Waw magazine

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À l’instar de leurs homologues installées en Flandre et à Bruxelles, les entreprises wallonnes ont été sollicitées pour exhiber leur savoir-faire à Milan. En voici quatre qui ont pris une part significative dans la construction du pavillon belge.

FAIRWIND, POUR UN PAVILLON DANS LE VENT

Les modules photovoltaïques fabriqués par AGC Glass avec l’aide de ses partenaires ne seront pas les seuls à alimenter le pavillon belge en électricité. L’éolienne de Fairwind, toute jeune société dont le siège est basé à Seneff e et le site de production à Fleurus, contribuera également au rayonnement à Milan des technologies belges, et plus particulièrement wallonnes. « Nous sommes spécialisés dans la conception, la production, la commercialisation et l’installation d’éoliennes à axe vertical de 10 et 50 kW, explique Renaud Croughs, administrateur de la société. Notre clientèle est principalement constituée d’agriculteurs et de PME implantés en Wallonie et en Flandre, ainsi qu’en Arabie Saoudite, et qui souhaitent acquérir une certaine autonomie en électricité. La machine que nous allons fournir pour l’Expo sera équipée d’un alternateur de 10 kW et installée sur un mât de 9m. »

VDV FERRONNERIE GRAVIT LES ÉCHELONS

C’est à une entreprise familiale, riche d’une expérience de 25 ans et travaillant avec une petite vingtaine de personnes, que l’on doit la réalisation de l’escalier principal du pavillon belge, celui par lequel les visiteurs remonteront de la cave pour déboucher sous le dôme. Installée dans le zoning de Noville-les-Bois (Fernelmont), VDV Ferronnerie s’est spécialisée dans la conception, la fabrication et la pose de constructions en fer forgé : escalier métallique, portail automatique, garde-corps, terrasse et balcon. Des pièces uniques réalisées par une équipe d’artisans pour les particuliers ou les entreprises, tant en Belgique qu’à étranger.

« Les architectes sont des clients réguliers, explique Patrick Vandevondele, le responsable de la société. C’est ainsi que pour l’escalier du pavillon belge, nous avons travaillé sur base du projet de Patrick Genard. Notre bureau d’études a conçu un escalier design, assez large, cintré, doté de marches en verre blanc éclairées par en dessous et qui a séduit l’architecte. »

Si la ferronnerie a été réalisée par VDV, les dites marches ainsi que les garde-corps, en verre extra clair également, ont été réalisés par AGC Glass. « Cette société a fabriqué tous les verres d’après nos plans puis nous les a fournis. L’assemblage de toutes les parties, ainsi que la pose de l’éclairage ont ensuite été effectués par nos soins. Une première fois en Belgique pour validation par l’architecte, puis sur place, à Milan. »

WOODLAM, LA GUEULE DE BOIS DU PAVILLON !

Elle a seulement vu le jour il y a 15 ans au coeur de nos forêts, mais elle est rapidement devenue la plus grosse société wallonne fabricant des charpentes en lamellé-collé et des structures en ossature bois pour les bâtiments du secteur tertiaire (écoles, hôpitaux, etc.). Grâce à son bureau d’études, Woodlam est en mesure d’assurer un service complet à ses clients, de la conception à la réalisation, en passant par les études de stabilité, les plans d’exécution et les pièces métalliques de connexion. Si l’entreprise marchoise exporte son savoir-faire un peu partout en Europe (centre commercial à Bilbao, bâtiments logistiques de 60 000m² à Savigny, etc.), c’est en Belgique qu’elle est la plus sollicitée, tant au nord (façade du Palais de Justice d’Hasselt) qu’au sud du pays (Hall des Sports de Philippeville). À Milan, Woodlam a été chargée par Besix de concevoir la charpente de « La Ferme », soit une succession de 45 portiques en bois sur une longueur d’environ 65 mètres. Sur base du projet de l’architecte, la société a conçu les plans d’exécution puis d’assemblage, avant de se charger de la réalisation.

« C’est une belle commande pour un ouvrage d’exception », commente le directeur général Frédéric Bertrand. « La construction de ces portiques a nécessité 80 m³ de bois, du Douglas, qui provient de nos forêts. L’usinage des pièces et le collage de la charpente ont été faits chez ‘Structure wood’, notre société soeur établie à Achênes (Ciney). Nos ouvriers sont ensuite allés à Milan pour assurer le montage de la structure en deux semaines. La fi xation a nécessité 6 000 boulons ! Un véritable travail de mécano. »

UNE VITRINE DU SAVOIR-FAIRE D’AGC GLASS

Milano 2015 sera, au propre comme au fi guré, une vitrine du savoir-faire du leader européen du verre plat. AGC Glass Europe, dont le siège est à Louvain-la-Neuve et dont le centre de recherche, le « Technovation Centre », a été inauguré en novembre dernier à Gosselies, sera présent à tous les étages du pavillon belge avec quelques-uns de ses produits les plus innovants. Les modules en verre feuilleté BIPV (building integrated photovoltaïcs), qui servent à la fois de structure à la construction et de générateurs d’électricité, y seront présents sous deux formes. Une partie du dôme géodésique ainsi que l’essentiel de la toiture de « La Ferme » seront constitués de modules traditionnels, c’est-à-dire de vitrages pourvus de cellules photovoltaïques, tandis que le toit du sas d’entrée sera équipé de modules avec fi lms organiques intégrés. « Ces vitrages photovoltaïques nouvelle génération ont été réalisés conjointement avec la firme Heliatek, explique Benoît Ligot, le porte-parole d’AGC Glass Europe. Ils ont déjà été expérimentés sur une façade du siège social de notre partenaire en Allemagne, mais ce sera une ‘première’ en dehors de ce projet pilote. »

Voilà pour la production d’électricité. Les façades de « La Ferme », l’autre moitié du dôme ainsi que les toitures et façades des petits pavillons périphériques seront, quant à elles, équipées de vitrages Stopray Smart, nouveau produit qui, grâce à sa triple couche d’argent, possède un pouvoir accru en matière de protection solaire et d’isolation thermique. « En proposant d’intégrer dans le pavillon des solutions issues des dernières technologies verrières, AGC Glass a tenu à montrer aux visiteurs que le choix de solutions verrières de pointe est au coeur d’une démarche architecturale tournée vers la durabilité environnementale et l’innovation technologique, thèmes inspirateurs du pavillon belge, explique Benoît Ligot. Outre son rôle d’isolant et de générateur d’électricité, le verre devenu multifonctionnel peut également contribuer à l’hygiène, à la sécurité et à l’esthétique. Le verre antibactérien que nous allons installer dans la cuisine du restaurant, ainsi que le verre feuilleté pour l’escalier et la balustrade, illustreront ces autres qualités. »

Une partie du verre utilisé pour le pavillon japonais sera également fourni par l’entreprise wallonne. Aveuglés par son rayonnement en Belgique, nous allions oublier qu’Asahi Glass Co (AGC), la maison-mère de ce spécialiste en vitrage, était installée au… pays du soleil levant.

Le pavillon belge, c’est d’abord un projet architectural remarquable. Si la Belgique, au nord comme au sud, en est fière, les organisateurs italiens le tiennent d’ores et déjà comme l’un des plus réussis. C’est au bureau barcelonais Patrick Genard & Asociados que l’on doit sa conception et sa scénographie. Lors de son passage en Belgique en janvier dernier, l’architecte d’origine namuroise nous a expliqué comment il avait réussi la prouesse de répondre à cette demande peu ordinaire.

