistes, de grottes, de ponts et de cascades. Mais aussi, afin de dédier un maximum d’espaces à la rencontre et à la convivialité, de terrasses, de zones de barbecue, de kiosques et – surtout – de magnifiques sentiers accessibles aux personnes à mobilité réduite et jalonnés de bancs. In fine, c’est un sixième de la superficie du domaine qui a ainsi été transformée en jardin culturel et cultivé, en veillant à ce que chaque aménagement s’intègre dans le paysage et se distingue en proposant une forme singulière. « Chevetogne est devenu une sorte de grand jardin hétérotopique, commente Bruno Belvaux. Il propose en un lieu unique mille paysages venus d’ailleurs et recomposées afin de générer des atmosphères, des ambiances et des musiques différentes ».

La quinzaine de jardins font aujourd’hui le charme du domaine : le jardin à l’anglaise, la broderie, le woodland garden, la charmille, le potager du désir, le jardin Hervé Bazin, la folie des ronces…

 

Le Pont Palladien

« Une ineptie environnementale ! » Parmi les couches de béton combattues par Bruno Belvaux, celles ayant servi à « canaliser » l’eau du deuxième étang qui se déverse vers l’étang du Bout du Monde occupaient une place de choix. Aujourd’hui, cette construction malheureuse a été cassée et l’eau a pu reprendre son parcours naturel en traversant une série de petites cascades paysagères. Et à la place de l’ancien pont jugé trop menu par rapport à l’ampleur de la vallée, le directeur opta pour un pont palladien – Andréa Palladio est un architecte de la renaissance italienne qui réhabilita le modèle de construction cher à l’antiquité romaine – avec des hautes colonnes et des frontons triangulaires. Afin de permettre aux promeneurs de s’accorder un moment de détente en admirant la cascade, ce pont sera couvert et pourvu de bancs. Et un centre d’interprétation de… la pluie y sera installé.


Le musée de la nature extraordinaire


© DPC 

Principal bâtiment de l’esplanade, lieu central et emblématique du domaine, le NEM (Nature Extraordinary Museum) abrite le centre d’interprétation du parc, mi cabinet de curiosités, mi bibliothèque, dont la fonction est de rappeler les rapports philosophiques que l’homme entretient avec la nature. « J’ai imaginé et scénographié ce musée voici une douzaine d’années quand je me suis aperçu que les visiteurs ne connaissaient pas les réalités sociologiques du parc, explique Bruno Belvaux. Beaucoup ne voyaient dans le domaine qu’un vaste arboretum où étaient conservées différentes espèces. J’ai voulu expliquer ce l’on y voyait afin de susciter une réflexion sur la nature et la culture. »

Mais, d’abord, qu’est-ce que la nature ? Pour le directeur, ce terme est impropre à décrire l’environnement du parc. « A Chevetogne, la nature que l’on admire a été aménagée, « artialisée ». La vraie nature, elle, est sauvage, comme dans la forêt amazonienne. » Et elle fait peur. Comme le montre la première partie du centre d’interprétation, elle abrite le grand méchant loup, le minotaure, des serpents, des sirènes, des sorcières… Peu à peu, l’homme a dominé ses peurs et a entrepris de domestiquer la nature en y créant de magnifiques jardins. De ses lointains voyages, il a ramené des objets rares et étranges issus des règnes animal, végétal et minéral, qui ont contribué à élargir ses connaissances. C’est aussi grâce aux premières explorations que l’on peut admirer aujourd’hui dans le domaine des rhododendrons, des hamamélis et des séquoias. En aménageant les jardins, il a cultivé la notion du beau. Mais qu’est-ce que le beau  Un tableau de Fragonard, Les hasards heureux de l’escarpolette, montre que tout dépend du point de vue…

« Ce musée est particulièrement adapté aux enfants, conclut Carine Hubaille, l’une des animatrices du domaine. De nombreux livres ont été disséminés sur le parcours en rapport avec la thématique observée et de petits postes ont été aménagés pour leur permettre de dessiner et de créer leur propre jardin. C’est un lieu de découverte et d’émerveillement ! »

Peu à peu, l’homme a dominé ses peurs et a entrepris de domestiquer la nature en y créant de magnifiques jardins.


Le musée des histoires naturelles


© J-L LALOUX

Ouvert en 2016, le MHiN, le Musée d’Histoire (s) Naturelle (s), est un centre d’interprétation de la littérature jeunesse liée à la nature. Particularité de cette autre merveille, elle a été aménagée dans le château du domaine qui s’est ainsi vu proposer une nouvelle… jeunesse.

« L’objectif des travaux de restauration était de faire du rez-de-chaussée un lieu de réception prestigieux et d’aménager au 1er étage les bureaux de l’équipe pédagogique du parc, explique Carine Hubaille. Quant au MHiN, il a pris place dans les caves et les greniers, lieux d’évasion par excellence. En guise d’accès, les architectes ont eu l’idée de créer une cour rappelant le jardin d’Alice au Pays des Merveilles. Ils ont aussi imaginé un ascenseur extérieur afin de relier les deux parties. »

Le directeur aime le répéter : sa réflexion est née du constat de Rudyard Kipling, l’auteur du Livre de la jungle : « Toutes les histoires de mon enfance commencent par la nature ». La nécropole elfique, la chambre des ombres, le théâtre du héros, les paradis lointains, la galerie des auteurs… Avec l’aide de ses complices Pascal Le Brun (création visuelle) et Olivier Simon (architecte d’intérieur), Bruno Belvaux a imaginé la scénographie de chaque pièce afin de permettre aux enfants de construire leurs propres histoires en lien avec la nature, en s’inspirant d’auteurs tels que Dumas, Verne, Dickens, Tolkien, Andersen… Pour animer ce château des contes qui rappelle les histoires de nos enfances, avec princesses endormies, reines marâtres et placards qu’il est interdit d’ouvrir, le directeur a multiplié les explorations sur les brocantes et dans les salles de vente où il a déniché de véritables objets de collection, tels que la Winchester de Buffalo Bill, une Citroën de la croisière noire, des décors de temple khmer… « Les jeunes, aujourd’hui, sont hypnotisés par les écrans ; c’est pourquoi, j’ai tout axé sur le livre et l’objet. L’audiovisuel, ils l’ont à la maison. »

A la sortie du centre d’interprétation, ce message : « Si tu t’es bien amusé en faisant du théâtre ou en construisant une cabane, nous nous sommes également plu à créer ces serpents avec lesquels tu as fait semblant de te battre, ces aquariums dans lesquels tu as plongé la tête… Continue le voyage… Deviens cosmonaute, chercheur d’or, pirate, scaphandrier, aventurier, cinéaste ou pilote de course, acteur qui embrasse les princesses ! »


© DPC 

Domaine de Chevetogne
Rue des Pîrchamps 1
B-5590 Ciney

+32 (0) 83 68 72 11

www.domainedechevetogne.be

la nature veille sur le patrimoine

Au XVIe siècle, le château de Boussu, propriété des Hennin-Liétard, était la plus remarquable construction de style Renaissance au nord de la Loire. Son histoire est racontée dans le centre d’interprétation aménagé dans son châtelet d’entrée, tandis que son parc est un site naturel classé.


