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Les châteaux de La Hulpe et d’Enghien pour Le Maître de musique, le poste frontière de Macquenoise pour Rien à déclarer, l’aéroport de Bierset pour Illégal, la Citadelle de Namur pour Le vélo de Ghislain Lambert… À côté de ces exemples connus, des dizaines d’autres lieux en Wallonie accueillent chaque année des tournages de films belges ou étrangers en coproduction. Focus sur le B.A.T.C.H., le Bureau d’Accueil de Tournage Cinéma en Hainaut !

Qu’ils s’appellent Gérard Corbiau ou Dany Boon, Jaco Van Dormael ou Bouli Lanners, les réalisateurs sont constamment à la recherche de l’écrin idéal pour leurs images. Mais s’il est aisé de trouver un aéroport ou une citadelle, c’est moins évident s’il s’agit d’une ferme en carré avec écuries, d’un café rétro dans une vieille rue pavée ou d’une ligne de métro désaffectée. Afin de les aider, plusieurs bureaux d’accueil des tournages ont vu le jour : le Clap ! (pour les provinces de Liège, de Luxembourg et de Namur), l’Agence du film Brabant wallon et – le plus ancien des trois – le B.A.T.C.H. (Hainaut).

« Le B.A.T.C.H. a été créé en 2004 par l’asbl Hainaut Cinéma, explique Marc Bossaerts, le responsable du bureau, qui est aussi photographe de plateau. C’est le film d’Olivier Assayas, “Les destinées sentimentales”, dont des scènes avaient été tournées à la Faïencerie royale Boch, à La Louvière, qui a servi de déclic aux responsables de la Province. Ceux-ci y ont vu un double intérêt : rehausser l’image du Hainaut et générer de l’argent pour la région. » Chapeauté aujourd’hui – comme les deux autres bureaux – par Wallimage et également aidé par la Région wallonne, le B.A.T.C.H. propose, parmi ses nombreux services aux professionnels du cinéma, une banque de décors. « Chaque année, quelque cent dossiers sont introduits chez nous, dont un tiers aboutit. Les paysages anciens, les châteaux – ceux de Louvignies et de Beloeil – et les friches industrielles, constituent les sites les plus recherchés en Hainaut. Ainsi, pour “Largo Winch 2”, Jérôme Salle est venu tourner une scène de poursuite dans l’usine Carsid à Marcinelle. »

Si Marc Bossaerts est souvent amené à jouer la débrouille – quand Philippe Reypens cherchait une cabane style Montana au bord d’une rivière sauvage, le B.A.T.C.H. lui a trouvé un… chalet scandinave au bord d’un lac et le réalisateur a adapté son scénario –, il y a parfois matière à s’arracher les cheveux. « Pour “Tango libre”, Frédéric Fonteyne recherchait une prison, comme si nous avions le sésame pour ouvrir toutes les portes* ! Une autre fois, c’était un immeuble haussmannien… En région hennuyère ! » Quand les réalisateurs ne trouvent pas chaussure à leurs pieds dans la banque de données, Marc Bossaerts et ses collègues se lancent à la recherche du site demandé. Ainsi, s’il faut trouver une maison au cachet particulier, le responsable n’hésite pas à faire du porte-à-porte afin de voir si les propriétaires accepteraient d’accueillir un tournage. Et ça marche ! « La plupart du temps, ce n’est pas l’appât du gain qui les guide, mais la curiosité et le plaisir de rencontrer les acteurs. Vous vous rendez compte : avoir Jean Dujardin dans son salon ? Quelle aubaine ! »

* Le réalisateur a finalement tourné les scènes de prison en Pologne.

 

Renseignements

Bureau d’Accueil de Tournage Cinéma en Hainaut (B.A.T.C.H.)
Rue Arthur Warocqué, 59
B-7100 La Louvière
[email protected]
www.hainaut.be/culture/sitestournage

 

Il a fait du réel son cheval de bataille. En une vingtaine de films, la plupart bardés de récompenses (Gosses de Rio, Zaïre, le cycle du serpent, Congo River, Donka, radioscopie d’un hôpital africain…), ce Carolo d’origine est sans conteste devenu le porte-drapeau d’un cinéma documentaire belge engagé.

Films artistiques, films nature, films portraits d’une communauté, films ancrés dans la réalité socio-économique d’une région, films témoins, films cris, films colère… Si elle brasse très large, la production documentaire, en Wallonie comme en Flandre, passe souvent inaperçue du public. Heureusement, les films circulent et les grands festivals internationaux (Nyon, Los Angeles, Amsterdam…) se chargent de réparer cette lacune en mettant à l’honneur nos meilleurs documentaristes, dont les plus connus au sud du pays sont les frères Dardenne, Benoît Mariage et Thierry Michel. Mais alors que les deux premiers privilégient aujourd’hui la fiction, le troisième a choisi de tisser son oeuvre dans le vécu des populations. Nous l’avons rencontré à Liège, où il partage depuis 40 ans son destin avec Christine Pireaux, directrice des Films de la Passerelle, une maison de production orientée vers la création de documentaires qui a reçu, en 1996, le prix du meilleur producteur de l’Union européenne pour Donka.

Au début de votre carrière, vous avez réalisé deux longs métrages de fiction, Hiver 60, avec Philippe Léotard, et Issue de secours, avec Philippe Volter. Depuis, uniquement des documentaires. Ceux-ci ont-ils plus de force ?
Thierry Michel — En réalité, je brouille les frontières entre les deux genres, puisque j’ai souvent demandé à des habitants de rejouer devant ma caméra des scènes de leur quotidien. Mais, bien sûr, en filmant le réel, je lui donne une puissance de vérité extraordinaire et je rends les enjeux évidents. Et puis, extraire la dignité humaine des franges défavorisées de la population, n’est-ce pas magnifique ? En outre, le documentaire me permet d’être sur la balle. Ainsi, j’étais en Iran pour filmer des manifestations contre le terrorisme quand les tours jumelles se sont effondrées à New York. J’ai pu réagir au quart de tour. Idem pour l’affaire Chebeya*. J’étais parti pour filmer un enterrement, mais une dramaturgie s’est installée et j’ai poursuivi mon élan. Je me suis trouvé comme un poisson dans l’eau en suivant ce procès.