Patrick Genard, le pavillon belge est un projet inhabituel pour vous. En quoi le concours vous a-t-il séduit ?
P.G. — Il m’intéressait pour deux raisons. L’Expo avait pour cadre Milan et le thème portait sur la façon de nourrir la planète, un joli défi pour les générations à venir. Notre bureau n’ayant aucune expérience dans ce type de projet, nous avons formé une équipe. Je me suis associé à un ami architecte, Marc Belderbos, qui provient des cantons rédimés mais qui enseigne à l’université de Gand et à l’UCL. Pour l’entreprise, nous avons choisi Besix-Vanhout. C’est donc une équipe fédérale qui a remporté le projet en avril 2014.

Outre le thème et les normes urbanistiques, les organisateurs ont imposé des contraintes en termes de durabilité environnementale. Votre pavillon a, semble-t-il, fait forte impression sur ce point…
P.G. — Pour respecter les contraintes, nous avons imaginé le pavillon belge en forme de lobe city. En réaction à la croissance concentrique des villes qui est ressentie comme étouffante, la structure en forme de lobe prône la construction, autour du coeur de la ville, d’une série de quartiers séparés par des doigts verts. Ces quartiers sont indépendants mais interconnectés. Cette structure en cercle, qui a été adoptée par les villes de Berlin, Copenhague, mais aussi Alost, est la plus éco-durable car elle limite les déplacements, permet une meilleure circulation des flux énergétiques et réduit les coûts. En l’occurrence, autour du coeur du pavillon, nous avons imaginé une série de quartiers, ou rochers, qui auront chacun une fonction spécifique. Pour la construction, nous avons privilégié le bois et le verre, qui sont des matériaux naturels, recyclables, isolants, mais aussi modulables et donc faciles à démonter puisque, après l’exposition, il nous faudra rendre le terrain dans l’état où nous l’avons trouvé. Pour limiter les déplacements et les déchets, nous avons aussi choisi de louer sur place des étais, poutres et planchers. Enfin, en matière énergétique, nous avons bien sûr veillé à optimiser l’isolation et l’orientation des locaux, mais nous avons aussi prévu des puits canadiens pour régulariser la température de l’air. Le pavillon sera également équipé de panneaux et cellules photovoltaïques et bénéficiera de l’apport énergétique d’une petite éolienne fournie par FairWind, une entreprise wallonne. C’est important, car chaque pays recevra un quota d’électricité qu’il ne pourra pas dépasser.

Votre bureau est également responsable de la scénographie du pavillon. Le cahier de charges n’a-t-il pas été trop diffi cile à respecter ?
P.G. — Ah ! Ce ne fut pas une mince affaire. La Fevia, la Fédération de l’industrie alimentaire belge, voyait surtout l’Expo comme une grande foire agro-alimentaire destinée à vendre la Belgique à travers la pomme de terre, la bière et le chocolat. Chacune des trois régions avait aussi ses desiderata. À force de compromis « à la belge », nous avons réussi à fédérer les énergies autour d’un projet win-win afin que notre pavillon réponde au thème imposé. Tout en faisant la promotion des produits belges, il apportera quelques sérieuses pistes en matière d’alternatives alimentaires.

Quel est donc le parcours que vous avez imaginé pour les visiteurs ?
P.G. — Depuis le Decumanus*, axe principal de circulation de l’Expo le long duquel s’organisent les différents pavillons, le visiteur pénètrera dans un premier volume en bois baigné de lumière naturelle que nous avons appelé « La Ferme ». Cet espace, dont la morphologie rappellera les granges traditionnelles belges, sera tamisé par une mosaïque d’écrans qui mettront en exergue, via des trailers, la spécificité et le savoir-faire de nos trois régions. Ils montreront ensuite ce que la Belgique fait de mieux – sous l’intitulé « Small country, great food » – dans l’alimentaire et l’agriculture, ainsi que dans d’autres domaines tels que la biotechnologie et le traitement des résidus. Au bout de cette longue allée, le visiteur débouchera dans le « chocolate corner », espace où des artistes sculpteront des formes en chocolat et où flottera, comme un zeppelin, une énorme fève de cacao. Il retraversera ensuite la même allée dans l’autre sens afin de découvrir, sur des colonnes en forme de fûts de bière, quelques-unes des personnalités belges d’origine italienne, comme la reine Paola, Adamo, Franco Dragone, etc.

* Le Decumanus était l’axe orienté d’est en ouest qui structurait une ville ou un camp dans l’Antiquité romaine. Perpendiculaire au Cardo, il calquait l’urbanisme sur les quatre points cardinaux.

Cela, c’est pour une découverte classique de notre pays. Et le thème de l’Expo ?
P.G. — Revenu près de l’entrée, le visiteur plongera sous terre via une « rampe du futur » qui lui fera effectuer un bond dans le temps jusqu’en 2050. C’est dans la pénombre de ce sous-sol artificiel qu’il découvrira les enjeux de demain et les possibles innovations pour l’évolution de la planète. C’est Benoît Gersdorff, dont j’avais fait la connaissance en 2011 lorsque nous avons tous deux été récompensés par des prix décernés aux Namurois de l’année, qui a imaginé cette partie. Benoît, qui fut responsable de la partie restauration du pavillon belge lors de l’Exposition universelle de Shanghai en 2010 et qui le sera à nouveau à Milan, a fait jouer son expérience et ses contacts pour rassembler autour de nous quelques experts issus du monde scientifique. Ce sont eux qui nous ont ouvert les yeux sur les alternatives alimentaires comme l’entomophagie, l’hydroponie et l’aquaponie. Ces techniques innovantes seront expliquées dans cette « cave » qui prendra la forme d’un véritable laboratoire puisque des aliments y seront cultivés. Ces mêmes aliments pourront être dégustés par les visiteurs dans le restaurant, à l’étage supérieur.

C’est là que l’on arrive dans cet immense dôme en verre bleu qui rappellera les serres de Laeken…
P.G. — Effectivement. Un magnifique escalier ramènera le visiteur au coeur du pavillon ou de la lobe city. C’est autour de cet atrium, ce large espace de circulation, que nous avons imaginé les diverses fonctions liées au thème de la consommation. Celles-ci seront aménagées dans plusieurs quartiers ou rochers : la cuisine, ou « belgo lab », dont les murs seront tapissés par un vitrage antibactérien expérimental, le restaurant, qui fera bien sûr honneur aux spécialités de notre pays, et le bar, ou « belgo birra », qui proposera un large choix de bières artisanales.

Pour la construction, nous avons privilégié le bois et le verre, qui sont des matériaux naturels, recyclables, isolants, mais aussi modulables et donc faciles à démonter puisque, après l’exposition, il nous faudra rendre le terrain dans l’état où nous l’avons trouvé.


L’extérieur du pavillon sera également aménagé en un espace de détente ?
P.G. — Oui. L’Ukraine s’étant désisté car elle avait d’autres préoccupations, la Belgique a reçu l’autorisation d’occuper l’emplacement qui lui était aloué initialement. Nous avons donc décidé d’y aménager un amphithéâtre avec des gradins, ainsi qu’une placette avec du mobilier. Nous allons y installer une cafétéria, ainsi qu’un fritkot et une barraque à gaufres. Ce qui est surtout intéressant, c’est que l’absence de construction à cet endroit donnera une très grande visibilité sur notre pavillon depuis le Decumanus. Les visiteurs ne manqueront pas de le remarquer. Aux dires des organisateurs, il sera l’un des plus originaux de l’Exposition !

www.patrickgenard.com

 

PATRICK GENARD BIO-EXPRESS

1954. Naissance à Namur. Jeunesse à Flawinne.
1978. Diplôme d’ingénieur civil architecte à l’UCL (Université catholique de Louvain). En cours de première licence, il eff ectue un stage de six mois à Barcelone, dans le taller de arquitectura (l’atelier d’architecture) de Ricardo Bofi ll. Il travaillera 15 ans avec le maître espagnol pour lequel il mène des projets sur plusieurs continents. « Il m’a tout appris. J’ai fait un master de 15 ans chez lui. »
1989. L’atelier de Ricardo Boffi l réalise les bureaux de Swift à La Hulpe.
1994. Il crée son propre cabinet d’architecture à Barcelone, « Patrick Genard & Asociados », qui élabore de nombreux projets de logements, bâtiments publics et commerciaux en Espagne et dans divers pays, dont le Maroc principalement.
2009. La conception du siège du groupe télévisuel Mediapro lui vaut le Prix d’architecture et d’urbanisme de la Ville de Barcelone. « C’est le plus beau compliment que cette ville pouvait me faire. »
2014. Son cabinet remporte le concours du pavillon belge de l’Exposition universelle de Milano 2015, en association avec l’architecte Marc Belderbos et l’entrepreneur Besix-Vanhout.