Parc, châtelet, centre d’interprétation, fouilles, chapelle funéraire… Pour comprendre ce que l’absl « Gy Seray Boussu » s’est efforcée de sauvegarder et de remettre en valeur sur le site du château de Boussu depuis une trentaine d’années, c’est-à-dire depuis que la commune en est devenue propriétaire, il convient de redessiner les pans de sa prestigieuse histoire marquée par les guerres et les successions.


© UMons

Le palais de Boussu devint alors « la plus belle demeure qu’on puisse voir en tous les Pays-Bas, une demeure digne d’un roi ».

 
Installé dans la vallée marécageuse de la Haine, le complexe castral a connu trois cycles de vie. Dès le Xe siècle, c’est un château moyenâgeux qui devint propriété de la famille des Hennin-Liétard en 1225 et fut détruit en 1478 lors des guerres entre le Roi de France et les états bourguignons. Dès 1539, le site connut une impressionnante transformation lorsque démarra la construction de ce qui allait devenir le premier château de style Renaissance au nord de la Loire. Pour ce faire, le propriétaire, Jean V de Hennin-Liétard, 1er comte de Boussu et grand écuyer de l’empereur Charles Quint, fit appel au célèbre architecte-sculpteur Jacques Du Brœucq. Le palais de Boussu devint alors « la plus belle demeure qu’on puisse voir en tous les Pays-Bas, une demeure digne d’un roi ». Le château était à ce point magnifique que Marie de Hongrie, la sœur de Charles Quint, demanda à Jacques Du Brœucq de lui ériger pareil palais dans son fief à Binche.

La Villa Caraman

En revanche, à l’exception du châtelet d’entrée, le château était complètement en ruines en 1810 quand le comte Maurice de Caraman entreprit d’aménager sur les structures de celui-ci – et en agrandissant le châtelet – une nouvelle habitation luxueuse qui prit le nom de « Villa Caraman », avant de devenir plus tard, à l’arrivée du nouveau propriétaire, le château de Nédonchel.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands décidèrent d’occuper ce site qu’ils jugeaient intéressant puisque proche de la ligne de chemin de fer. Le 2 septembre 1944, fuyant l’avancée des Alliés, ils dynamitèrent leur dépôt de munitions avant d’abandonner les lieux. Si les épaisses murailles du XVIe siècle survécurent, les murs du XIXe ne résistèrent pas à l’explosion. »

Et l’on repartit pour un tour de manège ! Lorsque les travaux de reconstruction du châtelet démarrèrent voici près de 30 ans sous l’action de l’absl « Gy Seray Boussu » (« Je serai Boussu » est la devise des comtes de Boussu), c’est tout un pan de l’histoire de Boussu qui refit peu à peu surface. « Aujourd’hui, les deux premières phases sont terminées, à savoir les trois niveaux de la tour, le porche d’entrée et une salle à l’étage, ainsi que les caves. La troisième phase, qui inclut l’installation d’une salle d’exposition temporaire, d’une bibliothèque et d’un centre de documentation sur la Renaissance en Europe du nord, est en cours. »

« Charles-Quint visita le château de Boussu à deux reprises, en 1545 et 1554, explique Marcel Capouillez, historien et directeur du projet de renaissance des lieux. On raconte que lorsqu’il quitta le château après sa deuxième visite, il vit en se retournant que celui-ci était en feu. Comme il revenait sur ses pas afin de voir ce qu’il se passait, le comte lui expliqua qu’après la visite d’un hôte aussi illustre, personne n’était plus digne d’y pénétrer ! … Le château fut ensuite progressivement détruit par les nombreuses guerres qui émaillèrent les XVIe et XVIIe siècles, mais nous avons la preuve que Louis XIV y logea en 1655 lors des festivités liées à son 16e anniversaire. »

Lorsque les travaux de reconstruction du châtelet démarrèrent voici près de 30 ans sous l’action de l’absl « Gy Seray Boussu », c’est tout un pan de l’histoire de Boussu qui refit peu à peu surface.

 


© M.Capouillez

Des fouilles et un centre d’interprétation

Parallèlement, de vastes fouilles furent entreprises sur le site. Elles permirent de remettre à jour les structures du château du XVIe, ce qui permit de constater que celui-ci avait été construit à l’emplacement de la forteresse médiévale. Il y avait là matière à justifier l’ouverture d’un centre d’interprétation. Celui-ci vit le jour en 2015, dans le cadre de l’événement « Mons, capitale européenne de la culture ».

« Ce centre, qui occupe les parties restaurées du châtelet, permet de comprendre l’évolution de l’édifice à travers les siècles et de suivre l’histoire des familles Hennin-Liétard et Caraman », explique Marcel Capouillez, qui en profite pour signaler que, pendant plus de quatre siècles, les propriétaires successifs des lieux furent inhumés dans un caveau dans la chapelle funéraire des seigneurs de Boussu, à côté de l’église Saint-Géry. « Le centre accueille également la quasi totalité des objets (monnaies, clefs, poteries, boulets de canons, balles de mousquets, jouets...) trouvés lors des nombreuses campagnes de fouilles. Et les caves ont été transformées en musée lapidaire où les visiteurs peuvent admirer de nombreuses pierres sculptées qui ont été mises au jour. »

Le parc, un héritage du XIXe siècle

Et le parc ? vous demanderez-vous, puisque c’est la nature qui nous occupe principalement ici. Il s’agit d’un héritage du XIXe siècle façonné par Maurice de Caraman. C’est en effet le dernier comte de Boussu qui décida d’aménager, autour de sa résidence, un gigantesque (300 hectares) parc romantique à l’anglaise. Les douves ceinturant le complexe castral furent comblées et des pelouses, des massifs de frondaisons et des étangs furent dessinés de façon à former un jardin aux multiples facettes parcouru de chemins sinueux. L’ensemble constitue aujourd’hui un magnifique écrin vert arboré. « De ces 300 hectares, il n’en reste cependant plus que 12 car tous les terrains situés au-delà de la ligne de chemin de fer ont été vendus, explique Marcel Capouillez. Mais notre asbl a proposé à l’administration communale de racheter les terres du fermier voisin qui arrive en fin d’activité, afin de faire du parc, avec l’aide du Département de la Nature et des Forêts, un sanctuaire de la biodiversité d’une superficie de 25 hectares. Il faut savoir que la biodiversité est le fruit d’une histoire pluricentenaire. Le parc étant situé au sein d’une zone humide, reliquat des étangs qui entouraient jadis la forteresse et la résidence du XVIe siècle, il abrite une faune propre aux zones marécageuses : canards, poules d’eau, tritons, grenouilles, mais aussi lapins et renards… Et il est planté d’arbres d’essences diverses, tels que platanes à feuilles d’érable, marronniers, tilleuls… »