* Floribert Chebeya Bahizire (1963-2010), assassiné en juin 2010, était un militant des droits de l’homme en République démocratique du Congo. Son assassinat a conduit à une importante enquête exigée par plusieurs grandes organisations, dont Amnesty International et l’ONU

Belgique, Brésil, Iran, Afrique… Vous avez parcouru quatre continents pour servir votre engagement, mais c’est au Congo que vous avez le plus souvent planté votre caméra puisque vous y avez réalisé dix documentaires en vingt ans. Ce pays semble vous inspirer…
TM —
J’ai toujours été sensible aux minorités exploitées, au rapport que les gens entretiennent avec le pouvoir et aux utopies. Le Congo est une mine de diamants. Il y a un sujet qui attend ma caméra à chaque courbe du fleuve. Mais d’autres prendront le relais car je suis toujours interdit de séjour là-bas suite à l’affaire Chebeya justement.

Parlons de vos ennuis avec les autorités. Vous avez été accusé d’espionnage au Maroc et arrêté à de multiples reprises, surtout au Congo, où vous avez passé deux jours dans un cachot. Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans vos prises de risque ?
TM —
Des risques, on est obligé d’en prendre si l’on veut aller au bout des choses, mais seulement si cela en vaut la peine. En Iran, j’ai même été jusqu’à provoquer les autorités car je voulais que mon équipe filme mon arrestation. Mais là, j’ai eu beaucoup de chance de m’en tirer vivant. Le risque doit rester calculé.

En 1959, Paul Meyer, que l’on considère comme le père du cinéma wallon, réalise son film culte sur le Borinage, Déjà s’envole la fleur maigre. Quinze ans après, vous enchaînez sur le même thème avec Pays noir, pays rouge. Vous a-t-il beaucoup influencé ?
TM —
J’ai rencontré Paul lors d’activités syndicales et je suis devenu son assistant. C’est afin de travailler avec lui, pour la RTBF, que j’ai quitté Charleroi pour Liège. Il m’a beaucoup appris. Il était mon maître avant de devenir un ami. Mais les bassins minier et sidérurgique du Borinage font partie de mon enfance. Mon grand-père était ingénieur et j’ai grandi dans cet univers dantesque fait de monstres de ferraille et de fumées rouges. C’est donc naturellement que ce décor s’est imposé dès mes premières réalisations à l’IAD, puis pour mes premiers longs métrages : Pays noir, pays rouge, Chroniques des saisons d’acier et Hiver 60, qui traite de la grève ouvrière qui paralysa une partie de la Belgique pendant cinq jours. Dans l’histoire de notre pays, ce fut l’évènement le plus marquant de la deuxième moitié du XXe siècle, mais les jeunes ne le connaissent pas. Mon  film, comme ceux de Paul Meyer, vise à raviver les mémoires.

« Des risques, on est obligé d’en prendre si l’on veut aller au bout des choses, mais seulement si cela en vaut la peine. En Iran, j’ai même été jusqu’à provoquer les autorités car je voulais que mon équipe filme mon arrestation. Mais là, j’ai eu beaucoup de chance de m’en tirer vivant. »


Autre similitude avec La fleur maigre : Hiver 60 a également subi une forme de censure…
TM —
Exact. Fin des années 70, la commission de la culture avait donné son accord pour que le film bénéficie de subsides, mais le monde politique francophone ne voyait pas d’un bon oeil que l’on mette en images le déclin économique de la Wallonie ! Un premier ministre a mis un veto catégorique, puis un deuxième nous a proposé d’utiliser l’argent pour traiter un autre sujet. Finalement, il aura fallu attendre une troisième législature pour que l’on nous accorde le feu vert ! Mais le financement avait fondu et c’est dans le vivier wallon que nous avons trouvé des acteurs pour donner la réplique à Philippe Léotard : Christian Barbier, Ronny Coutteure, Françoise Bette, Paul Louka, Bob Deschamps et Jean Louvet, le syndicaliste, qui a coécrit le scénario.

Et avec lequel vous avez fondé, en 1983, le Manifeste pour la culture wallonne. Un appel à un transfert de compétences près de trente ans avant la Flandre ! Cela surprend.
TM —
La Wallonie avait le sentiment que sa culture étouffait, que la capitale tirait trop la couverture à elle seule. La preuve, c’est un ministre bruxellois qui a bloqué mon film. De nombreux artistes ont signé ce manifeste dont le cinéaste Jean-Jacques Andrien et le poète Julos Beaucarne. Si la démarche n’a pas été suivie alors par le monde politique, elle n’a pas été vaine : nous avons créé de nombreux liens en nous regroupant et la Wallonie a fini par acquérir ses propres compétences. Au niveau artistique, cela a donné naissance à des évènements comme « Charleroi Danses »

Vous enseignez l’art du documentaire à l’IAD, à l’Université de Liège et à l’étranger. Comment se porte la nouvelle génération de documentaristes belges ?
TM —
Très bien. Il existe un vivier de jeunes cinéastes qui exporte notre culture à travers le monde. Mes anciens étudiants font de l’excellent travail. Je pense particulièrement à José-Luis Penafuerte qui a réalisé un portrait intime de moi intitulé L’homme de sable. Et à Jérôme le Maire qui a raflé le dernier Magritte du film documentaire… à mes dépens. Je suis fier d’eux comme je suis fier de mes racines.

 

Thierry Michel

Né à Charleroi (60 ans) 
Vit à Angleur
Profession : réalisateur
(documentariste)

Filmographie sélective :

Hiver 60 (fiction – 1982)
Gosses de Rio (1990)
Zaïre, le cycle du serpent (1992)
Les derniers colons (1995)
Donka, radioscopie d’un hôpital africain (1996)
Mobutu, roi du Zaïre (1999)
Iran, sous le voile des apparences (2002)
Congo River (2005)
Katanga business (2009)
L’affaire Chebeya, un crime d’État (2012)

Ce vendredi 27 septembre, la 28e édition du Festival International du Film Francophone de Namur aura allumé ses projecteurs sur la dernière Palme d’Or de Cannes, La vie d’Adèle. En prélude à cet évènement, Nicole Gillet, la directrice de la programmation, nous explique comment le FIFF contribue au rayonnement international du cinéma belge du sud du pays.

Vingt-sept ans déjà ! Vingt-sept ans que Namur est la vitrine de la diversité du cinéma francophone et le reflet d’une véritable identité culturelle. Vingt-sept ans que tous les acteurs de la création cinématographique francophone cheminent, depuis la France, la Suisse, l’Afrique ou encore le Québec, afin d’exhiber leur dernier-né au pied de la Citadelle. Leur espoir ? Décrocher un Bayard d’Or ! À l’image de la célèbre oeuvre sculpturale d’Olivier Strebelle qui semble vouloir s’envoler depuis la rive de la Meuse, ses répliques en format miniature permettront peut-être à quelques heureux cinéastes de franchir les frontières et de survoler les obstacles qui séparent leur oeuvre et son public.