Dix siècles sans courber l’échine ! La collégiale romane Saint-Vincent est l’attraction principale de Soignies, cité hennuyère réputée pour sa pierre bleue.

En découvrant de loin ses deux tours massives, le visiteur s’étonnera de la taille de la collégiale au regard de la petitesse de la cité hennuyère où la Senne prend sa source. Impression renforcée lorsqu’il commencera à s’emberlificoter dans le réseau en dentelles des ruelles du centre-ville. Est-ce l’imposant édifice qui veille sur ces chaumières aux façades millésimées ou celles-ci qui se sont blotties contre lui pour en faire un rempart de leurs vieilles pierres ?, se demandera-t-il. « C’est l’un et l’autre. L’histoire de notre collégiale est indissociable de celle de notre cité », répondront les Sonégiens, avant de révéler les trois bonnes raisons pour lesquelles ils s’agrippent à leur collégiale : c’est leur église paroissiale, c’est l’espace d’une importante communauté de chanoines qui a régi la ville pendant huit siècles et, surtout, c’est un lieu sacré qui ga rde ja lousement les rel iques de Saint-Vincent.

Saint-Vincent ? Le nom chatouille agréablement nos papilles… « Eh ! Non, ce n’est pas le patron des vignerons, bien connu dans toute la Bourgogne », lance en riant Jacques Deveseleer, le conservateur de la collégiale. « Mais notre Saint-Vincent à nous n’en a pas moins de la bouteille également. De son vrai nom Madelgaire, il a vécu au VII e siècle à l’époque du Roi Dagobert et a épousé une certaine Waudru – qui allait devenir la patronne de Mons – avant de se convertir à la vie religieuse et de fonder un monastère à Soignies. Bien que des fouilles aient révélé une présence humaine dès l’époque gallo-romaine, il est considéré comme le fondateur de notre ville ».

Si le sieur Madelgaire avait certes osé un geste fort en jetant la première pierre de ce qui deviendra vite une petite agglomération, c’est cependant aux chanoines que les Sonégiens doivent leur collégiale. Ayant succédé à la communauté monastique au début du Xe siècle, ce collège de religieux se lança dans l’édification – vraisemblablement sur le site du monastère – d’une église de style roman rhénan fortifié qui s’ouvrit au culte en 1082. Un édifice qui, fait rarissime, allait traverser les siècles, y compris la Révolution française, quasiment sans douleurs, comme en témoignent les charpentes romanes qui couvrent toujours la nef.

« Ce sont son ancienneté et son état de préservation qui ont valu à Saint-Vincent de Soignies d’être placé au rang du Patrimoine exceptionnel de Wallonie », souligne Jacques Deveseleer. Attaché en archéologie et histoire de l’art au Département du Patrimoine de la Région wallonne, le Sonégien est viscéralement lié à la collégiale comme à sa ville natale. Et il est forcément intarissable à son sujet. « Deux éléments attestent de son héritage culturel anglo-normand. Sa construction en trois niveaux, avec la présence de larges tribunes sur les bas-côtés, et l’accent mis à l’Est, avec la tour lanterne construite à la croisée du transept. Des caractéristiques qui inaugurent le courant architectural dit «scaldien» (ndlr : de la région de l’Escaut), lequel trouvera peu après son plein déploiement à la cathédrale de Tournai. »

Pour authentique qu’elle soit, la collégiale de Soignies n’en a pas moins été marquée par les époques. Si le visiteur s’étonnera de découvrir, côté ouest, la tour clocher de style gothique qui est venue englober le porche roman au XIIIe siècle, c’est du choeur, la partie la plus ancienne de la collégiale, que lui viendront ses plus fortes émotions. L’impression de force tranquille qui s’était doucement emparée de lui à la vue des formes simples et massives de la nef romane s’effondrera d’un coup lorsqu’il contournera le jubé. Là, dans cette partie réservée au chapitre de chanoines, faisant face à un ensemble de 64 stalles en chêne, tout n’est qu’éclats et flamboyance. « C’est l’effet de la Contre-Réforme, l’expression lumineuse de la théâtralité du culte », lance l’historien devant le somptueux décor baroque que constitue le monumental maître-autel en bois peint à imitation de marbres, garni de statues en ronde-bosse, de balustrades ajourées et d’un magnifique baldaquin suspendu. Encadré par deux immenses toiles du maître anversois Gérard Seghers, ce véritable « mur de gloire » est entouré de boiseries et de délicates sculptures blanches rehaussées à la feuille d’or. Joyau d’entre les joyaux, la châsse de Saint-Vincent sommeille derrière l’autel, lovée dans une étroite travée réservée au culte des reliques. « Elle attend son rendezvous annuel avec les pèlerins », chuchote Jacques Deveseleer qui, comme d’autres passionnés, a senti son coeur battre plus fort en 1999 quand, dans un noble souci d’ouverture d’esprit, on a soulevé le couvercle de la châsse afin de procéder à une datation au carbone 14 des reliques. « Elles étaient bien du VII e siècle », confirme-t-il. Ouf !

Si la collégiale renferme d’autres oeuvres incontournables, comme cette émouvante « Mise au Tombeau » datant au XVe siècle, l’essentiel du trésor religieux est exposé au musée du Chapitre. En bon conservateur, Jacques Deveseleer s’est en effet battu pour que soit aménagé, dans le bras occidental du cloître et les anciens bâtiments administratifs des chanoines, blotti contre la collégiale donc, un musée rassemblant des oeuvres précieuses du XIe au XVIIIe siècle. Parmi les nombreuses peintures, sculptures et pièces d’orfèvrerie, le visiteur y découvrira l’ancienne salle de réunion du chapitre, munie de lambris sculptés avec ses bancs.

 

Renseignements

Office du Tourisme de la Ville de Soignies
Rue du Lombard 2.
Tél. : +32 (0)67 34 73 76 ou 77
www.soignies.be

 

Le Grand Tour Saint-Vincent a 750 ans

« Il s’agit d’un événement incroyablement rassembleur. Ce jour-là, on sent battre le coeur de la ville… Aucun vrai Sonégien ne voudrait rater cela ! » Et surtout pas Jacques Deveseleer qui trépigne d’impatience à l’approche du prochain lundi de Pentecôte. Ce jour-là, cela fera 750 ans que Nicolas III, évêque de Cambrai, approuvait une résolution des chanoines de Soignies instituant la procession du Grand Tour Saint-Vincent. « Le plus extraordinaire est que cette tradition a perduré ! », s’exclame l’historien, qui prépare pour l’occasion une publication avec la collaboration, entre autres, du photographe Guy Focant. Concrètement, à 6 heures, la chasse de Saint-Vincent est descendue de son socle dans la collégiale, puis portée par huit pèlerins – elle fait 280 kilos ! – le long d’un circuit de 12 kilomètres autour de la ville qui voit ainsi sa protection renouvelée. Le Grand Tour est ensuite suivi, au départ du faubourg d’Enghien, de la procession historique qui remonte, quant à elle, à 1920. Plus de 500 figurants costumés, dont une centaine de cavaliers, interprètent alors des épisodes de la vie du saint. « C’est une grande fête, assure Jacques Deveseleer. Si vous n’avez rien de particulier à faire le 28 mai, venez donc faire un tour à Soignies ! »

« Simpélourd », de la parade des cocus à la bière

La gastronomie d’une région s’est toujours acoquinée à son histoire. Ainsi, si le fromage de Soignies a été baptisé « pavé », la bière Simpélourd, qui entre dans la préparation de certaines spécialités, comme le lapin à la simpélourd, doit son nom à un savetier sonégien qui a vécu au XVIIIe siècle et dont les malheurs conjugaux lui ont valu un ticket d’entrée dans le folklore local. « Soignies est la seule ville au monde où l’on fête les cocus », prétend ainsi l’échevin Jean-Michel Maes, en faisant allusion à la fête qui a eu lieu à la mi-octobre. Une kermesse qui voit défiler fanfares, majorettes et groupes folkloriques, tandis qu’un habitant prend les traits et les habits – c’est un honneur ! – du savetier, dont ses concitoyens disaient qu’il était « simple et lourd ».

