Waw magazine

Waw magazine

Menu

UN GUÉPARD SUR LA ROUTE D’HAWAÏ

Sacrée championne du monde de triathlon longue distance, au printemps, à Pontevedra (Espagne), Alexandra Tondeur veut briller en 2020 à l'Ironman d'Hawaï. Vu les capacités et le courage de la Stéphanoise, il n'y a pas de raisons qu'elle n'aille pas jusqu'au bout de son rêve.

 

Son entourage l’a surnommé « cheetah » (guépard) depuis l’Ironman de Lanzarote. Si vous habitez la région de Court-Saint-Étienne, vous avez peutêtre aperçu sa crinière blonde sur le RAVeL de Nivelles ou de Gembloux, précédée par sa maman qui lui ouvre la route à vélo. Ne vous fiez pas à son doux visage car il masque un tempérament d’acier ! Alexandra Tondeur est une triathlète professionnelle qui a choisi l’épreuve sportive sans doute la plus éprouvante qui soit, tant physiquement que mentalement. Mais rien n’y personne ne l’empêchera d’enchaîner les kilomètres de natation, vélo et course à pied. Elle a appris à maîtriser la souffrance et abandonner ne fait pas partie de ses plans. Portrait d’une jeune femme qui sait où elle va. 

 

Alexandra, comment es-tu venue au triathlon, une discipline sportive extrêmement dure ?

Au départ, je rêvais de devenir cavalière professionnelle. J’ai commencé l’équitation à l’âge de trois ans, mais j’ai également pratiqué le tennis de table, le tennis et l’athlétisme. Encouragée par mon père qui était militaire de carrière, je passais toutes mes vacances à faire des stages sportifs. Quand j’ai commencé mes études en éducation physique, je me suis davantage orientée vers la course à pied, discipline dans laquelle j’étais vraiment forte au contraire de la natation. Et puis, un jour, j’ai vu un reportage sur l’Ironman d’Hawaï, ça m’a boosté : j’ai décidé que c’était ce que je voulais faire.

Tu as rapidement réussi à t’affirmer dans ce sport mais, début 2012, ton rêve se brise en raison d’une blessure…

Ce n’était pas une blessure. C’est un surentraînement qui a provoqué un virus au niveau des nerfs de l’épaule, d’où un problème de mobilité. On m’a dit que ma carrière était terminée. J’ai donc commencé à travailler comme assistante à l’UCL tout en me rabattant sur des courses cyclistes et des duathlons. Fin 2012, ne voyant pas d’amélioration, j’ai voulu tout arrêter. C’est ma mère et mon entraîneur de l’époque qui m’ont encouragée à continuer. J’ai alors décidé de me soigner et de m’entraîner pour les longues distances, car c’est cela qui m’intéressait. Mais j’avais pris 15 kilos et quasi plus personne ne croyait en moi. Il m’a fallu deux années pour revenir à un niveau correct à force de caractère. En 2015, j’ai recommencé à gagner des courses.  En période moyenne, je m’entraîne environ quatre heures par jour et je poursuis, en soirée, par des séances de stretching et de kiné pour mon épaule. En période de stages, afin de préparer les grosses compétitions, je travaille de 6 à 10 heures par jour.

Es-tu d’accord avec cette parole d’Aristote : « L’excellence est un art que l’on n’atteint que par l’exercice constant » ? L’entraînement est-il la clé de ton succès ?

(Elle hésite) En partie en tout cas. Jusqu’il y a une dizaine d’années, avoir du talent était suffisant. Aujourd’hui, le niveau chez les pros est devenu si élevé qu’il faut beaucoup de talent mais aussi d’intelligence dans l’entraînement. Il faut sans cesse chercher les faiblesses et les combattre les unes après les autres. C’est ce que j’essaie de faire puisqu’aujourd’hui je suis mon propre entraîneur (ndlr : elle a été entraînée par le préparateur Yves Devillers en 2015-2016 et par le triathlète Luc Van Lierde en 2016-2017), tout en étant assistée sur le plan médical et diététique par SportS2, l’équipe sportive du CHU de Liège.

Ton point fort, c’est la course à pied, mais tu affectionnes également les circuits vélo incluant de forts dénivelés…

Oui, je suis une grimpeuse. J’ai fait beaucoup de VTT auparavant et j’habite une région vallonnée. Je n’hésite pas à partir m’entraîner dans les Vosges ou dans les Alpes. Cet été, j’ai participé au triathlon longue distance de l’Alpe d’Huez où il y avait quatre cols à franchir en vélo (elle a terminé 3e, NDLR), avant d’enchaîner avec l’Embrunman, l’un des triathlons les plus durs au monde qui inclut un parcours vélo de 188 kilomètres passant par le col de l’Izoard et présentant près de 5 000 mètres de dénivelés positifs ! Je me suis classée 3e de ces deux courses.

 Ce sport demande des qualités physiques mais aussi mentales. Le fondateur de l’Ironman a dit : « Abandonne si tu veux, personne ne s’en souciera. Mais tu t’en souviendras pour le restant de tes jours ! » As-tu déjà été sur le point d’abandonner ?

Au moins deux fois par an. Le circuit professionnel est si élevé que si un jour tu as une faiblesse et que tu vois que devant ça file et que c’est foutu pour un bon résultat, tu penses forcément à arrêter. Mais cela ne m’est arrivé qu’à deux reprises : en 2017, parce que j’avais crevé deux fois et, en 2018, parce que j’étais malade et que l’on m’a forcée à arrêter.

Tu es professionnelle. Comment te débrouilles-tu financièrement ?

J’ai un contrat d’employé à l’Adeps. Et j’ai différents sponsors publics et privés. La plupart me fournissent en matériel, mais je bénéficie aussi d’aides financières. Je reçois aussi des primes lors des compétitions qui peuvent varier de 500 à 10 000 dollars. L’argent va sur le compte d’une asbl que j’ai créée et qui finance mes déplacements, mes séances de kiné, etc.

Tu as dit que le triathlon longue distance n’était pas encouragé en Belgique. Peux-tu préciser ?

Les gens veulent des champions mais ils ne sont pas prêts à faire des efforts pour les aider dans leur quête de podiums. Le plus gros problème en Wallonie ce sont les piscines. Les athlètes ont plusieurs fois demandé aux responsables politiques qu’un couloir leur soit réservé selon un horaire précis, mais ils n’ont pas été entendus jusqu’aujourd’hui. Je suis donc obligée de nager – NDLR : elles s’entraîne à Nivelles – avec le public, parfois même à côté des gens qui ne savent pas nager ! En vélo, nous sommes confrontés à un dilemme : rouler sur les pistes cyclables, dont l’état général est souvent lamentable, ou opter pour la route, où nous ne sommes pas respectés par certains automobilistes qui nous frôlent à vive allure ! C’est l’une des raisons – l’autre étant la météo – qui me pousse à partir m’entraîner en Espagne.

