Waw magazine

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Installée à Gosselies, Univercells développe des plateformes révolutionnaires de production de vaccins. La jeune société vient de gagner la confiance de la Bill & Melinda Gates Foundation qui a misé sur son savoir-faire pour produire des vaccins à très bas prix à l’attention des pays en développement.


Bill Gates semble apprécier notre savoir-faire. Voici quelques années, c’est la société GIM (Gembloux) qui avait remporté un concours international lancé par sa fondation. Son expertise dans la reconnaissance d’images satellitaires avait permis de localiser les plus petits habitats dans les zones reculées du Nigéria et ainsi d’y envoyer des équipes médicales afin de vacciner les habitants contre la poliomyélite (voir WAW de décembre 2016).

Si cette maladie est quasi éradiquée, il reste des zones, notamment au Pakistan et en Afghanistan, où elle résiste encore et toujours. C’est dans le but de lui porter le coup de grâce que la Fondation Bill & Melinda Gates a lancé un nouvel appel à projets en septembre 2015. L’objectif : augmenter drastiquement l’accès mondial à des vaccins prioritaires. Le challenge : concevoir un système de production permettant de descendre le coût d’une dose sous la barre de 0,15 $ (contre 2 $ aujourd’hui).

Et c’est le projet d’Univercells, jeune société qui a installé ses bureaux et laboratoires dans un incubateur de start-up au sein du Biopark de Charleroi, qui a émergé d’un peloton de 155 candidats. À la clé, une subvention de 12 millions de dollars ! Pour la société carolo, qui venait de recevoir l’an dernier une bourse de 466 500 € de la Région wallonne, cette nouvelle reconnaissance va lui permettre de continuer à aller de l’avant en s’appuyant sur les nouvelles technologies.

Deux talents complémentaires

Ce succès, Univercells le doit à deux hommes, deux talents, qui ont développé depuis plus de 15 ans une belle complicité dans les biotechnologies : José Castillo, le directeur technique, et Hugues Bultot, l’administrateur-délégué. Leur pari : bouleverser l’industrie des biomédicaments, ouvrir la voie de nouvelles solutions de fabrication afin de pouvoir offrir une médecine abordable pour tous.

C’est en 2005 que les deux hommes, sentant que le secteur allait évoluer vers une optimisation des procédés de production devenus archaïques et trop chers, décident de créer Artelis, une entreprise spécialisée dans le développement de bioréacteurs à usage unique et à haute densité pour l’industrie des vaccins et des anticorps monoclonaux. « Malheureusement, nous nous étions contentés de développer une petite partie de la chaîne de production, reconnaît Hugues Bultot. Cela n’a donc pas eu de véritable impact sur la quantité des biomédicaments produits ou sur leur prix. Notre scope n’était pas assez large ! ».

En 2013, le duo crée Univercells, avec l’objectif de corriger le tir en concevant un système qui, cette fois, leur permettrait de contrôler totalement la production. Ce fut le rôle de José Castillo : voir quelles technologies allaient permettre d’assurer l’ensemble du procédé de manière efficace. « Sur la dizaine de composantes de celui-ci, nous avons décidé de ne développer nous- mêmes que les deux ou trois qui nous paraissaient plus faibles. Les autres, celles qui avaient prouvé leur efficacité, nous les avons prises parmi ce qui existait déjà et les avons assemblées à notre unité. Ce fut une façon de combiner le smart (intelligent) et le cost-effective (économique) engineering. »


Il ne sera donc plus nécessaire de produire le vaccin dans de grandes usines implantées dans quelques pays industrialisés, puisque de petites unités de production pourront être construites là où la demande est la plus pressante, par exemple en Amérique latine, en Asie ou en Afrique.


 

Coulée continue, comme en sidérurgie

Pour mieux comprendre en quoi consiste l’innovation, il convient d’abord de suivre le raisonnement du directeur technique pour lequel la bioproduction traditionnelle peut être comparée à un bas-fourneau sidérurgique du XVIIIe siècle. Au centre des deux procédés, une grande cuve dans laquelle tous les éléments sont rassemblés. Des éléments en fusion d’un côté, des cellules en gestation dans un milieu nutritif de l’autre. « La production de voitures a été rendue plus facile et leur coût a chuté le jour où cette cuve a été remplacée par un dispositif à étapes permettant la production d’une fonte en coulée continue. Ce sont ces principes du génie chimique qu’Univercells a appliqués. En faisant appel à des procédés révolutionnaires, nous avons conçu une boucle intégrée combinée à un bioréacteur – la cuve – à haute densité. De la culture cellulaire (phase upstream, en amont) à la purification (phase downstream, en aval), ce procédé innovant produit en continu vaccins et anticorps monoclonaux. »

La densification des procédés

« La miniaturisation des procédés est notre autre atout, poursuit Hugues Bultot. Aujourd’hui, dans l’industrie pharmaceutique, en raison de la faible densité des cellules, les réacteurs doivent pouvoir contenir 2000, voire 15 000 litres. Si l’on y ajoute l’ensemble du piping, c’est-à-dire les tuyauteries, vous imaginez les cathédrales qu’il faut construire pour en arriver là ! Nous, nous avons réussi à intensifier le procédé afin de permettre aux cellules de grandir dans des espaces très confinés. C’est la population de la steppe sibérienne que nous sommes parvenus à loger à Tokyo. En densifiant ces cellules, nous avons pu ramener à 25 litres la capacité des bioréacteurs. De même, nous sommes parvenus à diminuer la taille des équipements destinés à la purification. Une réduction de l’empreinte au sol qui se répercute sur le coût d’une unité de production : si les plateformes traditionnelles coûtent de cent millions à un milliard d’euros, les nôtres nécessitent un investissement dix fois moindre. Conséquence : le prix des vaccins pourra ainsi chuter sous la limite exigée par la Bill Gates Foundation. »

Des petites unités multiproduits

Il ne sera donc plus nécessaire de produire le vaccin dans de grandes usines implantées dans quelques pays industrialisés, puisque de petites unités de production pourront être construites là où la demande est la plus pressante, par exemple en Amérique latine, en Asie ou en Afrique. Ces petites unités pourront ainsi être mises en place en un temps record et permettre une production flexible à grande échelle. « Ces unités pourront être multiproduits, précise l’administrateur-délégué, car en remplaçant les réacteurs en acier inoxydable par des réacteurs en matière plastique, plus faciles à évacuer et à nettoyer, la même plateforme pourra alterner la production de plusieurs types de vaccins en fonction de la demande. En ce qui nous concerne, notre stratégie en matière de pénétration des marchés est surtout axée vers les vaccins inclus dans les franchises pédiatriques, comme la varicelle, la rougeole ou les oreillons. Les usines qui les produisent fonctionnent soit à pleine capacité, soit à des prix exorbitants. Le vaccin contre la rage nous intéresse également, car la demande est très forte, notamment en Inde, et il est encore cher… »

À la tête d’un consortium

Comment une petite société sans réelle expérience comme Univercells a-t-elle pu avoir la préférence de la Gates Foundation ? La réponse tient en plusieurs éléments. Au contraire de ses « concurrents » qui proposaient des approches fragmentaires, la société carolo a mis sur la table une solution globale. Un système de production clé sur porte répondant en tous points à l’objectif de la fondation. « En outre, par rapport à d’autres sociétés d’équipements, nous avons l’avantage de nous situer au centre d’un réseau professionnel connu et crédible. Nous sommes à quelques dizaines de kilomètres de GSK, à moins de 800 kilomètres de Sanofi. Cet écosystème dans le monde du vaccin a certainement influencé la fondation. » La stratégie d’Univercells a également été payante. La société, en effet, a décidé de ne pas jouer la partie en solo mais, par modestie, de se mettre dans la roue de deux entreprises plus expérimentées, à savoir Batavia Biosciences (développeurs de vaccins, Pays-Bas) et Natrix Separations (membranes de filtration, Canada). C’est ce consortium qui a remporté le concours et qui se partagera donc les 12 millions de dollars. « Nous avons cependant grandi à l’intérieur de cet appel d’offres, précise Hugues Bultot. La fondation, ayant vu que la capacité d’innovation venait de chez nous, nous a promus leaders de notre consortium. En outre, consciente du caractère ambitieux de notre projet, elle a revu à la hausse ses subventions. C’est la première fois qu’une somme pareille a été octroyée... ». Et le directeur d’ajouter. « Le marché des vaccins est un oligopole. Il tient dans les mains de quelques grands producteurs, mais le monde entier est demandeur. Des consortiums comme celui que nous avons formé aident la Fondation Gates à briser partiellement ce monopole. Permettre à chaque pays ou chaque compagnie pharmaceutique d’avoir sa propre unité de production fait partie de son challenge. »

De 32 à 50 collaborateurs

À dater de décembre 2016, Univercells dispose de deux ans pour réussir ce challenge. Ce n’est qu’après ce laps de temps que José Castillo et Hugues Bultot pourront aller serrer la main de Bill Gates, une envie qui leur donne des démangeaisons depuis 2005. « Ce délai est très court mais, heureusement, nos hypothèses sont déjà validées », souligne le responsable qui annonce, pour 2017, un objectif de croissance tant du chiffre d’affaires de la société (de 1 à 2,5 millions d’euros) que du nombre de collaborateurs (de 32 à une cinquantaine). « Heureusement, l’espace dont nous pouvons bénéficier dans l’incubateur du Biopark est facilement modulable. » Un incubateur – le second déjà depuis la création du Biopark en 1999 – qui aide, plus que jamais, les jeunes entreprises à prendre leur envol. À quelques mètres de l’aéroport de Gosselies, les décollages ont l’avantage de s’accélérer sans menacer la quiétude des riverains. Que du contraire ! C’est le redéploiement économique et technologique de la toute la région de Charleroi qui se dessine chaque jour dans le ciel hennuyer. « Nous pouvons dire bravo au Plan Marshall, conclut Hugues Bultot. De prime abord, il paraissait ingrat car très long à mettre en œuvre, mais cet alignement de forces est salutaire pour toute la région. »

www.univercells.com


WHO’S WHO

 

JOSÉ CASTILLO

Bruxellois, ingénieur en procédés. Docteur en sciences appliquées et diplômé en entrepreneuriat, il a joué un rôle de premier plan dans de grandes sociétés pharmaceutiques. Son parcours est entièrement dédié à la bioproduction. Responsable de la division d’industrialisation des vaccins viraux chez GSK Biologicals, en charge de la conception et du développement des bioprocédés, il a révolutionné la façon d’aborder la culture cellulaire.

 

HUGUES BULTOT

Carolo, diplômé de l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD, Fontainebleau) et du Massachusetts Institute of Technology (MIT). Serial entrepreneur, il a lancé avec succès plusieurs start-ups et compte plus de quinze années d’expérience dans l’industrie des biotechnologies et des sciences du vivant. En 2011, il participa à la fondation de MaSTherCell, société de services dédiée à l’industrialisation de thérapies cellulaires qu’il dirige encore aujourd’hui.

