Waw magazine

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Il est loin le temps où la vallée de l’Eau d’Heure a été inondée afin de créer des lacs et réguler le niveau de la Sambre.

Trente-cinq années plus tard, avec un million de visiteurs par an, le site est devenu la première station touristique de Wallonie.

Et il ne cesse de diversifier ses activités, comme en témoigne encore le Bike Park qui sera inauguré au printemps.

 

L’Aquacentre en 2015, le Bike Park en 2016… On croyait que les Lacs de l’Eau d’Heure avaient atteint un cap en 2010 quand le site a été sacré « Destination Européenne d’Excellence », mais depuis, il n’a cessé d’attirer les investisseurs privés et d’étoffer son panel d’activités à l’attention des touristes. Ce qui ravit évidemment Vincent Lemercinier, Directeur Général de l’ASBL Les Lacs de l’Eau d’Heure.

 
©Catherine Bruillaux

Quelles ont été les principales étapes de cette nouvelle phase de croissance ?

Vincent LemercinierCelle-ci a démarré en 2012 avec le village forestier, le Natura Parc, dont l’exploitation a été confiée à Alsace Aventure. L’été dernier, nous avons terminé la requalification de l’Aquacentre, qui datait de la fin des années 1990 et qui méritait un petit coup de renouveau afin de répondre aux nouvelles attentes du public et diminuer son coût énergétique. Il a été complété par un nouvel investissement, à savoir le centre de balnéothérapie et de bien-être. L’an dernier, notre offre sportive a également été complétée par une halle polyvalente dont la gestion a été confiée à l’Adeps. Enfin, au printemps, nous allons inaugurer le Bike Park qui sera la vitrine des Lacs dans toutes les disciplines du cyclisme. D’autres projets sont en phase de finalisation : le centre équestre, le golf de 9 trous et son académie, le centre de séminaire…

 

Et le financement ?

V.L.Tous ces investissements ont pu être réalisés via une enveloppe européenne de 9 200 000 €. La date butoir de cette programmation étant le 31 décembre 2015, ce sont des financements publics wallons qui ont pris le relais pour la finalisation des projets, notamment pour le centre équestre, l’Aquacentre, le Bike Park et le golf. La halle polyvalente sportive, elle, a bénéficié du concours financier de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour l’aménagement intérieur. Quant au centre de séminaire, il sera réalisé via un partenariat public-privé avec le groupe Lamy qui a pris en charge, sur le même site, la construction d’un hôtel qui devrait entrer en exploitation la saison prochaine.

 

Les investisseurs privés sont de plus en plus nombreux. Qu’est-ce qui les attire aux Lacs de l’Eau d’Heure ?

V.L.Ils ont été progressivement mis en confiance par la diversité et le niveau des investissements publics qui visaient précisément à développer les infrastructures de base afin de mettre le site en condition pour les attirer. La mayonnaise a pris puisqu’aujourd’hui, si l’on se penche sur la manne globale investie depuis 15 ans, on constate que 40 000 000 € ont été investis par les pouvoirs publics et près de 200 000 000 € par le privé. Un rapport d’environ un à cinq ! Ces investissements privés concernent bien sûr les attractions, comme le Crocodile Rouge, l’Aqua-Golf, le Laser Game, le Spin Cablepark (le téléski nautique), le Centre de délassement de Falemprise et l’Espace Fun (kayak, paddle et planche à voile), mais également l’hébergement. C’est d’ailleurs depuis l’inauguration du premier village de vacances, en 2003, que les partenariats public-privé se sont multipliés. Pour que de tels villages voient le jour, ce ne sont pas seulement les investisseurs que nous devions attirer en développant nos activités, mais également les utilisateurs. Et pour réussir cette double attractivité, il est impératif non seulement d’étoffer notre offre, mais également de la lisser sur toute l’année, y compris durant la basse saison, comme nous venons de le faire notamment avec le wellness et le centre de séminaires.

 

Celui qui acquiert une villa aux Lacs de l’Heure est-il obligé de la louer ? Il ne peut pas y habiter ?

V.L.Pour proposer des logements aux touristes, il faut éviter qu’un habitat permanent ne se forme sur le site. C’est pourquoi l’acte d’achat spécifie que l’acquéreur garde la nue-propriété de sa villa, mais cède la gestion de l’usufruit à une société d’exploitation dont la mission est de la louer durant le plus de nuitées possible. Les biens achetés dans ces villages sont ainsi mis dans un système locatif à des fins touristiques. Bien sûr, le propriétaire a le droit d’occuper son bien pendant une période définie.

 

Où en est l’offre d’hébergement aujourd’hui ?

V.L.Le Landal Village et ses 231 maisons, pouvant loger entre quatre et dix personnes, sont en location depuis de nombreuses années. Le Golden Lakes Village, financé, construit et géré par le Groupe Lamy (Nessonvaux) sur une superficie de 20 ha, est presque à la moitié du chemin puisqu’un peu plus de 100 villas sur les 250 prévues sont mises à disposition des touristes. Afin de diversifier l’offre et attirer une autre clientèle, le même groupe, comme je l’ai dit, a débuté la construction d’une résidence hôtelière d’une capacité de 92 appartements qui sera couplée avec le centre de séminaires. La société Forest Lodge (Nivelles), propose également, à la Clairière du Lac, 84 chalets faisant office d’habitat léger de loisirs, tandis que la Résidence « Les Joséphines » offre depuis une dizaine d’années 60 appartements. À cela s’ajoutent les hébergements de groupes au centre Adeps « Le Cierneau » et au Sleepin’Spin (téléski nautique). À terme, l’objectif est d’offrir sur le site une capacité totale d’hébergement de 5000 à 6000 lits. Ce qui fera des Lacs de l’Eau d’Heure une station touristique de niveau international.