Car si le Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) est d’abord une grande fête du cinéma qui permet aux quelque 30 000 spectateurs présents de découvrir près de 150 films en tout genre (moitié courts et moitié longs métrages), il est aussi le cadre d’un vaste marché à l’attention des professionnels. « Le festival permet effectivement à ceux-ci de se rencontrer et de discuter des films qui leur ont plu, explique Nicole Gillet, la directrice de la programmation. Cela peut se faire chaque jour au bistro Cinévox, qui est un espace réservé aux professionnels, mais surtout lors du brunch organisé à l’attention des producteurs belges et des programmateurs de festivals internationaux (Locarno, Angers, Karlovy Vary, Cannes, Rotterdam…), et lors de la séance Oser le cinéma belge que nous organisons à l’Eldorado afin de permettre aux exploitants, distributeurs, producteurs et programmateurs de découvrir – via des extraits de films à venir – l’incroyable diversité des productions belges. Ces rencontres sont de véritables tremplins. C’est ainsi que “Tango libre”, de Frédéric Fonteyne, dont nous avions montré le teaser en 2011, a fait l’ouverture du FIFF en 2012. Et que le film de Vincent Lannoo, “Au nom du fils”, a trouvé un acheteur au Québec. Mais le plus bel exemple est l’aventure arrivée aux “Barons”, de Nabil Ben Yadir. Avant son passage à Namur en 2009, la presse a ignoré le film. Après la projection, elle l’a boosté au point de lui faire réaliser un nouveau record d’audience en Belgique ! »

Pour Nicole Gillet, le cinéma belge francophone, qui constitue environ la moitié de la programmation du FIFF, connaît chaque année une diffusion croissante et rencontre donc un public de plus en plus large. « Le cinéma du sud du pays a toujours été très différent, très personnel, mais le public n’était pas conscient de sa richesse. Aujourd’hui, même si notre production est toujours le fruit d’un cinéma d’auteur, porté par les Dardenne, Lafosse, Van Dormael, Hänsel, Lanners, Mariage, Fonteyne…, elle s’exporte de mieux en mieux et remporte de nombreux prix dans les festivals. Bien sûr, 2013 n’est pas un très bon cru puisque seule Yolande Moreau nous représentait à Cannes avec “Henri”, un long métrage sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs – qui sera projeté à Namur, ndlr –, mais je suis sûre que, l’an prochain, l’occasion nous sera donnée de nous réjouir à nouveau. »

Pour s’assurer de bonnes récoltes, les organisateurs ont décidé de se pencher sur le terroir et de favoriser l’éclosion des meilleures graines. C’est ainsi que le FIFF propose, lors de chaque édition, un atelier d’expertise à l’attention des auteurs et producteurs sur le point de se jeter à l’eau. « Certains projets mériteraient en effet d’être retravaillés ou de mûrir, explique la programmatrice. Des experts sont donc présents pendant plusieurs jours afin d’analyser l’écriture, mais également de donner des conseils sur le casting, la production... Depuis 2004, cet atelier ou forum a ainsi expertisé plus de 60 projets dont un tiers a vu le bout du tunnel et est sorti en salle. À titre d’exemple, “Diego Star”, le film belgo-québécois de Frédérick Pelletier, que nous projetons cette année, a bénéficié de l’expertise du forum en 2009. »

« Le cinéma du sud du pays a toujours été très différent, très personnel, mais le public n’était pas conscient de sa richesse. Aujourd’hui, même si notre production est toujours le fruit d’un cinéma d’auteur, elle s’exporte de mieux en mieux et remporte de nombreux prix dans les festivals. »


C’est dans une optique similaire que le FIFF contribue également à l’éducation des jeunes de 3 à 25 ans, en leur proposant des activités pédagogiques sous forme d’ateliers. L’idée : les éduquer à l’image par l’image. Et un regard croisé est porté sur le cinéma belge francophone et flamand. « Afin de faire découvrir un autre pan de la culture de notre pays et d’étudier les atouts de l’un et de l’autre, nous collaborons avec le Festival du Film d’Ostende, qui a lieu début septembre et qui décerne des Ensor – l’équivalent des Magritte francophones –, explique Nicole Gillet. Plusieurs courts et longs métrages flamands sont projetés à Namur et des films belges francophones sont montrés à la Côte. »

 

Repères

 

 

Renseignements

Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF)
Du 27 septembre au 4 octobre 2013
www.fiff.be

Le Mons Memorial Museum sera un espace de questionnement autour de la guerre mais aussi une vitrine de l’histoire socioculturelle d’une région. Un retour aux sources pour le site de la Machine à eau. Date du baptême, printemps 2015.

Mons Memorial Museum. Baptisé dans un premier temps Centre d’interprétation de l’histoire militaire, le nouvel espace muséal de 3 000 m², qui viendra s’accoler sur le site de la Machine à eau, a finalement opté pour une appellation qui coiffe les différents rôles qu’il sera appelé à remplir dès le printemps 2015 : un lieu de réflexion, un musée, un espace de questionnement, un centre d’interprétation.

En effet, si le futur complexe servira bien de vitrine aux quelque 5 000 objets issus des collections d’Histoire militaire de la Ville de Mons et exposés jadis au Musée du Centenaire, il constituera surtout un lieu d’échanges intergénérationnels au coeur d’un territoire de mémoire marqué par les deux guerres mondiales qui défigurèrent le XXe siècle. « Le Mons Memorial Museum sera le fruit de deux années de réflexions menées par des historiens, architectes, spécialistes multimédias et scénographes, explique le conservateur Guillaume Blondeau. Car on ne conçoit plus aujourd’hui un musée autour d’un parcours uniquement explicatif. Nous voulions trouver un équilibre délicat entre une approche af fective des guerres et une démarche historique plus distanciée. Des espaces immersifs et des dispositifs interactifs ont ainsi été imaginés par les scénographes bruxellois, Winston Spriet et Martial Prévert, auxquels on doit, entre autres, la mise en scène du Musée Magritte. »

Concrètement, l’exposition permanente (1 200 m²) sera divisée en trois parties : la période s’étendant du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle, la Guerre 14-18 et la Seconde Guerre mondiale. Deux fils rouges conduiront les visiteurs tout au long de ce parcours : les relations entre civils et militaires d’une part, les témoignages de la population et des soldats des différentes armées d’autre part. « Les trois quarts de l’exposition seront consa crés à la vie quotidienne pendant l’occupation, commente le responsable. Il s’agira donc bien d’un territoire de la mémoire dédié à l’histoire socioculturelle et non plus à la seule histoire militaire. »