Cet écrin de verdure récemment rénové, au sein duquel trône l’ancien kiosque – ou pavillon de parc – qui sert d’observatoire nature, est aujourd’hui un site naturel classé, un lieu de promenade ouvert au public toute l’année. Des activités y sont organisées à l’occasion d’évènements publics ou privés. Et, depuis 2018, il accueille le temps d’un week-end les Loges de la Renaissance, un show-promenade réunissant plus de 60 comédiens. Enfin, en septembre, les Journées du Patrimoine marquent un moment festif et gourmand.


© M.Capouillez

L'ancien kiosque - ou pavillon du parc - sert d'observatoire nature

Parc et château de Boussu
Rue du Moulin 43
B-7300 Boussu

+32 (0) 65 77 82 65

chacun surveille sa ligne !

Au centre Riveo, au bord de l’Ourthe, la nature passe inévitablement par l’eau et la connaissance du monde aquatique. C’est l’endroit idéal pour s’initier à la pêche…

 


© D. Crickillion

A Hotton, le Centre d’interprétation de la rivière propose à ses visiteurs de s’immerger dans le monde aquatique et de faire connaissance avec les nombreuses espèces de poissons qui vivent dans l’Ourthe et sont présentés dans une petite vingtaine d’aquariums. Un bras de rivière de 12 mètres de long, séparé en bassins, a également été reconstitué, où truites, brochets et autres poissons blancs peuvent être observés à partir d’un bâtiment semi-enterré. Mais Riveo sort aussi des sentiers battus en proposant aux amateurs de venir plus près encore de l’eau afin de découvrir la rivière et sa biodiversité une canne à pêche en main. Une éducation par l’immersion. Rassurez-vous : il n’est pas nécessaire de se jeter à l’eau…

« La pêche est un moyen de découvrir la faune et la flore d’une façon différente, d’approcher la rivière d’une manière ludique, de s’offrir un moment de détente, seul, en famille ou en groupe », explique Valérie Renard, la directrice de Riveo.

Concrètement, le centre organise, à l’attention des jeunes et des moins jeunes, des individuels et des groupes, des initiations à la pêche à la mouche, au coup et aux carnassiers (brochets). Des pêcheurs confirmés désireux d’apprendre une autre technique se joignent parfois au groupe. L’encadrement sous forme de guides pêche chevronnés et le matériel sont fournis. Quant au cadre, il est fonction de l’activité choisie.

« La pêche au coup, qui est idéale pour qui veut débuter, se pratique principalement sur l’île de l’Oneux, une prairie de six hectares située en plein centre d’Hotton et formée par l’Ourthe et le bief du moulin. La pêche aux carnassiers, elle, se pratique sur des float tubes ou en kayak sur le lac de Nisramont, en amont de La Roche-en-Ardenne. Enfin, pour la pêche à la mouche, nous nous déplaçons sur l’Ourthe, à La Roche, à Houffalize ou à Durbuy, où des espaces pêche ont été aménagés. »

Riveo sort aussi des sentiers battus en proposant aux amateurs de venir plus près encore de l’eau afin de découvrir la rivière et sa biodiversité une canne à pêche en main.


Deux jours de rando-pêche

Le centre d’interprétation propose également une formule d’initiation à la pêche d’une journée. Après avoir découvert les différents types de poissons dans les aquariums, les participants se munissent de bottes et d’un filet et s’en vont pêcher des larves d’insectes. En fonction de leur nature, celles-ci leur permettront d’évaluer la qualité de l’eau. Ensuite, l’après-midi, ils enchaînent avec une séance de pêche au coup. Un grand moment de détente dans la nature pour les familles et une journée didactique idéale pour les écoles.

« Nous proposons également, sous la conduite d’un guide, une sortie de rando-pêche de deux journées avec logement à l’hôtel, poursuit la directrice. Cette activité a pour cadre le site du Hérou, entre La Roche et Houffalize – reconnu Patrimoine exceptionnel de Wallonie, ndlr –, où l’Ourthe dessine de superbes méandres. Elle cumule la pêche à la truite dans l’eau, avec waders et cuissardes, et la randonnée dans les bois. »

Enfin, à l’attention de celles et ceux qui ne s’intéressent pas qu’aux poissons, Riveo organise une balade de trois heures (5 kilomètres) sur les traces des castors qui peuplent les berges de l’Ourthe. Sous la conduite d’un guide, les participants pourront découvrir les impressionnants barrages qui sont leur œuvre et les huttes qui les abritent.

« Par Toutéthys ! », l’expo fleuve

Dans la mythologie grecque, Téthys est la mère des dieux fleuves et des océanides. Le Murray (Océanie), l’Amazone (Amérique du Sud), le Nil (Afrique), le Mékong (Asie) et le Yukon (Amérique du Nord) sont tous nés de son sein, tout comme… l’Ourthe.

Et c’est précisément parce qu’ils sont un peu le miroir de notre petite rivière et qu’ils abritent certaines espèces communes ou comparables, que Riveo a monté l’exposition « Par Toutéthys ! » qui emmène ses visiteurs sur les rives de ce « Big 5 ». Le but du voyage ? Leur faire découvrir la faune et la flore de ces fleuves mythiques et de leurs rives, mais aussi les coutumes et légendes qui se cachent dans leur lit. Muni d’un passeport interactif qui leur donnera accès à des animations numériques, ils enjamberont les océans, découvriront des animaux fabuleux, des anecdotes cocasses, des techniques de pêche surprenantes, des histoires à faire frémir, tout en prenant conscience que ces fleuves connaissent aussi des problèmes environnementaux.


« CoSMos, l’odyssée du saumon mosan »


© K. Spruit

CoSMos, c’est une référence à l’Odyssée d’Homère. Et plus particulièrement au voyage de ce grand migrateur que fut Ulysse, aux dangers qu’il a dus vaincre tant en mer que sur terre, et à ce qui le poussa, finalement, à retourner dans son pays natal. Pas de quoi faire pâlir d’admiration le saumon mosan qui, depuis des milliers d’années, a fait de ce genre de périple son quotidien, mais qui avait disparu de nos rivières en 1935. A cause de la pollution des rivières et de la construction des barrages. Si l’homme n’a pas encore tout à fait détricoté ceux-ci comme Pénélope le fit la nuit avec son ouvrage, il s’est cependant racheté en reproduisant artificiellement des centaines de milliers d’alevins et les réintroduisant dans nos rivières.