 
©Golden Lakes Village
 

Grâce à ces formules d’hébergement de plus en plus diversifiées, peut-on dire que le tourisme de séjour a désormais pris l’ascendant sur le tourisme d’un jour ?

V.L.Le site accueille un million de visiteurs par an. Parmi ceux-ci, les touristes d’un jour, qui résident dans un rayon d’une septantaine de kilomètres autour des lacs, sont encore légèrement majoritaires. Mais le tourisme de séjour évolue constamment avec la diversité de l’offre. En 2014, nous avons ainsi compté 200 000 nuitées. Ces visiteurs viennent d’abord des Pays-Bas, ensuite de Flandre, d’Allemagne, de France et de Bruxelles. Il y a moins de Wallons, ce qui est logique puisqu’ils habitent plus près, mais ils sont malgré tout de plus en plus nombreux à se muer en touristes de séjour le temps d’un week-end.

 

Quelles sont vos activités phares ?

V.L.En termes d’attractivité, ce sont les activités de pleine nature, c’est-à-dire les promenades à pied et à vélo ainsi que le parcours acrobatique forestier Natura Parc, qui arrivent en tête, suivies des activités nautiques. Nos lacs étant les plus grands plans d’eau fermés de Belgique, ils attirent tant les amateurs de voile, que de planche à voile, de kayak, de jet-ski et de ski nautique. Pas moins de cinq clubs nautiques sont d’ailleurs établis sur ses rives, sans oublier l’Espace Fun et le centre Adeps du Cierneau qui est dédicacé à la voile.

 

www.lacsdeleaudheure.be


 

GESTION ENVIRONNEMENTALE

Reconnaissants à la nature d’être la source de leur attractivité, les Lacs de l’Eau d’Heure portent une attention toute particulière à la gestion du site. C’est ainsi que celle-ci doit intégrer tous les aspects environnementaux, tels que l’aménagement du territoire, le maintien de la qualité des eaux, la politique de gestion des déchets, la conservation de la nature, la lutte contre les espèces invasives, la politique énergétique, les transports écologiques, les codes de bonnes pratiques environnementales et les labels environnementaux.


 

LE SITE EN QUELQUES DATES

1974 — Création des barrages

1981 — Remplissage des lacs

1994 — Projet de réalisation d’une station touristique

2000 — Ouverture de l’Aquacentre

2003 — Apparition du tourisme de séjour

2012 — Ouverture du Natura Parc

2016 — Inauguration du Bike Park


 

LE SITE EN QUELQUES CHIFFRES
1800 ha
Les 5 lacs s'étendent sur 1800 ha au total (600 ha d’eau, 600 ha de forêts, 600 ha de prairies). Sur les 70 km de berges, est proposée une trentaine d’activités (détente et nature, eau, famille, moteur et 350 km de balades balisées).

 

1000 k
On estime à un million le nombre annuel de visiteurs, dont 135.000 à l’Aquacentre. On dénombre 200 000 nuitées en 2014, dont 45 % du fait des Belges et 50 % des Néerlandais. 400 maisons de vacances sont déjà achetées par des propriétaires privés sur le site et 90 chambres d’hôtel prévues.

 

9200 k
Les investissements européens depuis 2010 s'élèvent à 9 200 000 €. Pour 1 € investi par les fonds publics, 4,60 € sont investis par les partenaires privés.

 

300
300 emplois indirects

 

Ce gîte pour deux personnes aménagé à Rouvreux (Sprimont) avec des moellons en grès du pays est idéal pour les couples qui désirent découvrir à pied les paysages de l’Ourthe- Amblève. 

Si vous entrez à Sprimont en venant de l’autoroute E25, vous serez sans doute escortés par quelques camions poussièreux tandis que de légers nuages blancs viendront saluer votre entrée dans la commune. Le signe que les Carrières de Sprimont et de Chanxhe sont toujours en pleine activité et qu’elles contribuent, avec les Carrières du Hainaut et les Carrières de la pierre bleue belge (Soignies), à cimenter la réputation du petit granit bien au-delà de nos frontières. Mais si cette pierre bleue est présente ci et là, à petites doses ornementales, c’est le grès qui se taille la part du lion dans ce coin paisible du pays d’Ourthe-Amblève. Cette roche couleur sable a ainsi façonné nombre d’anciennes maisons et fermettes du village de Rouvreux que l’on atteint en quittant Sprimont par le sud, via la route d’Aywaille. À l’une des extrémités de la rue du Houmier, légèrement surélevée par rapport à ses voisines, la propriété de Thierry et Dominique Lamarche est un magnifique exemple de ce que l’on peut faire, armé de patience, d’idées et de goût, avec une ancienne fermette.

