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N° 36 - Hors Série – Patrimoines et RAVeL - sur la route du Beau Vélo de RAVeL 2017
Le patrimoine wallon sur la route du Beau Vélo de RAVeL
Ces deux-là étaient faits pour se rencontrer. D’un côté, les Journées du Patrimoine qui, chaque année, en septembre, nous ouvrent les yeux sur les multiples richesses qui mettent en relief le sud de notre pays ; de l’autre, « Vivacité » et le Beau Vélo de RAVeL qui, durant tout l’été, nous promènent d’une région à l’autre via le Réseau Autonome des Voies Lentes et autres voies de communication sympas. Ils étaient faits pour se donner la main et se balader ensemble, mais encore fallait-il trouver un terrain de rencontre. En choisissant pour ces 29e Journées du Patrimoine le thème « Patrimoines et RAVeL – Voies d’eau, voies de terre, voies de fer », la Région wallonne a abaissé le pont-levis permettant à Adrien Joveneau et à son long ruban de cyclistes de prendre part à la fête du patrimoine.
« Ces balades à vélo utilisant principalement le RAVeL, donc les chemins de halage et les voies de chemin de fer désaffectées et réaménagées, l’occasion était magnifique de donner une belle visibilité à un patrimoine qui passe parfois inaperçu et que le vélo permet de découvrir », explique Sophie Denoël, administratrice générale adjointe à l’Institut du Patrimoine wallon et membre du comité de pilotage des Journées du Patrimoine. « Cette brochure, ce tiré-à-part du Wallonie Magazine, va non seulement permettre de tisser des liens entre la promenade et un pan de notre patrimoine, mais également, je l’espère, de pérenniser ceux-ci. »
Vu la richesse dudit patrimoine, il n’a guère été difficile, pour chacune des treize étapes du Beau Vélo de RAVeL, de trouver cinq sites bordant ou approchant le parcours. Des sites qui, pour la grande majorité, sont par ailleurs classés (voir logo).
« Nous avons mêlé le patrimoine traditionnel (églises, châteaux, cimetières…) et des sites liés à la thématique des Journées du Patrimoine (canaux, écluses, gares…). Ainsi, à Lessines, la Dendre canalisée fait miroiter l’hôpital Notre-Dame à la Rose, un lieu incontournable. Mais la thématique des JP est quasi toujours en filigrane. Ainsi, à Dison, nous avons mis en évidence le patrimoine ferroviaire. Le circuit d’Orp-Jauche et Hélécine nous a fourni l’occasion d’épingler une voie terrestre chargée d’histoire, l’ancienne chaussée romaine Bavay-Tongres, et le tumulus de Glimes. A La Louvière, on ne pouvait manquer le canal du Centre historique et ses ascenseurs hydrauliques… »
Seules entorses aux parcours du BVR : les étapes 9 et 13 qui auront pour cadre… Bruxelles. Sophie Denoël et son équipe ont contourné le problème en choisissant, pour la première, de parler des principales abbayes disséminées en Région wallonne et, pour la deuxième, de mettre en valeur le canal Charleroi-Bruxelles ainsi que l’ancien canal avec ses multiples écluses, ponts et biefs.
| Ploegsteert | Raeren | Pont Tournant Arquennes | Louvain-la-neuve |
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| Centre Keramis - La Louvière | Redu - Libin | Glimes - Tumulus |
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Pour arriver à la Ferme du Bois Wiame, il vous faut traverser Mozet, petit bourg de l’entité de Gesves qui comptait pas moins de huit usines métallurgiques au début du XIXe siècle. Niché sur le versant sud de la vallée condruzienne, traversé par le Tronquoy, le désormais paisible village a gardé son âme d’antan ce qui lui a valu de recevoir en 1995 le label des « Plus beaux villages de Wallonie ».
Prenez le temps de faire le tour de l’îlot central afin d’admirer les ruelles et maisons en pierre calcaire d’où émergent l’église Saint-Lambert et la ferme du Royer, ancienne demeure des seigneurs de Mozet. Puis, prenez votre élan et attaquez la grimpette qui vous entraînera vers le bois Wiame. À la sortie de celui-ci, la ferme de Catherine et Christophe Dewez apparaîtra sur votre droite. On y accède par une drève bordée de tilleuls qui se prolonge par un chemin redescendant vers le Samson.