La bataille de Mons, mieux connue des Britanniques

Ville fortifiée – du XIIe au XIXe siècle –, dont l’histoire est jalonnée de batailles, sièges, incendies et reconstructions, la Cité du Doudou fut relativement épargnée par la Seconde Guerre mondiale à l’issue de laquelle elle fut l’une des premières villes belges libérées par les Américains. La Grande Guerre, en revanche, la projeta davantage sous les feux – sanglants – de l’actualité, et ce même si la majorité de la population belge s’avérerait bien incapable d’évoquer un seul fait saillant survenu durant ces quatre années de peur entre la Haine et la Trouille. Il n’en est pas de même en Grande-Bretagne, où le seul nom de la ville évoque the beginning, le commencement. « C’est lors de la bataille de Mons qu’eut lieu, le 23 août 1914, le premier affrontement entre les troupes britanniques et allemandes, raconte le conservateur. Les pertes furent très importantes et les soldats des deux camps sont enterrés côte à côte au cimetière militaire de Saint-Symphorien, un lieu symbolique fort visité par les familles britanniques ». Et le conservateur d’ajouter, souriant : « Selon la légende, les Anglais auraient été aidés par des anges guerriers… Ce thème fera d’ailleurs l’objet d’une prochaine exposition temporaire. »

Et en temps de paix…

Après quelques tâtonnements, c’est donc la Machine à eau, dont le hall industriel fut rénové dans les années 1990, qui a été choisi comme écrin pour le nouvel espace muséal. Un lieu historique puisque les bâtiments furent érigés en 1870-1871 afin d’alimenter la ville en eau potable. La Trouille fut alors détournée afin de servir de force motrice à la machinerie chargée de pomper l’eau de source jusqu’au parc du beffroi, point culminant de la ville. Les façades de ce bâtiment situé boulevard Dolez – du nom du bourgmestre de Mons qui fit procéder à sa construction – étant classées, l’Atelier d’architecture Pierre Hebbelinck et De Wit (Liège) a imaginé de bâtir les deux salles d’exposition de part et d’autre du hall d’origine qui servira de lieu central d’accueil. Le courant s’est donc inversé. Après avoir servi à distribuer l’eau dans les chaumières pendant près d’un siècle, la Machine à eau deviendra un lieu de convergence pour la mémoire collective. Un retour aux sources, en quelque sorte. Nul doute que son inauguration, qui s’inscrira parmi les festivités organisées en 2015 dans le cadre de « Mons, capitale européenne de la culture », se fera en grandes pompes !

La légende des Trolls, Les étoiles du désert, La route du vin… À Heyd (Durbuy), l’hôtel La balade des gnomes fait le tour de la planète en dix chambres de rêve.

Si Durbuy est présentée comme la plus petite ville du monde, La balade des gnomes est peut-être l’hôtel le plus étrange du globe. L’adresse seule, rue du Rémouleur (rowe dè Remoleu), suffit à aiguiser la curiosité. Mais alors que l’on s’attend à pénétrer dans la Wallonie de nos aïeux, celle des artisans et vieux métiers, c’est un énorme cheval en bois qui semble brouter la cime des arbres voisins qui nous accueille. « Notre cheval de Troie est prévu pour quatre », annonce d’emblée Nathalie Noël, la propriétaire, histoire de nous mettre en selle pour un voyage insolite. « L’ensemble est construit sur deux étages, dans un style médiéval. Les clients entrent par un petit pontlevis et, le matin, notre personnel vient suspendre leur panier déjeuner au bout d’une corde, sous leur fenêtre ! Nous avons aussi installé un poste d’observation sur la vallée dans la tête du cheval… »

Tant d’imagination galopante nous aurait désarçonné si la dame ne nous avait pas tenu par la bride. « Venez ! Je vous emmène faire un tour du monde au petit trot. Nous avons neuf autres chambres à thème, toutes imaginées et conçues par Dominique, mon mari. Les clients partent justement, vous allez pouvoir recueillir leurs impressions. »

La clientèle ? Alors que Durbuy attire en grande majorité des néerlandophones, celle qui a débarqué chez les Noël la veille de la Toussaint est composée à 90 % de francophones. Des couples autour de la trentaine – parfois en voyage de noces – venus se promener dans la région et passer un moment tranquille. « Nous avons choisi la hutte africaine de Zobabou-Bou, explique un jeune Bruxellois. Dans la douche, l’eau arrive par des conduites en bambou ! » « C’est la troisième fois que nous venons et, à chaque fois, nous essayons une autre chambre », enchaîne un couple de Cinaciens en émergeant de La cabane dans la forêt. « Nous, nous reprenons chaque fois la même, la Casa Tireli-rela, qui est meublée et décorée dans le style andalou, explique une Mouscronnoise. On dort dans une vieille charrette et on se détend dans le sauna ».

Un vignoble dans la chambre

À chaque client sur le départ, Nathalie propose de faire le tour des chambres. Sur trois étages, ce ne sont que des cris d’admiration. Dans L’île de Macquarie, le lit est installé dans un véritable voilier qui tangue doucement sur l’eau. Décorée de tonneaux et de bouteilles, surmontée d’une vraie vigne, la chambre La route du vin plonge les locataires au coeur d’un vignoble alsacien… Faut-il le dire ? Il convient de réserver de longues semaines à l’avance pour avoir la chambre de ses rêves. « Mais nous n’acceptons pas les groupes, précise la propriétaire. L’établissement n’est pas aménagé pour des rassemblements. En revanche, il y a un restaurant à côté, La gargouille. C’est mon mari et moi qui nous en occupions, mais nous l’avons remis car Dominique a sans cesse besoin de nouveaux projets. »

Artiste autant qu’artisan, Dominique Noël fabrique de ses mains tout ce qui sort de sa tête : les boiseries, le mobilier, la décoration, les mosaïques, la ferronnerie…


« J’ai commencé à concevoir des habitations pour les autres, explique cet architectedesigner, mais arrivés à un certain stade du projet, les gens prenaient peur. Depuis dix ans, je ne construis donc plus que pour moi-même, ainsi je suis sûr que le client me suivra jusqu’au bout ! » Artiste autant qu’artisan, Dominique Noël fabrique de ses mains tout ce qui sort de sa tête : les boiseries, le mobilier, la décoration, les mosaïques, la ferronnerie… Tout, à l’exception des vitraux et du gros oeuvre en plomberie et électricité. Aujourd’hui, cet orfèvre est en train de terminer une maison en forme de bateau renversé, dans le village voisin de Wéris, à 20 mètres de l’endroit où il est né voici 46 ans. Le couple devrait y emménager bientôt. « Cette maison est une synthèse de tout mon savoir-faire », annonce celui qui attaquera ensuite la construction de deux gîtes très particuliers en face de La balade des gnomes : l’un dans une roulotte organique, l’autre dans un… arbre magique. « J’ai déjà trouvé mon arbre, un frêne de huit tonnes ! On passera d’une pièce à l’autre par des passerelles et des ponts de singe. »