 

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Avec la Citadelle, la cathédrale Saint-Aubain, l’église Saint-Loup ou encore l’Arsenal, le Théâtre Royal de Namur est l’un des fleurons de la capitale wallonne. Un outil magnifique qui a été élevé – pour sa façade, son foyer et les parties dorées de sa grande salle – au rang de patrimoine civil public majeur de Wallonie lors de sa campagne de restauration de 1993.

 

Ancré à quelques pas de la place d’Armes, le bâtiment frappe d’abord par sa majestueuse façade mêlant des éléments classiques, néo-classiques, baroques et même doriques. De style éclectique, mais néanmoins harmonieux, cette façade cache l’une des plus belles salles de Belgique, œuvre de l’architecte-ingénieur Julien Rémont, à qui l’on doit également l’aménagement du Théâtre Royal de Liège (Opéra royal). « C’est un outil magnifique, un stradivarius ! » lance son directeur Patrick Colpé. « Mais il fait partie des meubles depuis si longtemps que je finis par oublier la chance que j’ai ! »

Le bâtiment n’est pas si ancien puisqu’il date de 1868. Peu auparavant, en 1824, un premier théâtre avait été construit au même endroit, sur le site de l’ancien couvent des Annonciades édifié deux cents ans plus tôt. La Révolution française de 1789, on le sait, n’a pas laissé derrière elle beaucoup d’édifices et de sites religieux en état de tenir debout. Les espaces ainsi libérés par cette destruction organisée furent tour à tour récupérés pour de nouveaux équipements urbains (théâtres, kiosques, banques, parcs, etc.). À Namur, en 1824, c’est un théâtre digne de ce nom, dédié entièrement et exclusivement aux arts de la scène et de la musique, que le Conseil de Régence décida de construire. Ce théâtre, plus étroit que l’actuel, comprenait une salle de spectacle, un foyer et une salle des redoutes pour les bals et concerts.

Trois incendies en huit ans !

À l’époque où la sécurité incendie était généralement assurée par une pompe et des cuves remplies d’eau placées dans la salle – à ne pas confondre avec les baignoires, qui sont des loges aménagées légèrement au-dessus du parterre ! –, bien des bâtiments servant à abriter la comédie connurent des fins tragiques. C’est ainsi qu’en 1860, la rupture d’un tuyau de gaz d’éclairage fut à l’origine d’un premier incendie. En 1862, les travaux de reconstruction avaient à peine repris que la foudre entreprit de transformer le chantier en brasier. On espérait la malédiction chassée en 1863 quand de nouveaux travaux de rénovation lui redonnèrent de l’éclat, mais la belle aventure fit une fois encore long feu puisqu’en 1867, un troisième incendie détruisit complètement la salle après une représentation de l’opéra Faust de Gounod. (1)

Une salle à l’italienne conçue dans le style français

Il était donc écrit que la reconstruction du théâtre allait être la pièce du répertoire namurois la plus souvent jouée. En 1867, Julien Rémont, tout en s’appuyant au maximum sur les structures du bâtiment précédent, proposa de reporter les deux façades latérales sur l’alignement des avant-corps afin de donner plus de largeur à la salle. Il fit aussi ajouter un portique d’entrée d’origine dorique pour un meilleur accueil des passagers des calèches. Concernant la scène, qu’il prit soin d’adapter aux impératifs de l’opéra-comique et aux besoins du grand opéra, l’architecte liégeois lui donna plus d’aisance en lui adjoignant à l’arrière un espace réservé aux loges des artistes. Quant à la salle, si sa configuration en forme de fer à cheval est l’une des caractéristiques des théâtres à l’italienne illustrées par la Scala de Milan, elle s’assimile plutôt au style français par l’absence de loges. « En Italie, les gens se rendaient au théâtre en famille et ils restaient dans l’intimité de leur loge. En France, ils y allaient pour se montrer, ce côté “m’as-tu-vu” se traduisant par la disposition en vis-à-vis des fauteuils en galerie », explique Olivier Stoffels, responsable de la promotion et des relations extérieures du théâtre. « À Namur, où les fauteuils des balcons sont légèrement orientés vers la scène, on peut donc parler d’une salle à l’italienne conçue dans le style français. »

Épargné par la Première Guerre mondiale, mais violemment ébranlé par la deuxième lors des bombardements d’août 1944, le Théâtre de Namur – qui s’appelait Grand Théâtre ou Théâtre de la Ville jusqu’à ce que le roi Albert Ier consente, en 1933, à ce qu’il porte le titre de « Théâtre Royal » – nécessita d’importants travaux de rénovation qui furent entrepris en 1948. Mais c’est en 1993 que commença la grande campagne de restauration qui en fit le stradivarius que l’on connaît aujourd’hui : une magnifique salle de 800 places adaptée aux récentes technologies, complétée de deux espaces plus restreints aménagés dans les dessous de scène, à savoir l’amphithéâtre et le studio.

L’Abbaye de Malonne et les Abattoirs de Bomel

Jusqu’à la saison 2014-2015, le Théâtre Royal de Namur disposait avec le Manège, situé à 400 m de là, rue Rogier, d’une deuxième infrastructure proposant un espace brut, une esthétique plus rustique et une capacité plus réduite (300 places) convenant davantage aux spectacles plus modernes ou à des comédiens moins aguerris aux grandes salles. Mais cet espace, qui fut construit en 1856 à la demande du ministre de la Guerre et qui servit à l’exercice des cavaliers militaires (lanciers, puis chasseurs à cheval), avant de devenir un garage puis un entrepôt, est actuellement en rénovation et donc indisponible jusqu’en 2019. Heureusement, le Centre culturel - Théâtre de Namur dispose aujourd’hui, avec l’Abbaye musicale de Malonne, d’une salle dotée d’une excellente acoustique permettant d’accueillir les concerts. Et, avec les Abattoirs de Bomel, non loin de la gare, de bâtiments fraîchement rénovés qui conviennent désormais à merveille aux activités de son pôle Action culturelle et de son Centre d’expression et de créativité.

Trois récompenses en 2016

« Le Théâtre de Namur est également un centre dramatique et donc un lieu de création, » poursuit Patrick Colpé. « Par manque de moyens financiers, nous sommes cependant obligés de nous limiter à une ou deux pièces par an. L’an dernier, ce fut Une veillée de Gary Kirkham et Élisabeth II de Thomas Bernhard. Cette saison, il s’agit de deux coproductions : Tristesses (avec le Théâtre de Liège) et Tableau d’une exposition (avec l’ASBL Les gens de bonne compagnie). » Dans ce registre également, les responsables ont des raisons de se montrer fiers, puisque le Théâtre de Namur s’est vu décerner trois récompenses lors des Prix de la Critique 2016 : Tristesses a reçu le prix du meilleur spectacle, le duo Alexandre Trocki et Denis Lavant celui du meilleur comédien pour Élisabeth II et Cold Blood de Jaco Van Dormael, Michèle Anne De Mey et Thomas Gunzig, celui de la meilleure création artistique et technique. Un bilan surprenant pour une équipe qui s'est hissée en division d'honneur à la seule force des poignets ! 

Théâtre de Namur
Place du Théâtre, 2
B-5000 Namur
+32 (0)81 226 026
www.theatredenamur.be

UNE PROGRAMMATION ÉCLECTIQUE QUI SÉDUIT 5000 ABONNÉS   
« Les villes de Charleroi, Mons et, surtout, Liège reçoivent bien plus que Namur en matière de subventions culturelles. Mais si nos subsides sont ceux d’un petit théâtre bruxellois, nous parvenons à jouer en division d’honneur, car nous compensons par des recettes publiques importantes. Avec ses 5000 abonnements et ses 65 000 spectateurs par saison, le Théâtre de Namur se classe dans le top 5 en termes de fréquentation en Fédération WallonieBruxelles. » Ce succès, Patrick Colpé, le directeur général du Centre culturel - Théâtre de Namur, reconnaît le devoir à un public fidèle avec lequel s’est noué au fil des ans un dialogue privilégié. « Depuis mon arrivée en 1998, nous avons pris l’habitude de nous rendre dans quelque 80 maisons de la région pour y présenter notre saison aux abonnés et écouter leurs avis. Nous sommes le seul théâtre à faire cela. Si le public avouait être mauvais juge en matière de théâtre à l’époque, il a aujourd’hui acquis une grande maturité. Il nous a clairement fait savoir qu’il ne demandait pas à voir des vedettes, mais des spectacles variés et de qualité. »

 

FORMÉ PAR ARMAND DELCAMPE

 

Formé au métier par Armand Delcampe, le directeur de l’Atelier Théâtre Jean Vilar (Louvain-la-Neuve) aux côtés duquel il travailla durant 13 années, aussi à l’aise dans le milieu socioculturel que dans le théâtre professionnel, Patrick Colpé avoue ne suivre qu’une seule ligne directrice dans sa programmation : l’éclectisme. Chaque saison, le Théâtre de Namur propose ainsi un panel varié de près de 70 spectacles et concerts. Et ce, pour tous les goûts. « Ce serait dommage de n’avoir qu’une seule couleur dans une programmation, car nous sommes tous dissonants, » explique le Jambois. « Nous pouvons aimer les thrillers, mais aussi l’humour. Les drames sociaux en même temps que le cirque ou la danse. C’est pourquoi, nous essayons d’alterner les genres. Ainsi, en ce début de saison, nous avons programmé “Tristesses”, pièce assez dure d’Anne-Cécile Vandalem, entre le spectacle de James Thierrée – le petit-fils de Charlie Chaplin – et trois courtes pièces de Feydeau, avant de poursuivre par “La femme rompue” de Simone de Beauvoir, avec Josiane Balasko. » Pour la saison 2017-2018, le directeur et son équipe ont déjà préprogrammé plusieurs pièces touchant aux grandes questions du moment telles l’immigration, le libre-échange économique, l’environnement, la guerre, les tueries dans les écoles… « Mais nous cherchons encore des spectacles rassembleurs, qui ont du souffle, comme peuvent en avoir les pièces de Molière, les créations de Jaco Van Dormael, le cirque… » Au fil des saisons, le Théâtre de Namur a tissé des relations privilégiées avec quelques artistes et metteurs en scène, comme les Belges Anne-Cécile Vandalem et Fabrice Murgia, le Suisse James Thierrée, la Française Aurore Fattier, le Libano-Canadien Wajdi Mouawad ou encore le Britannique Declan Donnellan. Et l’institution a aussi noué des liens d’amitié avec des partenaires des premières heures, comme le cirque canadien Eloize et le cirque français Plume, lequel viendra à Namur en mai 2019 pour y présenter son dernier spectacle avant de mettre la clé sous les planches – coïncidence, l’événement correspondra avec les adieux professionnels de Patrick Colpé.

Mis sur pied à partir de 2006, les six pôles de compétitivité wallons soutiennent la réalisation de projets menés conjointement par les entreprises, les universités et les centres de recherche. Zoom sur ces accélérateurs d’innovation qui ont déjà contribué à mettre des centaines de projets sur orbite.