Tu as déjà pris part deux fois à l’Ironman d’Hawaï. Ton rêve ultime c’est de remporter cette épreuve mythique ?

 Ouf ! Le niveau est si élevé… Mon objectif serait d’intégrer un jour le top 5, que ce soit l’année prochaine ou dans cinq ans. Mais je ne pense pas pouvoir le faire chaque année, car cela nécessite un budget énorme, de l’ordre de 20 000 euros. Si l’on veut bien se préparer et bien s’acclimater, il faut être présent six semaines minimum sur place. Le logement coûte très cher, mais il faut aussi compter le trajet en avion, pour moi, pour mon vélo et pour – au minimum – mon kiné. En 2016, j’ai eu la chance de pouvoir m’acclimater pendant un mois dans ma famille en Caroline du Nord, mais en 2017, quand je suis partie avec ma maman, nous n’avions pu loger qu’une semaine sur place. C’était très insuffisant et cela s’est très mal passé car j’ai eu, en outre, un problème avec mon plan alimentaire. J’ai été malade sur le vélo de sorte que je suis arrivée déshydratée pour la course à pied, ce qui m’a forcée à faire les 32 derniers kilomètres en marchant. Le pire moment de ma vie, je crois !

Quel est ton rapport à l’environnement ?

J’adore la nature, c’est sûr, et je la respecte. Durant les triathlons, tout est désormais règlementé, on ne peut pas jeter ses bidons et emballages divers n’importe où mais dans des zones de déchet prévues à cet effet. Au niveau de mon alimentation, je suis sponsorisée lors des compétitions par une marque flamande qui me fournit exclusivement en produits bios. Et chez moi, je suis de plus en plus attentive à la provenance des aliments. Mais j’avoue que j’ai quelques péchés mignons : j’adore le chocolat, les pâtes et le bon pain. En revanche, je ne bois jamais d’alcool

 

As-tu une autre passion que le triathlon ?

Je suis ultra passionnée par le monde animal. J’aime toutes les espèces, sauf peut-être les reptiles (grimaces). Je voulais devenir vétérinaire à 10 ans. À la maison, nous avons adopté deux chats et quatre chiens, et j’ai quatre cochons d’Inde. C’est aussi cette passion qui m’a poussée à verser parfois mes primes à l’asbl Sans Collier, à Perwez.

Tu es une personne sensible et engagée ?

Je crois que cela fait partie de mon rôle d’athlète. J’essaie de mettre le peu de popularité que j’ai au service des gens qui en ont besoin. Je suis la marraine de Marmot’Life, à Ottignies, une asbl qui soutient les personnes narcoleptiques, c’est-à-dire qui souffrent de troubles du sommeil. Je cours parfois pour eux, comme je l’ai fait cette année au semi-marathon de Namur.

Tu prends également sur ton temps pour initier des jeunes…

Oui, depuis la fin de mes études j’entraîne des jeunes, des moins jeunes, des débutants et des athlètes confirmés. En outre, fin 2018, j’ai créé mon propre team dans le but d’aider et d’encadrer quelques talents wallons âgés de 16 à 21 ans à progresser vers le haut niveau

 Quels sont tes endroits préférés en Wallonie ?

J’aime beaucoup la région namuroise. Je suis allée rouler dernièrement dans la région de Gesves et j’ai trouvé ça très sympa. J’aime également la vallée de la Molignée et les lacs de l’Eau d’Heure. C’est très agréable de s’entraîner autour des lacs. J’ai déjà d’ailleurs gagné plusieurs fois le triathlon qui s’y court en juin.

Bio Express

Née le 20 mars 1987.
Vit à Orp-Jauche (Brabant wallon) jusqu’à ses 18 ans.
Etudes d’éducation physique à l’UcL (Louvain-la-Neuve).
2007
Premiers triathlons, premières victoires en Belgique
2008
Première victoire internationale au triathlon de Gérardmer (France)
2010
Championne de Belgique élites ; devient professionnelle (contrat Adeps)
2011
Un problème de mobilité à l’épaule l’oblige à se rabattre sur les duathlons et les courses cyclistes
2013
Rreprend les triathlons et s’oriente vers les longues distances
2015
Remporte l’Ironman 70.3 à Belek (Turquie)
2018
Championne d’Europe du triathlon moyenne distance à Ibiza (Espagne).
La Région wallonne lui octroie la distinction de « Chevalier du Mérite wallon ».
2019
Championne du monde du triathlon longue distance à Pontevedra (Espagne)

Venu du Canada, le packraft est un radeau super léger qui se gonfle puis se replie dans un sac à dos en un tournemain. Séduit par l’invention et passionné par la nature, Luc Van Ouytsel propose des expéditions mêlant terre et eau près du lac de Nisramont.

 

Luc Van Ouytsel a la nature dans le sang. Ce Brabançon wallon d’origine s’est pris de passion pour les forêts et rivières de nos Ardennes en allant rendre visite à ses grands-parents à Ortho, un village de La Roche-en-Ardenne. C’est ainsi qu’il est tombé tout petit dans l’Ourthe, rivière qu’il a très vite appris à connaître et à descendre en kayak, et qu’il s’est lancé dans des randonnées à la découverte des forêts environnantes. Attiré par la nature généreuse des grands espaces et désireux de partager sa passion, cet agronome de formation a alors décidé d’organiser des expéditions sur divers cours d’eau, dans les Alpes, en Nouvelle-Zélande, en Afrique, en Laponie, en Equateur... tout en multipliant les trekkings dans la nature, comme ce tour du monde avec sac à dos qu’il a effectué avec son épouse en 2008, soit avant la naissance de leurs deux enfants. Bref, la belle aventure, jusqu’au jour où, en Bourgogne, il a vu deux gars descendre une rivière à bord d’un minuscule radeau pneumatique.

« J’ai été très étonné quand j’ai senti la légèreté de cette embarcation qui ne pesait pas plus de trois kilos. Mais ma surprise s’est muée en admiration quand j’ai vu ces types remballer leur radeau et leurs pagaies démontables dans leur sac à dos et partir en sifflotant à l’assaut de la colline. En fait, le packraft, qui s’est développé au Canada, pays de chasseurs et de trappeurs, est une invention géniale non seulement en raison du faible poids de cette embarcation, mais également par son système de gonflage, puisque c’est un simple sac en toile de parachute qui sert de gonfleur. Ce jour là, j’ai été… soufflé et conquis ! Le packraft permettant de marier mes deux passions, il fallait que je le développe dans ma région. »

Une boucle de 5-6 heures dans le Parc naturel des deux Ourthes

C’est ainsi que depuis quelques années, notre Ardennais de cœur (il habite aujourd’hui Hogne, près de Marche-en-Famenne) propose du packrafting sur la rivière qu’il connaît le mieux, l’Ourthe, à partir d’un site qu’il affectionne, le lac de Nisramont, où la nature est magnifique tout en étant préservée du tourisme de masse. Une balade qu’il organise à l’attention des groupes et qui a l’avantage de former une boucle, celle-ci pouvant être effectuée en cinq ou six heures selon le niveau des participants. En guide expérimenté, Luc s’occupe de tout.