 

À voir aussi à Soignies

• Le circuit des façades millésimées
• Le parc Paternoster
• L’ancienne pharmacie Bourdeaux (1900)
• Les carrières Gauthier-Wincqz (visite sur demande)
• Le château de Louvignies (XIXe)…

 

La pierre bleue voit l’avenir en rose

S’il est indiscutable que la collégiale est la curiosité de Soignies la plus visitée, surtout depuis sa récente restauration tant extérieure qu’intérieure, il est une seconde pépite qui fait la fierté des Sonégiens : la pierre bleue, aussi appelée « petit granit ». Exploitée également, mais dans une moindre mesure, dans le Condroz et l’Ardenne centrale, cette roche remarquable qui s’est formée en mer il y a environ 320 millions d’années s’est taillée une place enviable en Europe grâce à sa dureté, sa résistance au gel, à l’écrasement et aux agents chimiques. En Belgique, elle a été utilisée pour d’innombrables bâtiments publics et privés, ponts, digues, écluses et aménagements urbains parmi lesquels les arcades du Cinquantenaire à Bruxelles, l’Aula Magna à Louvain-la-Neuve et la nouvelle gare des Guillemins à Liège. À Soignies, on n’y échappe pas. Dans le centre-ville, la place Verte a été repeinte en bleu, de même que la place Van Zeeland (le premier ministre est né à Soignies en 1893) où l’espace culturel Victor Jara, inauguré en 2009, se profile comme un énorme caillou qui dépasse du sol. Recouvert d’une croûte de pierre bleue, évidemment.

« C’est incontestablement la richesse industrielle de notre ville », explique l’échevin du Tourisme Jean-Michel Maes, par ailleurs également président de l’Office de Tourisme de Soignies et directeur de la Fédération du Tourisme de la Province du Hainaut. « Son exploitation a véritablement été lancée au début du XVIII e siècle et on espère qu’elle se poursuivra jusqu’à la fin du XXI e. Deux sociétés poursuivent en effet son exploitation : les Carrières du Hainaut, le long de la ligne Tubize- Jurbise, et Les carrières de la pierre bleue belge, qui viennent d’ouvrir un troisième site à cheval sur Soignies, Ecaussines et Braine-le-Comte. »

Pour ceux que ce pan de l’histoire sonégienne intéresse, le Centre de documentation de la pierre bleue accueille les visiteurs au sein du Centre d’art de Soignies. Les plus nostalgiques opteront également pour la visite du Vieux Cimetière et de son parc où près de 150 monuments funéraires du XIVe au XIXe siècles sont répertoriés. Une magnifique et ultime carte de visite pour les nombreuses familles de tailleurs de pierre qui y sont enterrées !

Mais l’exploitation artistique de la pierre bleue à Soignies ne s’arrête pas là. Elle a continué à trotter dans l’esprit de ses habitants, artisans et décideurs politiques. Et, de ricochets en ricochets, elle a fini par se fendre et accoucher d’une idée originale. « La pierre bleue s’éclate », tel est en effet le nom de cet événement que la Ville, l’Office du Tourisme et le Centre culturel organisent désormais depuis 2006 sous forme de biennale. « Ce symposium international de sculpture monumentale est né de l’idée de mettre en valeur la spécificité de notre ville », explique Jean-Michel Maes. « De la mi-août au début septembre, soit jusqu’aux Journées du Patrimoine, nous accueillons et offrons le logement à des sculpteurs venus de différents horizons qui ont comme tâche de créer une oeuvre à partir d’un bloc de pierre brute d’un mètre cube offert par les Carriers ». Afin de susciter un engouement et des rencontres avec le public, ces sculpteurs travaillent au vu de tous, sur le parking jouxtant la salle Jara. Particularité : à la fin du symposium, les pierres sculptées restent exposées à Soignies pendant un an. Même si, entretemps, elles ont trouvé un acquéreur… « Après cette période, ces oeuvres doivent être retirées aux frais des sculpteurs ou des nouveaux propriétaires. Mais compte tenu de leur poids, certains préfèrent en faire cadeau à la Ville qui en achète d’office une à chaque édition. Notre collection, dont une partie est exposée dans le parc qui fait face à la gare, s’agrandit ainsi d’année en année », note avec satisfaction l’échevin.

La Bergerie, à Bomal, c’est la piscine et le sauna à la ferme. Le gîte rural d’Anne et Pascal Delzandre est le fruit parfaitement mûri d’une architecture folle ! Un « cinq étoiles » à la campagne.

« Que va-t-on faire de ce grand bâtiment vide ? »… On était en 2002 et Pascal et Anne Delzandre se sont regardés pendant quatre ans avant de se décider. Dame ! On ne transforme pas sur un coup de tête un fenil en cuisine, une grange en salle à manger et une étable en piscine. Surtout quand il s’agit d’envoyer aux oubliettes les vestiges de l’entreprise agricole qui a fait vivre votre famille pendant des lustres.

« Je suis né ici, au hameau d’Herbet, dans la ferme voisine, explique Pascal. Mes parents ont acheté celle-ci en 1985 et notre famille l’a exploitée jusque 2002. D’un commun accord avec mon frère, j’ai alors arrêté l’exploitation, j’ai racheté la ferme et je me suis lancé comme indépendant dans la réalisation et l’entretien de parcs et jardins. Restait le problème de la reconversion des bâtiments… »

En 2005, le couple s’aventure cependant. Une partie du corps de logis est aménagée en vaste salle pour les fêtes familiales et les séminai res d’ent repr ise. Essai peu concluant. Forcés de revoir leur copie, en complément de la partie plus « business », Pascal et Anne se jettent à l’eau et optent pour l’aménagement complet de la ferme ancestrale – la partie la plus ancienne porte le millésime 1679 – en gîte rural.« Mais pas n’importe lequel. Nous voulions un gîte différent… ». Avec Dominique Noël, le cousin d’Anne – architecte et designer dont l’imagination sans limite a donné naissance aux chambres folles de l’hôtel « La Balade des Gnomes », à Heyd – ils ne pouvaient mieux tomber. Ils sont même tombés de haut, en voyant l’investissement grimper au fur et à mesure que les rêves de l’artiste prenaient forme à partir des matériaux bruts (pierres, bois, argile…) façonnés de ses propres mains. « Nous avons dû mettre le holà, car le projet, entamé en janvier 2007, était en train de nous échapper, précise Pascal. Mais nous sommes ravis du résultat. Nous voilà propriétaires, depuis quatre ans maintenant, d’un gîte luxueux et de caractère que les gens s’arrachent chaque saison ». « Et ce succès nous encourage à poursuivre, enchaîne Anne. Nous sommes constamment en quête de nouvelles améliorations ! »

Le résultat final ? Un panel de onze chambres, toutes originales dans les deux sens du terme, pouvant accueillir jusque 34 vacanciers ou séminaristes. Une piscine couverte flanquée d’une salle de jeux et de deux saunas. Une cuisine à l’américaine avec un espace enfants aménagé dans une petite chapelle où ils vont s’attabler sans se faire prier. Des familles entières de tabourets, chaises et tables taillées à la main. Des lustres jaillis de moyeux de roue, des interrupteurs cachés derrière des têtes de moutons sculptées et des rondelles de chêne en guise de tables de chevet. À l’étage, des chambres trouées de petites fenêtres donnent sur… le couloir, de sorte qu’en montant se coucher, avec une petite gueule de bois bien légitime vu l’enchevêtrement de poutres, les locataires se croiront toujours à la rue et pesteront de ne pas trouver la sonnette. Le tout dessiné dans une ferme en carré où, c’est le comble, les arrondis donnent le tournis jusque dans les douches !