Encore un projet « ouf », penseront les visiteurs. « Quand nous avons vu ces chambres, nous nous sommes dit que le gars qui les avait imaginées devait fumer de l’herbe ou consommer des champignons hallucinogènes, commente une cliente. Mais c’est très bien, qu’il n’arrête surtout pas ! »

Le Brabant wallon est une zone économique en fort développement dont la dynamique entrepreneuriale convient d’être encouragée. Les trente coopérateurs qui, en novembre 2005, ont créé le Cercle du Lac dans la ville universitaire de Louvain-la-Neuve, l’ont bien compris. Outre la volonté d’entreprendre, le cercle naissant avait pour objectifs d’établir des passerelles entre les milieux académiques, politiques et le monde de l’entreprise, de faciliter les échanges entre les milieux de la recherche, de la finance et du management, et de constituer un tremplin pour les futurs et jeunes managers. Mission réussie : en huit ans, ce « carrefour rencontre des entrepreneurs » a ainsi organisé plus de 1 600 évènements et compte désormais plus de 850 membres. Venus du Brabant wallon, de Bruxelles, de Namur…

Mais qui n’évolue pas s’engourdit. À l’étroit dans les locaux de l’Aula Magna, le Cercle du Lac a intégré cet été un nouveau bâtiment dans le Parc Einstein, sur un terrain appartenant à l’UCL. L’investissement, de 7,2 millions €, a bénéficié du soutien de la Wallonnie et d’un pool financier privé.

Quant à l ’édifice, qui est construit sur pilotis, il déploie sur une superficie de 3 260 m² une architecture résolument moderne axée sur le développement durable. Il est l’oeuvre de Patrick van der Straeten et Alberto Fernandez-Goas (Group Sigma, Wavre). « Deux impératifs ont dicté sa conception, explique Serge Verhaegen, le président du Cercle du Lac. Primo, nous voulions qu’il soit modulable afin de permettre de multiples aménagements et, par respect pour la nature, qu’il puisse connaître une deuxième vie dans 20 ou 30 ans si d’aventure il ne devait plus abriter notre Cercle. Secundo, nous voulions une séparation bien nette entre la partie ‘bruyante’, celle réservée au Cercle du Lac, avec ses locaux administratifs, ses lieux de rencontres, ses salles de conférence et son espace restauration, et la partie ‘studieuse’, celle consacrée à notre nouveau centre d’affaires, qui propose des espaces de travail de toutes tailles et répondant aux dernières normes technologiques, des salles de réunion équipées, ainsi qu’un pool de services qui libérera les jeunes entrepreneurs des tracas administratifs habituels et leur permettra de se concentrer sur leurs projets et d’être opérationnels tout de suite. » 

Début novembre, ce centre d’affaires de 1 350 m² était déjà occupé à près de 40 %. Preuve que l’initiative répondait à une demande dans la région. « Mais nous ne sommes pas des loueurs de bureaux, précise le président. Cet accueil doit être limité à deux ou trois années, le temps de permettre à ces entreprises de tracer leur route. »

Début novembre, ce centre d’affaires de 1 350 m2 était déjà occupé à près de 40 %. Preuve que l’initiative répondait à une demande dans la région.

Dans le zoning de Noville-les-Bois, la société familiale Beal International connaît une croissance constante. Son produit phare, le Mortex, se distingue de la concurrence : il embellit autant qu’il protège !

Cette entreprise a vu le jour en 1974, entre les vieux murs chargés d’histoire d’une ferme en carré, à Meux (La Bruyère). C’est là que Jean-Bernard Thiry et Véronique Wahlen ont eu l’idée de fabriquer et de distribuer des produits hydrofuges, des chaux et des mortiers spéciaux pour l’étanchéité et la réparation. Aujourd’hui, le chiffre d’affaires de Beal International atteint les 4 millions € et sa clientèle s’est étendue dans différents pays d’Europe (France, Espagne, Pays-Bas, Suisse…), mais également au Maroc, au Japon, en Indonésie… Ce qui pousse les professionnels de la construction à parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres afin de visiter le show-room de Beal à Noville-les-Bois et à passer commande ? Le savoir-faire et le sérieux de la société wallonne, mais également son produit phare dont la réputation n’est plus à faire : le Mortex. Cet enduit, qui envahit aujourd’hui de nombreuses habitations aussi bien sur les sols que sur les murs, les meubles ou encore les escaliers, ne protège pas seulement ces revêtements, il les habille, leur donne du relief et des couleurs. Bref, c’est également un élément de décoration très prisé. Le produit se décline sous plusieurs formes, dont les plus connues sont le Mortex Étanche et le Mortex Color.

« Le premier est un enduit hydrofuge utilisé pour l’étanchéité des piscines, cuvelages, caves et même métros, explique Véronique Wahlen. Il a de plus en plus de succès car il permet une décoration très fine. Quant au Mortex Color, c’est un enduit multifonctionnel fort demandé pour la réalisation de sols, de murs, de pièces d’eau, de plans de travail et de mobiliers auxquels il apporte un aspect de béton lissé. » 

Un petit coup d’oeil dans le nouveau showroom nous convainc des multiples possibilités d’utilisation, de rendu et de finition. Même le petit coin pour les enfants est recouvert d’enduits aux couleurs chatoyantes. Chaque élément est étudié, personnalisé, en harmonie avec l’ensemble. « Ce show-room est notre carte de visite, il a été entièrement réalisé par des applicateurs agréés », confie Véronique Wahlen. Et l’administratrice déléguée de Beal d’expliquer : « Nous sommes très soucieux de la façon dont nos produits sont appliqués. C’est  à l’attention de nos clients entrepreneurs. Ces formations sont données par nos artisans, décorateurs et applicateurs, soit ici, à Fernelmont, soit dans différentes régions du pays ; à Arlon, Malmedy, Tournai, Harelbeke… Cette plus-value a un coût. À l’achat, le Mortex revient à 20 ou 25 € le m2. Une fois appliqué, le prix monte à 100, voire 120 € ! »

« Nous sommes très soucieux de la façon dont nos produits sont appliqués. C’est un travail qui relève davantage de l’artisanat et qui nécessite donc un savoir-faire. C’est pourquoi nous nous chargeons également de la formation à l’attention de nos clients entrepreneurs.