« Quand mon mari et moi avons décidé de quitter Liège pour venir habiter la campagne, nous avons opté pour un terrain situé à l’autre extrémité de la même rue, dans le village voisin de Florzé, explique la maîtresse de maison. Nous étions à peine installés dans notre nouvelle habitation que je suis tombée amoureuse de cette ancienne fermette. Aussi, quelques années plus tard, quand son propriétaire est décédé, nous nous sommes précipités chez sa nièce qui en avait hérité. L’affaire fut vite conclue. Au fil des ans, nous avons entrepris de la remettre en état : toiture, grenier, chambres, cuisine, abords… Quand nous en avons eu fini avec ces travaux, nous nous sommes tournés vers la maisonnette située en contrebas, à même la rue. Elle abritait un ancien four à pain, comme il y en avait plusieurs, paraît-il, dans le village. Mais elle tombait en ruines. Que pouvions-nous en faire ?… »

Ossature bois et moellons du pays

Le couple s’est alors renseigné auprès de la Fédération des Gîtes de Wallonie où il s’entendit dire qu’il y avait une demande dans la région pour des gîtes pour deux personnes. Les démarches administratives et juridiques ne furent guère aisées, mais Thierry et Dominique finirent par obtenir leur permis. La structure branlante de l’habitation fut démolie et les moellons en grès provenant de la carrière d’Anthisnes récupérés. Le terrain étant en pente, le gîte a été aménagé à l’étage, l’entrée se limitant à un hall d’accueil et à un escalier. Une chambre avec lit double garnie de lambris, une salle de bain spacieuse, une toilette, une cuisine ouverte et un living donnant accès au jardin et à la piscine des propriétaires : l’ensemble, construit en ossature bois – mais recouvert de pierres du pays, bien sûr – est simple mais suffisant. Coquettement aménagé aussi, car Dominique est une excellente bricoleuse et elle s’est visiblement beaucoup amusée à chercher ci et là des idées originales.

« C’est en tombant sur un coussin sur lequel était brodé l’inscription Un air de campagne que nous est venu le thème de notre gîte. Au mobilier rustique et accessoires décoratifs que nous avions accumulés dans notre maison sont venus s’ajouter quelques cadeaux offerts par la famille et des amis. Mais là où j’ai vraiment pris du plaisir, c’est en courant après les poules ! »

« COT COT » ou « TOC TOC » ?

On vous rassure : si un poulailler est bien en projet dans le jardin, les poules dont il est question, quand elles ne font pas partie intégrante de la structure des lampes murales et des portemanteaux, courent sur les murs et les meubles sous forme de peintures, calendriers et figurines diverses. Et lorsque l’on demande à la propriétaire d’où viennent la majorité de ses clients, elle montre les lettres en bois déposées sur l’armoire de la salle-à-manger. « Voyez, elles forment les mots TOC TOC, alors que je les avais disposées de façon à pouvoir lire COT COT. Ce sont nos locataires néerlandais qui, ce week-end, les ont permutées pour qu’elles forment, dans leur langue, l’onomatopée du cri de la poule ! »

Qu’ils viennent pour un week-end ou une semaine, ces locataires sont généralement des couples désireux de profiter du vaste réseau de promenades balisées mis en place autour de Sprimont. « Nous leur permettons également de profiter de nos propres VTT, mais ceux qui nous les empruntent reviennent vite nous les rapporter : si le Ravel de l’Ourthe n’est pas loin, les routes qui entourent le village sont très vallonnées. »

Renseignements :

Un Air de Campagne
Rue du Houmier 3
B-4140 Rouvreux
[email protected]
www.unairdecampagne.be

 

À VOIR, À FAIRE

Qu’ils viennent des Pays-Bas, de Flandre, de Wallonie ou d’autres pays limitrophes, les locataires de Thierry et Dominique Lamarche mettent à profi t leur séjour à Sprimont pour visiter les communes touristiques les plus proches (La Roche, Durbuy, Liège…), ainsi que quelques sites et attractions notoires comme les Grottes de Remouchamps et le Monde Sauvage à Aywaille. Leur priorité n’en reste pas moins les promenades pédestres et, parmi celles-ci, la randonnée du Ninglinspo s’impose comme le meilleur des choix aux yeux de la propriétaire. Cette petite rivière de montagne qui serpente entre les rochers s’accompagne en eff et d’un paysage magnifi que. Elle est en outre parsemée de petites chutes d’eau et de bassins naturels aux noms enchanteurs (Bain du Cerf, Bain de Diane…). Pour se rendre dans ce vallon qui fi gure sur la liste du Patrimoine exceptionnel de la Région wallonne, il faut prendre sa voiture jusqu’au hameau de Sedoz (Aywaille), entre Remouchamps et Stoumont. « Il existe également de très belles promenades qui partent du gîte comme celle qui mène aux ruines du Château d’Amblève qui surplombent la rivière », suggère encore Dominique.

Depuis 2012, un nouvel espace de bien-être s’ouvre au regard du visiteur qui pénètre dans l’enceinte de l’Abbaye de Villers. Pas moins de 100 plantes médicinales choisies sur base des ouvrages d’Hildegarde de Bingen sont présentées dans un jardin de 700m2. 

Après avoir déambulé à travers les vestiges somptueux de l’église cistercienne et des bâtiments (dortoirs, réfectoires, auditorium…) qui ont constitué l’univers quotidien des moines dès le XIIIe siècle, le visiteur peut désormais découvrir un jardin de plantes médicinales tel qu’il en existait, au même titre qu’un potager et un verger, dans les monastères au Moyen-Âge. « Normalement, ce type de jardin est situé à proximité de l’infirmerie des moines, mais il nous était impossible de l’implanter là puisque l’endroit est traversé par la ligne de chemin de fer », explique Geneviève Claes, l’attachée au service promotion de l’abbaye. « Les responsables de l’ASBL gestionnaire du site ont donc jeté leur dévolu sur un espace situé à l’écart du circuit touristique habituel. Le lieu s’y prête bien puisqu’il est ensoleillé, entouré de murs, protégé des vents et alimenté en eau de source. »

C’est en 2001 que le projet de recréer un jardin dans les ruines a été lancé par l’ASBL Abbaye de Villers-la- Ville suite à la fermeture, en 1997, en raison des fouilles archéologiques, d’un jardin de ce type à proximité de la Porte de Bruxelles (côté ouest de l’abbaye). Le projet a cependant dû patienter jusque 2005 avant de prendre forme grâce à la Fondation Yves Rocher - Institut de France qui a apporté non seulement son expérience dans le domaine des jardins médiévaux, mais également son soutien pour sa réalisation matérielle. Le jardin de 700 m2 que l’on peut découvrir aujourd’hui et qui est ouvert toute l’année n’est cependant pas une reproduction à l’identique, mais une évocation d’un jardin médicinal monastique au Moyen-Âge.