C’est avec l’objectif d’informer le grand public sur le retour du saumon atlantique dans le bassin de la Meuse qu’un conservatoire du saumon mosan a été créé à Erezée (Hotton) et qu’un passionnant parcours didactique et touristique consacré à son histoire et à son odyssée a été imaginé.

Grâce à son langage simple et à son graphisme attrayant et moderne, « CoSMos, l’odysée du saumon mosan » – c’est le nom de cet espace dont les visites guidées sont organisées par l’asbl Riveo – se veut accessible à tous mais sur réservation uniquement. Une gigantesque table didactique reprend les principaux lieux de vie de l’espèce en Meuse et ses trajets migratoires depuis nos rivières ardennaises jusqu’aux… Iles Féroé et au Groenland. Un couloir d’observation permet de voir des saumons vivants en aquarium aux différents stades de leur vie. Et un film montre les activités du conservatoire, depuis l’élevage des saumons jusqu’à leur lâcher dans nos rivières.

Un bras de rivière a été reconstitué, où truites, brochets et autres poissons blancs peuvent être observés à partir d’un bâtiment semienterré.


Riveo
Rue Haute 4
B-6990 Hotton 
+32 (0) 84 41 35 71

www.riveo.be

dans la Forêt du Pays de Chimay

Ah ! quelle est belle la nature dans la botte du Hainaut et le Parc naturel de Viroin-Hermeton ! Si belle que des opérateurs locaux y organisent des séjours pour celles et ceux qui ont envie de la redécouvrir et de revenir à l’essentiel.

 

Apprendre à s’orienter et à reconnaître la faune et la flore, identifier et récolter les plantes comestibles locales, suivre les traces des animaux, trouver de l’eau et la rendre potable, démarrer un feu selon des techniques anciennes, loger (quasi) à la belle étoile dans un lieu de bivouac, bref, s’initier aux techniques de vie en pleine nature : voilà ce que propose différents opérateurs au cœur de la Forêt du Pays de Chimay sous l’encadrement de la Maison du Tourisme Pays des Lacs.

Sous l’intitulé « Séjour trappeur-survie », d’une durée d’un à quatre jours, ces balades ont pour épine dorsale la Grande Traversée, cet itinéraire GR qui sillonne, pendant près de 175 kilomètres, les communes de Sivry-Rance, Froidchapelle, Momignies, Chimay, (Hainaut), Couvin, Viroinval, Philippeville et Doische (Namur). Plus précisément, il démarre à la frontière française, à Macquenoise, remonte en zigzaguant jusque Chimay, où une branche file sur Sivry-Rance et l’autre traverse Viroinval avant de poursuivre soit vers Philippeville, soit vers Doische. Un tracé aux abords duquel neuf bivouacs ont été aménagés, soit un tous les 15-20 kilomètres.

« Si ces séjours, qui s’adressent à des groupes de dix personnes maximum, ont tous comme objectif de nous faire vivre une expérience unique et nous ramener à l’essentiel en laissant derrière soi les contraintes du quotidien, les formules sont quelque peu différentes selon les opérateurs, explique Florence Cocx, chargée de promotion pour la Forêt du Pays de Chimay. Ainsi, les guides nature de l’Aquascope axent leur séjour sur la découverte de la faune et la flore autour des étangs de Virelles et du très beau village de Lompret. Ceux de Bvouak, de leur côté, proposent un week-end au départ du bivouac de la Roche Trouée, non loin du Fondry des Chiens, à Nismes…Pendant la durée de ces séjours, toute la logistique est bien sûr prise en charge. »

Chemin faisant, ces guides veilleront à ce que les participants trouvent dans la nature de quoi constituer un frugal repas en fin de journée. On pense à la pêche et aux arbres fruitiers, mais aussi aux plantes comestibles – ah ! une bonne soupe aux orties – qui sont à portée de main. Rassurez-vous, il n’est pas interdit d’emporter quelques épices et de la farine par exemple, ni de s’arrêter dans une épicerie afin d’acheter du pain et des œufs. Question de survie…

Séjour trappeur-survie
+32 (0) 71 14 34 83


www.foretdupaysdechimay.be

I presume ?

Savez-vous qu’à la gare des Guillemins vous pouvez prendre le bateau et remonter le Nil jusqu’à la Vallée des Rois, puis pénétrer dans le tombeau de Toutankhamon sans risquer d’être frappé par la malédiction ? Non ? Alors dépêchez-vous de prendre votre ticket, cette exposition exceptionnelle se clôture le 31 mai.


Une exposition sur le « pharaon oublié » à Liège ? Certains se sont demandé si les organisateurs ne prenaient pas un gros risque alors que trônait encore dans les mémoires l’exposition sur Toutankhamon qui avait illuminé les salles de Brussels Expo en 2011, mais aussi et surtout compte tenu des 1.420.000 visiteurs qui s’étaient déplacés à Paris, entre mars et septembre 2019, afin d’admirer le « Trésor du Pharaon » et ses nombreuses pièces issues des collections permanentes du musée du Caire. « Un risque ? Non ! D’ailleurs, nous avons déjà fait 30.000 entrées durant le premier mois », tranche, le sourire aux lèvres, Marie Kupper, qui n’était pas encore née en 1991 quand son grand-père, René Schyns, organisa la première exposition sur Hergé à Welkenraedt et qui se prépare aujourd’hui, à 25 ans, à prendre doucement sa succession à la tête d’Europa Expo.

Et la jeune directrice organisationnelle et financière d’expliquer : « Nous avons toujours cherché à présenter les grands événements d’une manière différente. Pour cette exposition, nous avons choisi d’entraîner les visiteurs sur les pas d’Howard Carter, de leur faire partager ses espoirs, ses doutes, puis son émerveillement lorsqu’il tomba soudain sur ce tombeau que tout le monde avait cherché en vain. Ensuite, après avoir découvert, comme l’archéologue, les trois principales salles du tombeau reconstituées à l’identique, ils pourront se faire une idée précise, en cheminant à travers une quinzaine de salles thématiques, de ce qu’était l’univers du jeune pharaon grâce à la multitude d’objets trouvés sur place et remis dans leur contexte historique. C’est sans doute cet ensemble de connaissances qui constitue le véritable trésor de Toutankhamon ! »

A 25 ans, Marie Kupper se prépare à prendre doucement la succession de son grand-père René Schyns à la tête d’Europa Expo.