 

Dans les années 1990, le concept de clustering s’est peu à peu imposé à travers le monde comme un nouveau mode de fonctionnement du tissu productif apte à stimuler l’innovation. De quoi s’agit-il ? D’un groupement d’entreprises, élargi aux institutions universitaires, aux centres de recherche et de formation, actives dans un même domaine et partageant les mêmes intérêts économiques. Le but premier ? Favoriser les rencontres, les échanges d’informations, les bons plans… En 2001, la Wallonie s’inscrit dans la démarche en lançant les premiers clusters ou réseaux d’entreprises wallons. Aujourd’hui au nombre de six, ceux-ci touchent les domaines de la construction durable (CAP 2020), de l’éco-construction (cluster Eco Construction), des technologies de l’information et de la communication (Infopole), de la plasturgie (PlastiWin), de l’énergie, de l’environnement et du développement durable (Tweed), de l’image, du son et du texte (Twist).

Avec l’aide du Plan Marshall

En 2006, dans le cadre du Plan Marshall « pour le redéploiement économique via l’innovation », la Région wallonne décide de se doter d’un outil complémentaire : les pôles de compétitivité. Une façon de réaffirmer sa volonté de construire un espace industriel compétitif à l’échelle mondiale. La différence ? Là où les clusters sont financés pour développer l’animation économique et favoriser les partenariats innovants, les pôles de compétitivité sont essentiellement soutenus pour la réalisation de projets d’investissement, de R&D ou de formation visant à soutenir et à créer de l’activité et de l’emploi dans des domaines neufs.

Les pôles de compétitivité couvrent actuellement les secteurs de l’activité économique dans lesquels on trouve les compétences, les infrastructures, les entreprises, les universités, les hautes écoles et les centres de recherche les mieux adaptés pour créer croissance, richesse et emplois : les technologies environnementales, la santé, le génie mécanique, l’aérospatial, le transport et la logistique, et l’agro-industrie. Ils comptent environ 1200 membres.

À travers des partenariats publics-privés, ces six pôles sont devenus l’axe central d’une politique industrielle de grande ampleur menant à la création non seulement de produits et de services innovants, mais aussi d’entreprises et d’emplois résultant de la réalisation de nombreux contrats industriels. En parfaite synergie avec l’AWEX, ils renforcent également le positionnement international de ses entreprises.

Les appels à projets

Afin de booster les entreprises, le Gouvernement wallon lance régulièrement des appels à projets dont l’organisation est prise en charge par les pôles de compétitivité. Ceux-ci jouent ainsi un rôle clé dans l’émergence des nouveaux projets menés par les industriels, en collaboration étroite avec l’administration wallonne et les interfaces universitaires. « Afin de faire travailler les entreprises de manière collaborative, nous réunissons les partenaires autour d’une thématique et essayons de les sensibiliser aux enjeux de demain », explique Xavier Radu, responsable des appels à projets au sein de GreenWin. « Le rôle du pôle est alors multiple : aide à l’identification et à la structuration du projet, positionnement de celui-ci dans un contexte international, suivi de l’étude de marché, recherche de sources de financement… Bref, le pôle accompagne les porteurs dans toutes les étapes de montage jusqu’au dépôt des projets retenus à la Région wallonne où un jury va se charger de les analyser et de sélectionner les plus ambitieux parmi ceux assurant des retombées importantes pour la Wallonie. »

Une fois labellisés (acceptés) par le Gouvernement wallon, les projets et leurs porteurs vont revenir vers les pôles qui vont leur apporter le soutien nécessaire pour leur permettre d’atteindre les objectifs fixés. À noter que, pour le volet recherche, un projet n’est éligible que s’il associe au minimum deux entreprises et deux organismes de recherche distincts. Quant aux subsides octroyés par les pouvoirs publics, ils peuvent aller jusqu’à 80 % de l’investissement de départ.

 

www.poles.be


Les 6 pôles

1. BioWin. Santé. Biopharmacie, vaccin, médecine régénérative, thérapie cellulaire, diagnostic, applications radiopharmaceutiques, produits biotechnologiques, etc.

2. Logistics in Wallonia. Transport, Logistique et Mobilité.

3. Skywin. Aérospatial. Des matériaux et alliages aux systèmes et applications à vocation spatiale et drones en passant par les services aéroportuaires.

4. Wagralim. Agro-industrie. Quatre axes : la santé (qualité nutritionnelle), l’efficience industrielle, les emballages et le développement de filières de l’agro-industrie durable.

5. MecaTech. Génie mécanique. Des produits de consommation (automobile, électroménager...) à la santé en passant par les machines et processus industriels.

6. GreenWin. Technologies environnementales. Trois axes : chimie durable, matériaux et construction durables, et technologies environnementales (recyclage, assainissement eau-sol-air).


Les chiffres
205
De 2006 à fin 2015, suite aux 15 appels lancés par le Gouvernement wallon, on comptabilisait 205 projets de recherche labellisés, impliquant 112 grandes entreprises, 272 PME, 50 universités, hautes écoles ou centres de recherche.
300
Ces projets ont déjà généré plus de 300 innovations, ainsi que le dépôt de plus de 150 brevets et la vente de plus de 20 licences.
11 000
On estime à 11 000 le nombre d’emplois directs créés dans les 5 ans qui suivent la fin des projets R&D.
1500
Près de 1500 projets et démarches d’internationalisation des pôles ont déjà été financés dans le cadre du volet de développement international.
140
Les 140 dossiers gérés par les six experts sectoriels AWEX ont permis d’attirer un montant total d’investissements étrangers de 727 000 000 € et généré 2346 emplois.
 

 

IBA, un système de protonthérapie compact

IBA a été créée voici 30 ans dans le but de développer des accélérateurs de particules pour des applications médicales. La société s’est notamment spécialisée dans le développement et l’intégration d’un système de haute technologie pour le traitement du cancer, la protonthérapie, technique qui présente l’avantage d’irradier notablement moins les tissus sains qui entourent la tumeur à éradiquer. La protonthérapie est aujourd’hui l’activité dominante de la société, leader mondial dans le domaine.

Dans le but de rendre ce mode de traitement accessible à plus d’institutions cliniques et, donc, à plus de patients, IBA a souhaité développer un système de protonthérapie compact. Elle s’est alors tournée vers le pôle MecaTech pour la conception et la réalisation d’un nouveau type de structure portante (une « gantry », une sorte de portique) permettant d’amener le faisceau de protons à proximité du patient. L’approche originale dans la conception mécanique, les supports et les mécanismes de mise en mouvement de la structure (permettant d’en réduire la taille, la complexité et donc le coût), l’intégration directe d’un certain nombre d’éléments liés au contrôle du faisceau, l’ergonomie du système en utilisation clinique, ainsi que sa conception qui permet un assemblage complet en usine, sont autant d’aspects innovants de cette « gantry ».

Le pôle MecaTech a d’abord permis l’obtention d’un cofinancement public qui encourage le partenariat à l’échelon régional et donne la possibilité de réaliser ce type de développement innovant de manière collaborative et non selon les relations industrielles traditionnelles de type « client-fournisseur ». Il en résulte notamment une plus grande richesse dans les flux des idées et une meilleure prise en compte des contingences pratiques de mise en œuvre. MecaTech a également joué un rôle important dans l’appréhension des différents modèles industriels des entreprises partenaires.

Depuis 2013, treize systèmes de protonthérapie ont déjà été commercialisés. Ce succès industriel se traduit pour IBA par une croissance supérieure à 10 % et par l’engagement de 400 collaborateurs en 2016, dont plus de la moitié sur son siège de Louvain-la-Neuve. Ces retombées sont bien sûr partagées avec ses fournisseurs industriels et permettent de remplir les objectifs fondamentaux du Plan Marshall.

 


Atelier de l’Avenir, Construction Industrielle de Maisons Évolutives, Durables et Économiques (CIMEDE)

En tant qu’entreprise à finalité sociale, l’Atelier de l’Avenir a pour objectif de créer de l’emploi à destination de personnes en situation de handicap, principalement sourdes ou malentendantes. Elle a pour secteurs d’activités la construction de bâtiments évolutifs en ossature bois à haute performance (CIMEDE), la construction de modules scolaires évolutifs préfabriqués en bois (ECOMOD) et la fabrication de murs, cloisons, planchers et toitures en ossature bois.

Le caractère innovant du système constructif CIMEDE se décline en plusieurs objectifs tels que l’élargissement de l’éventail de ses possibilités et de ses performances, l’augmentation de la part de travail réalisée en atelier, la création une suite logicielle permettant de gérer l’ensemble des étapes, etc.

Depuis 2008, l’équipe de GreenWin a aidé l’entreprise au niveau du projet de R&D et dans le développement de marchés pour l’entreprise. En 2014, toujours avec le soutien de GreenWin et du Plan Marshall, l’Atelier de l’Avenir a pu lancer son nouveau projet de recherche, CIMEDE 2, lequel a pour objectif premier d’étendre et d’améliorer le caractère évolutif de CIMEDE, en permettant notamment la modification de la taille totale d’une habitation en l’adaptant aux besoins de la famille. Un second objectif est d’adapter le système afin qu’il réponde aux besoins spécifiques des centres d’hébergement pour personnes handicapées, des maisons de repos, des bâtiments scolaires et des crèches.

Le projet CIMEDE s’est concrétisé en 2013 par le démarrage d’une première réalisation : les bureaux de la société. D’autres s’ensuivirent comme le centre d’hébergement « l’Arche », à Aywaille. C’est d’ailleurs en qualité de spécialiste de la préfabrication d’éléments en bois que l’entreprise a été sélectionnée par BESIX Group – également membre du pôle GreenWin – pour participer à la réalisation du pavillon belge de l’Exposition universelle 2015, à Milan. Les retombées de la communication effectuée par le pôle à l’étranger offrent à l’entreprise de nouvelles pistes de développement.