Joindre l’utile à l’agréable

« Les moines ayant pour principe la vie en autarcie ont toujours cherché à produire tout ce dont ils avaient besoin pour leur consommation, explique Dominique Sartiaux, l’une des guides de l’abbaye. En cultivant ces plantes, ils avaient à portée de main des aliments qui faisaient office de premiers médicaments. Mais à côté de cette fonction utilitaire, les jardins monastiques de plantes médicinales jouaient également un rôle symbolique et méditatif, puisqu’ils élevaient l’esprit et permettaient de retrouver équilibre et bien-être. »

L’espace est composé de deux parties : le jardin des carrés et le jardin sauvage. Le premier, linéaire, est composée de huit carrés en plessis de châtaigner. Au centre trône une fontaine en pierre bleue façonnée par les tailleurs de la carrière de Sclayn (Andenne) et de laquelle coule quatre jets représentant les quatre fleuves du paradis. Pour les moines, en effet, le jardin est le reflet de celui-ci et tout doit y rappeler la perfection et la beauté divine. Le second, en courbe, évoque la nature non domestiquée. Des arbres, des arbustes, une petite mare et… un hôtel à insectes en constituent le décor.

La source principale retenue pour le choix des plantes du jardin de Villers-la-Ville est l’oeuvre d’Hildegarde de Bingen, abbesse rhénane du XIIe siècle qui fut canonisée par Benoît XVI en 2012. « Cette abbesse étant originaire de la vallée du Rhin, elle décrit donc dans ses traités de médecine des plantes pouvant convenir à nos régions, justifie la guide. En outre, elle a eu des contacts épistolaires réguliers avec les moines de l’Abbaye de Villers qui lui ont posé pas moins de 38 questions d’ordre philosophique et religieux ! »

Hildegarde et la théorie des humeurs

Femme savante à laquelle on doit également, outre des ouvrages scientifiques, des textes saints et des chants, Hildegarde de Bingen croyait à la théorie des humeurs basée sur les écrits d’Hippocrate et sur laquelle reposait toute la médecine jusqu’au XVIIe siècle. Selon cette théorie, qui a conduit Baudelaire à écrire « Les Fleurs du mal », le comportement de l’homme est caractérisé par quatre humeurs et tempéraments correspondant aux quatre éléments : le bilieux et le feu (chaud et sec), le sanguin et l’air (chaud et humide), l’atrabilaire et la terre (froide et sèche), le flegmatique et l’eau (froid et humide). « Un déséquilibre entre ces humeurs engendre la maladie, explique Dominique Sartiaux. L’harmonie peut être rétablie par un régime alimentaire approprié et des préparations à base des plantes soignant l’humeur déficiente. »

C’est ainsi que, dans les six premiers carrés du jardin de l’abbaye – les deux derniers sont réservés aux plantes utilisées pour confectionner des textiles et pour leur teinture –, les plantes ont été réparties selon leur degré de chaleur et d’humidité. Dans le carré « plantes chaudes et sèches », on trouve, par exemple, l’hellébore fétide, que Hildegarde utilisait pour lutter contre les fièvres, la goutte, les brûlures à l’estomac et la jaunisse, alors que dans la catégorie « plantes froides et humides », la pulmonaire cuite dans du vin est hautement recommandée par l’abbesse « si on a le poumon enflé au point d’étouffer et d’avoir peine à retrouver son souffle ».

Avec des remèdes aussi simples, il n’est nul besoin de médecins, direz-vous. Essayez cependant de faire avaler cela à Argan, le « Malade imaginaire » de Molière, qui viendra geindre dans les ruines de l’abbaye cet été et qui entre en fureur quand on lui dit qu’il se porte bien. « Si on est enclin à la colère, prendre de la rose et à peine moins de sauge, réduire en poudre et, au moment où la colère jaillit en soi, présenter cette poudre devant les narines », conseille Hildegarde de Bingen qui, décidément, a réponse à tout.

 

Renseignements :

Abbaye de Villers

Rue de l’Abbaye 55

B-1495 Villers-la-Ville

+32 (0)71 88 09 80 [email protected] www.villers.be

 

LE JARDIN DU BIEN-ÊTRE

Depuis trois ans, l’Abbaye de Villers-la-Ville propose un panel d’activités « nature et bien-être » autour de son jardin d’inspiration médiévale : des balades nature, des visites guidées et des ateliers d’herboristerie (voir programme sur www.villers.be). Cette année, le point d’orgue de ces activités estivales aura lieu les 26 et 27 septembre. Le temps d’un week-end, le site se transformera en un « Jardin du bien-être » aux découvertes foisonnantes. Si le coeur de l’abbaye accueillera des stands dédiés au bien-être au naturel (huiles essentielles, cosmétiques, réflexologie, coaching, cuisine saine…), un autre espace fera la part belle aux aménagements de jardin et aux créateurs d’espaces verts, tandis que des herboristes et producteurs de plantes aromatiques proposeront des ateliers, dégustations et initiations gratuites. Le tout agrémenté de balades à la découverte d’herbes aromatiques et d’ateliers culinaires. Sans oublier le marché du terroir…