Deux premières mondiales

Sur les centaines d’œuvres d’art emblématiques qui sont exposées à Liège, environ 200 sont des pièces originales issues de musées (le MET Museum de New York, Le Louvre, les musées de Mariemont, Manchester…) et de collections privées. Et 250 sont des copies certifiées provenant des ateliers du musée du Caire et prêtées par le ministère des antiquités égyptiennes. « Notre exposition présentera en outre deux « premières » mondiales : la reproduction d’une partie d’un palais royal et à la réplique de l’atelier de Touthmose, le sculpteur officiel de la royauté », explique Marie Kupper, qui souligne que les peintures murales du palais ont été réalisées par les artistes des ateliers d’Europa Expo qui ont utilisé des piments – comme à l’époque – et ont poussé le souci du détail en reproduisant les moisissures ! Que ceux qui craignent la malédiction se rassurent : elles sont bien imitées, mais elles sont fausses. Il n’y a donc aucun risque d’inhaler des poussières allergènes…

www.europaexpo.be

Repères
• 4 novembre 1922 : découverte de l’escalier conduisant au tombeau de Toutankhamon.
• 26 novembre 1922 : Howard Carter pénètre dans l’antichambre du tombeau en présence de Lord Carnavaron.
• 17 février 1923 : ouverture de la chambre mortuaire en présence de la Reine Elisabeth et du célèbre égyptologue belge Jean Capart.
• 28 octobre 1925 : ouverture du 3e cercueil abritant la momie.


Toutankhamon et l’Egypte antique

La civilisation de l’Égypte antique commence vers 3150 av. J-C. avec l’unification politique de la Haute-Egypte et de la Basse-Egypte, et se développe jusqu’au règne de Ptolémée XV (le fils de Cléopâtre VII), le dernier pharaon qui fut exécuté en -30 par Octave (le futur premier empereur romain). Ces trente-deux siècles ont été divisés en trente-trois dynasties. Toutankhamon (-1335 à -1327) appartient à la XVIIIe dynastie, durant laquelle l’Egypte connut la puissance et la gloire – alors que la XIXe dynastie sera marquée par le règne de Ramsès II. Il avait 8 ans quand il est monté sur le trône et est mort à 17 ou 18 ans, sans laisser de descendance.


La reproduction de la décoration d’un palais royal, une première mondiale. 

Akhénaton, le pharaon « impie »

Toutankhamon était le fils du pharaon Amenhotep IV, surtout connu pour avoir voulu balayer le polythéisme en imposant le culte monothéisme du dieu solaire Aton. Pour mieux honorer ce dieu, il s’est fait appeler Akhénaton (« celui qui est utile à Aton ») et a bâti une ville, Akhétaton (« horizon d’Aton »), entre Memphis (Le Caire) et Thèbes (Louxor), dont il a fait le nouveau cœur de l’Égypte. A sa mort, soit après un règne peu glorieux sur le plan militaire, l’ancien culte fut rétabli et la ville du pharaon « impie » fut laissée à l’abandon. Le site archéologique d’Akhétaton a été exploré sous le nom d’Amarna.

« Mister Carter est un garçon de bonne composition qui s’intéresse exclusivement à la peinture
et à l’histoire naturelle... Je ne vois pas l’utilité pour moi d’en faire un fouilleur ! » 
(l’archéologue Sir Flinders Petrie au service duquel Howard Carter travailla à 17 ans).


L’antichambre merveilleux

C’est en 1922, soit après cinq saisons de vaines recherches, que l’archéologue britannique Howard Carter qui travaillait pour le compte de Lord Carnavaron découvrit la tombe de Toutankhamon dans la vallée des Rois, près de Louxor. On comprend l’émotion de son équipe quand un ouvrier mit au jour une première marche, le 4 novembre de cette année là. Après avoir dégagé l’escalier et traversé un long couloir, l’archéologue risqua un œil dans l’antichambre du tombeau par une ouverture pratiquée dans la porte. « Pendant quelques secondes – qui durent sembler une éternité à mes compagnons –, je restais muet de stupeur. Lorsque Lord Carnarvon me demanda enfin : « Vous voyez quelque chose ? », je ne pus que répondre : « Oui, des merveilles ! »

Des cercueils gigognes

Après la découverte du tombeau, il fallut encore beaucoup de patience et d’huile de bras à l’équipe d’Howard Carter pour arriver à la momie, puisque celle-ci reposait dans un sarcophage de 110 kilos en or massif qui avait été enfermé dans deux autres cercueils à l’intérieur d’un grand sarcophage en quartzite, lui-même disposé sous quatre chapelles gigogne ou châsses dorées. « Nous étions le 28 octobre 1925. On retira doucement les longs clous d’or massif, puis on souleva le couvercle par ses poignées d’or. Sous nos yeux gisait une impressionnante momie, nette et soignée. Un magnifique masque d’or brillant représentait le visage du pharaon… »

Des en-cas pour la route

Carter a mis dix ans pour répertorier les 5.398 objets retrouvés dans le tombeau, dont quelque 200 glissés sous les bandelettes de la momie. Parmi ces objets, des chars, des armes (épées, haches, massues, cuirasse, boucliers…), des bijoux, des vêtements…, ainsi que de la nourriture en quantité (48 boîtes de viande de bœuf et de volaille, 28 jarres de vin…). Les Égyptiens, en effet, croyaient en la vie éternelle et à la rétribution des actes posés pendant notre passage sur terre. C’est donc un véritable voyage qu’ils entreprenaient après leur mort, pour comparaître devant un tribunal de quarante-deux dieux. Ces aliments, vêtements et richesses devaient permettre au jeune pharaon de supporter le voyage, mais aussi de faire des offrandes aux dieux.

Thoutmose, le sculpteur de l’idéal féminin

La reproduction de l’atelier de Thoutmose, le sculpteur officiel d’Akhénaton, constitue une première mondiale. Les fouilles effectuées à Amarna ont permis de le reconstituer avec les instruments de l’époque, les plâtres et les blocs à sculpter. Les visiteurs peuvent suivre, étape par étape, le travail de l’artiste toujours en quête d’une recherche de perfection formelle absolue comme l’atteste le fameux buste de Néfertiti sorti de son atelier. La reine était sans doute fort belle, mais quand on sait que pour les Égyptiens, la beauté du corps était le miroir de la beauté de l’esprit, on devine que le sculpteur se soit surpassé afin de reproduire des traits atteignant la perfection.

La malédiction : quand la légende tombe en poussières

Toutankhamon n’ayant pas eu le temps d’accomplir de grandes choses durant son court règne, le pharaon est surtout connu en raison de la malédiction liée à la violation de son tombeau. En effet, plusieurs membres de l’équipe d’Howard Carter ainsi que plusieurs proches décédèrent quelques années après la découverte de la momie, dont Lord Carnavaron, le commanditaire des fouilles, qui mourut seulement cinq mois après. En se rasant, il se blessa à l’endroit où il avait été piqué par un moustique et l’infection se mua en septicémie. Il avait
 56 ans.