Droits exclusifs mondiaux sur la gamme Mortex

Dans l’atelier de fabrication et de stockage, récemment agrandi de 450 à 1 500 m², la chaux et le ciment arrivent par des silos avant de s’engager sur une chaîne technique au cours de laquelle ces matériaux seront mélangés à d’autres selon un procédé de fabrication qui reste secret. La maison détient les droits exclusifs mondiaux sur la gamme Mortex, mais également sur d’autres produits réputés mis au point à Fernelmont, comme le Bealstone, un liant en poudre qui se mélange avec d’autres matières comme des cailloux, des éclats de miroir, du quartz… et qui s’applique à sec sur les sols et les murs. Au fait, Beal International a-t-il des concurrents en Belgique ? « Pas vraiment, répond Véronique Wahlen. Nos mortiers possèdent des spécificités qui constituent nos atouts. Ils sont étanches, ils peuvent s’appliquer sur de nombreux supports et sont disponibles dans une large gamme de couleurs. En outre, grâce à notre savoir-faire, nous sommes en mesure de gérer leur finition, ce qui en fait des éléments réellement décoratifs. »

La maison détient les droits exclusifs mondiaux sur la gamme Mortex, mais également sur d’autres produits réputés mis au point à Fernelmont, comme le Bealstone, un liant en poudre qui se mélange avec d’autres matières comme des cailloux, des éclats de miroir, du quartz… et qui s’applique à sec sur les sols et les murs.


À ces qualités s’ajoute la souplesse. L’entreprise belge entretient des rapports directs et personnalisés avec ses clients, ce qui lui permet de s’adapter aisément aux demandes et de répondre aux desiderata de chacun. « Nous n’hésitons pas à nous remettre en question face aux entrepreneurs, explique la responsable. On peut donc dire que nous évoluons encore et toujours au contact de notre clientèle. » Un sens du contact et une ouverouverture qui sont fort appréciés et qui finissent par créer des liens durables. Les entrepreneurs japonais, par exemple, sont clients de Beal depuis plus de dix ans. Et malgré la crise, la société enregistre chaque année une hausse de son chiffre d’affaires de l’ordre de 20 %. « Cette croissance nous permet d’envisager l’avenir avec confiance et de continuer à engager du personnel qualifié. Ainsi, début 2014, nous engagerons un chimiste, un responsable show-room et deux techniciens, l’un issu de la construction, l’autre de l’artisanat. »

Beal en quelques chiffres

Secrets et confidences, sous l’œil des ancêtres

Un manoir a toujours un petit côté mystérieux, une histoire à raconter, des souvenirs tapis. Celui qui se cache derrière un haut mur d’enceinte, dans cette rue tranquille de Thorembais-Saint-Trond (Perwez), est aussi appelé château Jadoul, du nom de l’arboriculteur du village qui le fit ériger à la fin du XIXe siècle. Entouré d’un petit parc et de quelques arbres remarquables, il impressionne par sa façade en très bon état relevée par un balcon à garde-corps en fer forgé, et par son imposante toiture en ardoises flanquée, aux quatre angles, de tourelles et colonnettes. Son âge vénérable lui vaut d’être repris à l’inventaire du patrimoine architectural de Wallonie. Mais il est aussi gratifié de quatre épis par le Commissariat général au Tourisme depuis que les nouveaux propriétaires y ont aménagé deux chambres d’hôtes dont les noms semblent jouer avec les effluves de jadis : « La chambre des secrets » et « La suite des confidences ». Le mystère est cependant vite levé dans la salle à manger où Sandrine et Olivier de Ghellinck nous ont tout raconté. Sous l’œil intéressé d’Eviac, le cocker anglais, qui fut le premier à nous accueillir et qui dresse maintenant ses grandes oreilles rousses pour ne perdre aucune bribe de la conversation.

« Les de Ghellinck sont originaires d’Elseghem, près d’Audenaerde, où le château familial a brûlé en 1973, explique le propriétaire. Quand nous nous sommes installés ici, en 1999, ma femme et moi habitions déjà la région. Nous cherchions depuis quelque temps un logement de caractère à rénover. Cette demeure, qui a vu défiler plusieurs générations de propriétaires et locataires, nous a plu tout de suite. Par son style, son âme et ses potentialités, mais également par sa situation géographique sur l’axe Bruxelles-Namur, près de l’entrée de l’autoroute E411 et de la gare de Gembloux. Nous nous sommes aussitôt attelés à la rénovation. En réalité, nous n’avons quasiment pas touché aux murs. En revanche, le rafraîchissement et la décoration nous ont pris près de dix années. Heureusement, c’est notre dada à tous les deux. Ma femme est habile en couture et en peinture, moi je me suis spécialisé en garnissage de sièges. Et j’adore redonner vie aux antiquités. »
« Nous voulions trouver une juste harmonie entre le confort moderne et la préservation de l’authenticité des pièces, enchaîne son épouse. La cuisine bénéfice ainsi de tout l’équipement moderne, mais dans les pièces les meubles sont anciens et les décorations en harmonie. » Et la maîtresse de maison de citer l’exemple de la salle à manger, jadis une véranda surmontée d’un toit très peu esthétique. « J’ai confectionné des bandes de tissus formant un velum que nous avons accrochées au plafond avant d’y suspendre un lustre d’époque. Ainsi habillée, cette pièce a tout de suite un autre cachet. »

C’est quand les trois enfants du couple sont devenus grands et ont commencé à s’installer dans un kot pour se rapprocher de l’université que l’idée lui est venue d’aménager des chambres d’hôtes. Après avoir complètement réaménagé – sous l’œil vaguement inquiets des ancêtres de Ghellinck dont les portraits et les armoiries ornent les murs des couloirs – les chambres du deuxième étage et refait tout le sanitaire, le couple a reçu le feu vert de la Fédération des Gîtes de Wallonie pour ouvrir une chambre et une suite dotées de tout le confort moderne et décorées avec des meubles et bibelots tantôt achetés dans les brocantes, tantôt trouvés dans les greniers familiaux. « Les trois pièces peuvent héberger six personnes, mais plusieurs configurations sont possibles selon qu’il s’agit de la même famille ou pas, explique Sandrine. Nous offrons bien sûr le petit-déjeuner, mais nous ne faisons pas tables d’hôtes car nous voulons garder un peu d’intimité. »

Un gîte dans l’avant-cour

Après avoir pris le temps de souffler quelque peu, le couple a retroussé une nouvelle fois ses manches pour aménager un petit gîte coquet dans l’avant-cour de la propriété. « Nous sommes partis d’un bâtiment existant, à l’origine une serre qui fut ensuite transformée en garage, explique Olivier. Nous avons abattu un mur pour permettre une extension à l’arrière et ajouté un étage et un toit. Il a fallu faire preuve d’ingéniosité avec l’architecte car nous ne disposions pas de beaucoup de place pour y aménager deux chambres et une salle de bain, mais nous y sommes arrivés. Au rez-de-chaussée, la cuisine, le salon et la salle à manger ont la particularité d’être agencées autour d’un pan de mur central. C’est assez moderne comme conception, mais ça plaît. »

« Le gîte est complémentaire aux chambres d’hôtes », note Sandrine, qui avoue s’être lancée dans l’aventure par intérêt pour les rencontres et les échanges. « Les gens viennent de partout. On ne connaît rien d’eux quand ils s’installent, nous aurions même pu avoir de mauvaises surprises, mais à chaque fois nous avons été ravis… Et même parfois étonnés quand nous avons vu débarquer chez nous Yves Duteil et Yolande Moreau ! » Et devant notre air interdit : « Pas ensemble. Le premier était venu chanter à Perwez, la seconde était invitée à un mariage ».