« Le départ ne se fait pas sur la rive de l’Ourthe, mais au cœur du pittoresque village de Nadrin. C’est de là que nous piquons à travers bois en suivant des sentiers en direction du lac, non sans avoir traversé le très beau village d’Ollomont. Il faut compter environ 1h15-1h30 pour arriver sur le lieu d’embarquement situé au confluent des deux Ourthes. Un endroit idéal pour pique-niquer. »

Le site du Hérou

Mais si l’estomac est rassasié, la soif d’aventures est toujours bien tenace. Le temps de gonfler les packrafts et voilà tout le monde sur le lac. Les trois kilomètres qui séparent la rive du barrage sont effacés en une petite heure environ, mais cela dépend de la force et la direction du vent. Au barrage, tout le monde met pied à terre et transporte son embarcation (super légère, comme on l’a dit) sur 400 mètres avant de la replonger dans l’Ourthe. « A partir de là, on n’est plus obligé de pagayer », explique Luc, qui propose alors de se laisser descendre pendant deux heures environ et de profiter du magnifique paysage qu’offrent les méandres de la rivière à cet endroit. « On passe devant le site du Hérou, cet éperon rocheux classé « Patrimoine exceptionnel de Wallonie ». Si l’on est courageux, on peut l’escalader afin de profiter du magnifique point de vue sur la rivière et le parc naturel. Il faut alors compter une heure supplémentaire. »

La descente prend fin un peu plus loin. Après avoir mis pied à terre et dégonflé son packraft, il faut escalader la colline en suivant un chemin qui mène droit au point de départ, à Nadrin. Le tour est joué et il s’est avéré bien agréable !

Une formule avec bivouac

Toujours à la recherche d’innovations, Luc propose également une formule de deux jours avec bivouac sur un terrain lui appartenant à Marcourt, un peu avant Rendeux. Le départ se fait alors à Engreux et la mise a l’eau à hauteur du pré-barrage de l’Ourthe occidentale. Au programme, du packrafting, bien sûr, de belles randonnées dans la forêt, la visite du château de La Roche, quelques vues exceptionnelles sur l’Ourthe, dont celle à partir de la chapelle et de l’ermitage Saint-Thibaut, à Hodister (en face de Marcourt), un paysage remarquable de Wallonie.

 

www.packraft.be

Le lac de Nisramont : un tour à couper le souffle !

Situé entre le confluent des deux Ourthes et le barrage hydraulique du même nom, une rive sur la commune de La Roche-en-Ardenne et l’autre sur celle d’Houffalize, le lac de Nisramont (47 hectares) est un site de toute beauté, cerné par la forêt et dominé par quelques rochers escarpés, où la faune et la flore s’épanouissent librement, à l’écart de l’agitation du monde extérieur. On y vient prudemment, en familles ou entre passionnés, pour pratiquer la pêche, le kayak ou le canotage, mais aussi, plus simplement, pour se ressourcer et profiter du calme qui y règne quasi en permanence.

Le site est aussi très prisé par les amateurs de randonnées dans la nature. Le sentier balisé de 14 kilomètres qui fait une boucle autour du lac est une invitation à une promenade magnifique, quoique d’un niveau de difficulté assez élevé car il longe rarement les rives, le filou, préférant s’élever sur les flancs des collines et se faufiler à travers la forêt afin de s’offrir quelques points de vue exceptionnels sur le lac et ses alentours. L’idéal est de partir du parking près du barrage et de suivre les balises dans un sens ou dans l’autre. La promenade franchit l’Ourthe occidentale et l’Ourthe orientale à hauteur des deux pré-barrages. Elle est pourvue d’aires et de tables pour barbecue et pique-nique. Il faut prendre son temps et ne pas oublier jumelles et appareil photo pour observer les oiseaux et tenter de surprendre les castors amateurs de barrages eux aussi.

La Transbelgica : l’aventure au fond du jardin

L’Ourthe, c’est bien, mais pourquoi se limiter à cette seule rivière quand la Semois, la Lesse, l’Amblève et la Meuse ont également été coulées pour accueillir vos rames à bras ouverts ? Avec trois amis, Rudy, Bertrand et Geoffrey, passionnés comme lui de randonnées dans la nature, Luc Van Ouytsel s’est lancé, à la fin de l’hiver 2017-2018, dans la traversée de la Wallonie en packrafting et à pied. Soit 260 kilomètres sur l’eau et une centaine à travers campagnes et forêts avec, dans leur sac à dos, leur radeau gonflable et leur matériel de camping.  

Après avoir testé leur équipement — et leur résistance - dans le froid hivernal, l’équipage s’est jeté à l’eau le 10 mars à Tintigny, sur la Semois, et a refait surface le 17 au Cercle nautique de Liège. Huit jours en totale autonomie qui resteront à jamais gravés dans leur cahier de souvenirs. « Il ne faut pas aller au bout de la planète pour vivre des moments exceptionnels au sein d’une nature généreuse à portée de tous, confie aujourd’hui Luc, l’aventure est dans le fond du jardin ! »

 

Les tronçons :

• navigation sur le Semois de Tintigny à Alle-sur-Semois : 126 km

• rando jusque Daverdisse : 28 km

• navigation sur la Lesse jusque Chanty : 13 km

• rando jusque Berguème (Tenneville), en passant par le Fourneau Saint-Michel et en traversant la grande forêt de Saint-Hubert : 35 km

• navigation sur l’Ourthe occidentale jusqu’au lac de Nisramont, puis sur l’Ourthe jusque Hotton en passant devant le château de La Roche-en-Ardenne : 70 km

• rando jusque Barvaux-sur-Ourthe : 15 km

• navigation sur l’Ourthe jusque Bomal : 7 km

• rando jusqu’Aywaille : 20 km

• navigation sur l’Amblève jusque Comblain-au-Pont : 15 km

• navigation sur l’Ourthe jusqu’à la Meuse à Liège, en passant les barrages de Tilff et d’Angleur : 30 km

 

www.packandraft.be/transbelgica

Laforêt, village de mystères et de légendes

 

Laforêt, village ardennais de la commune de Vresse-sur-Semois, est situé sur la rive gauche de la Semois. Village rustique, sauvage, mais plein de charme... Village de mystères aussi, de légendes dont celles d’Adrien de Prémorel. Les larges toitures très particulières, dites de « faisiaux », couvrent un habitat aux volumes profonds et tout de schiste bâti. Un décor bien ardennais complète le tableau : cœurs-porte bonheur et protecteurs sur les granges, œil-de- bœuf en schiste ou encore les entrées très basses dues à la petite taille des villageois voici deux siècles ! Des lavoirs et abreuvoirs existent encore aux extrémités du village de même que quelques séchoirs à tabac, réaffectés aujourd’hui à d’autres usages. Côté patrimoine, signalons l’église Sainte-Agathe décorée par l’artiste namurois reconnu Jean-Marie Londot.