 

900 ANS D’HISTOIRE

L’Abbaye de Villers est une ancienne abbaye cistercienne située sur le territoire de la commune de Villers-la-Ville, en Brabant wallon. Fondée en 1146, sous l’impulsion de saint Bernard, par un abbé et des moines venus de Clairvaux (Champagne), sur un site présentant différents avantages (une vallée suffisamment retirée, de l’eau en abondance – la Thyle – et des matériaux de construction à portée de main), l’abbaye fut cependant complètement reconstruite durant le XIIIe siècle, époque de son apogée spirituelle et temporelle.Elle aurait compté en ce temps une centaine de moines et trois fois plus de convers. Le domaine, placé sous la protection des puissants ducs de Brabant, englobait alors une dizaine de milliers d’hectares, répartis entre Anvers et Namur.

Du XVIe à la fin du XVIIe siècle, l’abbaye connaît une succession de périodes calmes et troublées, durant lesquelles les moines quittent les lieux à neuf reprises pour des raisons d’insécurité. Le XVIIIe siècle constitue, en revanche, le second âge d’or de l’abbaye. Saccagée en 1789 par l’armée autrichienne et en 1794 par l’armée française, l’abbaye est pillée en 1814 par la population locale. Le XIXe siècle la voit tomber en ruines, ce qui a pour effet d’attirer les romantiques, dont Victor Hugo. En 1892, elle devient propriété de l’État belge qui entreprend rapidement sa restauration. En 1972, les ruines sont classées comme site et monument historique. Un chantier de consolidation d’envergure s’ouvre en 1985, tandis que des travaux de valorisation et de réunification démarrent en 2010. Les ruines sont aujourd’hui inscrites au patrimoine immobilier exceptionnel de la Région wallonne.

 

En 2013, deux jeunes Montois ont l’idée de concevoir des verrines à base de pomme de terre. Aujourd’hui, ces produits écologiques se dévorent comme des petits pains !

Les études mènent à tout à condition d’avoir des idées sous la dent. Hélène Hoyois est graphiste et webdesigner, Thibaut Gilquin est architecte d’intérieur. Ensemble, ces deux jeunes Montois, qui se sont rencontrés sur les bancs des Arts au Carré (Arts2), ont imaginé, dessiné et construit non pas des sites Internet ou des espaces ingénieux et confortables mais des… verrines mangeables. Exit ces petits récipients en plastique dont vous ne savez que faire après avoir ingurgité la pulpe d’avocat, le fromage frais et les lamelles de saumon recouvertes d’oeufs de truite. Leurs verrines « Do Eat », à base de pomme de terre et d’eau, se dégustent en même temps que les mets qui les garnissent, ce qui vous permet de garder votre verre de champagne en main !

Marre de la plonge !

« En réalité, c’est après une soirée devant la télévision, notre plateau repas sur les genoux, qu’Hélène a lancé l’idée, sous forme de boutade, de concevoir une assiette qui soit comestible de façon à ne plus devoir faire la vaisselle », explique Thibaut, en reconnaissant que la fainéantise a souvent servi de catalyseur aux grandes inventions. « De l’assiette, nous sommes passés à la verrine après avoir mesuré, lors de vernissages – car nous sommes passionnés d’art –, l’ampleur des déchets générés par la vaisselle jetable à l’issue des cocktails. » Après quelques essais et tâtonnements, le prototype imaginé par Thibaut a pris la forme d’une verrine à base de fécule de pomme de terre, un petit récipient craquant et croquant, très pratique lors des apéritifs et autres cocktails dînatoires. « J’avais eu l’occasion de travailler la matière de la pomme de terre et je savais que la texture de sa fécule avait plusieurs avantages par rapport à l’amidon du blé, du maïs ou de la banane », explique Thibaut.

Soutenus par NEST’up

 Début 2013, le couple décide de soumettre son projet à l’appréciation de NEST’up, l’accélérateur de start-up soutenu par Creative Wallonia. En guise d’avis, ses responsables les persuadent que l’idée pourrait aboutir à la création d’une société si elle était davantage creusée. Voici donc Hélène et Thibaut enfermés pendant trois mois à l’Axisparc de Mont-Saint-Guibert, dans un espace réservé à la formation de jeunes créateurs. « Nous n’avions aucune notion de l’aspect commercial d’une entreprise, explique Hélène. L’équipe de NEST’up nous a donc appris à élaborer un business plan et un plan financier, à commercialiser notre produit (nom, logo…) et à le défendre devant des partenaires et financiers. » Un coaching intensif qui, en septembre 2013, a conduit « Do Eat » sur les fonds baptismaux. Depuis un an et demi, ses produits sont en vente en magasin sous forme de packs de 25 verrines toutes faites, leurs formes présentant, au choix, les contours d’un lotus, d’une cuil- lère, d’une pirogue et d’une tulipe. « La fécule de pomme de terre nous est fournie par une entreprise agro-alimentaire néerlandaise. » explique Thibaut. Quant à la fabrication et l’imperméabilisation des verrines, elles sont réalisées par les Ateliers de Tertre, à Saint-Ghislain, une entreprise de travail adapté oeuvrant à l’insertion professionnelle de personnes handicapées. En attendant, le couple réfléchit au développement d’une machine spécifique car les demandes ne cessent de croître, tant en Wallonie et à Bruxelles que dans les pays voisins.