Selon les scientifiques, les candidats les plus sérieux à l’origine de cette « malédiction » seraient des substances organiques (fruits ou légumes) présentes dans la tombe. Au cours des siècles, ces produits se sont décomposés et ont donné naissance à de la moisissure qui s’est transformée en particules de poussière allergène.


EUROPA EXPO

Europa Expo est à l’initiative d’une dizaine de grandes expositions qui ont attiré trois millions de visiteurs : Tout Hergé à Welkenraedt (1991), Tout Simenon à Liège (1993), J’avais 20 ans en 45 (1995), Made in Belgium (2005) et Léonardo Da Vinci à Bruxelles (2007-2008). Depuis la création de l’espace muséal Calatrava à la gare de Liège-Guillemins, Europa Expo en a fait le rendez-vous culturel de la ville de Liège. Se sont ainsi enchaînées, les expos SOS Planet (2010-2011), Golden Sixties (2012-2013), Liège Expo 14/18 (2014-2015), De Salvador à Dali (2016), L’Armée Terracotta (2017), J’aurai 20 ans en 2030 (2017-2018) et Génération 80 Experience (2018-2019).


La Reine Elisabeth, piètre prophétesse

« En mars 1923, lorsque la Reine Elisabeth apprit que Lord Carnarvon était malade, elle a dit à son fils, le futur Léopold III : « Tous ceux qui ont pénétré dans la tombe de Toutankhamon, moi compris, sont voués à une mort rapide. » Élisabeth a été une des premières à évoquer la malédiction. Dieu merci, elle était meilleure reine que prophétesse puisqu’elle a vécu jusqu’à 
89 ans. Moi-même, je suis mort d’un cancer à l’âge de 64 ans, en 1939. » (Howard Carter , audioguide)

Ne cherchez plus la mère : Néfertiti


Extrait de la biographie d’Akhénaton écrite par Dimitri Laboury et publiée chez Pygmalion / Flammarion en 2010 

Même si des doutes subsistent encore aujourd’hui, de nombreux scientifiques s’accordent à dire que la reine Néfertiti, l’épouse d’Akhénaton, était la mère de Toutankhamon. Dimitri Laboury, professeur adjoint d’histoire de l’art et archéologie de l’Égypte pharaonique à l’Université de Liège, qui est à la tête du comité scientifique de l’exposition, fait partie de ceux-là.

« Les données égyptologiques sont en réalité assez claires, explique-t-il. Tout d’abord, le fait que cet enfant d’environ 8 ou 9 ans soit couronné pharaon à un moment délicat de l’histoire égyptienne, où le pouvoir de fait est tenu par des personnages haut placés dans l’armée qui succèderont à l’enfant-roi, mais le laisse néanmoins passer devant eux, révèle, sans le moindre doute possible, que cet enfant a des origines royales, car son droit de préséance ne peut s’expliquer, à cet âge, que par son sang. Par ailleurs, la documentation épigraphique provenant du site d’Amarna révèle l’existence d’un « fils du roi de son corps, Toutankhaton », dont on sait parfaitement qu’il s’agit du nom original, de naissance, du futur Toutankhamon. En ce qui concerne la mère de l’enfant-roi (nécessairement intime avec le souverain Akhénaton), une scène de deuil de la tombe royale d’Amarna – soit un monument très officiel – montre le couple royal en train de pleurer la mort de leur seconde fille, la princesse Méket-Aton, avec une nourrice (elle porte la coiffure caractéristique des nourrices de l’époque) qui emporte un très jeune enfant. La titulature (panneau protocolaire, voir illustration) qui l’accompagne montre, sans le moindre doute possible, qu’il s’agit d’un enfant royal, dont le nom comporte l’élément Tout- et le déterminatif (le signe à la fin du nom des individus dans l’écriture hiéroglyphique) est clairement masculin ; elle se termine en outre par la précision « enfanté par » Néfertiti. Dans ce contexte, la parenté de Toutankhamon ne fait pas de doute (d’autant que le calcul de l’année de sa naissance correspond à quelque temps avant le décès de Méketaton).

D’un point de vue égyptologique, Néfertiti est donc la mère de Toutankhamon. L’étude de paléogénétique sur les momies suspectées faire partie de la famille de Toutankhamon révèle par ailleurs que la momie KV35 YL (young lady) est génétiquement la mère de Toutankhamon. L’équation est donc facile à établir : le cadavre de Néfertiti n’est autre que la momie KV35 YL.

Alors, certes, quelques collègues prétendent encore chercher la sépulture de la reine, mais je pense que l’entreprise est totalement vaine car si on a sa momie, comment expliquer que sa tombe serait encore à découvrir ? »


Salut, les créateurs ! 

Nos artistes et créateurs ne manquent pas d’idées. Ni de bras, ni de mains, ni de courage. Mais qui a les moyens d’acheter du matériel et louer un local à l’heure de démarrer son activité ? Depuis 2012, le Comptoir des Ressources Créatives offre aux (futurs) créateurs des services matériels et immatériels. En axant ses efforts sur la rationalisation des besoins et l’ancrage local, en misant sur l’économie sociale, l’asbl est montée dans le convoi de la Transition.

 

Ateliers Dony © Alice Langerome

 « Pour les créateurs, par les créateurs ». C’est ainsi que se définit le Comptoir des Ressources Créatives, un réseau d’asbl qui a vu le jour à Liège et s’est étendu à Namur, Charleroi, Mons et Verviers. Le projet s’appuie sur son expérience de terrain pour mettre en commun les ressources et les énergies tout en respectant la singularité de chacun. 


ateliers Dony couture

Tout commença en 2008 lorsque vint l’heure, pour la Wallonie, de choisir officiellement la ville que l’on écrirait en grand en haut de l’affiche « Capitale culturelle européenne 2015 ». Nombre d’opérateurs culturels et artistes liégeois ont voulu saisir cette opportunité pour poser la candidature de la Cité Ardente. Et si le festival d’émulations qui s’ensuivit ne suffit pas pour rattraper Mons qui avait pris le grand large poussé par un vent favorable, il eut le don d’allumer un feu autour duquel vinrent s’asseoir les acteurs du monde culturel liégeois.