 

L’église Sainte-Agathe et le cœur villageois

Articulé entre deux voiries parallèles enserrant l’église Sainte-Agathe, le cœur villageois a préservé en grande partie sa richesse patrimoniale et son harmonieuse densité. Rues et venelles vagabondent entre maisons, dépendances, courettes et espaces verts contribuant à la création d’un espace-rue paysager. En créant du volume, les murets en pierre sèche participent à cette trame paysagère tout en façonnant de belles respirations à l’intérieur du village.

Fontaine, lavoirs et abreuvoirs - Monuments classés

Cet ensemble d’édifices, établi à l’une des extrémités du village, illustre bien les trois fonctions liées à l’eau dans la vie rurale d’autrefois. Le lavoir couvert, construit en grès schisteux au début du 20e siècle, permettait aux villageoises de laver le linge à l’abri des intempéries. Juste à côté, le bétail et les troupeaux communs pouvaient jadis étancher leur soif dans un splendide abreuvoir circulaire en pierre bleue. Enfin, une petite fontaine destinée à la collectivité se loge sous une construction du XIXe siècle.

Séchoirs à tabac

Eléments emblématiques des villages de la vallée de la Semois, les séchoirs à tabac dressent leurs fières ossatures en bois et semblent encore défier les vents. Ces témoins ostensibles d’une activité qui a fait la richesse et la réputation de la Semois sont toujours présents, en périphérie et au centre du village, mais à défaut d’être restauré ou de leur affecter une nouvelle vie, ils se meurent et, avec eux, tout un pan de l’histoire locale s’efface peu à peu.

Ferme traditionnelle ardennaise - Monument classé

Implantée perpendiculairement à la rue, cette antique bâtisse offre au regard une abondante variété de textures et de matières utilisées dans la région. Enduits rugueux, pierres de France taillées, schistes épais et bois s’unissent pour affirmer la présence de la bâtisse. Le jeu de couleurs et de contraste, où les nuances de blanc, de rouge et de gris s’entremêlent, renforce son identité.

 Le Pont de Claies

A quelques pas du village, la Semois serpente paresseusement dans les prés, entre des versants couverts de futaies. Au Gué de l’Ile, on trouve le Pont de Claies, dernier représentant du genre dans la vallée. Ce pont rustique ne peut servir qu’en période d’étiage, aussi est-il démonté à la fin de l’été et reconstitué au printemps suivant. Au cours de la belle saison, n’hésitez pas à mettre votre courage à l’épreuve en le franchissant.

 

 

 

Au Bois du Cazier

• « HF4. Fierté d’hier et de demain » (jusqu’au 21 avril)

Entre charbon, feu et acier, en compagnie d’hommes et de machines, découvrez l’histoire de notre sidérurgie par une visite virtuelle. Interviews, films, photographies, objets et archives seront rassemblés et présentés au public dans le Musée de l’Industrie, avec pour but la mise en valeur mémorielle du dernier haut fourneau wallon.

Le projet s’articule autour des trois axes que sont la valorisation de la mémoire par le biais de témoignages, la valorisation esthétique par des collaborations artistiques, et la transmission et la sensibilisation de cette histoire industrielle et de ses savoir-faire.

L’exposition espère susciter la curiosité et la fierté des Carolos et, surtout, des plus jeunes. Grâce à la toute nouvelle application développée par le Bois du Cazier et téléchargeable gratuitement, il sera en effet possible de la visiter également via son smartphone.

• Flashmob « Work it out » (le 1er mai)

Cet événement est organisé dans le but de célébrer la Fête du Travail et l’héritage culturel et industriel européen. Une fête pour toute la famille avec l’occasion d’assister à un flashmob simultané. Des danseurs seront présents pour effectuer la chorégraphie imaginée par l’académie Groove Dance Classes (Outre-Rhin). Celle-ci sera exécutée simultanément sur des dizaines de sites post-industriels en Europe et tout sera relayé en direct sur les réseaux sociaux.

www.leboisducazier.be

 

Au Grand Hornu

Fiona Tan – « L’Archive des ombres » (du 7 avril au 1er septembre)

Le MAC’s présente la première exposition muséale en Belgique de Fiona Tan, artiste de renommée internationale qui, depuis 20 ans, explore les territoires de la mémoire à travers ses installations mêlant photographies, vidéos, films, dessins et documents d’archives.

Articulée en deux parties, l’exposition débutera par les œuvres « Depot » (2015) et « Inventory »(2012) qui amorcèrent sa réflexion sur le musée, la collection et les archives. Elle y filme respectivement les trésors amassés dans les réserves de musées de sciences naturelles à Leiden et à Berlin, ainsi que la collection singulière de l’architecte néoclassique (XVIIIe siècle) Sir John Soane constituée de centaines d’objets provenant de l’époque gréco-romaine.

Fiona Tan expose ensuite le résultat des deux années de recherches qu’elle a menées, à l’invitation du MAC’s, au Mundaneum (Mons), au sein de ce « Google de papier » qui renferme encore des millions de fiches d’index thématiques.

Au cœur de son travail, il y a son interrogation sur le rôle des images, l’impact qu’elles suscitent, la relation qui nous lie à elles, mais elle traite également du mouvement et de l’immobilité, et de leurs modes de représentation à travers la photographie et le film. Elle s’attarde désormais aussi sur les raisons qui poussent l’Homme à collecter, archiver et garder, ainsi qu’au pouvoir qu’ont les archives de « représenter et d’interpréter l’histoire et la place de l’Homme dans celle-ci ».

www.mac-s.be

 

Copyright photos : © Fiona Tan and Frith Street Gallery, London 

Situés à Anhée, en Haute-Meuse, les Jardins d’Annevoie est en domaine vivifiant en perpétuel jaillissement. On y vient de très loin pour découvrir ses jeux d’eau, merveilles d’ingéniosité conçues voici 260 années.