L’architecte est peut-être le fils génial que Salvador Dali aurait eu s’il avait regardé entre quatre yeux la fille d’Alexandre Trauner. Ce qui est sûr, c’est qu’il faut grimper sur les hauteurs de Durbuy et zigzaguer dans ce coin perdu de Bomal pour jouer avec les bulles d’un jacuzzi sous le regard ébahi d’une dizaine de moutons… « Ces bêtes sont les derniers témoins de l’activité agricole du siècle passé, explique Pascal. C’est pour cela que notre gîte s’appelle La Bergerie ».

Les propriétaires n’en feront pas un foin, mais sachez que la maison a cinq étoiles ! Label et les bêtes…

 

Renseignements

[email protected]
www.bergerie-herbet.be
www.ardennes-etape.com

 

A voir, à faire

Découverte de la région en VTT

Si vous venez à La Bergerie avec votre vélo, demandez à Pascal, le propriétaire, de vous faire découvrir la magnifique région qui est la sienne. Il se fera un plaisir de vous proposer une boucle par Izier, le bois de Wéris – l’un des plus beaux villages de Wallonie –, Biron et Barvaux. Mais attention ! Le gaillard est un sportif accompli qui s’est fait les mollets en courant les plus fameux joggings de Wallonie. « Pour les familles, je proposerai plutôt une petite balade en vélo en suivant le Ravel jusque Durbuy », suggère Anne.

Autres curiosités et activités

La ville médiévale de Durbuy, le parc Durbuy Adventure, le parc des « topiaires » (plantes sculptées) à Durbuy, le château féodal de Logne, le site de la Roche aux Corneilles à Bomal, les descentes en kayak sur l’Ourthe, le labyrinthe de Barvaux, le site celtique et le village de Wéris, les grottes de Hotton, le tramway touristique de l’Aisne et la chocolaterie artisanale Defroidmont à Erezée, la brasserie Fantôme à Soy…

Une ancienne fermette astucieusement transformée

Ils ne sont pas nombreux, les villages qui peuvent se targuer d’avoir été l’un des fiefs des Templiers en Wallonie. Villers-le-Temple, entre Huy et Liège, est l’un de ceux-là avec Saint-Léger, Templeuve, Tournai, Rumes, Hagrimont… C’est à Gérard de Villers, chevalier de l’Ordre du Temple, que l’on doit la construction d’une commanderie, à Villers-en-Condroz, peu après 1260 et son retour de Terre Sainte. Composée d’une maison fortifiée dotée de quatre tours, d’une chapelle, de bâtiments d’exploitation agricole avec écuries et étables, cette commanderie deviendra le chef-lieu du Temple en Hesbaye et sera à l’origine de l’appellation Villers-le-Temple.

Quelque 750 ans plus tard, ce ne sont plus des chevaliers en armure qui font halte dans ce village de l’entité de Nandrin, mais des voyageurs qui viennent principalement de Belgique, de France, des Pays-Bas ou d’Allemagne afin de se retrouver en famille et de profiter de la nature environnante et du riche patrimoine de la région. Ils ne s’arrêtent plus – sinon pour jeter un œil sur ses vestiges – devant la porte de la commanderie, au cœur du village, mais dans une ancienne ferme du XIXe siècle construite avec des pierres locales et transformée depuis un peu plus de deux ans en gîte de charme pour 8 ou 9 personnes.

Quatre maisons en une

Leurs hôtes ? Marianne de Laminne et Marc de Biseau, un couple de jeunes retraités habitant Rotheux (Neupré), dont on ne vous retracera pas les origines mais qui, à défaut d’être issus de familles de bâtisseurs, partagent une passion certaine pour la rénovation. « Nous avons déjà restauré plusieurs maisons de caractère avant celle-ci, expliquent les deux bricoleurs. Nous aimons réfléchir à une nouvelle affectation des pièces, à la façon de les transformer et de les embellir, avant de mettre la main à la pâte lors des travaux et de parachever le tout par une décoration minutieuse et recherchée. Cette maison a la particularité d’être composée de quatre anciennes maisonnettes dont les portes d’entrée ne donnent pas sur la voirie actuelle mais sur une petite ruelle qui passait du côté arrière et que nous avons aménagée en large terrasse orientée plein sud. Elle appartenait à un vieux menuisier bien connu dans le village qui avait établi son atelier dans le bâtiment annexe construit perpendiculairement et qui servait jadis d’étable au rez-de-chaussée et de fenil à l’étage. Très rapidement, l’idée d’agrandir le corps de logis en perçant l’un des murs de ce bâtiment nous est venue à l’esprit, mais celui-ci étant séparé de la maison par un petit passage, il a fallu construire un espace de jonction. »

Une étable reconvertie en salon

Une réalisation aussi audacieuse qu’astucieuse. Grâce au percement de deux baies côté terrasse, l’ancienne étable est devenue un salon lumineux et confortable équipé d’un poêle à bois et d’une télévision. Sur les conseils de l’architecte, le couple a cassé une partie des voussettes du plafond afin de permettre l’accès à l’étage. L’ancien fenil est aujourd’hui divisé en trois parties : une mezzanine meublée de deux lits simples qui font le bonheur des enfants, une vaste chambre dotée d’un lit double et une salle de bain. Une petite suite très sympathique que les locataires se disputent très souvent, paraît-il.

« Le corps de logis a été réaménagé complètement également, expliquent les propriétaires. L’étage est composé de trois chambres, d’une salle de bain et d’une salle de douche. Toutes les fenêtres ouvrent, côté sud, sur la terrasse et le jardin, mais également sur le vaste verger du voisin où quelques chevaux s’en donnent à cœur joie été comme hiver. »

Entre le mobilier rustique et les accessoires de décoration trouvés sur e-bay ou dans des magasins spécialisés, les locataires découvriront non sans étonnement quelques outils abandonnés dans le grenier par les précédents propriétaires et qui contribuent aujourd’hui à la décoration « de caractère » de la maison: une herse, un grand râteau ou galaire, une varlope (rabot) ou encore un couvier, instrument qui servait d’étui pour la pierre à aiguiser la faux et que le fermier accrochait à sa ceinture… C’est sûr, on est toujours à la campagne !

 

Adresse du gîte « La Musardière »

Thier du Marnave, 7

B-4550 Villers-le-Temple (Éghezée)

+32 (0)475 44 58 12

[email protected]

http://gitelamusardiere.blogspot.be

 

À VOIR, À FAIRE

Le château de Modave

Tandis que la maîtresse de maison s’occupe de la gestion rigoureuse de la Musardière, c’est à son époux que revient la tâche d’éclairer les locataires à travers le dédale de curiosités touristiques de la région. Les propriétaires ne le cachent pas : leur coup de cœur est le château de Modave, ou château des comtes de Marchin, du nom de celui qui fit reconstruire ce joyau au XVIIe siècle et qui supervisa la construction de la machine hydraulique qui servit à pomper et remonter l’eau du Hoyoux jusqu’au château. Un engin qui servit de modèle à la construction de la célèbre machine de Marly, utilisée à l’époque de Louis XIV pour acheminer l’eau de la Seine au château de Versailles (voir WAW n°13, juin 2011).