À VOIR, À FAIRE

Gastronomie et vélo

Situé à six kilomètres de « L’air du temps » (Aische-en-Refail, deux étoiles au Michelin) et à neuf du « Chais gourmand » (Gembloux, une étoile), le Manoir de Thorembais est idéal pour un week-end gastronomique. Il peut aussi être le point de départ de promenades à vélo dans la région, puisque le RAVeL peut être happé à un kilomètre à peine. Avantage : le Manoir de Thorembais a reçu le label « Bienvenue Vélo », c’est-à-dire qu’il dispose d’un local de rangement, d’un petit matériel de dépannage et d’une trousse de soins. Un itinéraire parmi d’autres ? A partir du gîte, suivre la ligne 147 (Sombreffe-Lincent) jusque Ramilies, puis redescendre vers Namur via le RAVeL 2 ; après l’échangeur de Daussoulx (rassurez-vous, on passe en dessous !), remonter vers Meux et Grand-Leez en suivant l’itinéraire rando-vélo (RV), marqué par des traits bleu et jaune, jusqu’au RAVeL, et reprendre celui-ci vers Perwez. Total : 50 kilomètres. 

Rue de l’Intérieur 28

B-1360 Thorembais-Saint-Trond (Perwez)

+32 (0) 81/ 65 89 72 

[email protected]

www.manoir-de-thorembais.be

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

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Le bien-être au milieu des noyers

L’imposante grille qui longe le domaine et qui oblige le visiteur à freiner net devant l’entrée n’a sans doute pas le charme de la guirlande de fleurs qui accueille le touriste sur le sable polynésien, mais le but n’en est pas moins louable, comme l’explique Guy Lejeune, le gestionnaire de La Noiseraie. « Cette grille empêche le gibier de s’aventurer sur la route. Plusieurs chevreuils vivent en effet dans le domaine. Le matin, aux petites heures, ils s’aventurent parfois dans la noiseraie avant de regagner la fraîcheur du bois. De même, le cadre extérieur peut paraître austère ; c’est parce que vous êtes sur un site en production biologique, nous n’utilisons pas d’herbicides. »

Ce site naturel, où les animaux courent en liberté, c’est le Domaine du Bois de Neverlée, à Rhisnes. Les 1 250 noyers plantés voici trois ans à peine composent l’essentiel d’un paysage dont l’harmonie est à peine troublée par deux bâtiments en briques rouges, de construction toute récente également : la maison d’hôtes, avec ses chambres lumineuses, son salon, son espace bien-être et sa piscine, et l’atelier de production, avec ses épierreuses, trieuse, presse automatique et chaîne d’embouteillage. Deux mondes contrastés, aux rythmes de vie sans commune mesure, mais nés d’une même idée, rentabiliser un domaine que l’extension du zoning voisin a récemment amputé d’une quarantaine d’hectares.

« Faute de pouvoir continuer l’exploitation des terres agricoles, le propriétaire, Jean Kluyskens, a décidé de se lancer dans la production d’huile et de vin de noix, explique le gestionnaire. Avec le dédommagement résultant de l’expropriation, il a également fait construire cette maison d’hôtes. L’emplacement est idéal : non loin de Bruxelles, à l’entrée de Namur et à portée de bretelles de l’autoroute. La clientèle est variée, puisque « La Noiseraie » accueille des touristes en visite dans la région, des familles venues célébrer un mariage et des hommes d’affaire. »

A chacun son domaine. Si les clés de la propriété ont été confiées à Guy Lejeune, formé à la sylviculture mais bardé d’expériences diverses, notamment en matière de gestion de sociétés, la clientèle, quant à elle, est accueillie par Eliane Dubois, une Liégeoise qui loge sur place et qui puise son bonheur dans la satisfaction de ses hôtes. « Je suis ici pour essayer de satisfaire les desideratas des clients, explique-t-elle, mais également pour leur préparer à manger en soirée, puisque « La Noiseraie » propose aussi des tables d’hôtes. C’est très agréable de mettre les locataires en contact et de voir ensuite des conversations naître d’un même désir d’ouverture. »

Elador, la suite qui fait des bulles

Les trois chambres et la suite sont de conception simple mais tout confort. Baptisées Adrien, Dorsan, Eloise et Elador – ce sont les prénoms des petits-enfants du propriétaire –, elles sont toutes équipées d’un lit double, d’une salle de bain, d’une télévision à écran plat et d’un accès Internet. L’une des chambres comprend une annexe avec un lit d’appoint, tandis que la suite Elador – nom que l’on retrouve sur les bouteilles d’huile du domaine – est dotée d’un petit salon avec canapé et d’une spacieuse salle de bain équipée d’une douche et d’une baignoire à bulles. Par les fenêtres, la piscine et des noyers à perte de vue, mais aussi une tour datant des années ‘30 et à propos de laquelle on se demande si elle ne s’est pas égarée dans le paysage. « Le domaine est situé entre les forts d’Emines et de Suarlée, explique Guy Lejeune. Cette tour permettait d’aérer les souterrains qu’empruntaient, pendant la guerre, les soldats tentant de joindre l’un à l’autre ».