« Nous avons acheté cette ferme il y a 31 ans, confie son propriétaire. Elle appartenait à l’oncle de mon épouse. Nous avons eu le coup de cœur pour le bâtiment mais également pour la situation idyllique du site qui est complètement isolé, mais proche de Bonnes adresses Namur et facilement accessible de Bruxelles. La propriété composée de bois, de prairies et de terres agricoles, fait 40 ha. »
@ Doc Le paradis des lièvres |
Une salle de banquet et quatre chambres
Un havre de paix pour ce couple d’assistants sociaux, originaire d’Emines (lui) et de Suarlée (elle), qui a néanmoins été contraint de retrousser ses manches afin de réaménager l’ensemble et lui redonner un nouvel éclat. « Nous avons commencé par le corps de logis avant de nous attaquer à l’étable. Aujourd’hui, celle-ci s’est muée en salle de séminaire ou banquet pouvant accueillir cent personnes assises. » Si l’idée d’aménager l’une des deux granges en gîte était dans l’air, l’occasion est venue avec la tempête qui, en 2012, emporta une partie du toit. Après l’avoir réparé, les propriétaires ont décidé de continuer sur leur élan. Ils ont percé des fenêtres dans l’épais mur composé de pierres calcaires mêlées de grès et ont fait couler une dalle en béton autoportant afin d’aménager, au premier étage, un loft de 110 m² comprenant cuisine équipée, salle-à-manger et salon. Au deuxième étage, ils ont aménagé quatre chambres, deux avec un lit double, une avec un lit double et deux lits superposés, et la quatrième, pour les kids ou les chahuteurs, composée de trois fois deux lits superposés. Toutes avec salle de bain privative. Achevé fin 2015, le gîte « Le paradis des lièvres » (trois épis), qui doit son nom à un lieu-dit proche et à la promenade passant par la ferme, peut désormais accueillir 14 personnes.
« Pour l’ameublement, j’ai essayé de marier des éléments contemporains et rustiques, explique Christophe Dewez. J’ai dessiné une partie du mobilier, comme la grande table du living que j’ai confiée aux mains d’un menuisier local. De même, à l’étage, le chêne qui compose le plancher et une partie des murs provient de la scierie Hontoir, à Faulx-les-Tombes. J’aime faire travailler les artisans de la région… »
@ Doc Le paradis des lièvres |
Un parcours aventure et un site pour le paintball
Et parce qu’il est lui-même bricoleur et un brin aventurier, Christophe Dewez a aménagé dans une partie du bois un parcours aventure et des activités team building à l’attention des groupes et entreprises. « Récemment, j’ai également ouvert un site destiné au paintball », ajoute le responsable. « En tant qu’assistant social, je m’efforce, en présentant cette activité, d’encourager le fairplay, l’esprit d’équipe et le sens tactique ».
Un an à peine après l’ouverture du gîte, le couple se dit très satisfait de son taux de fréquentation, tout en reconnaissant s’être trompé quant à la nature de ses hôtes. « Nous pensions que notre clientèle serait principalement constituée de familles venues s’adonner au plaisir du tourisme et de la randonnée. Or, qu’avons-nous vu débarquer ? En été, des visiteurs allemands, anglais et néerlandais heureux de disposer d’un endroit paisible pour se reposer et, hors saison, des petits groupes de Belges contents de se retrouver dans l’intimité pour faire la fête le temps d’un week-end. »

Le Paradis des lièvres
Bois Wiame
B-5340 Mozet
+32 (0)476 96 73 23
+32 (0)81 58 82 47
[email protected]
www.leparadisdeslievres.be
Installée dans le zoning de Ghislenghien, la chocolaterie Belvas fabrique des pralines et des truffes bios avec des matières premières issues du marché équitable. Des critères de qualité très appréciés à l’étranger où la société exporte 85% de sa production.
« Nous formons une super équipe, les rapports entre nous sont excellents et cela se ressent au niveau du travail et de l’ambiance ». Thierry Noesen est le patron heureux de Belvas. S’il est fort apprécié de son personnel, c’est parce qu’il veille à tisser avec celui-ci des liens de solidarité. C’est que l’homme refuse de s’isoler dans sa tour de commande. La porte de son bureau est toujours ouverte et il n’est pas rare qu’il aille lui-même en découdre avec le percolateur ou qu’il troque sa casquette de chef d’entreprise contre celle de réceptionniste. Le Rebecquois n’hésite pas non plus à enfiler un tablier blanc afin de mettre la main à la pâte. En fait, le monde du chocolat est sa famille et chaque membre de son équipe s’y est parfaitement intégré.