 

WOW, sur la vague de l’innovation

Même si votre piscine n’en est pas équipée, vous avez sûrement entendu parler de cette grosse boule, bourrée d’électroniques et roulant des mécaniques, qui, par ses mouvements ascendants et descendants, permet de faire naître de belles vagues régulières. Cette boule brevetée permit à son inventeur, Joël Demarteau, de lancer en 1983 WOW Company (WOW pour « Waves on Will », vagues à volonté). Une société qui, grâce à une stratégie judicieuse – ne pas s’asseoir sur un succès, mais bien suivre les besoins du marché –, est parvenue à étendre sa renommée dans de nombreux domaines et à assurer son avenir. Aujourd’hui entre les mains de Jean – le fils de Joël – Demarteau, ingénieur en électronique, WOW Technology est une société belge employant 90 personnes implantée dans le zoning de Naninne (Namur) et spécialisée dans la conception et la fabrication de machines et équipements automatisés sur mesure pour des secteurs aussi variés que l’agroalimentaire, le pharmaceutique, le biotechnologique, l’automobile, l’aéronautique, l’énergie…

« En 1995, la société a réalisé un premier changement de cap en répondant à une demande de la SABCA (Société anonyme belge de constructions aéronautiques), laquelle voulait mesurer les vibrations de l’huile hydraulique embarquée dans le réservoir des boosters du lanceur Ariane 5. Afin de valider expérimentalement nos calculs, nous sommes allés jusqu’à construire une maquette grandeur nature simulant le décollage de la fusée », souligne Jean Demarteau. Grâce à l’expertise acquise avec la boule à vagues, le défi s’avéra une réussite et WOW vit s’ouvrir les unes après les autres les portes de l’ingénierie industrielle. « Quel que soit le domaine, le principe est le même. Nos ingénieurs partent d’une feuille blanche pour concevoir une machine mécatronique (mêlant mécanique, électronique, automatisme et informatique) qui pourra réaliser la fonction demandée par le client. Il peut s’agir d’une petite machine de labo ou d’un ensemble de robots qui vont manipuler des pièces d’un point à l’autre. » Et le directeur de citer un exemple puisé dans l’agroalimentaire. « WOW a réalisé un robot qui, sur base d’images enregistrées par des caméras, est capable de dénicher les meilleures truffes arrivant en vrac sur un tapis roulant, de les en extraire délicatement et de les poser dans des emballages d’une façon à la fois très rapide et très propre. »

Un système de ventilation en partenariat avec Greencom

Spécialisée en robotisation et automatisation, WOW Technology doit son succès à ses équipes d’ingénieurs qui sont constamment à la recherche de solutions innovantes simples et efficaces. Poussée par un souci permanent de créativité, la société propose régulièrement des projets à BioWin, GreenWin et MecaTech. Ce dernier pôle a ainsi encadré le projet Green+ proposé par Greencom Development – société basée à Ans et qui a fait de la ventilation écologique et économique des bâtiments l’un de ses objectifs majeurs – et auquel s’est rallié WOW Technology. Alliant leur savoir-faire respectif, les deux partenaires ont imaginé des unités de ventilation double flux décentralisées intégrables dans les murs et commercialisées sous la marque Airria.

Forte de son expertise dans de nombreux domaines, la société namuroise a élargi son marché au-delà de nos frontières. « Pour l’industrie pharmaceutique, notamment sur la manipulation de vaccins pré-remplis, nous travaillons beaucoup avec la France, explique Jean Demarteau. Notre force c’est de proposer de la qualité allemande à des prix italiens ! »


Cerhum, la céramique qui colle à l’os

L’innovation vient parfois d’un mariage heureux. Réunir deux produits ou techniques pour cumuler leurs atouts respectifs. La preuve par Cerhum qui ouvre les champs des possibles de la reconstruction osseuse. Un avenir tout « simplement » spectaculaire.

Société liégeoise fondée en 2015 par un ingénieur biomédical, Grégory Nolens, Cerhum s’est distinguée de la concurrence en produisant des implants en céramique par impression 3D. « Cette technique existe depuis environ 25 ans, explique le responsable, mais elle servait alors pour du prototypage rapide, les pièces étant ensuite réalisées via d’autres procédés. Aujourd’hui, les matériaux offrent des qualités comparables aux techniques traditionnelles. Côté avantages, la 3D permet de produire des pièces simples à moindre coût et dans un délai réduit. Au contraire des structures usinées, on peut réduire leur poids en ajoutant de la matière seulement là où on en a besoin. En outre, on peut fabriquer en une seule fois, en évitant les étapes d’assemblage, des objets complexes. »

Et pourquoi la céramique technique plutôt que le métal ou le polymère ? « Parce que cette matière présente de nombreux avantages. Elle est reconnue par le corps humain comme de l’os alors que le métal ou le plastique sont considérés comme des corps étrangers. Les cellules osseuses vont donc pouvoir coloniser l’implant plus rapidement. La céramique a aussi des qualités en matière de régénération osseuse. Elle résiste à la friction, à la corrosion, à la compression… »

Si le domaine médical est la cible première de Cerhum, la jeune société, qui est établie sur le campus du Sart-Tilman, vise également l’industrie via des secteurs comme l’aérospatial, l’électronique, l’automobile et les produits… de luxe (bijouterie, horlogerie). Les poudres calcium-phosphate, qui sont utilisées pour produire les céramiques médicales, sont alors remplacées par de l’alumine, qui est un excellent isolant thermique, ou de la zircone, qui présente une forte résistance et une grande longévité. « Nous travaillons avec le Centre Spatial de Liège sur le développement de pièces, comme des supports de miroirs, qui seront embarquées sur les satellites et qui devront résister à de fortes variations de température, explique encore le fondateur. Au contraire du métal, la céramique ne se dilate pas ou très peu. »

L’innovation encore et toujours

Grégory Nolens ayant travaillé chez Sirris, qui explore les nouvelles technologies à l’attention de l’industrie belge, Cerhum valorise ainsi une dizaine d’années de développement du centre de recherche. Mais l’innovation ne s’accorde jamais de repos : en partenariat avec Wishbone, une autre société liégeoise spécialisée dans le biomédical, Cerhum vient de voir labellisé, auprès du pôle BioWin, un projet dans le domaine dentaire. « Il arrive qu’il soit impossible de placer un pivot ou une couronne à un patient parce que l’os de la mâchoire n’est pas assez structuré. Le projet vise à concevoir de nouvelles céramiques qui vont pallier la carence de ce dernier. »

Et Grégory Nolens de conclure : « Notre objectif est d’aboutir à de nouveaux produits innovants via des partenariats et des programmes de recherche. Le marché de la fabrication additive (3D) commence seulement à s’ouvrir. Cerhum a déjà développé une clientèle en France. Grâce à un partenariat avec l’AWEX, nous avons des contacts prometteurs avec des pays d’Europe et du continent américain. Mais notre volonté est d’explorer d’autres horizons comme le Moyen-Orient… »

Situé dans l’Aéropôle de Gosselies, InnovaTech fait partie du réseau unique de l’Agence pour l’Entreprise et l’Innovation (AEI).

Son objectif ? Rendre les PME plus innovantes. Chaque année, 21 personnes accompagnent quelque 250 entreprises. Une aide à la carte.

 

C’est en 2008, lorsqu’il a étendu son champ d’action à toute la Wallonie, que le Centre de Promotion de la Recherche et Développement et de Valorisation des Technologies en Hainaut (CeRDT) est devenu InnovaTech, ASBL financée par le Fonds Social Européen et la Wallonie (via la DGO6) et dont la mission est de rendre les entreprises wallonnes plus innovantes afin que leurs résultats financiers progressent et qu’elles deviennent plus compétitives. Un coaching qui s’est peu à peu renforcé grâce à une équipe de conseillers possédant une large connaissance des entreprises, des centres de recherche et universités, des technologies, ainsi que des aides R&D possibles. Leur approche est toutefois différente de celle des pôles de compétitivité. Alors que ceux-ci se concentrent sur des secteurs précis, sur des projets rassemblant plusieurs partenaires et à hautes valeurs ajoutées qui nécessitent plusieurs années de développement, InnovaTech travaille avant tout sur l’entreprise (toujours une PME), quel que soit son secteur, que l’ASBL accompagne d’une façon personnalisée afin de la rendre plus innovante tout en étendant son aide à la propriété intellectuelle, la communication, l’organisation d’événements, etc. Si partenariat il y a, il intervient généralement dans un second temps.

« L’entreprise peut solliciter nos services de A à Z, mais elle peut aussi ne venir qu’au début de son parcours pour un simple conseil ou tout à la fin pour la communication de son projet, explique Sarah Thielens, chargée de communication chez InnovaTech. Nos conseillers vont parfois passer une heure avec elle, parfois cinq. Notre aide est multiple : réalisation d’un audit des pratiques d’innovation de l’entreprise, vérification de l’aspect innovant du produit, vérification des brevets déjà déposés, estimation des ventes et des risques, aide à la réalisation d’un cahier des charges, aide à la sélection des meilleurs financements, recherche de partenaires éventuels, soutien pour renforcer la visibilité et la notoriété de l’entreprise auprès des médias, informations sur le dépôt de marque, les brevets, les contrats de partenariats… Nous proposons également une formation "six jours pour mieux innover". En fait, ce sont les entreprises qui décident ce dont elles ont besoin, nous sommes à leur service. Les questions financement et brevets sont souvent des questions initiales lors des premières rencontres. Généralement, après un premier projet, une première aide, nous restons en contact. »

28,5 % de réussite

C’est ainsi qu’entre 2008 et 2014, InnovaTech a accompagné 931 projets, dont 735 sont aujourd’hui terminés et 210, proposés par 186 entreprises, peuvent être qualifiés de réussis. Soit un taux de succès de 28,5 %. Commercialisation, en effet, ne veut pas dire réussite commerciale. « La structure des entreprises wallonnes peut être un handicap, elles sont souvent sous-capitalisées et souffrent donc de carences marketing et commerciale au moment de vendre leur innovation », expliquait Marie-Hélène Van Eyck, interviewée en 2015 quand elle était encore la directrice d’InnnovaTech. Enfin, l’ASBL est également intervenue sur 46 projets afin d’aider les entreprises à décrocher un financement. Certaines, en effet, font leur développement sur fonds propres, tandis que d’autres se débrouillent seules.

« Ces trois dernières années, ce sont les activités liées à l’informatique qui arrivent en première position, explique encore Sarah Thielens. C’est normal, ce domaine a le vent en poupe. Les projets reflètent aussi les tendances générales de la société : objets connectés, environnement durable, open innovation… On voit aussi que le secteur bancaire est beaucoup plus ouvert qu’avant par rapport aux innovations. »

 


Sopura (à Courcelles) – Désinfectants naturels

Spécialisée depuis plus de 60 ans dans le développement de solutions de nettoyage et de désinfection dans les secteurs de la brasserie, des boissons et de l’industrie alimentaire, Sopura lance sur le marché de nouveaux produits désinfectants, constitués d’additifs alimentaires et d’acides gras inertes non toxiques pour la santé et l’environnement.

Poussé par un souci constant d’innovation, l’entreprise cherche également à intégrer ces produits à de nouveaux processus utilisant peu ou aucun rinçage. Ainsi, voici quelques années, Sopura, qui travaille avec une centaine de collaborateurs à Courcelles mais dispose également de filiales à l’étranger, a sollicité une première fois l’aide d’InnovaTech (rédaction de dossiers techniques, quête de partenaires, aide en propriété intellectuelle, communication…) afin de lancer sur le marché un nouveau produit permettant de lubrifier les chaînes de transport de ses clients afin de permettre aux bouteilles contenant le désinfectant d’adhérer au mieux à celles-ci. Un produit qui a été mis au point avec la collaboration de l’Umons et qui permet de réaliser de conséquentes économies d’eau, puisque le produit ne doit être injecté que sporadiquement sur la chaîne.

Si InnovaTech a encore accompagné Sopura sur des projets plus récents, cette aide s’est faite plus légère au fur et à mesure que l’entreprise acquérait du savoir-faire.