Pas de tour d’air semblable à l’étage inférieur de « La Noiseraie ». La clientèle n’aura d’autre choix que de transpirer dans le sauna et dans la salle de sport équipée d’un tapis de marche, de deux vélos (traditionnel et hélicoïdal), d’appareils de musculation et d’un fauteuil de relaxation. Si ce dernier ne suffit pas à vous détendre, le salon de massage et sa table vous tendent les bras. « Nos hôtes ont accès à tout, y compris à la piscine et au jacuzzi, mais la masseuse est en supplément », souligne Eliane, sans toutefois préciser si elle masse à l’huile de noix. En revanche, le petit verre de vin prévu en guise de bienvenue – et offert à l’heure du départ – provient bien de la production maison. « C’est le cru 2011. Notre première récolte ! »

À VOIR, À FAIRE

Namur, sa citadelle & ses animations

A ceux et celles qui lui demanderaient quelles visites effectuer durant leur séjour à La Noiseraie, Eliane Dubois indiquera inévitablement la direction de Namur (le centre-ville et le musée Félicien Rops, la Citadelle et la parfumerie Delforge, les caves Grafé-Lecocq…), voire de Dinant (les jardins d’Annevoie, la brasserie Du Bocq à Purnode…). « J’essaie de leur proposer un circuit en fonction de leurs goûts, explique-t-elle. Et je leur donne l’agenda des animations à Namur. A eux de choisir… » Parmi les nombreux événements de l’été, nous avons ainsi pointé les journées « Cap Estival » (marché d’artistes, joutes nautiques, régates…), ainsi que la fameuse brocante de Temploux (23 et 24 août).

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

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Des chambres d’hôtes royales pour prolonger les fêtes

Fleurus est une commune qui flirte avec les provinces. Située à l’extrémité est du Hainaut, son territoire épouse les courbes de ses voisines Sombreffe et Sambreville (Namurois), tandis que Villers-la-Ville (Brabant wallon) n’est qu’à un jet de pierre du champ de bataille qui a vu Napoléon remporter sa dernière victoire (1). Le village de Wanfercée-Baulet, quant à lui, côtoie l’autoroute E42 dont la sortie 14 est tout indiquée pour accéder aux salles de réception et chambres d’hôtes du château de Wanfercée. Il suffit de contourner l’imposante carcasse blanche de la ferme Quirini, prendre à gauche la rue de la Chapelle, ignorer la rue Poète Charles Michel (!) et s’engager, à gauche encore, dans l’allée bordée d’érables. C’est là, devant cette magnifique demeure du XVIIIe siècle et son parc de 5ha emmuré comme un jardin de curé, que Béatrice Eliard eut le coup de foudre de sa vie. 

Nous sommes en 1985. Elle est fille de cultivateurs à Ligny, licenciée en éducation physique et enseigne depuis un an à peine dans un établissement proche. Elle cherche une maison pour s’affranchir de l’autorité parentale et décide… d’acheter un château !

« Si vous n’avez pas ce coup de cœur, vous ne restez pas dans une bâtisse comme celle-ci », lance d’emblée la propriétaire. Et pour cause. Depuis près de trente ans, d’abord épaulée par son frère et ses parents, puis par son mari et ses quatre garçons, elle n’a cessé de remettre la demeure en état, d’y aménager des salles et des chambres, d’entretenir les pelouses et les arbres. « Le château a ses lettres de noblesse puisqu’il a d’abord appartenu à la famille de Posson qui l’a fait  érigé en 1764, avant de passer dans les mains des d’Udekem d’Acoz  – le frère de l’arrière-grand-père de la Reine Mathilde y habite au début du XXe – et des Dumont de Chassart. En 1955, il est cependant vendu à l’Intercommunale des Œuvres sociales de Charleroi. Le rez-de-chaussée est alors transformé en centre de santé pour les écoles, avec cabines de déshabillage et salles de consultations et de radioscopie. Il est alors question de construire dans le parc des pavillons, mais le projet capote et le domaine tombe à l’abandon pendant dix ans. À mon arrivée, je n’étais pas vraiment consciente de l’ampleur des travaux nécessaire pour lui redonner son cachet. Je suis d’un naturel optimiste… »

La jeune femme décide alors de procéder méthodiquement. Elle s’attèle d’abord à l’aile droite où elle établit ses appartements privés. Puis, c’est  au tour des pièces centrales qu’elle aménage en salles de réception. Enfin, en 2000, elle s’attaque à l’aile gauche qu’elle transforme en un vaste espace qui peut aujourd’hui accueillir quelque 120 convives pour des fêtes familiales ou des séminaires. « Les 3 Suisses sont venues ici pour présenter leurs nouvelles collections », souligne Béatrice Eliard, qui avait bien besoin de ces rentrées pour rentabiliser son investissement.

La bataille de Ligny, également appelée bataille de Fleurus,  est à quelques encablures de Sombreffe. Elle a vu la dernière victoire de Napoléon, deux jours avant Waterloo. Les jours se suivent et ne se ressemblent forcément.

« J’ai acheté un château et je veux que cela reste un château »

 

Initialement tourné vers la location de salles, le château de Wanfercée offre depuis trois ans deux chambres d’hôtes situées plein sud, avec vue sur le magnifique parc. « C’était une demande récurrente de nos clients », explique la propriétaire. « Quand on a bien festoyé, il est commode, et surtout prudent, de rester loger sur place. Nous avons donc aménagé une grande chambre nuptiale et une autre un peu moins vaste dans des pièces inoccupées à l’étage. Il a bien sûr fallu refaire toute l’électricité et installer le sanitaire, mais ce sont là, avec la télévision, les seuls éléments modernes de ces chambres. Le plancher en bois est d’origine, de même que les portes. La décoration est à l’ancienne. Pour obtenir un cinquième épi du Commissariat général au Tourisme, il aurait fallu installer sauna et jacuzzi. Ce n’est pas la vocation des lieux. J’ai acheté un château et c’est ce château que je prête à nos hôtes. Il n’est pas question que je le dénature. C’est la même chose pour le jardin. J’y privilégie les espèces qui « font » château : hêtres, buis, lierre, rosiers… »

On l’a compris : les chambres d’hôtes sont essentiellement louées aux personnes (jeunes mariés, grands-parents…) qui réservent les salles pour une fête. « Je ne loue pas les chambres seules le week-end car s’il y a une réception les gens ne pourraient pas dormir à cause de la musique », explique Béatrice qui met toujours un point d’honneur à servir à ses locataires un déjeuner royal afin que leur séjour se termine sur une belle note. « Nous recevons parfois des gens de passage car nous sommes proches de l’aéroport et de l’autoroute, mais rarement des touristes, ajoute-t-elle. À part les ruines de Villers-la-Ville, je n’aurais d’ailleurs pas grand-chose à leur proposer dans un environnement proche. L’année prochaine, en revanche, nous pourrions héberger des gens qui viendraient assister au bicentenaire des batailles de Ligny, voire de Waterloo. »

Château de Wanfercée

Rue de la Chapelle 72

6224 Wanfercée-Baulet

+ 32 (0)71 81 80 85

[email protected]

www.chateaudewanfercee.be

 

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