Génération W

 Installée dans l’Axisparc de Mont-Saint-Guibert, la nouvelle entreprise a réussi à forcer les portes des palais gourmands non seulement des particuliers, par le biais de magasins spécialisés et autres épiceries fines, mais aussi des grands chefs tels que Jean-Philippe Watteyne (iCook, Mons), Clément Petitjean (La Grappe d’Or, Torgny) et Ludovic Vanackere (L’Atelier de Bossimé, Loyers), sans oublier l’omniprésent Sang Hoon Degeimbre (L’Air du Temps, Liernu). Soit plusieurs cuisiniers faisant la promotion du terroir wallon au sein de « Génération W ». « De clients, ceux-ci sont devenus nos partenaires, explique Thibaut, puisqu’ils ont accepté de nous confier quelques recettes de verrines que nous glissons dans nos packs. » Pour Hélène, le succès des verrines provient de leur originalité et de leur côté pratique, mais aussi de leur recette, saine et naturelle, sans matières grasses ni additifs, qui contribue à la préservation du goût des préparations qu’elles contiennent, qu’elles soient sucrées ou salées. « En outre, c’est un produit écologique », souligne la jeune entrepreneuse qui annonce l’apparition prochaine sur le marché de verrines à monter à l’aide d’un kit « Do Eat Yourself ». « D’une certaine façon, les gens “ feront” quand même leur vaisselle ! » lance, en plaisantant, Thibaut.

www.doeat.com

C’est le nom de la maison de vacances « wellness » de Marc et Nathalie Labranche, à Houffalize. Un magnifique bâtiment parfaitement intégré dans l’environnement du Parc naturel des Deux Ourthes.

Vous aimeriez passer vos vacances au bout du monde mais vous avez les voyages en horreur ? Pas de problème. Filez dans les Ardennes, prenez l’autoroute E25, quittez-la à Houffalize et faites une dizaine de kilomètres vers l’Ouest. Vous voilà à Engreux. C’est le nom de ce village d’une centaine d’habitants (on ne compte pas les nutons, trolls et farfadets qui peuplent l’auberge du Vieil Engreux !), situé « au bout du monde » parce que la route ne mène nulle part. Si vous cherchez à passer coûte que coûte, vous tomberez dans l’Ourthe, l’occidentale ou l’orientale selon votre dernier coup de volant ! En revanche, il est possible d’y loger très confortablement.

La maison de vacances de Marc et Nathalie Labranche est un centre « wellness » pouvant accueillir jusqu’à 22 personnes. Il est équipé d’une piscine intérieure, d’un sauna, d’un jacuzzi et de divers équipements récréatifs à l’attention des familles qui totalisent 70 % de sa clientèle. « Voici quelques années, nous avions aménagé quatre gîtes dans une maison du village, explique la propriétaire. Nous avons décidé de faire de même avec cette ancienne ferme dont il ne restait quasiment plus que les murs. Nous avons bien sûr dû revoir tous les volumes. Les travaux se sont étalés sur trois ans mais le jeu en valait la chandelle car nous aimons les contacts et nous voulions faire partager notre passion pour cette région. Celle-ci n’a certainement pas de meilleur ambassadeur que mon mari. C’est le fils de l’instituteur du village. Il est né ici et est indéracinable. »

Ouverte depuis 2010, cette maison du bout du monde est aussi le reflet du savoir-faire houffalois car c’est à un artisan de l’entité que l’on doit tout le travail du bois : parquets, escaliers, meubles… « Nous avons veillé à intégrer le bâtiment dans son environnement, c’est pourquoi vous ne verrez pas la moindre brique, explique Nathalie qui s’est, quant à elle, plus particulièrement attelée à la décoration. J’ai opté pour une couleur différente dans chacune des neuf chambres. Le rustique a été choisi pour celles qui ont conservé des pans de murs anciens, tandis que les autres sont résolument contemporaines. Pour les murs, j’ai flashé sur les oeuvres d’un artiste liégeois. »

Soucieux de mettre en avant les attraits de leur village, Marc et Nathalie se sont efforcés de disperser ci et là des éléments en forme de carte de visite. Ainsi, dans le petit salon, les photographies accrochées au mur sont d’originales invitations à découvrir les joies de la randonnée, du VTT, du kayak, de l’escalade, de la pêche à la mouche… Autant d’activités que propose le Parc naturel des Deux Ourthes dont les vacanciers peuvent admirer un bel échantillon depuis la large terrasse en bois qui fait office de toit à la piscine. « À certains endroits, on se croirait au Canada ! », assure la propriétaire en contemplant la vallée. ■ 

 

À voir, à faire

La balade du tour du lac

Si la route qui mène à Engreux s’arrête à la sortie du village, les promeneurs, eux, sont invités à poursuivre jusqu’au confluent des deux Ourthes où le centre Adeps propose de multiples activités dans et autour de l’eau. « Partant de là, vous pouvez faire une jolie balade à pied jusqu’au lac et au barrage de Nisramont », suggère Nathalie, qui signale que l’on peut aussi louer des VTT à Houffalize. « La région est le paradis des mountainbikes ! »

Autres curiosités et activités

Le Parc Houtopia à Houffalize (www.houtopia.be), la brasserie de la Chouffe à Achouffe, le Ravel entre Houffalize et Bastogne, la ville de Bastogne, ses musées et le mémorial du Mardasson, le château de La Roche-en- Ardenne… Et pour ceux qui viendront le premier week-end d’août, le Carnaval du Soleil à Houffalize.