85% À L’EXPORTATIONBons, solidaires et bios. Bien davantage que le nom de la société, ce sont ses qualités et labels qui contribuent à la crédibilité et au renom des chocolats Belvas que l’on trouve évidemment dans les magasins spécialisés Bio et chez Oxfam, mais également – sous d’autres noms – dans certaines grandes surfaces. Mais la clé de la rentabilité, c’est bien sûr le marché étranger. Une évidence qui a poussé Thierry Noesen à se démener pour obtenir rapidement le très exigeant certificat de qualité BRC (British Retail Consortium), lequel lui a ouvert les portes du marché anglais et, avec elles, celles des autres grands marchés étrangers. Grâce à l’appui des banques, dont Triodos qui participe au financement des entreprises durables, et à la collaboration de l’AWEX, qui lui apporte une vitrine dans les salons et foires, Belvas exporte aujourd’hui 85% de sa production (principalement en Europe, aux Etats-Unis et au Canada) et son chiffre d’affaires a grimpé de 250 000 € en 2005 à 9 millions d’euros en 2016. La société, qui est installée depuis 2009 dans le zoning de Ghislenghien, emploie une vingtaine de personnes, dont trois chocolatiers, une petite dizaine d’ouvriers, un responsable qualité et un autre chargé de la traçabilité. Et, puisque tout le monde a droit à un travail équitable, les emballages sont confiés à un atelier protégé de la région. |
« J’ai appris à connaître les procédés de fabrication chez Nestlé, avant de découvrir le plaisir de la production et de l’exportation en travaillant dans une petite société à Anvers, d’où je suis originaire, explique ce licencié en sciences économiques. En 2005, j’ai eu l’opportunité de reprendre une petite chocolaterie mouscronnoise qui était sur le point de déclarer faillite. Je voulais avoir ma propre société mais, surtout, ouvrir les portes des ballotins de pralines au commerce équitable. Je voulais prouver que les produits issus de ce marché n’étaient pas seulement sympas mais qu’ils pouvaient aussi être délicieux. »
Un goût plus chocolaté
Thierry Noesen multiplie alors les démarches. Près de Gand, il trouve un fournisseur qui s’approvisionne en matières premières équitables et lui commande une pâte à chocolat contenant non plus 50 %, mais 72 % de cacao. Ce goût plus chocolaté deviendra sa marque de fabrique. Il développe aussi une gamme de truffes et, sous le contrôle de chocolatiers aguerris, étend sa gamme de fourrages : praliné 50% noisettes, caramel crème fraîche, praliné amandes et pistaches, ganaches authentiques, chocolat noir... Tout est mené rondement de sorte que, fin 2005, les chocolats Belvas obtiennent la licence Max Havelaar (FairTrade). Le logo Belvas, représentant deux mains serrées, est symbolique de cette coopération entre le Nord et le Sud. « Tous nos produits sont traçables, justifie le patron. Le sucre vient du Paraguay, la noix de coco du Sri Lanka, le cacao d’Equateur, du Pérou ou de SaintDomingue… Les noisettes, en revanche, viennent du Piémont. Il est en effet impossible d’en trouver dans le commerce équitable. Le label autorise quelques exceptions comme celle-là. » En 2006, les premières pralines équitables sont nominées dans la catégorie Best New Food Product, au Salon alimentaire des produits naturels à Londres. De nombreuses autres récompenses suivront.
Chocolats bios à 100%
Mais Thierry Noesen a une autre ambition. Il veut produire des chocolats bios. Un domaine où règne la tolérance zéro. Chaque ingrédient doit être certifié à chacune de ses étapes. « Exporter bio implique non seulement des normes de traçabilité encore plus strictes mais aussi l’acceptation d’audits de gros clients qui veulent être sûrs à 100% de la qualité bio », explique le chocolatier. « Si un seul produit ne répond pas aux normes, les clients arrêtent de s’approvisionner chez vous et votre dégringolade peut être très rapide ! Cela n’a pas été facile de dénicher tous les ingrédients nécessaires en bio, mais nous y sommes arrivés. Nous avons en poche les certifications européennes et américaines. En outre, vous ne trouverez pas trace de colorants ni de conservateurs dans nos pralines et truffes. Nous avons même banni la lécithine de soja, un émulsifiant très controversé. »

UNE ENTREPRISE ÉCOLOGIQUE
À peine installé dans ses nouveaux bâtiments à Ghislengien, Thierry Noesen décidait de couvrir son toit (1 500 m²) de 380 panneaux photovoltaïques. Ce qui lui permet aujourd’hui de produire 50% de sa consommation électrique. Dans le même souci environnemental, un système de récupération de la chaleur permet de chauffer l’eau utilisée pour fondre le chocolat et le beurre, tandis que la ligne de froid a été allongée de 9 m afin de permettre un refroidissement à moins basse température. Les déchets organiques sont recyclés par bio-méthanisation, les emballages sont en papiers recyclés et, last but not least, les fournisseurs de la société sont soumis à une charte basée sur le respect de l’environnement. Résultat ? En 2011, Belvas devint la première chocolaterie du Nord de l’Europe à obtenir la certification environnementale EMAS.

Chocolaterie Belvas
Chemin du Fundus, 7
B-7822 Ghislenghien
+32 (0)68 33 77 46
www.belvas.be