« Ces acteurs se sont rendus compte qu’ils partageaient les mêmes ambitions mais aussi les mêmes préoccupations,résume Julie Hanique, historienne de l’art et coordinatrice du Comptoir des Ressources Créatives. L’idée de se fédérer afin de pouvoir répondre aux besoins de leur secteur a maturé jusqu’à la création de l’asbl. Ils ont ainsi appliqué l’adage « On n’est jamais aussi bien servis que par soi-même ». Et ils ont eu raison puisque le projet n’a cessé de se développer depuis 2012. »

Si le bateau navigue aujourd’hui toutes voiles dehors, c’est en premier lieu parce que ceux et celles qui en ont pris la barre ont décidé d’accueillir tout le monde à bord. « Dès le départ, ce projet, lancé par les créateurs pour les créateurs, s’est voulu pluridisciplinaire. Pas question de figer une liste. De l’art plastique à l’art numérique, du stylisme à la menuiserie, de la photographie aux arts de la scène, toute personne qui vit de ses créations ou qui aspire à en vivre a pu rejoindre le réseau. Qu’elle soit employée, indépendante ou intermittente, qu’elle bénéficie de l’aide du CPAS ou qu’elle ait d’autres sources de revenus », explique Julie qui insiste sur un point : Le comptoir reste très attentif au respect de la singularité de chacun. Il ne juge pas le propos artistique des créateurs qu’il aide ».

Priorité n°1 : les espaces de création
Si les besoins ne sont pas forcément les mêmes dans chaque ville, il en est cependant un qui s’est tout de suite imposé partout parce que vital : la nécessité de disposer d’un espace nécessaire à la production. « Sortir de son espace domestique pour se rendre dans un lieu de travail, cela permet de s’extirper de son isolement et d’accorder plus de place à sa vie professionnelle. En outre, cela permet aux créateurs de se rencontrer, d’échanger des idées, de partager du matériel et, donc, de s’inscrire dans une même dynamique. Il nous est donc apparu tout de suite évident que nos services devaient intégrer un volet immobilier ».

A Liège, le comptoir s’est très vite mis en quête de locaux adaptés aux besoins. Séduite par le dossier qui lui a été présenté, la Ville a accepté, en 2013, de lui louer à bas prix 400m2 de bureaux dans le quartier Saint-Léonard, où l’activité artistique transpire dans chaque rue. « Nous louons ces espaces aux créateurs retenus à un prix avantageux et pour une période de trois ans maximum, renouvelable une fois sur base de la présentation de l’évolution de leur projet », explique Julie, qui précise que ces espaces mutualisés sont aujourd’hui occupés par une vingtaine des créateurs animés d’un même esprit d’émulation et de coopération et actifs dans de nombreuses disciplines : le graphisme, le théâtre, l’écriture, l’audio-visuel, l’éducation populaire…

Un magasin éphémère à Namur
Le Comptoir des Ressources Créatives de Namur a été le premier à lancer le concept de « magasin éphémère », un lieu où les artistes peuvent mettre leur travail en évidence. Situé rue de Fer, en plein centre-ville, celui-ci est à la fois une vitrine pour leurs créations (décoration, textile, mobilier, illustrations, accessoires, bijoux…) et une boutique. L’espace permet également l’aménagement de six ateliers d’un peu plus de 10m2 que les artistes peuvent louer pour une durée de quelques mois.
Le nom de ce lieu qui soutien la création artistique locale ? « Ceci n’est pas une boutique », nom d’une pipe !

 
Une vingtaine d’ateliers partagés

Très rapidement, cependant, il s’est avéré que ces surfaces ne répondaient pas à toutes les demandes et que certains avaient besoin d’ateliers de production plus vastes ou plus bruyants, par exemple pour le bois, la soudure ou la création de décors. Cette fois, c’est sur un soutien financier de la Région wallonne que le comptoir a pu compter. Il a notamment pu obtenir un prêt et acquérir, via la constitution d’une coopérative immobilière à finalité sociale, un hangar de 1.400m2 rue Dony, dans le même quartier. Avec beaucoup d’ingéniosité, des matériaux de récupération et de l’huile de bras, une vingtaine d’ateliers y ont été aménagés pour la céramique, le bois, la soudure, la sérigraphie, le textile, les animations audiovisuelles, la maroquinerie, la savonnerie, la serrurerie et même la… boulangerie. Ces ateliers peuvent aussi accueillir des rencontres ou des stages.

« Les occupants ont la possibilité de devenir coopérateurs, ce qui leur permet de profiter d’un loyer réduit et d’avoir leur mot à dire sur les projets qui sont bien sûr évolutifs, souligne la coordinatrice, qui ajoute : Nous n’avons jamais monté de boîtes vides. Nous sommes toujours partis des besoins, de l’écoute du terrain. Ainsi, trois céramistes sont venus nous trouver parce qu’ils cherchaient un atelier et un four. Nous en avons trouvé d’autres afin de concevoir un atelier commun et de mutualiser les coûts. Aujourd’hui, ils sont une dizaine à utiliser ce four… »

 

Un partenariat à travers l’Eurégio Meuse-Rhin
Afin de connecter les créateurs par delà les frontières, un réseau d’acteurs culturels de terrain a été mis en place : le Creative Hub Eurégio (CHE). C’est ainsi que des agents de Liège, Eupen, Hasselt, Genk, Maastricht, Heerlen et Aix-la-Chapelle ont pris l’habitude de se rencontrer tous les mois pour s’informer mutuellement sur les opportunités du secteur (appels à projets/candidatures, subsides, bons plans pour des ateliers…) et les relayer vers les créateurs de leur ville. Des « speed dates » ou rendez-vous culturels entre professionnels sont aussi organisés lorsqu’il s’agit présenter un projet bien précis nécessitant des conseils ou soutiens.
Ce partenariat a notamment débouché sur l’organisation en commun d’un festival de design décentralisé, le « Hello Designer Tour ». 

 
Des services répondant aux besoins

C’est animé par le même souci de répondre aux besoins réels que le comptoir liégeois a mis peu à peu en place des services tels que le partage de véhicules, le Pitch Café et l’Arrière-Boutique.

• Véhicules partagés. Pour un prix de location modique, deux véhicules utilitaires sont à la disposition des créateurs et petits opérateurs culturels du réseau afin de leur permettre de transporter leurs marchandises ou produits. Une solution collective à un besoin récurrent.

• Pitch Café. Ces rencontres publiques, professionnelles et conviviales sont destinées aux créateurs en activité qui ont besoin d’aides pour réaliser un projet. Dans un premier temps, ils présentent celui-ci dans les grandes lignes, ensuite le public pose des questions, avance des conseils ou propose des partenariats.

• L’Arrière-boutique. « Tu ne connaîtrais pas un photographe, dans telle région, pour mettre en évidence mon travail, un violoniste afin de m’accompagner sur scène, un webmaster pour concevoir mon site internet, un rédacteur pour m’aider à communiquer ?... » Parce que la compétence des créateurs est forcément limitée à quelques domaines, ceux-ci ont régulièrement besoin de faire appel à d’autres talents. Le comptoir a ainsi eu l’idée de constituer un répertoire de personnes ressources disposées à proposer leurs services. Quelque 800 profils sont disponibles actuellement. Avec une poignée d’entre eux dont il se porte garant, il a établi un cadre financier clair basé sur le nombre d’heures prestées.