 

C’est à Charles-Alexis de Montpellier, issu d’une famille de maîtres de forges, que l’on doit les Jardins d’Annevoie, magnifique écrin naturel baigné en permanence par le Rouillon et traversé chaque saison par quelque 60.000 visiteurs. Désireux de magnifier ce domaine qui venait de tomber, par héritage, dans l’escarcelle familiale, cet amoureux de la nature se lança, en 1758, dans l’agrandissement du château et l’aménagement des jardins. Pour ce faire, il s’inspira de ses nombreux voyages en Europe, ce qui explique cet harmonieux mélange des philosophies française, anglaise et italienne, dans la conception des jardins comme des fontaines et jets d’eau. Car si les allées se bordent de fleurs au gré des saisons, si les haies et les allées de tilleuls et de charmes accompagnent en frétillant les pas des visiteurs, c’est l’eau qui est la grande attraction du domaine puisque pas moins de vingt-sept jeux d’eau (cascades, fontaines et jets) y ont été aménagés et constituent les véritables curiosités du site.

« La grande particularité des Jardins d’Annevoie c’est que chaque écoulement, chaque jeu d’eau, se fait naturellement, explique Nathalie de Changy. Par un long et savant réseau de canalisations, l’eau de la vallée est acheminée vers un bassin, le Grand Canal, qui surplombe les jardins et, de là, elle s’écoule, par la force de la gravité, vers les cascades et fontaines judicieusement aménagées dans chaque partie du domaine. Depuis 260 ans, tout fonctionne sans aucune machinerie. »

Chaque cascade a son bruit, chaque jeu d’eau son histoire

Et la directrice du site de faire remarquer que si les jardins flattent l’œil différemment selon leur architecture – rectiligne pour le style français, courbe pour l’italien et sauvage pour l’anglaise –, ils interpellent également l’ouïe d’une façon très spécifique. « La cascade française est bruyante, elle s’entend de loin ; la nappe italienne n’est que murmure, elle descend les marches en douceur sans casser l’eau ; la cascade anglaise imite la nature, c’est une eau vive qui se faufile à travers la verdure… »

Le Gros Bouillon, le Grand Cracheur, la Fontaine Triton, l’Etang des Carpes, le Miroir, le Bassin de l’Artichaut, le Cabinet de Minerve… chaque jeu d’eau a sa raison d’être dans l’esprit de son créateur-poète. C’est ainsi qu’au centre de la charmille – l’Allée des Soupirs –, on peut découvrir le Salon du Sanglier, une statue inspirée du sanglier en bronze trônant sur une place à Florence et dont le museau est lustré par les mains des passants qui espéraient voir ainsi se réaliser leur vœu. Parce qu’il aurait été trop onéreux de la réaliser en bronze, Charles-Alexis de Montpellier a choisi d’en commander une copie en pierre calcaire. Et les visiteurs peuvent formuler un vœu en abaissant avec leur main la hauteur du jet de la Fontaine d’Amour toute proche.

Un buffet d’eau exceptionnel


Si l’ensemble est dépourvu de machinerie, la présence de plusieurs jardiniers est néanmoins indispensable, été comme hiver, afin de maintenir chaque jet en parfait état de marche. Des feuilles, une branche, une… anguille, peuvent en effet nuire à son bon fonctionnement de sorte que des entretiens doivent être faits régulièrement. « Le Buffet d’eau est particulièrement bichonné, confie la directrice. C’est le seul en Belgique, et peut-être même en Europe, qui soit toujours en parfait état de fonctionnement depuis sa création. Il est constitué d’un ensemble de petits jets d’eau montant tous à la même hauteur. Les ajutages qui les régulent doivent donc être constamment vérifiés. »

Une réhabilitation en cours

Si les jardins et les pièces d’eau ont été conservés dans leur état d’origine, il n’en est pas moins vrai qu’au fil du temps la nature a fait son œuvre et qu’un travail de restauration et de mise en valeur s’impose. C’est l’objectif que s’est fixé la fondation privée créée par le Belgo-Suisse Ernest-Tom Loumaye qui racheta le domaine d’Annevoie en 2017. « Sous la conduite d’un architecte paysagiste, les jardins vont être réhabilités zone par zone, explique Nathalie de Changy. Des recherches historiques et des curages ont en effet permis d’en apprendre davantage sur leur état initial. C’est ainsi que l’on a retrouvé d’anciens jets d’eau. Des fontaines vont donc être remises au goût du jour, des statues vont retrouver leur lustre d’antan, des haies vont être recalibrées... »

Le château – qui ne se visite pas – n’a pas échappé à ces travaux de restauration. Sa façade a ainsi été recouverte d’un nouvel enduit de teinte beige, tel que ceux que l’on utilisait à l’époque afin de protéger les briques. Les travaux devraient être terminés pour ce printemps.

« Les Costumés de Venise »

Du 8 au 10 juin, pour la 9e année consécutive, les gestionnaires du Domaine d’Annevoie ont invité, sur base d’une sélection qualitative très stricte, des participants au Carnaval de Venise à défiler et à animer les jardins habillés de leurs beaux costumes (plus d’une centaine). Les jets d’eau remplaceront les pluies de confettis. Le public sera aux premières loges. De même que le château qui tentera de se cacher derrière son nouveau masque : sa façade reliftée !

 

Les Jardins d’Annevoie

Rue des Jardins 37a

B-5537 Annevoie-Rouillon (Anhée)

+32 (0) 82 67 97 97

www.annevoie.be

Le centre de découverte de l’eau de Chaudfontaine sort dynamisé d’un nouveau réaménagement qui a repensé le parcours et accentué les interactions multimédia avec les visiteurs. Une plongée dans une substance essentielle et familière, mais encore insuffisamment connue.

 

Quand on se verse un verre d’eau minérale, on pense rarement à tout le trajet parcouru par ces millions de gouttes dans les airs et sous terre pour parvenir jusqu’à une bouteille. Certaines et certains ont peut être un vague souvenir d’un schéma du cycle de l’eau, vu au cours de géographie, mais ce n’est rien à côté de l’expérience proposée à Chaudfontaine. Depuis 2005, la petite ville que Victor Hugo appelait la violette des stations thermales s’est dotée d’un centre de découverte de l’eau, Source-O-Rama. Après 13 ans d’exploitation, les autorités communales ont senti qu’il était temps de revitaliser l’attraction en repensant complètement la dynamique interactive du parcours avec une attention particulière aux enfants en-dessous de huit ans. De l’extérieur, le bâtiment gris anthracite avec ses murs couverts de plaques de zinc et son toit pyramidal n’a pas changé. Pour son contenu, en revanche, le bureau liégeois des Architectes Associés est retourné à ses tables à dessin et ses tablettes graphiques pour ré-imaginer un espace intérieur plus fluide et plus compact. Car ce n’est plus une mais deux attractions qui se partagent désormais les lieux. A côté du centre de découverte de l’eau, rebaptisé WaterHouse, on peut découvrir sur 500m² un parcours didactique dédié aux arts du XXe siècle, ArtHouse. En neuf chapitres, il raconte l’art moderne et contemporain de 1850 à nous jours, illustré par de 150 œuvres originales de Picasso, Dali, Miró, Folon, Magritte, Warhol et bien d’autres.