 

Renseignements

www.ardennes-etape.com

Pour le plaisir de recevoir

« Rien ne nous procure autant de plaisir que de recevoir un appel de personnes qui avaient découvert nos chambres par hasard et qui demandent à revenir ! C’est quand la satisfaction d’être bien accueillis répond au plaisir de recevoir que des liens se tissent. »

Partant de cette réflexion d’Alain et Cécile Dive, on comprend aisément pourquoi ce couple de Namurois, installés dans cette maison familiale à Dave voici près d’un quart de siècle, a décidé d’aménager deux chambres d’hôtes dans une partie de l’habitation. Mais le plaisir de faire des rencontres n’est pas l’unique moteur de cette aventure. « J’étais une maman au foyer, explique Cécile. Quand nos trois enfants ont atteint l’âge de voler de leurs propres ailes, je me suis mise en quête d’une nouvelle occupation. Et comme mon mari et moi avons l’habitude de loger dans des chambres d’hôtes quand nous partons en vacances, la solution fut vite trouvée. »

Un ancien fenil

L’emplacement aussi. L’habitation d’Alain et Cécile se prolonge d’une partie plus ancienne, une petite ferme datant de la deuxième moitié du XIXe siècle. Cette partie, qui depuis de nombreuses années ne faisait plus office que de garage et de remise, ne devait pas être très compliquée à restaurer. « C’est en tout cas ce que nous croyions ! » sourit Alain. « Mais nous nous étions dit "Tant qu’à faire quelque chose, faisons-le bien !" Résultat ? Cela nous a pris quinze mois pour transformer le rez-de-chaussée en pièce de séjour et aménager deux chambres avec salle de bain à l’étage. Il a fallu refaire toute la toiture, couler une chape pour construire l’une des chambres – l’autre a été aménagée dans l’ancien fenil –, amener l’eau pour les sanitaires, placer des radiateurs car un seul feu de bois ne suffisait pas… Finalement, nous n’avons conservé des pièces initiales que les murs ainsi que les emplacements des portes et fenêtres. »

Une entrée particulière et une pièce de séjour

Le résultat est à la hauteur de leurs efforts. L’entrée particulière et la pièce de séjour, qui fait office de petit salon et de salle à manger à l’heure du petit déjeuner, constituent un luxe inespéré pour qui aime faire halte dans des chambres d’hôtes. Celles-ci ont chacune leur caractère. La chambre « rive droite » (de la Meuse), dominée par l’ancienne charpente de la ferme que le couple a bien sûr tenu à conserver, charme ceux qui aiment les boiseries et l’intimité. La chambre « arc-en-ciel » séduit par ses couleurs chaudes et ses dimensions. « Nous avons fait construire les meubles sur mesure, précise la maîtresse de maison. Nous voulions quelque chose qui soit esthétique et astucieux, aussi bien pour les tablettes de lit et le petit coin bureau que pour la toilette que nous avons réussi à dissimuler derrière des portes placards ! » Cerise sur le gâteau, de la chambre ciel à la chambre rive, les cimaises sont garnies de quelques peintures dues au talent d’une artiste locale et amie du couple, Françoise Dumont, dont le vernissage des œuvres a eu pour cadre les chambres d’hôtes et le rez-de-chaussée de la maison. 

Un petit déjeuner aux fruits maison

Puisque Cécile aime recevoir, elle ne peut pas lésiner sur la qualité des petits déjeuners qu’elle sert dans la pièce d’accueil. « C’est un buffet très complet, annonce-t-elle. A côté des yaourts, omelettes et charcuteries, je propose également des gâteaux et des confitures maison. Je vais chercher les fruits dans une ferme de la région. Des fraises, des framboises, des abricots… selon les saisons. » Et son mari de conclure, « Nous ne cherchons pas à remplir nos chambres à tout prix. Il faut que cela reste un plaisir et que nous soyons toujours suffisament dispos pour accueillir nos hôtes le mieux possible ! »

 

Chambres d'hôtes "Entre ciel et rivage"

Rue de l’Ecole, 79

B-5100 Namur

+32 (0) 81 40 22 12

+32 (0) 477 37 13 96

[email protected]

www.entrecieletrivage.be

 

À VOIR, À FAIRE

Namur et les Jardins d’Annevoie

Leurs hôtes ? Si Alain et Cécile hébergent parfois des hommes et des femmes d’affaires, leur clientèle se compose principalement de néerlandophones venus se divertir le temps d’un week-end. Soit en participant à un événement ponctuel (brocante de Temploux, Festival du Film Nature à Namur…), soit en optant pour une balade à pied ou à vélo (le Ravel longeant la Meuse, certains cyclistes font une halte à Dave). À leurs locataires qui ciblent plutôt les activités touristiques, le couple propose la visite du vieux Namur et de la Citadelle, ainsi que la découverte du village de Mozet (Gesves) classé parmi les plus beaux de Wallonie. Mais le coup de cœur de Cécile, ce sont les Jardins d’Annevoie. Quoi de mieux qu’une promenade détente au milieu d’un site verdoyant faisant partie du Patrimoine majeur de Wallonie avant de finir la journée autour de l’une des nombreuses bonnes tables – l’Atelier de Bossimé et l’Eau Vive (à Arbre) ne constituent que la partie immergée de la gastronomie mosane – de la région ?