Au fil des pages de l’épaisse documentation mise à la disposition des touristes, on trouve également la ville de Huy, le parc récréatif du Mont Mosan, les cristalleries du Val-Saint-Lambert, le château de Jehay… « Et il ne faudrait pas partir sans avoir savouré les produits du terroir, insistent les propriétaires. À moins de dix kilomètres du gîte, la ferme de l’Abbaye (beurre, crème et lait), la ferme de la Commanderie (viandes et préparations maison), la ferme de Limet (volailles) et la ferme de Neuville (crèmerie, poulets, fromages…) vous permettront de composer un alléchant panier. »

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

En collaboration avec : 

Ancrées à Profondeville, les enseignes Euro Center et èggo sont deux exemples de réussites socio-économiques. Philippe Taminiaux, leur fondateur, a réussi à insuffler un formidable esprit d’équipe à ses collaborateurs. Sa recette ? Enthousiasme et passion égalent succès !

C’est une maison pas comme les autres, c’est sûr. Où les valeurs traditionnelles en ont pris joyeusement un coup au fil de l’aventure. Le premier choc, on le savoure en arrivant au siège d’Euro Center et d’éggo, à Bois-de Villers : sur le parking, les meilleures places sont réservées aux visiteurs ! « C’est juste, le client est roi », me rappelai-je, en grimpant l’escalier menant à la réception. J’avais rendez-vous avec Philippe et Frédéric Taminiaux. Le père et le fils, responsables des deux sociétés soeurs, aiment se fondre dans la masse de leurs « collaborateurs. » La preuve, sur le mur du hall d’entrée, leurs photos respectives sont noyées dans l’anonymat de quelque trois cents têtes souriantes – parmi lesquelles celles de Halle Berry et de Brad Pitt, mais de fortes présomptions m’inclinent à penser qu’il s’agit là d’une ruse pour impressionner les visiteurs. « Mon père aime traiter son personnel d’égal à égal, m’avait prévenu Frédéric au téléphone. Il fait la bise à tout le monde et chacun l’appelle par son prénom ! »

« Euh… est-ce que Philippe est là ? », susurraije à la réceptionniste, en montrant le numéro 255 accroché aux valves. « Il achève de brosser la cuisine afin d’éliminer les frasques de la veille et il est à vous ! », entendis-je quelqu’un répondre. Je commençais à douter de ma propre identité quand je vis un gars assis dans le couloir, devant des pages et des pages de formulaires, en train de marmonner je ne sais quoi et en comptant fébrilement sur ses doigts. « Il postule pour une place dans la société, m’expliqua, un peu plus tard, Fabrice Pollet, le directeur des ressources humaines. Chaque semaine, nous recevons vingt-cinq candidatures spontanées ! Mais ces postulants ont intérêt à savoir bien compter parce que, chez nous, ce sont les vingt premiers mots et les vingt premières secondes de l’entretien, ainsi que les vingt centimètres de leur visage, qui importent. Cela nous suffit pour juger de leur motivation et de leur enthousiasme. »

Milliard !

Je me sentis rougir. Mes vingt premiers mots n’avaient-ils pas été : « À propos, vous me parlez d’accueil, mais vous ne m’avez toujours pas offert une bonne tasse de café » ? Mais je me rassurai aussitôt. Car Philippe Taminiaux était parti d’un grand éclat de rire et avait commandé du café et de la tarte. « C’est vrai que j’ai toujours eu l’obsession du client. Dès l’ouverture des premiers magasins, j’ai cherché à l’étonner en lui offrant la livraison et le café ! Déjà alors, je voulais lui donner l’envie de revenir… »

Puis, il me raconta son histoire… En 1979, dans un trou perdu de Floreffe, le Namurois ouvre, en tant que franchisé, son premier magasin de type « discounter » sous l’enseigne Electro-Cash et jette pour ce faire toutes ses économies dans la publicité. C’est gonflé, mais la sauce prend. De 35 millions de francs belges cette année-là, son chiffre d’affaires atteint 350 millions en 1989 – année où il quitta le réseau de franchisés pour fonder, avec un autre entrepreneur namurois, l’enseigne Euro Center – puis franchit la barre du milliard en 1998 ! « Jusque 2003, nous avons ouvert près d’un magasin par an. Une success story qui repose sur trois éléments : la passion pour le client qui doit toujours être satisfait, ainsi que l’enthousiasme et le sourire de nos collaborateurs. C’est ce que nous appelons notre «légende». Chacun doit constamment l’avoir en tête. On se taquine souvent à ce propos… »

Une vision a Milan

En 2004, Euro Center saisit l’opportunité de se développer dans le nord du pays en reprenant et en aménageant selon sa philosophie dix magasins de l’enseigne Megapool. Le spécialiste en électronique et électroménager compte alors 33 points de vente et plus de 300 collaborateurs. Hélas ! Le concept ne démarre pas en Flandre car les gens sont réticents à changer leurs habitudes d’achat. « C’est alors que j’eus une vision à Milan – que l’on pourrait traduire par une vision à long terme (Ndlr) – en découvrant un nouveau design de cuisine associé à une façon inédite de mettre le produit en valeur. Au lieu de données techniques, des images du bonheur : une naissance, des enfants qui rient, des fruits, des oiseaux… » Philippe Taminiaux s’arrête net, car en feuilletant les projets de décoration qu’on venait de lui mettre sous les yeux, une image le choque. « Qui est-ce qui m’a fait cela ? On ne coupe pas la queue d’un oiseau ! Il faut refaire ce cadrage…. » « Mon père est passionné par la nature, me souffle Frédéric. C’est lui qui a lancé le Festival Nature Namur il y a 17 ans. Il vous en parlera sûrement tout à l’heure… » L’image du bonheur ? Il suffisait d’y penser. Comme l’oeuf de Colomb. D’ailleurs, la nouvelle enseigne s’appellera éggo. Et le logo aura la couleur de l’olive, accentuée d’une touche d’orange (ou jaune d’oeuf). Après avoir lancé sur ce nouveau projet une équipe de vendeurs, coloristes, éclairagistes, archi- tectes d’intérieur, publicitaires, Philippe Taminiaux, qui se considère humblement comme un lieur de sauce mayonnaise (décidément, on reste dans l’oeuf !) au sein d’un groupe, ouvre ses quatre premiers éggo en mars 2007. La marque en comptera vingt en septembre ! Dans la foulée, il a la bonne idée de convertir les enseignes Euro Center du nord du pays en magasins éggo. « Nos meubles proviennent de notre usine-partenaire Nobilia, en Allemagne. Mais ils sont fabriqués sur mesure pour répondre à nos concepts. Avec nos designers, nous avons développé un style très zen qui se caractérise notamment par l’îlot central qui intègre le cuisinier à la maisonnée et incite les gens à prendre l’apéritif en sa compagnie. » « Ou le café », faillis-je d’ajouter. Mais je m’abstins.

Zorro est arrivé !