Les bienfaits de l’eau et des minéraux

Mais retournons à l’eau. Un nuage peut peser 200 tonnes. Dans l’eau liquide, les molécules s’attirent les unes les autres. Une eau minérale n’est pas forcément potable. Face à l’écran du quizz, vous êtes invité à actionner le buzzer pour démêler le vrai du faux. Au bout des 150 questions, réparties en trois niveaux de difficulté, vous en saurez déjà un peu plus sur l’or bleu. Les plus petits, quant à eux, disposent de modules adaptés. Le road book à la main, vous êtes prêt à démarrer votre parcours, à votre rythme. Un écran géant présente les différentes étapes du cycle de l’eau. Les informations accessibles sur les panneaux tactiles sont  disponibles en quatre langues. L’eau, présente à 70% dans le corps humain, joue un rôle fondamental dans son développement et dans son bon fonctionnement. Deux bornes tactiles permettent de visualiser les bienfaits de l’eau et des minéraux grâce à des projections sur des mannequins. Un décor de grotte explique le rôle de l’eau, les interactions avec les couches géologiques et les conséquences de son passage. Chaudfontaine attire des curistes depuis le XVIIe siècle et on va vous expliquer pourquoi.

Un simulateur vous transforme en goutte d’eau

Dans une salle, votre attention est attirée par une porte métallique encadrée de messages d’avertissement. C’est la porte d’entrée du simulateur où vous attendent un peu plus de cinq minutes de sensations fortes. Bien arrimé à votre siège, vous vous transformez en goutte d’eau emmenée dans un voyage extraordinaire un peu secouant depuis les nuages jusqu’à l’embouteillage. Après miniaturisation, vous passez dans un vortex temporel qui vous fait vivre en une fraction de secondes des temps géologiques qui se comptent en années. Les jambes un peu flageolantes, vous êtes prêts à poursuivre la visite qui passe par un couloir du temps où l’on visualise les six décennies nécessaires pour produire une eau de source armée de minéraux essentiels. Une grande fresque où se nichent quelques invités surprise ravira les plus petits.

L’eau est une ressource précieuse malheureusement très inégalement distribuée et consommée en différents endroits du globe. Une installation compare la consommation d’eau en Amérique, en Asie et en Afrique subsaharienne. De quoi faire réfléchir et boire son prochain verre d’eau à longues gorgées. Enfin, la visite se termine en musique et en danses avec une fontaine qui exécute une chorégraphie aquatique menée à la baguette par une goutte d’eau mélomane.

Un contenu non figé

WaterHouse est prioritairement orienté vers les familles avec son parcours intuitif où chaque étape distille son lot d’information à la demande.« Nous organisons aussi des parcours accompagnés destinées à des groupes de visiteurs plus spécifiques, enfants, adultes, seniors parfois intéressés par une thématique plus particulière », explique  Véronique Servais, responsable commerciale. Le public scolaire y est aussi particulièrement choyé avec une salle d’animation plus spacieuse et une équipe pédagogique renforcée.« La structure permettant d’ajouter et d’améliorer très facilement le contenu du parcours, celui-ci n’est pas figé. Nous réfléchissons à de nouveaux apports didactiques. Et nous nous efforçons de répondre aux attentes et aux questionnements du public, de plus en plus concerné par les questions sur l’écologie et l’économie de l’eau. »

Le début du thermalisme

Les origines du thermalisme à Chaudfontaine nous emmènent près de 400 ans en arrière avec Simon Sauveur, un pauvre paysan qui, apercevant de l’eau à 37° s’écoulant en différents endroits de son jardin, eut l’idée de la recueillir dans une baignoire qu’il abrita d’une petite hutte. Très vite, cette eau naturellement chaude se révéla salutaire pour les douleurs articulaires.

 

 

Source-O-Rama

Avenue des Thermes 78B

B-4050 Chaudfontaine
+32 (0) 4 364 20 20

www.sourceorama.com

 

A l’image de l’EuroVélo 5, qui relie Canterbury à Rome et traverse notre territoire de Roubaix au Grand-Duché de Luxembourg, l’autre véloroute européenne qui traverse la Belgique, l’EuroVélo 3, suit les chemins empruntés jadis par les pèlerins. Depuis Trondheim (Norvège) jusque Saint-Jacques de Compostelle (Espagne).

Dénommée sans surprise « Route des pèlerins », l’EV3 s’infiltre dans notre pays peu après Aix-la-Chapelle pour en ressortir 209 bornes plus loin à Erquelinnes, peu avant Maubeuge. Durant cette traversée magnifique, elle aura salué les villes de Liège, Huy, Namur, Charleroi et Thuin, non sans avoir remonté le fil, pendant 160 kilomètres, de deux de nos grands cours d’eau que sont la Meuse et la Sambre. Chemin faisant, les cyclistes – et les pèlerins ! – auront pris un peu de temps pour admirer quelques-uns de nos sites imprimés sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, à savoir Blegny-Mine, ainsi que les beffrois de Namur, Charleroi et Thuin.

A l’exception de quelques tronçons, l’EV3 s’effectue en site propre. Depuis "Trois Frontières", lieu emblématique situé à la limite de la Belgique, des Pays-Bas et de l’Allemagne, le circuit traverse le Pays de Herve en suivant l’ancienne ligne de chemin de fer 38 jusqu’aux hauteurs de Liège ; ensuite, il emprunte le RAVeL qui suit assez fidèlement les chemins de halage de la Meuse jusque Namur, puis ceux de la Sambre jusqu’à la frontière française.

Des packages liés à l’Unesco et à l’eau

Cette route, qui est bien sûr balisée, peut fort bien se découvrir tronçon par tronçon. A l’attention de ceux et celles qui désirent lever le pied afin de ne passer outre les curiosités et richesses culturelles à proximité, l’association Pro Vélo prépare pour ce printemps cinq packages touristiques le long de l’EuroVélo 3. Ces balades à vélo proposeront diverses thématiques comme « Les patrimoines de l’Unesco" et "L’eau". Elles mettront en avant les principales villes traversées par cette route et incluront des lieux d’hébergement et d’accueil « Bienvenue Vélo », des visites de musées, des entrées à certains sites touristiques Unesco et des découvertes de spécialités gastronomiques.

Personnellement, nous avons choisi ici de mettre en avant trois attractions situées à proximité de l’EV3 et liées à la thématique de l’eau : l’Aquarium-Muséum à Liège, la Charlie’s Capitainerie à Namur et l’Ecomusée de la batellerie à Thuin.