 

Rolix (à Eghezée) – Sangles d’arrimage

C’est parce qu’il lui est arrivé de perdre un escabeau sur l’autoroute que Frank Burnick, conscient du danger qu’un objet mal arrimé pouvait causer à l’intégrité des personnes, s’est mis en quête d’un procédé de fixation innovant pour ses camionnettes. Passionné de bricolage, cet entrepreneur namurois en chauffage central ne pensait d’abord qu’à trouver une solution à ses seules préoccupations, avant de viser plus haut et chercher à commercialiser son produit. C’est ainsi qu’il a rencontré les consultants d’InnovaTech qui lui ont fourni un accompagnement complet tout en l’orientant vers le Bureau Économique de la Province de Namur (BEP). Aidé par des bureaux d’études et des organismes spécialisés, il a mis au point un système se composant d’une galerie de toit en aluminium dont les montants latéraux contiennent des boîtiers enrouleurs de sangles. Ceux-ci sont mobiles et munis d’une poignée de bobinage permettant la mise sous tension des sangles autour des objets à transporter. « Le système de sangles Roll&Fix est non seulement sécurisant, mais il permet aux transporteurs de fixer très facilement leur matériel et, donc, de gagner du temps », explique le patron qui s’est associé à des fabricants étrangers pour produire les différents constituants qui sont assemblés en Belgique. Mais le plus dur reste à faire : développer une clientèle…


 

Les idées naissent d’une rencontre ou d’une loi

Pourquoi des prises de courant de sol ? Parce que des enfants ont déjà trébuché sur les fils de l’appareil à fondue. Pourquoi des détecteurs de somnolence ? Parce que des conducteurs peuvent s’endormir aux commandes de leur engin. Pourquoi un robot tondeur de pelouse ou nettoyeur de vitre ? Parce qu’il arrive que, physiquement, l’on ne soit plus capable d’effectuer certains travaux… Pour Alain Préat, le codirecteur d’Apkiosk, société spécialisée dans le développement de bornes interactives, une bonne idée naît souvent d’un besoin ou d’une rencontre.

« Ma première innovation, c’est un livre d’or multimédia », explique cet entrepreneur qui n’avait encore que 21 ans et qui terminait un graduat en informatique de gestion chez les Aumôniers du Travail (ISAT) à Charleroi, lorsque l’idée lui est venue d’offrir pareil cadeau pour le mariage de son frère. « Je voulais qu’il puisse avoir un accès facile à tous les souvenirs inhérents à cet événement, alors j’ai imaginé une borne interactive composée d’une machine et d’un écran tactile. Au mariage, chaque invité pouvait y laisser un texte, des photos, des vidéos et, le matin de son voyage de noces, mon frère a pu emporter le tout immédiatement avec une simple clé USB. »

C’est donc à partir de ce produit qu’il a bien sûr développé et commercialisé qu’Alain Préat a fait son entrée dans le monde de l’entrepreneuriat. Après avoir créé sa société, Apresoft, il a fusionné fin 2013 avec ACM Group, histoire d’associer ses compétences en software sur mesure avec la maîtrise de l’acier et de l’inox. Aujourd’hui, Apkiosk propose des projets interactifs sur mesure à divers secteurs professionnels, comme la construction, l’industrie et les établissements scolaires. La société a ses ateliers de fabrication à Tubize, alors que l’informatique et le développement sont ancrés à Nivelles.

Des bornes pour les chantiers et les écoles

« Un autre élément qui favorise l’innovation, c’est l’arrivée de nouvelles lois, explique Alain Préat. Depuis 2014, la loi exige que les travailleurs opérant sur des chantiers immobiliers de plus de 800 000 € soient identifiés et enregistrés dès leur accès sur le site. L’ONSS a certes mis en place un système en ligne, mais il manquait un outil pour qu’elle puisse effectuer ce contrôle en temps direct. Nous avons donc conçu des bornes-pointeuses connectées qui ont ensuite trouvé de nombreuses déclinaisons. »

Un autre exemple ? En 2006, afin de répondre à une législation sur le contrôle des dépenses dans les établissements scolaires et diminuer le flux d’argent liquide, l’entrepreneur a conçu une borne interactive pour une école de Ciney. Fin 2014, des demandes similaires ont afflué d’autres écoles. Aujourd’hui, elles sont 52 en Wallonie à disposer de cette borne qui permet aux enfants d’effectuer leur paiement en toute visibilité, tandis que les parents peuvent vérifier leurs dépenses et recharger leurs cartes via une plate-forme internet.

L’idée ne serait pourtant rien si elle n’était suivie d’une étude approfondie du terrain sur lequel on veut s’avancer. Pour son livre d’or déjà, Alain Préat était allé trouver les conseillers d’InnovaTech. « Ils ont d’abord regardé s’il y avait de la concurrence, puis ils ont examiné si j’avais les moyens financiers, mais aussi les forces commerciales et techniques pour lancer le projet. Quand on arrive chez eux, on nous met tout de suite en mode "innovation". On ne peut être que stimulé ! »

Creative Wallonia est un programme-cadre lancé par le gouvernement wallon en 2010 afin d’encourager la créativité et l’innovation au sud du pays. En complément des clusters et des pôles de compétitivité qui avaient pour objectif de soutenir des secteurs très spécifiques – les plus prometteurs –, le nouveau plan a voulu montrer que leur décloisonnement pouvait également favoriser la créativité au sens large.

 

« Creative Wallonia a élaboré une stratégie en trois axes, explique son directeur, David Valentiny. Le premier, qui consiste à faire émerger des pratiques innovantes, s’est matérialisé par la création d’outils tels que NEST’up (accélérateur de start-up), le coworking (bureaux ouverts permettant à des indépendants de travailler dans une dynamique entrepreneuriale) ou encore l’Observatoire des Tendances (qui permet, grâce aux compétences de l’AWEX, de voir comment évoluent les secteurs à l’échelle mondiale). Le deuxième axe, qui consiste à stimuler la société pour la rendre plus créative, a conduit à la mise en place de la Semaine de la Créativité, véritable festival annuel de l’innovation. Le troisième et dernier axe, qui consiste à financer ces innovations, s’est traduit par la création des bourses Boost-Up, octroyées aux projets impliquant une démarche créative et le croisement de plusieurs approches, comme des verrines mangeables (par Do Eat) ou un jeu vidéo à finalité pédagogique (par EPIC). Les résultats se sont avérés tellement probants que le gouvernement wallon, encouragé par le label "District Créatif Européen" décerné à la Wallonie par la Commission européenne, a décidé, en 2014, de créer une agence chargée de structurer ce travail, "Creative Wallonia Engine". En plus de mener des actions dans le but de sensibiliser la société et d’accélérer le processus d’innovation, cette agence propose un volet éducation, les "Creative Schools Labs", afin de doter les Hautes Écoles d’outils stimulant l’innovation », souligne David Valentiny.

NEST’up, l’accélérateur de start-up

Lancé en 2012, le programme d’accompagnement NEST’up réunit pendant douze semaines des équipes d’entrepreneurs belges encadrées par des coaches, experts et mentors. Une opportunité unique pour tous les participants désireux de faire décoller leur projet en le transformant en start-up. « La prochaine session aura lieu du 26 septembre au 16 décembre, explique David Valentiny, qui est aussi l’un des fondateurs de NEST’up. En général, entre 40 et 50 candidats répondent à l’appel à projets, mais seulement entre 6 et 9 d’entre eux sont retenus. L’examen porte davantage sur l’équipe que sur le produit. En effet, celui-ci peut parfaitement évoluer par la suite, tandis que l’équipe, elle, doit d’emblée se montrer solide, souple et ses membres complémentaires. »

Au travers de partenariats clés avec des start-up belges existantes et de nombreuses entreprises et organisations, toutes les conditions sont ainsi réunies pour assurer le succès des projets engagés dans NEST’up. Le taux de réussite ? Sur les 46 start-up sorties de l’accélérateur en quatre ans, 32 sont encore en activité, soit 70 %. « Ce n’est pas mal du tout, estime le directeur. D’autant que 90 % des gens ayant participé à un projet ont commencé une carrière d’entrepreneur, et ce, même si la start-up n’a pas réussi à décoller. »

Alors que les sessions précédentes avaient lieu à l’Axisparc de Mont-Saint-Guibert, où NEST’up a installé ses locaux, celle-ci aura lieu à Charleroi, au BPS22. « Creative Wallonia a en effet l’intention de lancer dans cette ville un accélérateur permanent avec l’aide des partenaires de terrain », justifie David Valentiny. Signalons que Liège dispose lui aussi d’un accélérateur de start-up, LeanSquare, qui a pour mission plus spécifique d’accompagner les porteurs de projets après leur formation. Une sorte de chaînon entre NEST’up et le marché.

 


Koalect, une belle histoire mixte

Koalect, c’est l’histoire d’une jeune start-up promise à un bel avenir. C’est aussi et d’abord celle d’une équipe mixte formée de deux néerlandophones et de deux francophones qui ne pensaient pas faire route commune quand ils sont venus présenter leur projet à NEST’up, au printemps 2014. Maxime Bouckaert et Lloyd Wauters, originaires de Vilvoorde, voulaient développer des plates-formes de gestion à l’attention des écoles, clubs de sport et mouvements de jeunesse désireux de collecter des fonds, tandis que Simon Detienne et Anthony Caudron, deux Namurois, cherchaient à mettre en ligne une boutique permettant la vente de produits par abonnement. Si le premier projet fut le seul à être accepté, il apparut très vite que ces quatre-là pouvaient être complémentaires. « Lloyd et moi sommes tous deux des commerciaux issus de Solvay, explique Maxime Bouckaert, alors que Simon et Anthony ont des profils techniques, ce qui nous manquait. Ils nous ont donc rejoints dès la deuxième semaine et nos compétences et personnalités se sont très bien complétées. »

Une plate-forme personnalisée pour les ONG

Sous l’effet de NEST’up, qui leur a permis de réfléchir à la meilleure manière d’intéresser leur future clientèle et d’affiner ainsi leur prototype, leur produit n’a cessé d’évoluer. Le temps de mettre leur plate-forme en ligne et de constituer une entité juridique, la jeune start-up recevait une première aide du fonds d’investissement Lean Fund qui, séduit par la qualité de l’équipe et par la dimension sociale du projet, accepta de participer à une levée de fonds d’amorçage de l’ordre de 75 000 €. « Dès nos premiers contrats, nous nous sommes cependant rendu compte que si koalect.com pouvait répondre à la demande des projets locaux, les ONG et les plus grosses associations nécessitaient une plate-forme personnalisée. À l’heure actuelle, alors que nous venons de bénéficier d’une deuxième levée de fonds de 350 000 €, nous avons déjà mis en ligne une vingtaine de plates-formes à la demande de clients comme Gaia, l’Association contre la mucoviscidose, la Fondation Saint-Luc ou Justine for Kids, l’ASBL de Justine Henin. »

Si ces associations ont leurs réseaux de bénévoles et affectionnent particulièrement certains types de campagne, l’expérience a déjà montré aux responsables de Koalect que des marches parrainées ou des ventes (de sapins de Noël, par exemple) en ligne étaient des produits intéressants à développer. « Notre système permet de gérer très facilement ces actions », conclut Maxime qui, avec ses trois associés, commence à tâter le marché étranger. Preuve de sa bonne santé, la start-up, qui s’est installée dans le Creative Spark – le hub pour start-up situé dans l’Axisparc – de Mont-Saint-Guibert, va bientôt s’enrichir d’un commercial et d’un développeur supplémentaires.

 

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De la ville fortifiée à la ville industrielle

Alors qu’elle entame sa deuxième reconversion et s’apprête donc à écrire une nouvelle histoire, Charleroi, deuxième plus jeune ville de Belgique, souffle cette année ses 350 bougies. Trois siècles et demi faits de hauts et de bas. Entre remparts et terrils.