L’Arrière-Boutique propose aussi des formations adaptées (par exemple en gestion de projet) aux réalités de terrain vécues par les créateurs afin de leur permettre de développer de nouvelles compétences.

Un kiosque à musique ambulant 

kiosque à musique

C’est un kiosque pliable qui peut-être acheminé par la route, sur une grande remorque, dans les cours, places et parcs (par exemple) à la demande des opérateurs qui peuvent ainsi le mettre à la disposition des artistes qu’ils accueillent. L’outil est spécialement conçu pour les musiques acoustiques ou peu amplifiées. C’est donc un écrin qui convient aux arts vivants (conte, théâtre, danse…) et permet de renouer avec la tradition des rencontres musicales publiques et acoustiques. Cet objet en bois 100% liégeois est le lauréat 2017 du prix Co-légia, du nom de ce collectif d’entreprises mécènes qui initie et encourage des initiatives créatives dans le grand Liège.

 

Naissance d’un festival international

© Signes du quotidien

Le Festival International de Graphisme (FIG), dont la quatrième édition aura lieu à Liège du 4 au 8 février prochain, est l’une des « belles histoires » qu’aiment mettre en exergue les responsables du Comptoir des Ressources Créatives. C’est en effet lors d’une soirée Pitch Café que Jérémy Joncheray (Strasbourg) et Benjamin Dupuis (Liège) ont présenté leur projet de festival à un public averti qui les a immédiatement suivis et épaulés.

Il faut dire que ces deux jeunes talents ne débarquaient pas les mains vides puisqu’ils étaient à la barre de « Signes du quotidien », un atelier de design graphique fondé en 2015. Un atelier qui met en application ses compétences pour développer des projets de design graphique appliqués, notamment au système graphique, à l’édition, à l’espace, à l’interaction, au service… Et qui a fait son chemin depuis lors, puisque nombre d’artistes, éditeurs ou encore scénographes ont fait appel à leurs compétences.

« Quand nous sommes venus frapper à la porte du comptoir de Liège en juin 2015, nous recherchions prioritairement un local de travail, local que les responsables de l’asbl nous ont trouvé au sein des espaces mutualisés de la place Vivegnis, se souvient Jérémy. A partir de ce moment, nous avons commencé à collaborer avec les occupants des lieux et nous avons profité des autres services proposés par le comptoir, comme la location de véhicules, les services de formation et, bien sûr, le Pitch Café, qui nous avait bien aidés la première fois. »

C’est lors d’une nouvelle soirée de ce type que les deux graphistes ont pu développer leur projet de festival. Aubaine : Eric Delayen, artiste plasticien et professeur à la Haute Ecole de la Province de Liège, à Seraing, était présent parmi le public. « Visiblement séduit par notre présentation et notre volonté de créer un événement dans la Cité ardente, Eric a aussitôt proposé d’apporter son expérience au projet. Il a décidé d’impliquer ses élèves dans l’organisation et est devenu un partenaire proche du FIG. Ce Pitch Café fut donc un moment charnière de notre projet. » 

Une cinquantaine de graphistes présents
Organisé par « Signes du quotidien », en collaboration avec la graphiste et chercheuse Loraine Furter et le studio PLMD, le festival propose, dans divers lieux liégeois (1), un programme d’activités gratuites (conférences, expositions, workshops et tables rondes) à l’attention d’un large public. L’objectif est double : permettre à celui-ci de découvrir les multiples facettes du design graphique contemporain et mettre cette discipline et ces artistes en valeur. Pour sa quatrième édition, les organisateurs tablent, comme en 2019, sur la participation d’une cinquantaine de graphistes venus des quatre coins de la planète.

« Nous contactons nous-mêmes les artistes que nous jugeons intéressants, explique Jérémy. La majeure partie d’entre eux se limitent à nous faire parvenir leurs créations, mais une grosse dizaine se déplacent afin de présenter leur travail, prendre part à des conférences et à des workshops. Grâce aux subventions de la Fédération Wallonie Bruxelles et de Wallonie Design, nous sommes en mesure de financer leur déplacement et leur logement. » 

Dans la foulée, les responsables de l’atelier de design graphique ont encore présenté et lancé un autre projet qui leur tenait à cœur, « Taste & Visual », qui interroge les liens possibles entre design et gastronomie.

Comme on le voit, le duo de designers ne manque pas d’idées. Grâce au comptoir liégeois, ils peuvent compter, pour les aider à matérialiser celles-ci, sur une série de petits génies qui ne jaillissent pas de la lampe d’Aladin, mais qui leur prêtent une oreille attentive dans un Pitch Café.

© Signes du quotidien © Signes du quotidien

(1) A la galerie « Les Brasseurs » (rue du Pont 26), le centre névralgique du FIG, aux Chiroux et à la « Space Gallery » (en Feronstrée). 

www.signesduquotidien.org

www.figliege.com

COMMENT ÇA MARCHE ?


Le triathlon moderne est une épreuve qui cumule trois disciplines : la natation, le vélo et la course à pied. Leurs longueurs sont variables selon le type d’épreuve. Voici les principales :
• Le triathlon olympique, organisé par la Fédération Internationale de Triathlon (ITU), combine 5 km de natation, 40 km de vélo et 10 km de course à pied.
• Le triathlon moyenne distance combine 1,9 km de natation, 90,1 km à vélo et 21,1 kilomètres à pied. Il équivaut à un Half Ironman.
• Le triathlon longue distance tourne généralement autour de 3 km de natation, 120 km à vélo et 30 km à pied (environ les ¾ d’un Ironman). Mais les distances peuvent être plus longues encore, comme celles de l’Embrunman qui équivalent à celles de l’Ironman. On parle alors de triathlon
XXL.
• L’Ironman est un triathlon de très longue distance dont le label est la propriété de la World Triathlon Corporation (WTC). Il a vu le jour à Hawaï, en 1978, lorsqu’un officier naval américain décida, afin de déterminer quel était l’athlète le plus méritant, de combiner les trois épreuves sportives les plus dures qui se déroulaient sur cette île en une seule compétition cumulant 3,8 km de natation, 180,2 km de vélo et 42,2 km à pied (au total 226,2 km ou 140.6 miles). Les différents Ironman font partie d’un circuit organisé chaque année par la WTC et dont la finale se déroule à Hawaï.
• L’Ironman 70.3, aussi appelé Half Ironman, combine 1,9 km de natation, 90,1 km à vélo et 21,1 kilomètres à pied (113,1 km ou 70.3 miles).

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