 +32 (0) 2 517 17 65

https://eurovelobelgium.be

 

L’Aquarium-Muséum, le plus riche bassin de la vallée de la Meuse

Pôle d’excellence de la biodiversité animale, l’Aquarium-Muséum universitaire de Liège est reconnu comme « Attraction touristique 4 soleils » par le Service Public de Wallonie. Si la partie Muséum permet de découvrir la richesse du monde animal par le biais de 20.000 spécimens naturalisés ou sous forme de squelettes, la partie Aquarium propose une immersion – c’est une façon de parler, vous resterez bien au sec ! – dans l’extraordinaire diversité de la faune aquatique. C’est ainsi qu’une cinquantaine de bassins accueillent près de 2.500 poissons vivant dans les océans, les mers, les lacs et les rivières, tant de l’Europe que des régions tropicales : les légendaires piranhas, les murènes, les requins à pointes noires, les Demoiselles des récifs coralliens, les poissons clowns et leurs anémones, les poissons à respiration aérienne, les tilapias, les brochets, anguilles, perches et autres poissons de chez nous…

L’Aquarium-Muséum étant également un outil de recherche et d’enseignement, ses scientifiques œuvrent à la reconstitution fidèle des milieux aquatiques. C’est ainsi qu’ils se sont penchés sur le Mégalodon, une espèce de requins ayant disparu voici 2,5 millions d’années lors d’une phase glaciaire. Deux à trois fois plus grand que le grand requin blanc actuel, il pouvait mesurer entre 16 et 20 mètres de longueur pour un poids de 40 à 60 tonnes. Il devait se nourrir de gros poissons, phoques, baleines et tortues, happés par ses mâchoires qui comportent jusqu’à 182 dents crénelées pouvant mesurer 18 centimètres. Vous ne vous rendez pas bien compte de la taille du monstre ? Une reproduction taille réelle d’une mâchoire de Mégalodon est exposée à l’entrée de la salle. Jetez-vous dans sa gueule et faites-vous photographier !

 Aquarium-Muséum

Quai Édouard Van Beneden 22

B-4020 Liège

+32 (0) 4 366 50 21

aquarium-museum.uliege.be

 

 La Charlie’s Capitainerie, deux ports très plaisants à Namur

En initiant la rénovation des capitaineries de Namur, en 2014, l’objectif premier des repreneurs était de relancer l’activité de plaisance et de redynamiser les bords de Meuse autour de la capitale wallonne.

Aujourd’hui, la Charlie’s Capitainerie, contrôle deux ports de plaisance, l’un à Jambes en face du casino, l’autre à Amée, et propose, du 15 avril au 15 octobre, un espace de loisirs, de culture et de sport convivial et accessible à tous.

Si la plaisance brasse un public international venant en majorité d’Europe, le développement des services, des animations et des infrastructures à Jambes, dont la terrasse flottante où il fait bon se délasser par beau temps, séduit de plus en plus les Namurois comme les visiteurs de passage. Deux attractions sortent du lot : le paddle et le catamosan. La première peut être vue comme une activité de loisir, permettant de s’aventurer joyeusement sur la Meuse en famille, entre amis ou entre collègues, mais également sportive, un club ayant vu le jour à Amée en 2018. Quant aux catamosans, ces confortables bateaux de 4, 8 ou 12 places, leur conduite est si aisée que tout un chacun, moyennant un écolage cinq minutes, peut en prendre les commandes et s’en aller naviguer autour de la Citadelle ou admirer la vallée jusque Profondeville.

La Charlie’s Capitainerie

Boulevard de la Meuse

B-5100 Namur

+32 (0) 476 23 31 42

www.lacapitainerie.be

 

Une course de stand up paddle

Une date à retenir, celle du « Happy Summer », les 27 et 28 avril. Durant ce week-end d’inauguration de la saison, les diverses activités de la Capitainerie seront mises en avant. Cerise sur l’eau : le samedi aura lieu la manche belge de l’Euro Tour de stand up paddle qui verra s’affronter le gratin mondial de la discipline entre le port de Jambes et l’écluse des Grands Malades. Les amateurs pourront également s’aligner au départ.

 

L’Ecomusée de Thuin, retour à la batellerie

Entre Thuin et la batellerie, c’est une longue histoire d’amour qui remonte à des temps immémoriaux. Début du XXe siècle, Thuin comptait plus de 1.100 chefs de famille bateliers sur une population de 5.000 habitants. Le Thudo, l’Ecomusée de la batellerie, offre la possibilité aux visiteurs de plonger dans ce monde passionnant. A bord de la péniche-musée, amarrée au quai de Sambre sur la rive droite de la ville, ils découvriront la vie batelière à Thuin, les différentes étapes de la construction d’un bateau, les systèmes de communication, les événements de guerre... Ces différents thèmes sont expliqués et présentés grâce à de multiples documents d’origine comme d’anciennes cartes postales, des plans de construction d’époque, des maquettes, des objets particuliers ayant trait à la vie batelière... Attention : le musée n’est accessible que sur réservation.

 

Dans la foulée, les visiteurs pourront déambuler – munis d’un plan ou sur les pas d’un guide – dans le Quartier des Bateliers (ou des mariniers), le plus vieux quartier de Thuin. C’est là que vivaient les bateliers quand ils regagnaient leurs pénates. Au détour des ruelles, ils découvriront de nombreux vestiges de cette époque : des ancres, des mâts, des morceaux de coque ou encore les noms des bateaux qui décorent les façades de ces maisons très typiques.

 

Ecomusée de la batellerie

Quai de la Sambre

Rue ‘t Serstevens

B-6530 Thuin

+32 (0) 71 59 54 54

Envie de vous balader sur l’eau tout en découvrant quelques fleurons de notre patrimoine ? Les Circuits Brabant-Hainaut vous transportent de Hal à Strépy-Thieu sur la route des ascenseurs à bateaux.

 

Quand on dit croisières, en Wallonie, on pense tout de suite à notre belle vallée mosane dont l’encaissement et le caractère sauvage croissent au fur et à mesure que l’on navigue de Liège à la frontière française en passant silencieusement aux pieds des impressionnantes citadelles de Huy, Namur et Dinant. Hors de cette autoroute maritime, il existe des croisières, sans doute moins courues mais plus « mouvementées », qui permettent d’allier les plaisirs de la détente à la découverte d’un pan majeur de notre patrimoine historique dédié à l’eau. En collaboration avec Brussels by Water, pour Bruxelles, et Kanaaltochten Brabant, pour la Flandre, l’association Circuits Brabant-Hainaut soutient et promeut l’utilisation touristique, éducative et récréative des voies d’eau en Belgique centrale.