Bref, une nouvelle aventure démarre. Jusqu’à la crise de 2008. La marque frôle alors le crash. « La pompe Euro Center ne parvenait plus à alimenter en fuel l’avion éggo, qui venait d’investir 12 millions € pour son décollage, explique Philippe. Heureusement, Zorro est arrivé ! » Zorro, c’est Frédéric. Formé à l’Ecole de Commerce de Solvay (ULB), le jeune homme (27 ans) va s’atteler à mettre de l’ordre dans la logistique et les finances, un domaine quelque peu délaissé par le paternel. « Mon père vient de la publicité, justifie Frédéric, aujourd’hui directeur des opérations de vente. Sa force, c’est son audace, jointe à un enthousiasme débordant grâce auquel il arrive à convaincre ses interlocuteurs. Quand il va trouver une banque pour un prêt, il arrive sans plan financier, mais sûr de ses idées. Quand il doit investir, il est du genre à pousser tout son argent sur le tapis, comme James Bond dans «Casino Royal». Les autres sont estomaqués et déposent leurs cartes… »

Les deux entreprises sont peu à peu remises sur orbite. En 2011, année historique pour le groupe, Euro Center (22 magasins en Wallonie) et éggo (41 dans toute la Belgique) ont vu leurs chiffres d’affaires monter respectivement à 57 et 85 millions €. Des hausses de 13 et 16 % ! Cette année, trois nouvelles enseignes sont prévues dans les zones de Charleroi et Liège. Et les responsables réfléchissent aujourd’hui à une implantation en Espagne et aux Pays-Bas.

« Le groupe travaille actuellement avec 600 personnes, soit 450 salariés et 150 indépendants, des installateurs de cuisine principalement, explique Fabrice Pollet. De nombreux postes sont occupés par des conseillers en cuisine, des vendeurs en électroménagers, des livreurs bilingues et des logisticiens. » « Notre politique de l’emploi est basée sur la pratique du «Vis ma vie», ajoute Frédéric Taminiaux, C’est-à-dire que nous demandons à chacun de travailler quelques temps dans les autres départements afin de mieux comprendre les impératifs de ses collègues. Ce qui leur permet également de faire connaissance. »

Des voyages initiatiques au Sénégal

Pour consolider les liens entre ses collaborateurs, Philippe Taminiaux a également pris l’habitude, pendant dix ans, d’envoyer ses collaborateurs au Sénégal. Un pays pour lequel il a jadis eu le coup de foudre et où il a tissé des liens, loin des circuits touristiques. « Les habitants sont dépourvus de presque tout, mais vous êtes reçus comme des rois, même lorsqu’ils viennent de parcourir sept kilomètres dans la brousse pour aller chercher de l’eau ! C’est ce sourire permanent, cette chaleur naturelle, que j’attends de nos vendeurs en présence des clients. Même si les destinations changent parfois – l’an dernier, nous sommes allés au Sri Lanka – ces voyages initiatiques sont toujours nécessaires pour que chacun ouvre les yeux. Pour que notre «légende» survive et se transmette aux nouveaux venus. »

J’avais compris. Au moment de quitter le père, le fils et le saint esprit qui règne dans cette belle famille, je me fendis de dix centimètres de sourire. Las ! Personne ne me fit la bise, ni même n’articula mon prénom. Mon ego en prit un coup. Je croyais avoir réussi mon examen d’entrée et voilà que j’étais juste bon pour la sortie. La faute au café, c’est sûr… !

 

Un Festival Nature Namur légendaire !

En octobre 2011, le Festival Nature Namur a rassemblé plus de 35 000 visiteurs en dix jours sur le site de l’Acinapolis, à Jambes. Quelque 200 films amateurs et professionnels et plus de 6 000 photos étaient en compétition. Sans oublier les balades nature, les conférences, les soirées à thème, les animations… Un tout grand rendez-vous et une autre success story que l’on doit à ce grand amoureux de la nature, photographe et, plus récemment, jardinier qu’est Philippe Taminiaux.

« Ce festival est connu partout en Europe où il reste le numéro 1 en matière de films amateurs », explique le responsable qui a réussi à fédérer ses collaborateurs qui se font un plaisir, chaque année, de donner un coup de main à l’organisation. Que ce soit en dressant les buffets ou en servant au bar, chacun, du vendeur au gérant, aborde alors en permanence son sourire légendaire et plus … naturel que jamais. Vous êtes sceptiques ? La 18e édition aura lieu du 12 au 21 octobre prochain.

www.festivalnaturenamur.be

 

Pour une immersion totale dans la nature

Deux petits gîtes rustiques pouvant accueillir respectivement cinq et six personnes, un troisième plus vaste permettant d’héberger 22 hôtes dans un ancien couvent complètement réaménagé, et un petit nid réservé aux amoureux sur un îlot de la rivière. Si le Domaine Saint-Roch, à l’entrée de Couvin, permet de satisfaire la plupart des demandes en matière de capacité, il décevra probablement ceux et celles qui cherchent le grand confort, le raffinement dans la décoration, le chatoiement des tons et couleurs. En revanche, ceux qui rêvent d’une immersion dans un décor naturel d’une extrême richesse, où la faune et la flore s’épanouissent dans les différents milieux taillés à leur mesure et où même l’Eau Noire a accepté de prêter sa force vive aux besoins de l’homme, ceux-là n’hésiteront pas un instant à y jeter leurs baluchons et à venir écouter Philippe Roisin expliquer comment il est arrivé à recréer ce maillage écologique au sein d’un site de 50 hectares abandonné pendant plusieurs dizaines d’années.

Une forge datant de 1739

« Ma femme et moi venons de Charleroi où nous avons dirigé pendant 25 ans une entreprise de publicité, explique le propriétaire. Quand nous avons découvert ce domaine, à l’origine une forge où l’on traitait les minerais extraits des carrières avoisinantes, nous avons vite senti qu’il cachait une richesse naturelle incroyable et que lui redonner vie était un projet qui nous seyait. Les bâtiments, qui datent de 1739, étaient encore imprégnés de cette ancienne gloire industrielle, mais ils étaient à l’abandon. Nous avons racheté le site en 2006 et, rapidement, nous nous sommes attelés aux premiers travaux. Le plus urgent, afin de commencer à récupérer une partie de notre investissement, fut d’aménager l’ancien garage des forges, ou carrosserie, en salle de fêtes ou de séminaires. Nos voisins français affectionnent ce genre de salle aménagé dans un espace de caractère. »

Une mini centrale électrique

Mais là où les locataires ouvriront grand leurs oreilles, c’est quand Philippe Roisin leur racontera comment, avec l’aide de spécialistes, lui et son épouse ont procédé à la revalorisation de l’ensemble du site (bois, haies, chemins, étangs et berges de la rivière…), qui leur a valu deux récompenses : le prix Inbev-Baillet Latour pour l’environnement (2008) et le prix du développement durable décerné par la Province de Namur (2013). « Nous nous sommes d’abord attaqués à la gestion des énergies en faisant installer, à hauteur de la chute d’eau de la rivière, une petite centrale hydro-électrique qui permet au domaine d’être complètement autonome en matière d’électricité et partiellement du point de vue chauffage. Cette centrale produisant environ 350 mégawatts heure par an, soit l’équivalent de la consommation d’une grosse centaine d’habitations, l’énergie excédentaire est revendue au fournisseur et réinjecté dans le réseau. »

Quant aux efforts des propriétaires en matière d’entretien de la faune et de la flore, efforts qui ont contribué à l’apparition ou au retour d’une grande diversité d’espèces, ils sont dignes des travaux d’Hercule. Quelques exemples : le travail d’élagage dans le bois a fait revenir les rapaces grâce à la création de rais de lumière ; l’entretien de l’ancienne glacière du domaine a offert un habitat aux chauves-souris ; le creusement, avec l’aide financière de la Région wallonne, d’un lit de déviation pour la rivière, a permis aux truites de la remonter en faisant fi du barrage… Et on ne parle pas des quatre kilomètres et demi de haies ni des sept kilomètres de chemins entretenus à ce jour !