 

Trois cent cinquante ans, c’est peu à l’échelle d’une ville, mais cela fait malgré tout beaucoup de wagons accrochés au train de l’Histoire. Rassurez-vous : nous n’allons pas vous raconter l’édification de Charleroi pierre par pierre. Vous voulez savoir ce qui a façonné sa destinée ?

Laissons les enfants poser les questions les plus pertinentes… « Il y avait quoi, papa, avant Charleroi ? » « Quand les premières pierres ont été posées, il y avait à cet emplacement un petit village paisible appelé Charnoy. Il était habité par des gens qui fabriquaient des clous et allaient chercher la houille dans les mines. Ce village était situé au bord de la Sambre et ses terres appartenaient aux Pays-Bas espagnols. » « Et pourquoi ont-ils démoli un village pour faire une ville, les Espagnols ? » « Parce qu’à l’époque, ils étaient souvent en guerre contre les Français qui possédaient des places fortes plus au sud, notamment à Mariembourg et à Philippeville. Ils cherchaient donc un endroit stratégique afin d’y bâtir une forteresse, non pas pour protéger les habitants, mais pour défendre leur territoire. Situé sur l’axe Mons-Namur et sur les hauteurs de la Sambre, cet emplacement leur convenait très bien ». « Ce sont eux qui l’ont appelé Charleroi ? » « Oui, en référence à leur roi, Charles II. À l’époque, il n’avait que cinq ans, mais il régnait déjà, avec l’aide de sa maman, bien sûr. »

Autour de la place Charles II

En réalité, si ce sont les Espagnols qui ont entamé la construction de la forteresse en 1666, ce sont les Français qui ont achevé l’ouvrage après s’en être emparés moins d’un an plus tard. C’est à Vauban, le célèbre architecte militaire de Louis XIV, que l’on doit son ingénieuse configuration centrée sur la place Charles II. En comparant une maquette de l’époque et le plan du centre-ville aujourd’hui, force est de constater que cette configuration a très peu changé. On distingue fort bien l’enceinte hexagonale et le tracé intérieur radiocentrique de la première fortification bastionnée autour de la place d’armes. C’est également le Marquis de Vauban qui entreprit l’extension de la forteresse au-delà de la Sambre afin de protéger le front sud. C’est ainsi que naquit la Ville Basse autour de l’actuelle place Albert Ier.

L’âge d’or du Pays Noir

On vous épargne les différentes passes d’armes entre Français, Espagnols et Autrichiens qui se sont emparés de la ville – cela valait bien la peine de la fortifier ! – pendant 150 ans. En 1815, la défaite de Napoléon la fait tomber dans les mains des Hollandais qui vont étendre ses fortifications vers le nord et entreprendre la canalisation de la Sambre, ce qui fera de celle-ci une voie navigable essentielle pour l’acheminement du charbon vers la France. Avec l’arrivée d’une première ligne de chemin de fer et l’implantation d’une gare en 1843, les industries du verre, du fer et de la houille, qui s’étaient progressivement développées autour de la ville, vont connaître une expansion phénoménale. En 1867, la Ville décide de faire exploser le corset de remparts qui est en train de l’étouffer. Des boulevards arborés succèdent aux blocs de pierre, la Ville Basse et la Ville Haute tombent dans les bras l’une de l’autre, la vie économique de la région est régulée par les charbonnages. Nous sommes sous Léopold II. Le Pays Noir a bonne mine. La ville devient la deuxième plus riche d’un pays qui s’est lui-même hissé à la deuxième place (après l’Angleterre) des puissances industrielles mondiales ! En 1911, elle accueille l’exposition internationale.

Le grand chambardement urbanistique

« Et après, papa, qu’est-ce qui est arrivé à Charleroi ? » « Oh ! La ville connaîtra encore deux grandes phases de transformation. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, de nombreux immeubles et des maisons de styles Art déco et moderniste jaillissent un peu partout. En 1930, l’ancien méandre de la Sambre est comblé afin de faire place à une grande artère, le boulevard Tirou, autour duquel se développera le centre commercial de la ville. C’est aussi à cette époque que l’Hôtel de Ville et le beffroi voient le jour. Plus tard, dans les années 1960, l’urbanisme se modifiera une nouvelle fois avec l’éclosion de tours et d’immeubles administratifs, comme la tour de l’Europe et la tour Baudoux. Enfin, en 1975, pour résoudre son problème de mobilité, Charleroi se dote d’un anneau, le ring autoroutier. »

Aujourd’hui, on le sait, le choc pétrolier et la crise industrielle ont fortement ébranlé la région. Charleroi a dû se remettre en question et opérer sa mutation de grande métropole moderne. Après la ville fortifiée et isolée, après
la ville industrielle et exploitée, voici venu le temps de la ville ouverte et attractive. Une ville ancrée dans son territoire et connectée à son paysage environnant. Un chantier qui a débuté voici plus de vingt ans…

     
En 1930, le méandre de la Sambre commence à être comblé, ce qui donnera naissance au boulevard Tirou et à ses immeubles à appartements.
©Archives Ville de Charleroi
 

Vestiges souterrains

Que reste-t-il de la ville fortifiée de Charleroi ? Dans le centre-ville, à peu près rien, excepté le tracé particulier des rues autour de la place Charles II. Mais si l’on veut bien se pencher quelque peu, on découvrira que le sous-sol de la cité préserve des témoins insoupçonnés de son passé militaire. Ainsi, sous ladite place, le puits conçu lors de la création de la forteresse française pour subvenir aux besoins en eau des bâtisseurs de la cité présente toujours ses 42,50 m de verticalité. Un peu plus loin, en dessous du boulevard Zoé Drion, c’est une impressionnante galerie, vestige de la forteresse hollandaise, que l’on peut découvrir.

Pour permettre de mieux comprendre la stratégie de ces fortifications, une copie du plan en relief de Charleroi, exécuté en 1695 sur ordre de Louis XIV, a été dévoilée à l’Hôtel de Ville le week-end d’anniversaire des 3 et
4 septembre dernier. Quant au beffroi de l’Hôtel de Ville, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, il présente toute l’histoire de la Ville de Charleroi dans une nouvelle scénographie. Autant de lieux qui peuvent encore être visités sur demande, par des groupes uniquement.

Maison du Tourisme du Pays de Charleroi
+32 (0)71 86 14 14

 

C’est l’fièsse au Pays de Charleroi !
 

On n’a pas tous les jours 350 ans ! Afin de marquer cet anniversaire par l’élaboration d’un programme varié, ce sont toutes les forces vives carolorégiennes qui se sont mobilisées : les édiles, les services de la Ville, les opérateurs culturels et scientifiques, les établissements scolaires, l’Horeca, les férus de folklore, les aînés, les comités de quartier... « Nous avons lancé un appel à projets à toutes les institutions et associations », explique Najia Sakhi, responsable de la communication au sein de la cellule de coordination des 350 ans. « Pour être acceptées, les propositions devaient coller au fil rouge constitué par cette date historique. Il ne suffisait donc pas de proposer un événement classique et de l’estampiller "350 ans". Nous voulions du neuf, de l’original, quelque chose qui soit axé sur l’histoire, le patrimoine ou le folklore, qui évoque le passé, le présent ou l’avenir. »

Le chantre Jacques Bertrand à l’honneur

La première pierre de la cité ayant été posée un 3 septembre, c’est cette date qui a été choisie comme point d’orgue des manifestations. Si l’événement se conjuguait encore au futur au moment où nous écrivions ces pages (en août), le programme du week-end des 3 et 4 septembre s’annonçait particulièrement joyeux et coloré : cérémonie officielle et concert de carillon le samedi après-midi, puis départ d’un imposant cortège à travers les rues du centre-ville jusqu’aux quais de la Sambre. Un cortège retraçant les 350 ans d’histoire de Charleroi et réunissant sidérurgistes, mineurs, verriers, voitures d’après-guerre, reconstitueurs, révolutionnaires de 1830, char de l’industrie aéronautique... sans oublier les géants de la ville et de nombreuses chorales. À événement exceptionnel, présence exceptionnelle : une centaine de sociétaires de l’Ommegang, dont Charles-Quint et sa cour, avaient accepté de sortir à cette occasion hors de leurs murs bruxellois. Quant à la grande fête populaire prévue le samedi soir – baptisée « Quai fièsse ! » –, on devine qu’elle n’a pas fini de faire des vagues sur la Sambre. De même, les murs de la ville frissonnent très certainement encore d’émotion au souvenir des milliers de personnes qui, le dimanche, ont entonné ensemble quelques hymnes populaires écrits par le chantre carolo Jacques Bertrand (1817-1884) : « Lolotte », bien sûr, mais surtout « Pays de Charleroi », dont le carillon de la ville égrène encore aujourd’hui les notes.

« Charleroi entre ombre et lumière »

La Ville, cependant, n’a pas attendu de souffler officiellement ses 350 bougies avant de faire la fête. Animations, concerts, fêtes, conférences et expositions ont rythmé la vie des Carolos dès le printemps. Une bière et une praline ont été élaborées ; des publications ont été consacrées à la ville – dont une très belle plaquette éditée par Espace Environnement retraçant 350 ans d’histoire urbaine – ; le chimiste et industriel Ernest Solvay, qui a établi sa première usine à Couillet, et le chanoine et physicien Georges Lemaître, natif de Charleroi, ont été mis à l’honneur ; la marche de la Saint-Valentin a, pour la première fois, réuni les groupes folkloriques issus des districts de Charleroi ; un grand jeu de piste a été tracé dans la ville, etc. Le sport n’a pas été oublié : afin de se remémorer les derbys footballistiques légendaires entre le Sporting et l’Olympic de Charleroi, une rencontre a été programmée début septembre entre les Zèbres et les Dogues !

« L’activité la plus réussie appartient cependant au domaine de la conservation du patrimoine, note Najia Sakhi. Au Musée des Beaux-Arts, l’exposition "Charleroi entre ombre et lumière", présentée par le Musée du Verre de Charleroi et consacrée au vitrail dans l’espace privé de 1880 à 1940, a en effet connu un tel succès qu’elle a été prolongée. L’exposition a non seulement permis de révéler le processus de réalisation d’un vitrail, mais elle a également amené le public à découvrir les vitraux de nombreux espaces privés (demeures bourgeoises, maisons ouvrières, commerces, etc.) au travers de pièces originales provenant de collections muséales, de documents d’archives et de photos. »

Les citoyens, commissaires de leur exposition

Et demain ? Le dernier trimestre 2016 verra se succéder colloque, festival, expositions et conférence-débat. Ces 23 et 24 septembre, au Palais des Beaux-Arts, ce ne sont pas moins de 25 experts issus des différentes universités qui viendront tracer le portrait de Charleroi, via les hommes, les techniques et les idées qui ont façonné son identité pendant 350 ans. Au même moment démarrera la biennale « Asphalte », festival d’art urbain qui, pour sa troisième édition, s’intéressera davantage à l’espace public comme cadre de vie. Mais c’est à partir du 21 octobre, date du vernissage de l’exposition « Public à l’œuvre », que l’on pourra voir ce que les Carolos ont dans le ventre. Le Musée des Beaux-Arts de Charleroi et le Musée de la Photographie ont tenté une expérience originale en confiant au public l’organisation de A à Z d’une exposition. « Une soixantaine de citoyens ont été sélectionnés sur base de leur motivation, explique Najia Sakhi. D’avril à août, ils ont appris à connaître les musées et leurs collections et découvert les différentes manières d’aborder l’art. Ensemble, ils ont choisi et développé la thématique de l’exposition et dressé la liste des œuvres.Enfin, ils se sont chargés de la présentation, la médiatisation et la communication de l’exposition qui se tiendra jusqu’au 21 janvier au Musée des Beaux-Arts. » Le thème de cette exposition ? Les mutations. Comme celle que la métropole wallonne est en train de vivre !