De début mai à fin septembre, elle propose des croisières entre Hal et Strépy-Thieu, en empruntant le canal Bruxelles-Charleroi et le nouveau canal du Centre. Sur ces parcours, trois perles de notre patrimoine : le Plan incliné de Ronquières, le pont-canal du Sart et l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu, et le canal historique du Centre flanqué de ses quatre ascenseurs hydrauliques classés au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Concrètement, il existe trois formules, mises intelligemment en place afin d’assurer l’ensemble des croisières, du vendredi au dimanche, avec un seul bateau. « En dehors de ces trois journées, des circuits sur mesure, avec location complète du bateau, peuvent également être organisés moyennant réservation,précise Catherine Demol, responsable pour Brussels by Water, laquelle signale également que c’est Rivertours qui coordonne l’aspect pratique et s’occupe des réservations, et que ce sont des animateurs de l’asbl Guides du Canal qui sont chargés de fournir toutes les informations utiles durant les croisières.

 Les circuits

Hal – Ronquières (vendredi après-midi). Cette croisière d’une demi-journée traverse les paysages du Brabant flamand puis du Brabant wallon en remontant le Canal Bruxelles-Charleroi. Le bateau franchit les écluses d’Ittre et de Lembeek et s’arrête au pied du Plan incliné. Les navetteurs qui ont pris leur vélo à bord peuvent retourner à leur point de départ en suivant les chemins de halage ou les itinéraires points-nœuds, les autres monteront dans le bus de retour mis à disposition par les organisateurs. Pour des raisons de timing, la visite du Plan incliné et de sa tour de 150 mètres n’est malheureusement pas prévue au programme.

Ronquières - Strépy-Thieu (samedi matin). Après un départ vertigineux sous forme d’ascension du Plan incliné (67 mètres de dénivellation sur une longueur de 1.432 mètres), le circuit suit le Canal Bruxelles-Charleroi jusque Seneffe, puis le Canal du Centre et l’impressionnant pont-canal qui surplombe, pendant 500 mètres, la vallée du Sart et le nœud-routier d’Houdeng-Aimeries (La Louvière). C’est « le pays où les bateaux volent ». Arrivés à l’ascenseur funiculaire de Strépy-Thieu, les navetteurs boucleront leur ceinture avant de descendre les 73 mètres de dénivellation dans un bac mû par un impressionnant système de câbles et de treuils (la translation dure 40 minutes). Le bateau poussera ensuite une pointe jusqu’au Canal historique du Centre et l’ascenseur hydraulique n°4, avant de revenir à l’ascenseur de Strépy-Thieu où un car ramènera tout le monde à Ronquières. Bon à savoir : les cyclistes sont les bienvenus à bord. S’ils le désirent, ils pourront être débarqués à Seneffe ou à Thieu et poursuivre leur balade via le RAVeL.

Strépy-Thieu – Hal (dimanche). Si l’embarquement est prévu à Strépy-Thieu, ce circuit d’une journée part en réalité de Hal où un car emmènera les participants jusqu’au pied de l’ascenseur funiculaire. Après la remontée fantastique de cet ouvrage, la croisière se poursuivra sur le nouveau Canal du Centre. A la jonction avec le canal historique, une courte promenade est prévue jusqu’à l’ascenseur hydraulique n°1 (Houdeng-Goegnies). La croisière se poursuivra ensuite sur le Canal Charleroi-Bruxelles avec la descente du Plan incliné de Ronquières et le franchissement des écluses de Ittre et de Lembeek. A midi, il sera bien sûr possible de se restaurer à bord.

 

+32 (0) 2 218 54 10

https://www.rivertours.be

Moins tourmentée que la Lesse, la Semois est une rivière paisible qui serpente dans une vallée large et souvent encaissée. Un lit idéal pour une descente facile. Mais par quel moyen ? Si Récréalle propose le kayak, Semois Aventure préfère le radeau… à construire soi-même.

 

Situé à Alle-sur-Semois, à 25 kilomètres de Bouillon et à une vingtaine de Bohan, près de la frontière française, Récréalle est un centre récréatif qui propose de nombreuses activités pour les familles : mini-golf, escalade, tir à l’arc, luna park, paint ball, bowling, plaine de jeux, quad, balade en Segway, location de vélos, espace horeca… Rien qu’avec ces animations là, il y a déjà matière à y passer une journée entière. Mais le succès du centre doit davantage à sa position au bord de la Semois et aux activités liées à l’eau : la plage et la baignade, l’aqua-bike et, bien sûr, le kayak. Et quand on monte dans un kayak, c’est pour descendre la rivière, évidemment !

« Même si elle n’est pas autorisée tout le temps, la descente de la Semois est notre activité qui marche le mieux, reconnaît le propriétaire, Michel Wauquaire, dont la famille gère le site depuis 1981. C’est une véritable immersion en pleine nature. Il faut dire que le parcours est aisé et le trafic réduit par rapport à la Lesse, rivière beaucoup plus courue qui attire davantage les sportifs. Ici, la seule difficulté réside dans la durée de certains parcours. Il faut bien sûr tenir compte de l’âge des participants avant de se lancer à l’eau. »

A Récréalle, les amateurs ont le choix entre cinq circuits. Deux en amont, au départ de Bouillon (25km) ou de Poupehan (10km), et trois en aval, au départ de Alle jusque Vresse (7km), Membre (11km) ou Bohan (17km). La durée de la descente ? Elle est fonction de la vitesse de l’eau, mais il faut compter une heure en moyenne pour parcourir quatre kilomètres.

« Le centre s’occupe du transport et de la logistique, souligne le propriétaire. Nous conduisons en bus ceux qui désirent partir de Bouillon ou de Popehan, et nous allons rechercher par le même moyen ceux qui partent en aval. »

Un paysage magnifique

Que ce soit en amont ou en aval de Alle, la Semois offre un magnifique paysage verdoyant et sauvage. A Bouillon, c’est le majestueux château-fort et l’abbaye de Clairefontaine qui vous regarderont de haut quand vous donnerez vos premiers coups de pagaie. A la sortie de la commune, la forêt vous entourera complétement et c’est dans un silence impressionnant que vous contournerez le site du Tombeau du Géant (classé Patrimoine exceptionnel de Wallonie). Les méandres de la rivière s’enchaîneront à vous donner le tournis mais cela vous permettra d’examiner sous plusieurs angles le très joli village de Frahan. A Laforêt, où la Semois serpente entre les prés, vous ferez attention à bien baisser la tête quand vous arriverez au pont de claies, fameux pont en bois qui est monté et démonté chaque année, car vous risquerez de l’emporter avec vous. Et vous essaierez de prendre une photo de l’emblématique pont de Vresse, très prisé des artistes-peintres avec ses trois arches irrégulières. Enfin, entre Membre et Bohan, vous passerez au pied du célèbre point de vue du Jambon, l’un des plus fameux de l’Ardenne, qui doit son nom à la forme que dessine, sur deux kilomètres, la Semois à cet endroit.

 Récréalle

Rue Léon Henrard 16

B-5550 Alle-sur-Semois

+32 (0) 61 50 03 81

www.recrealle.com

La Newsletter

Your opinion counts