Un gîte pour amoureux sur l’eau

C’est donc avec le sentiment d’être en parfaite harmonie avec le milieu naturel que les hôtes du Domaine Saint-Roch s’endormiront le soir. Soit dans les chambres rustiques en matériaux d’origine aménagées dans la conciergerie (deux doubles et deux simples) ou dans l’ancienne maison du palefrenier (deux doubles), soit dans l’ancien couvent des moines capucins (sept chambres doubles et deux mini dortoirs de quatre lits simples) qui a été complètement réaménagé avec des matériaux naturels et un ameublement moderne tout confort. « Ces gîtes sont très appréciés par les familles qui viennent célébrer un mariage, explique Philippe Roisin. Nous avons d’ailleurs l’habitude de loger les jeunes époux dans le petit gîte intime en forme de bulle que nous avons aménagé au bord de l’étang avec vue sur la roselière et, surtout, sur l’une des plus grandes héronnières de la région qui a pour cadre l’aulnaie de notre grande île. »

Mais ce n’est pas tout : afin de pouvoir morceler davantage encore l’offre d’hébergement, les propriétaires envisagent la création d’un gîte supplémentaire de cinq chambres dans l’ancienne maison du jardinier. Et ils sont en train d’installer une vaste cuisine pour les locataires de l’ancien couvent, lesquels pourront bientôt bénéficier également à l’étage d’un gigantesque salon avec feu ouvert suspendu. « Cette pièce de 130 mètres carrés a successivement servi de bibliothèque pour les moines, de salle de théâtre et de local pour prisonniers russes en 1944. » Toute une histoire…

 

 Adresse du gîte

Domaine Saint-Roch

Route de Charlemagne, 16

B-5660 Couvin

+32 (0)60 34 40 54

[email protected]

www.domainesaintroch.be

 

COUP DE COEUR

L’Aquascope, à Virelles

Puisque ses hôtes débarquent chez lui pour se rapprocher de la nature, Philippe Roisin leur suggère, quand ils auront fini d’écouter l’histoire du domaine ­– ce qui leur laissera peu de temps libre, reconnaissons-le – de visiter l’Aquascope. Construit sur les berges de l’étang de Virelles, ce centre propose de découvrir la nature environnante, dont les oiseaux et le milieu aquatique. « Pour ceux et celles qui savent se lever tôt, je conseille l’animation « aubes sauvages ». Il s’agit d’assister au lever du soleil sur un canoë indien, d’y ressentir l’ambiance sauvage de l’étang et d’observer les oiseaux entre les roseaux sous la conduite d’un guide. »

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

En collaboration avec : 

Le bonheur d’un jour et d’une belle nuit

Ce sont deux jolies chambres d’hôtes, décorées avec goût et de style « cosy », comme aime dire la propriétaire, Monique Denef. L’une, « Bonheur du jour », est située côté rue et doit son nom à la lumière qui la transperce sans un bruit et la baigne de douces couleurs naturelles. L’autre, « Belle de nuit », est tournée vers le magnifique jardin et est habillée de tons un peu plus chauds. Aménagées de part et d’autre du palier, mais séparées par un couloir de service qui concourt à leur isolation acoustique, elles sont toutes deux précédées d’un petit salon privé et se prolongent par une salle de bain et une douche à l’italienne fort appréciée, paraît-il, des occupants. De conception et de taille identiques, elles sont équipées d’un lit double et d’un mobilier rustique qui leur donne beaucoup de charme. Comme ce bonheur du jour (meuble destiné à l’écriture) placé dans la chambre du même nom, cette petite liseuse en plâtre sur l’encadrement d’une vieille cheminée que Monique a fait renaître de ses cendres, ainsi que ces petites tables et guéridons sur lesquels se reposent, sans doute définitivement, quelques très vieux livres tenus ensemble par une cordelette, preuve que les propriétaires affectionnent – et encouragent – la lecture.

 

Des vieux meubles qui revivent

« La plupart des meubles et objets de décoration proviennent de brocantes. J’ai consacré beaucoup de temps à les patiner à l’ancienne afin de les mettre au goût du jour et leur donner une nouvelle vie », explique la maîtresse de maison qui n’a pas ménagé ses efforts, avec l’aide de son bricoleur de mari, pour transformer l’étage de cette ancienne forge en petit paradis pour couple en quête d’un peu de détente dans la campagne hesbignonne.

« Nous sommes arrivés à Hanret-la-Vallée en 1983, explique cette psychologue aujourd’hui pensionnée. Nous louions une maison à Mehaigne, dans la même commune, et nous cherchions une habitation plus spacieuse pour emménager avec nos enfants. Nous avons trouvé cette fermette datant de la fin du XIXe siècle et formée de deux maisons jumelles accolées. Elle était dans un état si délabré qu’il nous a fallu huit ans pour la transformer et en faire une seule et vaste habitation confortable. L’idée d’aménager deux chambres d’hôtes au-dessus de la forge, qui nous sert aujourd’hui de garage, nous est venue voici cinq ans environ, comme l’âge de ma pension approchait et que je songeais à une nouvelle activité. Ce sont des amis alsaciens, qui possèdent eux-mêmes des chambres d’hôtes, qui nous ont encouragés. Nous avons repris le même architecte que pour la maison et sommes repartis pour deux-trois ans de travaux… »

Des travaux mûrement réfléchis puisque les locataires disposent de leur entrée particulière côté rue et, dans la prolongation du hall d’accueil fait de murs en briques nus, d’un petit salon côté jardin où la propriétaire vient leur servir un copieux petit déjeuner campagnard. Un salon quatre épis, comme les chambres, puisque cet espace de détente a la forme d’une verrière d’où l’on peut admirer la succession de jardins jusqu’au champ de blé voisin. L’autre fierté des propriétaires…

 

Des jardins accessibles

« Les jardins, c’est notre deuxième passion, en effet. Nous les avons aménagés en différents espaces de détente. À la belle saison, nous sommes entourés de nombreuses variétés de fleurs et plantes, tandis que le verger nous apporte cerises, prunes et pommes. Nous avons aussi une vigne, des tilleuls et même un noyer vieux de plus d’un siècle ! Je crois d’ailleurs que nous sommes en mesure de recevoir le label « Au jardin » octroyé par la Fédération des Gîtes de Wallonie. Il suffirait d’y aménager un espace promenade, des bancs, un point d’eau… et de nous engager à être disponibles pour partager notre passion et exposer nos techniques de plantation et d’entretien. Ce que nous faisons déjà très souvent car beaucoup de visiteurs nous posent des questions à ce sujet. »

Des visiteurs qui viennent en couple de Belgique, des Pays-Bas ou d’Allemagne, afin de partir à la découverte de villes comme Namur ou Durbuy, mais qui ont choisi de loger à la campagne car ils affectionnent les balades dans la nature. Ils ne pouvaient tomber mieux que rue de la Pépinière.

 

Adresse du gîte

Rue de la Pépinière 27

B-5310 Hanret (Eghezée)

+32 (0) 495 851404

[email protected]

www.cotejardincouleurscampagne.com

 

 

À VOIR, À FAIRE

Namur et les bons restos

Monique Denef est d’accord avec ses locataires : s’il ne faut pas négliger des sites magnifiques, comme les châteaux de Fernelmont et de Franc-Waret, c’est la ville de Namur, avec sa citadelle, son centre historique, son Musée Félicien Rops et ses magasins, qu’il convient de visiter en premier lieu si l’on fait halte le temps d’un week-end à Hanret-la-Vallée. « Pour terminer la journée, quoi de mieux qu’un bon restaurant, comme L’air du Temps à Liernu ou L’orange rose, La Cuisine de Papa et Le Tamarin, tous trois dans le centre d’Eghezée. Ils vous proposeront nos produits du terroir, parmi lesquels le foie gras d’Upignac à Upigny, les escargots petits gris de la ferme du Vieux-Tilleul à Bierwart et les (jus de) fruits sans résidus des Vergers de la Vallée, exploitation située à seulement 200 mètres d’ici. »

 

Avec le soutien du Commissariat Général au Tourisme

 

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