Programme complet : www.charleroi.be/350ans

©Fred Guerdin
 

 

Festival d’art urbain « Asphalte#2 »

Du 23 septembre au 29 octobre, Asphalte#2 questionnera les relations entre les cultures et l’espace public. Si l’année 2016 sacre les 350 ans d’existence de la Ville de Charleroi, elle célèbre également les 500 ans de l’Utopia de Thomas More. La coïncidence de ces célébrations a été l’occasion de mettre en œuvre un monde à habiter, de créer des lieux, des dispositifs et des modèles de vie qui permettront aux lendemains d’advenir.

« En 2012 et en 2014, la biennale était axée sur les arts de la rue », explique Sébastien Lacomblez, graphiste au bureau du Bouwmeester de Charleroi, rappelant que, lors de ces deux premières éditions les murs avaient d’abord été envahis de photos avant de laisser la place aux fresques. « Cette année, les organisateurs ont voulu s’éloigner du street art et se concentrer sur l’espace public, tout en jouant sur l’utopie. Le collectif LAB[au], laboratoire d’architecture et d’urbanisme, proposera notamment des installations sur la tour de l’Université du travail et sur le toit du Quai 10. Mais le gros de l’effort portera sur les fêtes, les rencontres thématiques, les ateliers créatifs, l’urbanisme... »

Deux exemples d’événements parmi d’autres : le 30 septembre, le parvis des enfants, projet réalisé lors d’ateliers par des élèves de Charleroi, sera inauguré rue du Laboratoire, tandis que le 2 octobre, ce sera au tour d’un sentier de grande randonnée de faire ses premiers pas depuis le centre-ville jusqu’aux terrils. Un GR noir et punk, une forme de tourisme expérimental et contemporain !

www.asphalte-charleroi.be


 

Un nouveau lifting pour le centre-ville

 

Force est de reconnaître que Charleroi, d’abord forteresse très convoitée, ensuite cité industrielle florissante, n’avait jamais été conçue comme une ville habitable. Or, même si la population a chuté de 244 000 à 200 000 habitants entre 1966 et 2001, la courbe démographique a repris lentement mais sûrement son ascension. Charleroi compte aujourd’hui près de 100 000 logements, mais l’estimation de la demande est telle que 12 000 logements supplémentaires devraient être érigés à l’horizon 2045, soit 400 par an. Le défi est de taille et demande réflexion. « Charleroi doit offrir la fluidité d’une métropole en accord avec son temps, en répondant aux préoccupations urbaines essentielles que sont la mobilité, la convivialité des espaces publics, la proximité des espaces verts, les typologies d’habitat adapté à la vie en ville et, sur le territoire, l’organisation des grandes fonctions métropolitaines et la révélation de paysages justes et forts », explique Georgios Maillis. L’architecte et Bouwmeester de Charleroi ne parle pas d’un chantier ordinaire. Le master plan de rénovation du centre-ville, lancé avec l’appui des fonds Feder et les subventions de la Wallonie, est le troisième plus important de l’histoire de la commune après le grand plan d’urbanisation de 1870 et les travaux d’infrastructure et de logement des années 1950-1970.

La première phase, le projet Phénix (2007-2013), est en voie d’achèvement dans la Ville Basse. Du moins pour la partie qui concerne les fonds publics (58 000 000 €). Car si le centre commercial Rive Gauche sera vraisemblablement terminé en février prochain, l’achèvement du Left Side Business Park (parc d’affaires, côté ouest) et du River Towers (deux tours de logements, côté est), deux projets situés en bord de Sambre et pris en main par le privé, est seulement prévu à l’horizon 2025.

Charleroi District Créatif

Actuellement, c’est la partie haute du centre-ville, et plus particulièrement son quadrant nord-ouest, qui est sous le feu des projecteurs. Cette deuxième phase de requalification urbaine (programmation 2014-2020 des fonds Feder) bénéficie d’une enveloppe budgétaire de 142 000 000 € et est connue sous l’appellation Charleroi District Créatif (DC). Piloté par la Ville, Charleroi Bouwmeester et Igretec, Charleroi DC est composé de deux pôles : un pôle événementiel et un pôle d’excellence en formation, enseignement et recherche. Le premier inclut les rénovations du Palais des Expositions et du Palais des Beaux-Arts (construit en 1957), ainsi que la construction d’un Palais des Congrès basse énergie (25 000 000 € – 6400 m2) sur l’esplanade du Palais des Beaux-Arts. Avec ces trois palais, la Ville se dotera d’infrastructures de qualité capables d’accueillir des événements d’importance. Plus au nord, le site de l’Université du Travail sera rénové et agrandi afin de devenir le « campus des sciences, des arts et des métiers ». Ce campus sera constitué d’un centre universitaire dans le bâtiment Zénobe Gramme, d’un centre de compétences « design et innovation », ainsi que d’une cité des métiers. À proximité de ces deux pôles, le bureau bruxellois Bas Smets a conçu un véritable plan de la revitalisation de l’espace public axé sur la place Charles II, la place du Manège et le parvis du futur Palais des Congrès. Précisons enfin que la zone nord-est de la Ville Haute n’est pas en reste puisque l’îlot Zoé Drion recevra des affectations sociales, le stade du Mambourg sera rénové et le Palais de Justice agrandi.

©MSA Asymetrie
 

Sources :
« Charleroi Métropole, Un schéma stratégique 2015-2025 » (édition 2015) et « Charleroi, de la ville fortifiée à la ville de demain » (Espace Environnement).
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Alors qu’un nouvel environnement naturel voyait le jour après la construction des ouvrages d’art et le remplissage des lacs début des années 1980, c’est tout naturellement que les habitants de la région ont commencé à profiter de ce nouveau cadre exceptionnel et à s’adonner notamment aux sports nautiques. C’est comme cela que quatre clubs sportifs se sont créés grâce à des bénévoles passionnésqui venaient y pratiquer leur sport favori (voile, plongée, jet ski et ski nautique). À cette époque, les activités étaient saisonnières et fortement liées à la météo.

En 1994, alors que le tourisme venait d’être considéré, depuis peu, comme un vecteur de développement économique à part entière, le Gouvernement wallon a pu mobiliser les fonds publics utiles et nécessaires pour se lancer dans un ambitieux programme de développement stratégique du site. L’idée de créer une station touristique, déjà imaginée fin des années 1970, pouvait seconcrétiser, notamment avec la construction d’un premier village de vacances. Le site se structurait pour accueillir touristes d’un jour et touristes de séjour. Les visiteurs ont commencé à venir de plus loin, de Belgique et de l’étranger, également en dehors de la période estivale afin de profiter de la nature en toutes saisons. Notamment à la Noël, où il est toujours très agréable de se retrouver en famille dans un cadre magnifique.

Afin de répondre à cette demande croissante de touristes venant aux lacs tout au long de l’année, des infrastructures indoor devaient être créées. L’Aquacentre fut la première attraction installée sur le site en 1999. Une attraction qui est peu à peu devenue la plus fréquentée des lacs avec ses 120 000 visiteurs par an. Une attraction qui a été rénovée, complétée et diversifiée en 2015 grâce au soutien financier de la Région wallonne et de l’Europe. Plus récemment, d’autres activités indoor ont vu le jour : une plaine de jeux couverte (Landal Greenparks), une halle sportive polyvalente aux abords du Centre ADEPS du Cierneau, un laser game dans la descente du Barrage de la Plate Taille, un centre wellness, une terrasse couverte...

Aujourd’hui, les nombreux investissements émanant des fonds publics et du secteur privé permettent de répondre aux attentes aussi bien des touristes d’un jour (soit les excursionnistes) que des touristes de séjour et des habitants de la région et, ce, toute l’année.

 

Un paradis tropical

L’Aquacentre des Lacs de l’Eau d’Heure ? Imaginez un grand parc aquatique avec de l’eau à 30 °C toute l’année, une piscine ludique avec jets massants et canons à eau, un jacuzzi géant, un toboggan infinity jump avec des écrans LCD et un éclairage LED, une pataugeoire avec jeux pour les petits...Imaginez un bassin à fond mobile permettant la pratique de différents sports comme l’aquabiking, l’aquadanse, l’aquagym ou la plongée. Imaginez une piscine qui communique avec un bassin extérieur et un spray park (jeux d’eau de la dernière génération) de 500 m2. Imaginez aussi une zone de loisirs avec billards, kickers et jeux de palets, un jardin garni de transats, une terrasse ensoleillée et un bar à portée de main. Imaginez… Ou plutôt, non, n’essayez plus ! Venez vous rendre compte par vous-mêmes, venez vous immerger dans ce paradis tropical.

« Nous n’avons pas eu la prétention de développer un équipement sportif, ni même un bassin réservé à la natation pure, commente Vincent Lemercinier, directeur général de l’ASBL. L’Aquacentre est une attraction purement récréative, c’est-à-dire de loisirs et de détente, qui s’adresse à la fois aux touristes et aux gens de la région. Nous organisons des cours d’aquagym, d’aquadanse et d’aquabike à l’attention des groupes et des individuels. Nous proposons des nocturnes aux habitants proches qui peuvent aussi profiter d’un tarif abonnement ou de prix intéressants en semaine, en dehors des périodes de vacances. C’est grâce à cette clientèle très variée que nous espérons atteindre dorénavant le cap des 150 000 visiteurs annuels. »

 

www.parcaquacentre.be


À L’HEURE DU BIEN-ÊTRE

Jouxtant le parc aquatique, le centre « À l’heure du bien-être » propose depuis l’an dernier uneinfrastructure complète liée au wellness et au spa : salle détente avec jacuzzis, sauna traditionnel,sauna infrarouge et sauna au sel, hammam, luminothérapie sur matelas d’eau, bassin d’eau froide,douches expérience... Le tout enrichi d’un espace extérieur avec une piscine sous patio et unepelouse. Si le parc aquatique fait le bonheur des familles, des petits et des grands, des groupes et dessportifs, le centre wellness séduit les couples et les groupes d’amis tout en s’avérant un boncomplément à l’offre de loisirs de plein air. C’est également un « plus » pour les habitants de la région. L’infrastructure et les possibilités de soins, rituels et massages s’adressent tant aux individuels qu’aux groupes, associations et entreprises. Le Centre peut d’ailleurs être privatisé et son occupationcombinée avec un cours d’aquabike ou d’autres activités des Lacs. Il s’agit d’un produit tout à faitadapté pour une clientèle MICE (Meetings, Incentives, Conferencing & Exhibitions).