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

En collaboration avec : 

Un gîte rustique aux portes d’un domaine royal

Ferage. Treize maisons, un château, une chapelle, un chêne et un tilleul multi-centenaires, et une poignée d’habitants enracinés dans le paysage. Le temps n’a pas de prise sur ce hameau du village de Mesnil-Eglise (Houyet). Et pour cause : le château de Ferage et ses terres attenantes, au même titre que les châteaux voisins de Fenffe, Villers-sur-Lesse et Ciergnon, font partie de la donation royale, c’est-à-dire de l’héritage de Léopold II à l’État belge. Ce patrimoine est donc protégé et les nouvelles constructions interdites. Un enfant du village, comme Manon Rauwers, qui reviendrait au pays après un long exil en Amérique du Sud, y reconnaîtrait tous les siens sans peine. « C’est un endroit hors du temps, je ne pourrai plus vivre ailleurs ! » lance cette enseignante qui a découvert ce coin du Condroz en 1963, alors âgée de cinq ans, quand ses parents, attirés par la nature et la chasse, ont décidé de quitter Schaerbeek pour occuper le petit château de Ferage, vestige de l’ancienne seigneurie acquise par Léopold Ier. « C’est là que j’ai grandi, explique-t-elle. Mon père y vit toujours. À sa mort, mon frère aîné deviendra le locataire prioritaire, mais nous ne pourrons jamais l’acheter… »

L’empreinte d’un artiste-ébéniste

Qu’à cela ne tienne. Manon est aujourd’hui propriétaire d’une très belle maison de caractère sur la place du hameau, à côté de la chapelle et du minuscule cimetière où repose sa maman. La bâtisse est divisée en deux parties. L’une, côté jardin, constitue son domicile privé ; l’autre, côté rue, a été aménagée en gîte pouvant accueillir six personnes. Mais pas n’importe quel gîte ! « La Source de Manon », comme elle se devait de le nommer, est marquée de l’empreinte de son frère cadet, un ébéniste qui eut l’envie, en 2000, de mettre entre parenthèses ses traditionnelles commandes de meubles afin de consacrer son énergie et son imagination à la rénovation d’une vieille grange du début du XXe siècle. Une mue complète puisqu’à partir des quatre murs et du toit, l’artiste a échafaudé, sur trois niveaux, une succession de pièces magnifiques où le bois, bien sûr, s’est taillé une place royale.

« Je revenais du Surinam où j’avais vécu plusieurs années quand Igor s’est lancé dans ce travail avec son ouvrier. Je l’ai aussitôt persuadé de scinder le bâtiment en deux parties distinctes. De cette façon, je disposais d’un logement et lui d’une rentrée financière fixe. Le travail terminé, j’ai rapidement pris en main la gestion et la promotion du gîte. Et, en 2010, quand j’ai été en mesure de lui racheter la maison, j’y ai effectué quelques transformations d’ordre pratique. Le salon étant très grand – il était prévu pour accueillir des biodanseurs ! –, je l’ai coupé par un mur circulaire blanc en veillant à mettre en évidence la très belle mosaïque qu’il avait dessinée sur le sol et j’ai cassé un ancien mur afin d’agrandir la salle-à-manger. Le gîte est aujourd’hui reconnu trois épis par le Commissariat général au Tourisme et il ne désemplit plus ! Il a trois chambres, dont l’une convient plus particulièrement pour des enfants, mais son atout majeur, c’est indiscutablement le living. Ses proportions sont parfaites ! »

Une chambre secrète et une femme enceinte

Un living où se mêlent harmonieusement le savoir-faire d’un artisan et le goût de sa sœur pour la décoration exotique. Car si les troncs d’arbre artistiquement travaillés par Igor meublent habilement l’espace, l’âme de Manon plane dans chaque recoin. Les locataires seront séduits par les sculptures sauvages qui hantent le salon, les formes travaillées de la table en chêne de la salle-à-manger et les parois en bois brut du living, avant de s’interroger sur le sens d’œuvres murales en provenance du Surinam et de Turquie. Et s’ils parviennent à trouver la « chambre secrète » sans l’aide de la maîtresse de maison, parions qu’il leur faudra un moment avant de voir qu’une femme enceinte habite également les lieux…

Couvée par le tilleul légendaire qui domine la place, « La Source de Manon » n’est pas seulement un gîte où il fait bon se détendre en profitant de l’environnement ; c’est aussi l’occasion d’un retour aux origines, aux vraies valeurs, au questionnement. Et si le temps s’était arrêté là pour souffler, lui aussi ?

 

Gîte de Wallonie « La Source de Manon »

Ferage, 11 bte 1

B-5560 Houyet

+32 (0)82 22 72 76

+32 (0)477 93 03 79

[email protected]

www.lasourcedemanon.be

 

À VOIR, À FAIRE

La promenade du golf d’Ardenne et la halte royale

« Ma clientèle est composée à 95% de néerlandophones, explique Manon, qui a heureusement appris le néerlandais au Surinam. S’il y a des enfants, j’oriente tout ce petit monde vers les grottes de Han, le parc de Furfooz ou le domaine de Chevetogne. La région regorge également de très beaux châteaux comme celui de Lavaux-Sainte-Anne ou celui de Vêves, aussi appelé le château de la Belle au Bois Dormant. Si mes locataires veulent faire la descente de la Lesse, je leur conseille de préférence le petit parcours à partir de Gendron car l’autre est fort long et très fréquenté. Mais les deux points forts de la région sont le Ravel Houyet-Jemelle, qui est magnifique, et le réseau de promenades balisées en forêt. Personnellement, j’ai un coup de cœur pour la promenade du Golf d’Ardenne qui fait 6,3 kilomètres à partir d’Houyet. Elle traverse ce golf majestueux, qui fait également partie de la donation royale, et permet de découvrir l’ancienne gare privée où Léopold II et ses invités descendaient avant d’être véhiculés en calèche vers le château d’Ardenne qui était alors un hôtel très luxueux. Celui-ci a brûlé en 1968, mais les vestiges de cette halte royale sont toujours là. On dirait un petit château féodal en ruines. Une étrange vision en bordure de la voie ferrée ! »

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

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