Enfin, si l’investissement de l’Aquacentre (parc aquatique, wellness et aménagements extérieurs) avoisine les 6 250 000 €, un effort important a été consacré à la diminution des couts énergétiques aussi bien au niveau de l’isolation du bâtiment, de l’électricité (400 m2 de panneaux photovoltaïques,éclairage LED), du chauffage (isolation, pompe à chaleur) et de l’eau (traitement et recyclage) via une gestion technique centralisée. Une préoccupation qui s’inscrit dans la volonté des gestionnaires du site de développer des projets touristiques durables.

www.lheuredubienetre.be

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Quels sports pratiquer lorsque vous êtes face au plus grand plan d’eau fermé de Belgique ? Des activités nautiques, évidemment. Avec ses cinq lacs, le site propose un large choix de disciplines. Le plus grand, le Lac de la Plate Taille (351 ha), abrite deux clubs nautiques : le centre de plongée sous-marine, qui permet des explorations jusqu’à 40 m de profondeur, et le club de voile « Sports nautiques de l’Eau d’Heure ». Quant au Lac de l’Eau d’Heure, il prête son cadre au jet-ski et au ski nautique. Ces quatre clubs sportifs disposent aujourd’hui de bâtiments abritant toutes les commodités ainsi qu’un restaurant. Un club de véliplanchistes « le Windsurf’ Heure » a pris également ses quartiers au lieu-dit « le Slip Nord » en contrebas du Golden Lakes Village au bord du lac de la Plate Taille.

À ces associations sportives reconnues sont venues s’ajouter deux entités conçues et gérées par des opérateurs privés, ouvertes à tous, dans une logique économique et touristique. Sur le lac de Féronval, The Spin Cablepark accueille les amateurs de ski nautique et de wakeboard (planche) qui sont tractés non pas par un bateau, mais par un câble de 680 m. Sur le lac de la Plate Taille, l’Espace Fun permet de s’adonner aux joies du canoë-kayak, du bateau à voile, de la planche à voile et du stand up paddle.

 

Le plus grand club francophone

Le club Eau d’Heure Nautique (EHN) est particulièrement réputé tant dans le nord que dans le sud du pays. Non seulement ses 430 membres font de lui le plus grand club francophone de ski nautique,mais il a également le privilège d’accueillir des compétitions nationales et internationales. Ainsi, cet été, il sera le cadre de deux championnats de Belgique, de ski nautique classique fin juillet et de wakeboard en août. « La règle veut que ces championnats aient lieu alternativement en Flandre et en Wallonie, explique le président du club, Bernard Bonnet. Mais en raison des courants qui rendent difficilement homologables les épreuves de slaloms sur les fleuves et canaux, c’est sur le Lac de L’Eau d’Heure que se déroulent ces compétitions dans le sud du pays. »

Le club, qui organise des stages en juillet et août – coachés par l’ancien champion belge YvesSaintviteux, dit Coyote –, est également une pépinière de jeunes champions qui mènent (ou ontmené) une brillante carrière internationale. Parmi eux, les fils du président, Xavier et Julien, qui ont tous deux été champions d’Europe en wakeboard, mais également Quentin Delefortrie, qui fut champion d’Europe et du monde en Junior, et Kate Adriaensens, qui a été 14 fois championne de Belgique en ski classique et a cumulé les médailles aux championnats d’Europe et du monde. « Les compétiteurs ne constituent cependant qu’un dixième de nos membres. Le reste est composé de passionnés qui viennent skier pour le plaisir, quel que soit leur niveau, précise Bernard Bonnet. Nous disposons aujourd’hui de 147 pontons, mais il n’est pas nécessaire d’avoir un bateau pour venir skier puisque nous en avons un. »

 

Renseignements :

Centre de plongée sous-marine : www.cpbeh.net

Sports nautiques de l’Eau d’Heure : www.sneh.be

Jet Club Eau d’Heure : www.o2r.be

Eau d’Heure Nautique : www.ehn.be

Le Windsurf’ Heure : www.windsurf-heure.be

The Spin Cablepark : www.thespin.be

Espace Fun : www.espacefun.be

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Quels sports pratiquer lorsque vous êtes face au plus grand plan d’eau fermé de Belgique ? Des activités nautiques, évidemment. Avec ses cinq lacs, le site propose un large choix de disciplines. Le plus grand, le Lac de la Plate Taille (351 ha), abrite deux clubs nautiques : le centre de plongée sous-marine, qui permet des explorations jusqu’à 40 m de profondeur, et le club de voile « Sports nautiques de l’Eau d’Heure ». Quant au Lac de l’Eau d’Heure, il prête son cadre au jet-ski et au ski nautique. Ces quatre clubs sportifs disposent aujourd’hui de bâtiments abritant toutes les commodités ainsi qu’un restaurant. Un club de véliplanchistes « le Windsurf’ Heure » a pris également ses quartiers au lieu-dit « le Slip Nord » en contrebas du Golden Lakes Village au bord du lac de la Plate Taille.

À ces associations sportives reconnues sont venues s’ajouter deux entités conçues et gérées par des opérateurs privés, ouvertes à tous, dans une logique économique et touristique. Sur le lac de Féronval, The Spin Cablepark accueille les amateurs de ski nautique et de wakeboard (planche) qui sont tractés non pas par un bateau, mais par un câble de 680 m. Sur le lac de la Plate Taille, l’Espace Fun permet de s’adonner aux joies du canoë-kayak, du bateau à voile, de la planche à voile et du stand up paddle.

 

Le plus grand club francophone

Le club Eau d’Heure Nautique (EHN) est particulièrement réputé tant dans le nord que dans le sud du pays. Non seulement ses 430 membres font de lui le plus grand club francophone de ski nautique,mais il a également le privilège d’accueillir des compétitions nationales et internationales. Ainsi, cet été, il sera le cadre de deux championnats de Belgique, de ski nautique classique fin juillet et de wakeboard en août. « La règle veut que ces championnats aient lieu alternativement en Flandre et en Wallonie, explique le président du club, Bernard Bonnet. Mais en raison des courants qui rendent difficilement homologables les épreuves de slaloms sur les fleuves et canaux, c’est sur le Lac de L’Eau d’Heure que se déroulent ces compétitions dans le sud du pays. »

Le club, qui organise des stages en juillet et août – coachés par l’ancien champion belge YvesSaintviteux, dit Coyote –, est également une pépinière de jeunes champions qui mènent (ou ontmené) une brillante carrière internationale. Parmi eux, les fils du président, Xavier et Julien, qui ont tous deux été champions d’Europe en wakeboard, mais également Quentin Delefortrie, qui fut champion d’Europe et du monde en Junior, et Kate Adriaensens, qui a été 14 fois championne de Belgique en ski classique et a cumulé les médailles aux championnats d’Europe et du monde. « Les compétiteurs ne constituent cependant qu’un dixième de nos membres. Le reste est composé de passionnés qui viennent skier pour le plaisir, quel que soit leur niveau, précise Bernard Bonnet. Nous disposons aujourd’hui de 147 pontons, mais il n’est pas nécessaire d’avoir un bateau pour venir skier puisque nous en avons un. »

 

Renseignements :

Centre de plongée sous-marine : www.cpbeh.net

Sports nautiques de l’Eau d’Heure : www.sneh.be

Jet Club Eau d’Heure : www.o2r.be

Eau d’Heure Nautique : www.ehn.be

Le Windsurf’ Heure : www.windsurf-heure.be

The Spin Cablepark : www.thespin.be

Espace Fun : www.espacefun.be

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Quels sports pratiquer lorsque vous êtes face au plus grand plan d’eau fermé de Belgique ? Des activités nautiques, évidemment. Avec ses cinq lacs, le site propose un large choix de disciplines. Le plus grand, le Lac de la Plate Taille (351 ha), abrite deux clubs nautiques : le centre de plongée sous-marine, qui permet des explorations jusqu’à 40 m de profondeur, et le club de voile « Sports nautiques de l’Eau d’Heure ». Quant au Lac de l’Eau d’Heure, il prête son cadre au jet-ski et au ski nautique. Ces quatre clubs sportifs disposent aujourd’hui de bâtiments abritant toutes les commodités ainsi qu’un restaurant. Un club de véliplanchistes « le Windsurf’ Heure » a pris également ses quartiers au lieu-dit « le Slip Nord » en contrebas du Golden Lakes Village au bord du lac de la Plate Taille.

À ces associations sportives reconnues sont venues s’ajouter deux entités conçues et gérées par des opérateurs privés, ouvertes à tous, dans une logique économique et touristique. Sur le lac de Féronval, The Spin Cablepark accueille les amateurs de ski nautique et de wakeboard (planche) qui sont tractés non pas par un bateau, mais par un câble de 680 m. Sur le lac de la Plate Taille, l’Espace Fun permet de s’adonner aux joies du canoë-kayak, du bateau à voile, de la planche à voile et du stand up paddle.

 

Le plus grand club francophone

Le club Eau d’Heure Nautique (EHN) est particulièrement réputé tant dans le nord que dans le sud du pays. Non seulement ses 430 membres font de lui le plus grand club francophone de ski nautique,mais il a également le privilège d’accueillir des compétitions nationales et internationales. Ainsi, cet été, il sera le cadre de deux championnats de Belgique, de ski nautique classique fin juillet et de wakeboard en août. « La règle veut que ces championnats aient lieu alternativement en Flandre et en Wallonie, explique le président du club, Bernard Bonnet. Mais en raison des courants qui rendent difficilement homologables les épreuves de slaloms sur les fleuves et canaux, c’est sur le Lac de L’Eau d’Heure que se déroulent ces compétitions dans le sud du pays. »

Le club, qui organise des stages en juillet et août – coachés par l’ancien champion belge YvesSaintviteux, dit Coyote –, est également une pépinière de jeunes champions qui mènent (ou ontmené) une brillante carrière internationale. Parmi eux, les fils du président, Xavier et Julien, qui ont tous deux été champions d’Europe en wakeboard, mais également Quentin Delefortrie, qui fut champion d’Europe et du monde en Junior, et Kate Adriaensens, qui a été 14 fois championne de Belgique en ski classique et a cumulé les médailles aux championnats d’Europe et du monde. « Les compétiteurs ne constituent cependant qu’un dixième de nos membres. Le reste est composé de passionnés qui viennent skier pour le plaisir, quel que soit leur niveau, précise Bernard Bonnet. Nous disposons aujourd’hui de 147 pontons, mais il n’est pas nécessaire d’avoir un bateau pour venir skier puisque nous en avons un. »

 

Renseignements :

Centre de plongée sous-marine : www.cpbeh.net

Sports nautiques de l’Eau d’Heure : www.sneh.be

Jet Club Eau d’Heure : www.o2r.be

Eau d’Heure Nautique : www.ehn.be

Le Windsurf’ Heure : www.windsurf-heure.be

The Spin Cablepark : www.thespin.be

Espace Fun : www.espacefun.be

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